« On irait pas se faire les boutiques en copines ? »

 

cr_pageParmi les très mauvaises idées qui peuvent parfois te traverser l'esprit il y a celle consistant à accepter de faire les boutiques avec une copine. Surtout bien sûr si ladite copine affiche au bas mot deux tailles de moins au compteur que toi.

 

Pourquoi est-ce l'exemple type de la fausse bonne idée ? Parce qu'il ne faut pas se leurrer, au bout de deux heures à se comparer à moitié à poil dans des cabines exigües, il y a  forcément – c'est génétique, laissez tomber ce n'est même pas la peine de penser que c'est évitable – l'une des deux qui se met à haïr l'autre. Et croyez moi, c'est toujours la même qui commence les hostilités. A savoir… la plus grosse. Et plus la copine plus mince essaie d'être gentille, plus la plus grosse a envie de lui tirer les cheveux.

 

En général, ça commence à déraper au troisième pantalon taille 44 que tu ne fermes pas. A ce moment là, ton amie qui jusque là a été patiente et qui elle s'est dégotté un slim que même pas en rêve un jour tu y mettras le bras, te dit le plus gentiment du monde: "Tu veux que j'aille te chercher le même en 46 ?"

 

Là, épuisée, cramoisie et au bord des larmes tu réponds avec le plus de calme possible – c'est à dire sur un ton super agressif: "je n'ai jamais fait de 46 de ma vie, plutôt crever que j'acheter un pantalon qui pourrait aller à ma tante Marie-Odile". Ton amie, qui te connait depuis l'école primaire, devrait savoir que la meilleure solution à cet instant T est de prendre ses jambes à son cou et de fuir la cabine, le magasin et le centre commercial. Pourtant, sans aucune raison apparente – elle n'a jusque là jamais présenté de symptômes suicidaires – elle porte alors le coup fatal et prononce LA phrase qui déclenche chez n'importe quelle fille normalement constituée un énorme pétage de plomb: "qu'est ce que ça peut te faire la taille ? L'essentiel tout de même, c'est que tu sois bien dedans, non ? Personne ne le saura que c'est un 46". PERSONNE ? Si. Au moins deux personnes le sauront, elle et toi. Et c'est déjà une de trop. 

 

A ce moment là, tu te rends compte qu'entre elle et toi il y a un océan, celui qui sépare le 36 du 46. A côté, traverser la manche à la nage c'est rien. Et tu commences à avoir tout un tas de répliques super perfides qui se bousculent dans ta gorge nouée. Comme par exemple que tu voudrais bien la voir, elle, obligée de prendre un jean en 40. Qu'on l'entendrait pleurer à l'autre bout du Zara. Que ça lui ferait bizarre d'un coup de plus pouvoir compter que sur son physique. Et que d'ailleurs tu lui souhaites bonne chance quand dans dix ans elle les aura ses dix kilos de trop parce qu'elle ne va pas y couper, c'est qu'une question de temps. Et là, on verra si elle trouve ça cool d'acheter une coupe femme enceinte alors qu'elle est en préménopause. Et puisqu'on en parle, tu ne voulais pas le lui dire mais franchement, il arrive un moment où il faut peut-être accepter son âge. Parce qu'il y a un mot pour décrire les filles de trente ans passés qui veulent en faire dix de moins. Pathétique.

 

Plus tu laches ton fiel, plus tu entends une petite voix dans ta tête qui te crie "méchante, méchante, tais-toi, tais-toi méchante". Et plus la petite voix crie, plus ton fiel il sort. Tout ça se finit dans les larmes. Ta copine mince ne trouve rien d'autre à répondre à toutes tes méchancetés que "ce n'est quand même pas ma faute si tu es trop gr…". Bref, c'est un carnage. Il faudra des semaines de diplomatie de part et d'autres pour tenter d'oublier cet épisode malheureux. Alors croyez moi, les boutiques, c'est en solo et puis c'est tout.

Le grand cri du lundi

elle2En ce lundi je crois que je vais – encore – pousser un grand cri.

 

Pourtant, je vous assure, je m'étais promis de ne plus le faire, de ne plus m'emporter comme une possédée dès que je me plonge dans mon hebdo de moins en moins préféré. Ohhhh, j'en entends certaines qui se disent: "elle commence à nous courir sur le haricot, après tout, si "Elle" ne lui plait pas, elle n'a qu'à pas l'acheter. En plus à tous les coups, elle en crèverait d'avoir sa signature dedans".

 

Oui, oui… mais non. Je m'explique. Oui, c'est vrai, après tout, je ne suis pas obligée de donner 2 euros et des poussières tous les lundi à un fabriquant d'armes – ben oui, Lagardère au départ il vend des fusils, si si si – qui me fiche en rogne semaine après semaine. Le problème, c'est que tout n'est pas à jeter, dans le "Elle" bien au contraire et que les féminins, j'adore ça. Pourquoi ? Parce que la mode, parce que les potins, parce que parfois des prises de position courageuses et/ou féministes, parce que les recettes de cuisine que je ne fais jamais mais miam. Oh et puis surtout parce qu'il ne faut pas se voiler la face, je suis bourrée de contradictions, celles-là même qui nous rendent aimables, nous les femmes. Non ?

 

Par ailleurs, celles qui s'imaginent que le rêve m'a parfois effleuré de recevoir un mail de Valérie Toranian qui me supplierait d'accepter un pont d'or pour l'honorer d'une chronique hebdomadaire, ont… totalement raison. Mais étant donné que ce fameux mail tarde à venir et que je ne peux pas décemment répondre à cette chère Valérie Toranian AVANT d'avoir reçu sa proposition, et bien pour l'instant je profite de la liberté d'expression qui est la mienne pour leur dire très franchement et très courageusement – planquée derrière mon écran – ma façon de penser.

 

Parce qu'après – une fois que j'aurai accepté le contrat juteux de ma copine Valérie – faudra bien comprendre que ce ne sera plus possible, hein ?

 

Bon, bref, après cette légère digression voire après ce gros délire de fille qui se défonce au chlore, voilà pourquoi je pousse, en ce lundi, un grand cri:

 

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

 

Dans le Elle en vente la semaine dernière, donc, celui avec Emmanuelle Béart en une qui nous présentait son "nouveau visage" – on ne rit pas ce n'est pas charitable, puisqu'elle vous dit qu'elle n'a touché à RIEN, c'est dingue ça ! – on nous gratifie de 30 conseils pour mincir SANS Y PENSER. Je vous rappelle au passage que la semaine précédente on pleurait sur les côtes de Nicole, Richie ou Kidman, peu importe. Mais cette semaine, faut vous mettre à la page, la minceur, c'est cool.

 

Donc, 30 conseils. Et là, attention, ils ont atteint des sommets chez Elle. Je crois d'ailleurs que je pourrais vous épargner mes remarques perfides. Comme souvent s'agissant des bonnes choses, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Ce n'est pas Maxwell qui me contredira.

 

Mais comme je n'ai jamais su me taire quand il le fallait, je vais tout de même vous gratifier de quelques exemples pris au hasard, même pas besoin de se creuser la tête pour sélectionner, à tous les coups on gagne.

 

– Tenez, prenez le Conseil n°10: Mangez vos pâtes dans des assiettes à dessert, ça vous en fera moins. "Chéri, tu me donnes 7 coquillettes, s'il te plait ?" ET POURQUOI PAS DANS UNE TASSE A CAFE ???

 

– Conseil n°25: Pimentez à fond vos plats histoire en gros que ce soit impossible à bouffer. Moi, là, j'ai plus efficace, tant qu'à faire: un gros caca dans le gratin dauphinois et là croyez moi vous n'y toucherez pas.

 

– Ah, y'a celui-ci aussi, le n°7, savoureux, intitulé "Inventez une glace": glissez au congélateur un yahourt light et dégustez le une fois givré. Celle qui a écrit ça n'a JAMAIS congelé un yahourt. Croyez-moi, parce que je l'ai fait, moi. A moins d'aimer un truc à mi-chemin entre le lait caillé et le vomi gelé, et bien no way.

 

– Le n°9 est soit un canular, soit un truc inventé pour nous humilier: "achetez un stepper et pédalez en vous brossant les dents". Je dis quelque chose ou je vous laisse juste visualiser ?

 

Bon, y'en a trente, hein, donc je vais vous épargner. Mais quand même, je vous ai gardé les deux meilleures pour la fin. La n°22, d'abord, qui consiste à EXIGER qu'on vous serve systématiquement au restaurant une demi-portion. Là, franchement, je dis stop et je ne rigole plus du tout. Non parce que déjà que les restaurateurs ne sont pas à proprement parler les êtres les plus généreux qui soient – je sais, c'est facile de généraliser, mais franchement, quand on vit à Paris, il devient de plus en plus difficile de vous défendre, messieurs et mesdames les restaurateurs. Mais si en plus on leur donne le bâton pour nous battre, il y a quand même des chances que bientôt on file 30 euros pour se gaver de trois tomates cerises accompagnées d'un dé de steack haché. Tout ça servi dans un ramequin. Merci ELLE…

 

Et la dernière, spécialement pensée pour les mères de famille débordées: "Ne vous levez pas le dimanche. Préparez-vous un bon bouillon de carottes, poireaux et cie et alternez avec du jus de pamplemousse, le lendemain vous aurez perdu un kilo". Et probablement gagné une gastro.

 

Sérieusement, vous croyez que dans la VRAIE vie, il y a VRAIMENT des VRAIES filles qui restent au pieu une journée entière en se sifflant du bouillon de poireau ?

 

"Désolée les enfants, aujourd'hui maman ne se lève que pour faire pipi, c'est son dimanche "soupe au lit""…

 

Dernière minute (merci Fyfe): Je me dois de vous informer que la toujours très juste et hilarante – en plus d'être une cuisinière hors-pair et photographe à ses heures, grrr… – Anaïk avait déjà, le 27 septembre poussé son grand cri dans un post vraiment excellent. http://anaikcuisine.canalblog.com/archives/2006/09/27/2734674.html. J'ai l'air fin moi, avec mes douze trains de retard !!!

Plus que 36

poolpontoiseDonc lundi soir je suis allée à la piscine. Mon corps s’en souvient et le premier qui me dit que « la brasse ça ne sert à rien » je lui en colle une. Comme promis, j’ai pris des notes pendant cette heure de gloire. On y va ? Allez, que ceux qui m’aiment plongent avec moi.

8h00 je m’apprête à partir de chez moi pour aller bosser.

8h05: Merde, c’est vrai, je vais à la piscine ce soir.

8h10: Après avoir renversé mon tiroir à culottes, le sac de linge sale et le tiroir à slip de l’homme je finis par retrouver dans la penderie de l’entrée (???) mon vieux maillot de piscine.

8h15: Après avoir vidé la penderie, les tiroirs à culottes des enfants et mon tiroir à soutiens-gorges je finis par retrouver au fond du sac de linge sale (???) mon bonnet de bain en silicone.

10h00: Tout le monde à mon travail sait que je vais à la piscine ce soir. En lire plus »

C’est quoi ça sur ta tête ?

bonnet_de_bainUne fois tous les dix ans, je vais à la piscine. Je vous arrête tout de suite au cas où vous voudriez m'en féliciter, l'initiative ne vient jamais de moi.

 

C'est toujours le même scénario. Une copine, de préférence sublime – sinon ce ne serait pas drôle – semble décidée à me prendre en main et me propose, d'un ton ferme et sans appel, d'aller nager avec elle. Qu'est-ce qui motive ces amies touchées par la foi ? J'avoue qu'encore aujourd'hui je l'ignore. Tout ce que je sais c'est qu'en général la proposition n'est jamais réitérée. Il suffit d'une fois pour comprendre que la piscine et moi, ce n'est pas ça.

 

Donc, une fois que j'ai dit oui – au risque de me répéter, une fois tous les dix ans – et que j'ai fait part avec une vraie sincérité de mon enthousiasme à l'idée d'une telle expédition – enthousiasme dû au fait que les années passant j'OUBLIE, un peu comme on décide de refaire un enfant parce que le corps, cet imbécile, n'a pas de mémoire – une fois disais-je que j'ai dit oui, je commence à ressentir les premiers assauts de l'angoisse.

 

Je veux parler de l'angoisse de la piscine.

 

L'angoisse de la piscine, c'est, comment dire ? C'est l'angoisse du premier jour de plage en pire. A cause d'un truc qui parait peut-être vraiment anodin, un détail pour vous mais qui pour moi veut dire beaucoup: le bonnet de bain.

 

Celui qui a inventé le bonnet de bain est encore plus vicieux que celui qui a créé les Dim-Up. Comme chacun a pu le comprendre, la seule partie de mon anatomie avec laquelle je ne sois pas fachée, c'est ma chevelure. Elle n'a jamais failli, ne m'a jamais lachée, n'a jamais pris de cellulite, ne s'est pas ramollie au fil des ans et ne s'affaisse pas comme deux lacheurs de premier ordre que je ne nommerai pas mais qui se reconnaitront sûrement. Quand je suis boudinée dans mon maillot, mes cheveux me soutiennent, ils cachent mon visage gêné, ils flottent et j'en suis sûre détournent l'attention des regards cruels qui m'assaillent.

 

Mais le bonnet de bain gâche tout.

 

Déjà, personnellement, après avoir enfilé cet énorme préservatif même pas lubrifié, il me faut quelques minutes pour calmer ma crise de larmes. Et bien oui, c'est comme ça, moi quand on s'y prend à quinze pour me tirer les cheveux et tout spécialement les tous petits, les bébés qui poussent au creux de la nuque ou derrière les oreilles, je pleure. Parfois, même, je crie.

 

Une fois calmée, il faut affronter l'immense glace posée là uniquement pour remuer le couteau. Là tu te trouves face à une race de chien dont le nom m'échappe mais assurément de la famille des bouledogues, reconnaissable aux plis qui s'accumulent au-dessus des yeux. Un effet bizarre, qui te donne l'air à la fois très en colère et en même temps morte de rire, sans qu'un son ne sorte évidemment de ta gorge. En gros tu fais peur. Même à toi tu fais peur. Ne parlons pas des enfants qui pressent le pas quand ils te croisent. Bref tu te retrouves défigurée par un rictus horrible sans qu'il soit possible de changer ton expression. Même si tu le pouvais d'ailleurs tu ne le ferais pas parce que dès que tu essaies de soulever tes paupières, ça t'arrache les cheveux qui te restent.

 

Le bonnet est également à l'origine d'un effet d'optique curieux mais incontestable: il réduit le volume de ta tête. Est-ce nécessaire de préciser que du coup le reste parait plus gros?

 

Enfin, une fois que l'objet de torture a été retiré et avec lui les trois quarts de ce qui te restait de ta tignasse, il te laisse en souvenir une très esthétique marque rouge juste au dessus des yeux qui reste incrustée sur ton visage le reste de la journée. Un peu comme si ton front hurlait à qui veut l'entendre: "je suis allée à la pisciiiiiiiiine, moaaaaaaaaa".

 

Demain je vous raconterai ma séance de piscine…

Mon vibro c’est un Sonia (Suite et fin)

vibroAllez, suite et fin de ce fameux jour où j'ai acheté mon "sonia"…

Je dois vous avouer, sur la photo ce n'est pas le mien. Mais il lui ressemble drôlement…

14h26: Naomi m'accueille tout sourire. Je n'arrive pas trop à savoir si elle est très classe ou si elle ressemble à une call-girl. Elle me confirme que je suis au bon endroit et me demande si je veux aller à l'étage "admirer les différents accessoires".

14h27: Naomi m'indique le chemin. Je la suis et j'emprunte un petit escalier.

14h28: J'arrive dans un boudoir rempli de trésors roses. Les dessous sont affriolants, il y a des liseuses en dentelle, des nuisettes qui semblent crier "arrache-moi". Naomi me propose de tout regarder avant de me décider. Je sais que ce n'était pas le but mais je crois que je vais craquer pour cet adorable et minuscule débardeur en cachemire qui au mieux me servira de brassière.

14h29: 350 euros.

14h30: Naomi, je suis pas là pour rigoler, montre moi tes engins qu'on en finisse.

14h31: Naomi commence la présentation. Elle serait en train de me faire l'article pour des montres, ce serait pareil. Sauf que là ça donne: "Voici un de nos plus grands succès, le "rabbit". C'est un petit vibromasseuuuuuur très pratique que l'on peut glisser dans une poche. Il a un socle en plastique surmonté d'un déééééélicieux petit lapin en silicone dont la forme et la texture optimisent le plaisir et provoquent très rapidement l'orgaaasme clitoridien ". ou encore: "làààà, ce sont les boules de geishaaa. Elles sont reliées à ce petit fil qui vous permet de les retirer lorsque bon vous semble. Les vibrations émises lorsque vous marchez provoquent un plaisir indéfinissaaaable."

14h32: Je suis écarlate.

14h33: C'est officiel je suis super coincée.

14h34: Naomi vient de mettre en marche un autre de leurs "hits", le vibro rouge à lèvres. On dirait un Guerlain. Elle le pose au creux de ma main.

14h34: "Hiiiiiiiiiiiiiiii"…

14h35: Naomi m'explique que le rouge à lèvres est parfait pour partir en avion et qu'aux rayons X il passe pour un véritable rouge à lèvres. "Il est à usage externe mais peut également être utilisé à l'entrée du vagin pour stimuler le point G".

14h36: Le mot vagin me fait sursauter. Quand parfois chez ma gynécologue je dois parler de cet endroit, le maximum que je parvienne à dire c'est "à l'intérieur".

14h37: Parfois je dis "ma zézette".

14h38: Ouf, voilà les canards, je commence à avoir super chaud. Il y a trois couleurs, rose, violet et noir. Maintenant que je les regarde, il ne me disent plus rien, ils ressemblent trop à ceux de mes enfants. Et puis, me précise Naomi, ils "ne sont qu'à usage externe", eux.

14h39: Je fais genre que bien sûr, c'est évident que c'est à usage externe. Faudrait être vraiment gourde pour avoir envisagé autre chose, quand même.

14h40: Il faut que je m'en aille très vite Naomi est en train de me libérer à vitesse grand V, dans deux minutes je vais prononcer le mot clitoris.

14h41: "Et celui-ci, le petit violet, là, je me demandais, il est un peu recourbé pour mieux stimuler mon clitoris ou pour atteindre mon point G ?"

14h41: Brigitte Lahaye, sors de mon corps.

14h42: J'opte pour le joli violet qui ressemble à un sucre d'orge et je prends un canard rose pour ma collègue.

14h43: Les canards ça rapporte, je confirme. J'suis pas loin du body  à 110 euros.

14h44: Je rentre au travail.

14h45: J'ai deux vibromasseurs dans mon sac.

14h46: Si je me fais renverser par une voiture, c'est la première chose que vont trouver les pompiers.

14h47: J'ai super envie de me faire renverser par une voiture.

14h50: Je rase les murs au travail et je fais semblant de travailler. Mes collègues m'interrogent du regard, je leur fais signe que ça a été super facile d'être une femme libérée.

15h56: Je ne pense qu'à ça.

17h45: Je pars du travail en prétextant une migraine.

18h15: Allez hop hop hop les enfants, on se dépêche de manger, non, papa n'est pas là, il rentre tard, oui, pauvre papa, c'est pas drôle pour lui, hein ? Oui, maman va être un peu seule, mais ne vous inquiétez pas, maman a des choses à faire. Allez les chéris, les dents, pipi et au lit. Hein, quoi ? Si , bien sûr qu'il est l'heure. Il est exactement 8 heures, si si.

19h00: Les enfants sont couchés.

19h01: En QUOI je vous le demande, le fait de coucher EXCEPTIONNELLEMENT ses enfants à 19h fait de moi une mauvaise mère ? Ils étaient épuisés. Après une bonne nuit de 14h ils seront en pleine forme.

19h05: Je sors mon Sonia de son étui noir siglé SR en strass. Rien que pour l'étui j'ai eu raison.

19h06: Je mets en marche le bijou…

19h07: Hiiii !!???

19h08: Rohhhhh….

19h09: hahaha haaaaaaaa!

19h10: Je viens d'avoir ma première éjaculation précoce.

Mon vibro c’est un Sonia

Alors, alors, alors… Ce fameux jour où je suis allée acheter mon "Sonia" – je vais l'appeler comme ça, c'est tout de même plus joli que 'vibro' – voilà comment ça c'est passé…

13h30: C'est l'heure de ma pause déjeuner. Aujourd'hui c'est l'anniversaire d'une collègue et j'ai eu l'idée saugrenue de lui offrir "pour rigoler" – tu parles ! – un canard rose qui vibre, griffé Sonia parce que c'est plus classe que d'aller au sex shop.

13h31: Mes collègues qui devaient m'accompagner se désistent au dernier moment. ça leur fait trop bizarre d'acheter un truc pareil.

13h32: Autant l'avouer de suite, l'idée du cadeau sexy vient de moi.

13h33: Je ne savais pas que j'étais sur le divan, mais bon, ok, c'est un prétexte pour m'en acheter un.

13h45: Boulevard Saint-Germain, Paris 6ème, la devanture de chez Sonia Rykiel est toute noire, je suis drôlement impressionnée.

13h50: Après être passée l'air de rien cinq fois devant la lourde porte, je finis par entrer. Le groom me regarde avec un mépris affiché.

13h52: Je m'enfonce dans une moquette de dix centimètres. Il y a au moins dix vendeuses – dont une qui ressemble à Gwyneth Paltrow – et deux clientes qui parlent en américain.

13h53: Je regarde discrètement les présentoirs, je ne vois aucun canard. Je crois avoir lu que le rayon des joujous sexuels est à l'étage.

13h54: Après vérification, il n'y pas un seul escalier qui monte, juste un seul qui descend.

13h55: Ce serait plus simple de demander mais là tout de suite je ne me sens plus vraiment super libérée. J'emprunte en douce l'escalier en colimaçon.

13h56: "Mademoiseeeeeeeelle ???". Merde, Gwyneth m'a repérée. "Puis-je vous aider ? cette partie du magasin n'est pas ouvert à la clientèle, je vous prie de remonter".

13h57: "Ah, heu… oui, je… C'est parce que je cherchais le coin… Je veux dire… En fait je voudrais acheter un de vos… un de vos canards…"

13h58: Je suis dans un des magasins les plus chics de la capitale, en face de Gwyneth Paltrow et je viens de dire que je souhaite acheter "un canard". Je suis mortifiée.

13h59: C'est plus fort que moi, avec cette moquette à 10 000 euros le m², les lambris, les robes strassées et les vendeuses de deux mètres, le mot "vibromasseur" ne peut pas franchir mes lèvres.

14h00: Consternée, Gwyneth me lache un demi-sourire que je ne qualifierais pas de chaleureux. "Vous voulez peut-être parler de nos sex-toooooys ? Je suis navrée mais vous faites erreur, notre rayon spécialisé se trouve deux rues plus loin, rue de Greneeeeelle exactement, mademoiseeeeeelle"

14h01: J'ai demandé "un canard". Plus tard on se souviendra de moi comme de la fille qui est allée voir Madonna en Birkenstock et qui demande à acheter "un canard" chez Sonia Rykiel.

14h02: Je demande pardon à mes enfants, c'est le genre d'humiliation qui marque plusieurs générations.

14h03: Je pars sans demander mon reste.

14h10: Rue de Grenelle. Devanture Rykiel, on doit y être. J'entre, il n'y a que des chaussures, pas d'escalier.

Putain, ils les cachent bien leurs "sex tooooooys". Cette fois-ci Gwyneth est brune mais c'est la même. Dans un murmure gêné, histoire que la respectable grand-mère en train d'essayer de magnifiques Richelieux à 300 euros ne m'entende pas, je demande où se trouvent les sex toys.

14h11: Gwyneth n°2 me sourit gentiment. On s'est reconnues, on parle le même langage, je ne suis pas une de ces quiches qui demandent "un canard".

14h12: Ici je suis chez Rykiel Chaussures, m'explique ma nouvelle amie. Pour les sex toys c'est plus haut dans la rue.

14h13: Je réalise que Sonia Rykiel possède toute la rue de Grenelle. Les canards, ça rapporte.

14h16: Cette fois-ci c'est le bon. J'entre sans regarder ou à peine. J'en ai marre, je suis en train d'exploser mon record de pause déjeuner, j'en ai plein les pattes. Je décide d'être vraiment libérée et je prends une voix de stentor pour lancer un résonnant: "Bonjour, vous pouvez me montrer vos VIBROMASSEURS s'il vous plait ?".

14h17: Je suis chez Rykiel Baby.

14h19: En sortant j'ai juste le temps d'apercevoir, entre deux mères complètement outrées et une Gwyneth ulcérée – ça devient inquiétant quand même toutes ces Gwyneth – un body à 110 euros.

14h20: Je me demande combien de sex toys on peut s'acheter avec 110 euros.

14h21: J'ai eu ma dose de ridicule pour les dix ans à venir. Tant pis je continuerai à pouffer devant la page 456 de La Redoute. Je ne saurai JAMAIS si ça peut vraiment lisser les joues.

14h22: La vitrine ne laisse aucun doute, ces porte-jarretelle pourpres, ces nuisettes en dentelles, ces loups roses et diamantés, ces cache-coeur en cachemire soyeux, ça ne peut être qu'ici. Le nom du magasin me le confirme: "Rykiel Karma Body and Soul". Si là je trouve autre chose que des trucs à faire rougir un légionnaire, je veux bien être pendue.

14h23: J'ai conscience de me mettre dans une situation difficile avec mon employeur qui m'attend probablement depuis déjà vingt minutes mais je ne résiste pas. Il me faut mon canard.

14h24: Hourra, pas de Gwyneth.

14h25: C'est sa copine Naomi qui la remplace.

A suivre…

Bottes pour mollets ronds: THE liste

osloAprès mon billet sur les bottes introuvables pour toute femme n'ayant pas un mollet de sauterelle, vous avez été nombreuses à y aller de votre petit tuyau. Comme je ne suis pas sûre que vous retourniez systématiquement lire les commentaires, je crains que certaines infos CAPITALES voire VITALES ne vous aient échappé. Je me propose donc de faire un petit récapitulatif des bons plans des unes et des autres. Si vous en voyez d'autres, n'hésitez pas je me ferai un plaisir de les rajouter dans la liste.

 

Voici donc THE liste:

 

  • Fyfe nous indique que la la marque 'Taillissime' (voir le site de La Redoute http://www.laredoute.fr/Home/Index.aspx rubrique espaces marques – taillissime), propose des bottes en plusieurs tailles, et même des bottes sans taille : avec des lacets (devant ou derrière !). Je suis allée voir et il y a des modèles plutôt sympas à des prix abordables. Je précise que Gabbel nous avait déjà parlé de Taillissime pour les collants, rendons à gabbel ce qui revient à César !!! 😉

 

  • Fyfe toujours – une mine, Fyfe ! – nous donne également l'adresse d'un site anglais qui nous promet des bottes à la mesure de nos mollets. Attention, les prix sont en livres et après conversion, il semblerait qu'il faille peut-être vendre un rein pour acquérir ces maginifiques anglaises. En même temps, c'est quoi un rein ? On en a deux après tout, non ? http://duoboots.com/. En photo le modèle Oslo qui personnellement me donne des palpitations.

 

  • Il n'a par ailleurs pas échappé à Esme – à qui il n'échappe en général pas grand chose – que la marque Heyraud a sorti des bottes avec ajustement du mollet a 199 euros…

 

  • Lodie quand à elle a la palme de la botte la moins chère, achetée 20 euros la paire chez Cora. Ce sont manifestement des bottes prévues pour faire passer le jean à l'intérieur, donc elles sont plus larges. Malheureusement, je crois qu'à Paris on n'a pas de Cora. Enfin moi je n'en ai pas vu. En même temps nous on a Jing, on ne peut pas tout avoir !

 

  • Miss Purple, elle, n'a pas froid au porte-monnaie et nous conseille Jean Gaborit, bottier de son état et qui je crois a pignon sur rue. « Bon évidemment c'est un peu cher mais je posséde une paire de cuissardes faites chez le monsieur et elles sont increvables, le cuir est d'une très grande qualité et les talons sont solides … un bonheur », nous assure la miss. Je ne sais pas vous mais moi ça me donne envie, au moins d'aller y jeter un oeil.http://jean-gaborit.com/fr/

 

  • Lovisall pour sa part a trouvé l'année dernière chez "géox" des bottes sympa, « plates avec lacets tout le long devant et fermeture éclair sur le côté, comme ça une fois que c'est réglé, on ne se prend plus la tête avec les kilomètres de lacets ». 

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  • Laura Ingals, elle, se souvient d'une boutique avenue de Wagram à Paris, nommée "Cote à Cote"

 

  • Enfin, Ester, qui a un chéri en or, s'est vue offrir des bottes faites sur mesure par un autre bottier, installé à la « Boutique Sentimentale » – moi rien que le nom me donne envie de me précipiter, quitte à vendre mon autre rein -, 14 rue du Roi de Sicile dans le 4è (métro : Saint Paul), 01 42 78 84 04.

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  • Esme indique que chez Pataugas on peut ajuster ses bottes.

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  • Cassymary vient de laisser une autre info qui m'a l'air très fiable aussi. Elle travaille pour une enseigne qui chausse les pieds forts, sensibles ou qui veulent du confortable élégant. Elle a des bottes pour mollets forts, et même très forts. Il y a 11 enseignes Jorcel en france ( dont une à toulouse ;o) ) et les prix vont de 120 à 180 euros pour les bottes; A bon entendeur……

 

Et voilà pour l'instant…

C’est le pied

La veille de ma rentrée au CP – et accessoirement de mon retour au boulot – l'homme, dans sa grande perspicacité, a remarqué que j'étais légèrement stressée, voire totalement tétanisée à l'idée de renouer avec mon rythme infernal de femme Barbara Gould – ouais, je me la pète, c'est bon pour mon ego. Alors, parce qu'il est parfait – mais est-ce encore nécessaire de le préciser ? – il s'est eclipsé dimanche pour revenir quelques instants plus tard avec une mystérieuse enveloppe rouge. Celle-ci contenait une invitation pour un massage des pieds d'une heure dans l'institut de beauté chinois de la rue d'à côté. Après deux jours de labeur qui ont foutu en l'air tous les bienfaits de mes 25 jours de congés, je me suis donc rendue hier après-midi – merci le dieu du 4/5ème – dans ce salon asiatique, pour y vivre une des expériences les plus zen de ma vie.

En même temps c'est normal puisqu'hier, donc, je suis allée en Chine…

Je vous emmène ?

15h55: Je pars de chez moi, direction deux rues plus bas, à la fois curieuse de découvrir le lieu et méfiante, vue la devanture d'un goût douteux.

16h00: Je franchis la porte de l'institut et une jeune femme ne parlant pas français me fait passer dans la salle de massage.

16h01: Je suis à Pékin, Shanghaï ou Lu-Xien

16h02: Ok, Lu-Xien ça n'existe pas mais je viens de m'apercevoir avec effroi que là tout de suite je ne suis capable de sortir que deux noms de villes chinoises. Pourtant mon sujet de géo au bac c'était l'agriculture en Chine. Et j'avais eu 15.

16h03: C'était en 1989.

16h04: J'ai passé mon bac il y a 17 ans. Il me faut une chaise, là, tout de suite.

16h05: Ne pensons plus au temps qui passe et qui est assassin, concentrons nous sur cette salle qui respire le calme et la douceur. De grands fauteuils inclinés dans lesquels on rêve de s'enfoncer sont alignés, recouverts de serviettes éponges plutôt kitsch.

16h06: Tout autour il y a des petites cabines fermées par des rideaux. De drôles de bruits de claques s'en échappent. Je suis bien contente de ne pas être à la place des malheureux qui y sont enfermés. Il y a aussi un temple chinois dans le fond de la salle. Une fenêtre est ouverte sur une cour arborée.

16H07: Les masseuses sont petites et brunes, elles rigolent en chinois et s'appellent Ding, Min, ou Lung. La mienne, ce sera Jing.

16h08: Jing m'installe et même si elle ne parle pas français, je comprends à ses yeux que s'arracher les ongles de pieds quand on a passé son bac il y a plus de quinze ans, c'est pas très zen.

16h09: Je suis allongée dans un des fauteuils et on plonge mes pieds dans un bain brûlant d'herbes chinoises.

16h10: Jing m'apporte du thé au jasmin. Je me sens proche de l'extase. Je ferme les yeux et j'écoute la musique, la même que dans mon resto chinois préféré.

16h12: Jing lave et frotte mes pieds à la pierre ponce, j'ai un petit peu envie de rigoler, mais en même temps c'est bon.

16h14: Jing sèche mes pieds et les pose sur un petit tabouret rectangulaire. Elle m'enduit d'un beurre qui sent la coco. Ses mains sont douces.

16h15: Jing, c'est vrai, on ne parle pas la même langue, on n'a pas la même culture et il nous faudra affronter la colère de nos familles, mais je crois vraiment que nous pourrions vivre une belle histoire toutes les deux. Partons à Amsterdam et marions-nous, là, tout de suite.

16h16: En même temps, Jing, là, tu me fais un petit peu mal.

16h17: Oublie cette histoire de mariage.

16h18: On dit que la voute plantaire est reliée à toutes les parties du corps.

16h20: L'avantage d'avoir eu mal c'est qu'après c'est encore meilleur

16h21: Je ne pensais pas au sexe.

16h22: En fait, si, je pensais aussi au sexe.

16h23: Jing fait craquer mes doigts de pieds. Je crois qu'elle en a arraché un.

16h24: Je compte en douce, c'est bon, ils y sont tous.

16h25: Deux jeunes femmes super fashion viennent d'arriver. Elles n'ont pas l'air d'être du quartier, peut-être même qu'elles ont traversé tout Paris pour Jing et ses copines. Elles ressemblent à des journalistes de Marie-Claire.

16h26: Je vis depuis deux ans à deux mètres d'un spot de la hype sans le savoir.

16h27: J'ai super envie de dire à ces deux filles que moi j'habite à côté et que je viens quand je veux, si j'en ai envie.

16h28: Je n'ai pas pu me retenir. Elles ne disent rien mais elles me regardent autrement, je le sens.

16h30: Jing, je reviendrai, c'est juré, à condition que tu arrêtes de me chatouiller les oreilles, je crains énormément ça.

16h31: Après vérification, personne ne touche mes oreilles.

16h32: Les pieds sont VRAIMENT raccordés à TOUTES les zones de mon corps.

16h50: hein ? quoi ? où suis-je ? Ah, oui, c'est vrai, à Xu-Lien, je crois que j'ai un peu dormi.

16h59: Jing finit par un massage des mollets.

17h00: Tout de suite, là, ça rigole moins les capitons, hein ?

17h01: Oui, j'ai de la cellulite sur les mollets. A part les cheveux je ne sais pas trop où j'en ai pas.

17h12: On termine par la nuque, les épaules et le dos.

17h13: Comment ça, Jing, c'est terminé ?

17h20: Je me retrouve sur un trottoir parisien et je me dis que décidément la Chine, c'est le pied.

Pour ceux et celles (c'est mixte) que le voyage tenterait, tout ceci se passe à l'Institut Feihe, 12 rue Caillaux, Paris 13ème,               01 44 23 91 70        . C'est ouvert tous les soirs jusqu'à… 23h !!!

J'oubliais ! Pour une heure de massage, on ne vous prend que 28 euros, ce qui est je trouve, des plus raisonnable…

 

Tu me prêtes ton jean ?

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Un jour ou l'autre, ça finit par t'arriver. Une copine bien plus mince que toi que tu as invitée pour l'apéro trouve le moyen de balancer son pastis sur son pantalon au moment de sortir au resto. Elle te demande alors le plus naturellement du monde: "tu me prêtes un jean ?". "Mais bien sûuur", tu réponds, apparemment très détachée. Sauf qu'en vrai, tu te prends une grosse suée. Tu files dans ta chambre et tu passes nerveusement en revue ta garde robe en te demandant dans lequel de tes pantalons ta copine que tu commences à détester flottera le moins.

Finalement, tu déterres ce vieux Levis que tu aimais tant mais dans lequel tu n'as pas réussi à entrer la moitié d'une cuisse depuis trois ans. Si tu ne l'as pas jeté c'est juste parce qu'au fond de toi, l'espoir subsiste qu'un de ces jours, peut-être, après deux trois gastros et un bon vieux tenya, tu parviendras à l'enfiler.

Tu reviens dans le salon et tu donnes l'objet sacré avec un air super détendu à ton amie.  "Tiens, c'est le seul qui est propre, y'a des chances qu'il te soit un peu grand, moi-même je le perds". Tu n'as même pas honte de ta mauvaise foi, c'est une question de survie.

Comme c'est une vraie copine et qu'elle, en l'occurence, n'a aucune raison de te détester, elle fait mine de te croire et s'en empare sans manières.

Quand elle ressort de la salle de bain, tu oses à peine la regarder. De face, c'est simple, ça baille et ça fronce tellement qu'on pourrait penser qu'entretemps il lui est poussé un zizi. De dos, on dirait Kate Moss dans une salopette de Coluche – paix à son âme.

"Il me va impec', et puis de toutes façons c'est la mode de l'oversize", t'assure-t-elle, te gratifiant d'un sourire désarmant de gentillesse. Toi tu n'entends que le mot "oversize" et tu penses à tes fesses qui pour le coup sont à fond dans l'air du temps. Le pire, en plus, c'est qu'à bien l'observer tu constates qu'elle arrive à être vraiment jolie malgré les quatre tailles de trop du pantalon. Autant dire que désormais c'est officiel, tu la hais. Pour sauver le peu de dignité qu'il te reste, tu entres malgré tout dans son jeu et tu confirmes: "Ecoute, c'est vrai, il te va plutôt bien, je suis super étonnée, je pensais qu'il serait plus grand que ça"

Mais toute la soirée, à chaque fois que tu poses les yeux sur elle, tu te prends en pleine face les 13 kilos au bas mot qui te séparent d'elle. Immanquablement vient le moment où une bonne âme demande à ta copine pourquoi elle porte le pantalon de son grand-père. Et là, tu la vois expliquer, un peu gênée. Tu surprends les rires étouffés et les regards confus. Ta soirée est foutue.

En même temps, tu sais que ça aurait pu être pire. Tu aurais pu en effet te manger le pastis sur TON jean chez ELLE. Et subir la honte de ne pas réussir à passer une cheville dans le plus grand de ses joggings…

Madonna et moi, la suite

Donc la suite…

21h33: La petite femme se met à chanter et là, l'expression "hystérie collective" est faible. Derrière elle il y a des écrans géants où passent en boucle des images hyper sexuelles d'elle avec des chevaux.

21h34: Madonna donne des coups de cravache à des hommes enchainés qu'elle tient en laisse. L'homme me regarde avec un sourire bizarre.

21h40: Changement de costume. En combinaison lamée, Madonna chevauche une sorte de selle pailletée et chante "Like a virgin". Elle fait des trucs avec son bassin qui prouvent bien qu'elle, ça fait tout de même un bail que sa virginité…

21h43: Cette femme n'a pas 48 ans.

21h44: Moi et mes birkenstock on n'a que 35 ans mais rien qu'à la regarder danser on est très fatiguées.

21h46: C'est un hologramme de Madonna. Personne ne devrait avoir le droit d'avoir ce corps là à 48 ans.

21h48: En fait c'est l'homme qui est devenu homosexuel, il fait les même choses que Madonna avec son bassin.

21h50: "Jumpez, jumpez", crie la Ciccone. 17000 personnes qui jumpent dans Bercy ça fait des vibrations étranges. Les mots Heysel et Furiani me viennent à l'esprit.

21h52: Je me rapelle soudain que je suis agoraphobe.

21h53: En pensée, je passe en revue le système ultraperfectionné de sécurité mis en place pour un événement pareil et je pense à tous ces pompiers et médecins du SAMU prêts à me réanimer au cas où mon coeur lache.

21h54: Ma crise de tachychardie commence à se calmer.

21h58: Madonna danse comme une possédée. C'est fou ce qu'une femme si petite peut avoir comme présence.

22h03: ""Le premier qui dit que c'est du play back je lui explose sa gueuuuuuuuuuule" hurle mon voisin.

22h04: Il a l'air super sérieux alors je ne lui dis surtout pas que tout de même y'a des moments où on l'entend drôlement mieux que d'autres.

22h05: "T'as raison, vu comme c'est faux parfois, ça peut pas être du play-back", je dis, d'un air entendu à l'homme. Non parce que je suis fan, d'accord, mais moi je ne suis pas comme ces 17000 malades, là. J'ai su garder raison, recul et sens critique.

22h06: Vu le regard qu'il me lance, l'homme n'a pas su garder raison, recul et sens critique.

22h15: Madonna est en smocking blanc et elle danse sur Music. J'oublie mon recul et mon sens critique et je dis merde à ma tachycardie.

22h16: Je shake my hands, my humps et tout ce qui peut bouger dans mon corps et dont je ne connais pas le nom en anglais.

22h45: Les chansons défilent et ma vie avec. Ladisla Bonita me rappelle ma meilleure amie de lycée. "Tell me"  une nuit magique, "Erotic"…

22h50: La boule à facette qui était remontée redescend. Bercy devient tout rose. Madonna arrive perchée sur des talons de 20 cm et gansée dans un justaucorps étincelant.

22h51: "ça va être hung uuuuuuuuuuuuuuup"!!! vocifère mon voisin, les yeux exhorbités.

22h51: J'ai peur de mon voisin.

22h52: Je réalise que mon voisin, c'est l'homme.

22h53: Bercy est transformé en dance floor. C'est la folie. "Times goes by. So slowly". On est en totale fusion avec elle. D'ailleurs on sent qu'elle non plus n'a pas envie que ça se termine. On est 17000 et pourtant on ne fait qu'un.

22h54: Là je crois qu'on lui a montré que le public parisien c'est quand même autre chose. D'ailleurs, même de là où je suis on sent qu'elle est émue. Il s'est passé quelque chose de spécial.

23h00: Les dernières notes de "Hung up" s'évanouissent dans le ciel étoilé de Bercy. J'ai l'impression qu'il est 6h du matin.

23h01: Madonna a disparu. Les lumières s'allument.

23h02: "Mais elle est ouuuuuuuuuuuuuu ?", hurle l'homme, comme un possédé. Mon voisin de gauche m'explique qu'elle part toujours comme ça, sans rappel, sans rien. "On serait les premiers avec lesquels elle reviendrait", me dit-il.

23h03: Je suis sûre qu'au fond d'elle elle aurait voulu revenir. Tout ça c'est sûrement la faute de son manager. Sans compter qu'elle a des enfants, cette femme. Pas facile de gérer tout ça. Et puis bon, comme ça ça se termine sur un instant de communion inoubliable.

22h04: L'homme me dit qu'il a l'impression d'avoir été interrompu en plein coït.

23h05: Madonna, si tu reviens je t'explose ta gueule.