J’aime #37

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C’est un mois de juillet bien particulier, entre les boulots à terminer, ceux que je devrais commencer mais que je n’arrive pas à conceptualiser tant la date de rendu me parait loin – mi-novembre, c’est dans deux ans non ? – mais qui ne se laissent pas oublier – mi-novembre c’est DEMAIN, feignasse – les allers-retours à Lyon toutes les semaines ou presque pour emmener l’un ou ramener l’autre et cette sensation encore inédite depuis que mes enfants sont nés de n’en avoir aucun au même endroit. Et puis ce grain de sable, cette ombre, sur laquelle il n’est pas possible pour l’instant de s’étendre plus, mais qui plane sur les mois à venir.

Dimanche mes trois enfants seront à nouveau réunis et ça m’émeut qu’ils en soit si heureux. La veille du départ des grands, nous les avons retrouvés tous les trois dans la plus petite des deux chambres, matrice d’une nuit, remplie d’eux et seulement d’eux. Ils avaient mis des matelas par terre et dormaient ensemble, Rose entre son frère et sa soeur. On aurait dit une portée de chiots et il s’en est fallu de peu pour que je ne tente pas de trouver une place sur leur radeau de fortune.

J’aime cette idée que leur fraternité vive en dehors de nous, qu’ils se soient mutuellement appelés et envoyé des messages durant ces deux semaines, s’épaulant dans les moments où l’éloignement pouvait peser. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de ça plus tard, je ne nourris pas de fantasme à ce sujet, mais je me dis que ce qui est pris est pris.

Voilà, à part ça, j’aime En lire plus »

Golden hour*

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Plus que cette photo, j’aime le souvenir du moment où elle a été prise. C’était notre dernier soir à Cadaquès, ultime promenade depuis l’hôtel jusqu’au centre du village, dernière « golden hour », instant magique où la lumière nous rend tous beaux, plus dorés qu’après n’importe quel bain de soleil. L’une des choses que je préfère en vacances, c’est ce rituel de fin de journée, la douche, les huiles prodigieuses ou laits hydratants qui sentent le patchouli, la fleur d’oranger ou le monoï, la tenue plus habillée que l’on passe, les bracelets qui tintent, tout cela pour honorer ce qui reste tout de même la meilleure invention de l’homme après le wifi: l’apéritif.

Je ne suis pas de celles qui passent des heures dans leur salle de bain, le matin je plie ça en cinq minutes, je ne fais jamais de gommages du corps, je n’hydrate jamais mes jambes, je peux porter du vernis écaillé durant trois ou quatre jours, en ayant honte, certes, mais pas assez pour trouver le courage d’aller acheter du dissolvant. Je ne dis pas que tout cela ne m’intéresse pas, j’imagine qu’il m’a fallu beaucoup d’années pour consentir à m’accorder un peu d’attention, à admettre que je le méritais un peu. Mais si j’ai « progressé », je reste en dessous de la moyenne. Sauf peut-être l’été, donc, après avoir fait la crêpe sur le sable et perdu ma dignité au moment même où je me suis assise en tailleur pour faire des pâtés. Ces jours là, je prends, depuis toujours, plaisir à ce qui n’est souvent qu’une corvée pour moi: m’apprêter. En lire plus »

Joyce Maynard, « Et devant moi le monde »

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Je l’ai évoqué dans un de mes billets précédents, j’ai donc dévoré « Et devant moi le monde », de Joyce Maynard. Un bouquin sorti il y a déjà un peu de temps et acheté en poche avant de prendre un train – je ne saurais l’expliquer mais vous me collez dans un aéroport ou une gare, je suis quasiment OBLIGÉE d’acheter un ou plusieurs bouquins. Vous avez sûrement entendu parler de l’histoire de cet auteur, devenue, dans les années 70, alors qu’elle n’a que 18 ans, la coqueluche des lecteurs du New-York Times, après qu’elle ait écrit une chronique sur la jeunesse de l’époque. Parmi les milliers de lecteurs enchantés par sa prose – et son joli minois apparaissant en tête de l’article -, il y en eut un qui changea le cours de sa vie, pour le meilleur et peut-être surtout pour le pire. En lire plus »

Dos – presque – nu

DSC_4008Le problème avec les seins généreux, ce n’est pas tant que ce soit lourd à porter – bien que – ou qu’ils nous précèdent en toutes circonstances – bien que – mais plutôt qu’ils ne se laissent JAMAIS oublier. Je n’ai rien par exemple contre les décolletés. Mais lorsqu’on fait du 95 C – c’est mon cas – le moindre col cheminée EST UN DÉCOLLETÉ. Donc on oublie le « V-neck », tellement sexy et gentiment évocateur sur des petits nichons, rapidement indécent sur une nana sévèrement burnée de la poitrine. J’imagine qu’il y a une explication physique au phénomène, mais c’est un peu comme si de par leur poids, bob & rob entrainaient le tissu, quel qu’il soit, dans leur inexorable chute. Ou comment passer la journée à tirer sur le dos du tee-shirt pour éviter de donner cette élégante impression d’open-bar à Saint Nich’.

Vous l’aurez compris, bien que détestant être collet monté et ne supportant pas tout ce qui me serre au cou, je limite désormais mes achats de hauts échancrés, marre de ramasser les miettes de pain au fond de mon soutif après manger. En lire plus »

Le tour du jour…

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Samedi, le tour de France passait devant chez mes parents. Quand je dis devant, n’y voyez pas de figure de style: littéralement sur la route qui borde leur maison. Le Tour, je l’avais vu il y a longtemps, (très) en haut du col du Granon, que seuls les fins connaisseurs du Briançonnais peuvent connaitre. J’en garde le souvenir d’une cohue terrible, dans une ambiance hystérique et saturée de chaleur. Mais j’étais repartie avec ma casquette Ricard et ça, ça n’a pas de prix.

Vous dire que je suis une passionnée de course à vélo serait mentir mais, j’avoue, je peux aisément bloquer un après-midi devant, dans un semi coma, hypnotisée par les travelings depuis les hélicos, les noms des villages traversés et ceux, non moins exotiques, de coureurs  capables de me faire vibrer le temps d’un sprint. Une fois l’étape terminée en revanche j’oublie jusqu’à leur existence. En lire plus »

« L’unique chose dont le monde n’aura jamais assez, c’est l’exagération » Salvador Dali

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Malgré notre légendaire propension à ne rien faire lorsque nous partons quelques jours tous les deux, nous avons finalement un peu bougé durant ce trop court périple. Il faut dire que les tentations sont nombreuses. Comment ne pas céder par exemple à celle de la maison de Dali, lorsque l’on a adoré comme c’est notre cas le musée de Figueras ? Bien nous en a pris, la demeure du maitre est à la mesure de son excentricité. Nichée au coeur de Port Lligat, minuscule anse à quelques encablures de Cadaqués, elle regorge des trésors du peintre et de sa muse et femme, Gala. Animaux empaillés, dont un ours polaire terrifiant, offert par un poète anglais dont j’ai oublié le nom, tapis à l’effigie du pape, bonhommes Michelin customisés, pierrots en faïence d’un goût douteux, patchworks de coupures de presse sur Dali, etc. La pièce qui m’a le plus émue reste l’atelier, bien sûr, dans lequel trônent ses deux derniers tableaux, dont l’un n’est encore qu’à l’état d’ébauche. Ses pinceaux semblent attendre qu’il revienne terminer son oeuvre et la vue depuis la fenêtre rappelle nombre d’arrière plans des portraits de Gala (ce que personnellement je préfère dans ce qu’il a peint). Les patios extérieurs sont une invitation à la rêverie et la piscine tout en longueur, bordée de coussins chamarrés est sacrément tentante, surtout lorsqu’on effectue la visite aux heures les plus chaudes. En lire plus »

Hola Cadaques

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On arrive à Cadaquès après une quinzaine de kilomètres qui en paraissent cinquante sur une route sinueuse de montagne dont il est difficile d’imaginer qu’elle mène à la mer. Et puis soudain ce petit port et ses maisons immaculées aux volets bleus s’offre à vous, comme un trésor qu’il faudrait mériter un peu. Je suis un public facile, vous me donnez des terrasses au bord de l’eau et deux ou trois ruelles bordées de bougainvilliers et je suis comblée. Mais là, franchement, ce fut le coup de foudre immédiat, cette sensation rare et précieuse d’avoir trouvé un de ces endroits qu’on n’oubliera jamais. Je ne sais pas s’il est encore trop tôt ou si, avec ses criques de galets, Cadaquès séduit moins que ses comparses de la Costa Brava, mais nous sommes presque seuls dans notre hôtel et rares sont les restos bondés le soir. Il règne du coup une absolue quiétude dans les rues pavées – et sacrément casse-gueule – de ce qui fut le havre de Salvator Dali. Comme si les encore rares touristes se mettaient au diapason de ce paysage parfait que seuls les cris des mouettes viennent troubler. En lire plus »

Rose et Joséphine, forza Corsica

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A l’heure où vous me lirez je serai sur les routes du sud, entre Lyon et Cadaquès où nous allons passer trois ou quatre jours avec le churros, profitant d’une semaine sans enfants. Vous dire que je suis sereine serait vous mentir, pour la première fois ma grande est en Angleterre et j’ai beau être de celles qui laissent facilement leur portée s’éloigner, il y a quand même une mer entre nous et aussi petite soit-elle, c’est trop en fait. Sans compter que la semaine dernière a été porteuse de nouvelles pas super glop qui ne me font pas aborder les vacances avec la légèreté que j’espérais.

Mais laissons derrière nous pour quelques jours ce qu’il sera toujours temps d’affronter dans un mois – accepter ce qu’on ne peut pas changer, ce n’est pas un mantra des AA ça ? – et filons donc boire un peu de tinto de verano accompagné de sardinas et patatas…

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On suçait des glaces à l’eau…

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Hier j’ai écrit que Rose se pliait « sans broncher » aux séances d’orthophonie et cela m’a valu un ou deux mails et commentaires un peu chafouins d’orthophonistes, ne comprenant pas trop pourquoi elle devrait broncher, me rappelant au passage qu’elles faisaient leur métier avec dévotion et passion. Laissez moi préciser ma pensée: la seule orthophoniste que j’ai trouvée en urgence est à près de 25 minutes à pied de son école et les séances se déroulent le vendredi soir après la classe. Pour une petite fille de 4 ans et demi (oui je sais, cinq ans le 5 août, mais laissez moi minimiser la réalité), ça n’est pas forcément évident de se remobiliser la veille du week-end. D’autant que ses soucis de langage ne la laissent pas indifférente, les enfants de cet âge là sont cruels et il n’est pas rare que ses « copines » s’amusent à lui faire répéter inlassablement les mots qu’elle ne parvient pas à apprivoiser. Bref, rien de dramatique là dedans et je trouve que les progrès sont galopants depuis qu’elle est suivie, croyez donc bien que je ne suis que gratitude et reconnaissance vis à vis d’un métier à mon sens trop peu valorisé et dont j’ai du mal à comprendre la pénurie actuelle – trouver un orthophoniste à Paris est plus difficile que de convaincre un propriétaire de vous louer un appartement.

Toutes mes excuses en tous cas pour cette petite phrase qui a pu laisser penser que je pouvais considérer ces rendez-vous comme des séances de torture, alors qu’il n’en est rien ! En lire plus »

J’aime #36

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La dernière fois je déjeunais avec une amie qui me disait à quel point elle avait été surprise de mon billet sur la série télé: « heureusement qu’il y a ton blog parce que sinon on ne saurait rien, banane ». Je me suis demandé pourquoi je n’en avais pas fait tellement cas en effet, distillant quelques infos de ci de là tout en précisant systématiquement que rien n’était vraiment sûr, que c’était sûrement un one shot, que de toutes façons ça s’arrêterait avant d’avoir commencé. Ma copine, qui doit bien m’aimer, en a déduit que c’était de la modestie. Je voudrais bien lui donner raison mais la vérité, c’est que j’ai toujours eu ce truc d’avoir peur de parler de ce que j’espère, tant je suis adepte de la conjuration de sort. Tout au long de mes études, scolaires puis universitaires, j’ai été de ces insupportables affirmant après chaque examen que je m’étais plantée, pour finalement m’en être pas si mal sortie. Je comprenais bien l’agacement de mon entourage, mais le fait est que les rares fois où je me suis permis un chouïa d’autosatisfaction ou d’optimisme débridé, c’est là que ça a déconné.

Je crois que c’est ce qu’on appelle la pensée magique, mais inversée, en gros. J’en ai toujours été adepte mais jamais dans un sens positif, je me suis toujours efforcée de conjurer le sort et de ne surtout pas compter sur un quelconque succès. Si j’ai un peu progressé aujourd’hui et compris que parfois miser sur la réussite entraine la réussite, je garde au fond de moi ce truc, cette peur d’être punie d’avoir vendu la peau de l’ours. J’imagine que c’est un héritage de cette fucking éducation judéo-chrétienne, ce truc bien ancré en moi selon lequel il faut en chier et « mériter ». Pourtant si la vie m’a appris quelque chose c’est que cette notion même de mérite n’a aucun sens. Ça se saurait si les bons gagnaient à la fin et que seuls les mauvais se prenaient des seaux de merde sur la tête. (je veux dire, à part Claire Chazal).

Sinon, j’aime. En lire plus »