Catégorie : Leçons de mode

Pour un petit Tours de soldes ?

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Il parait que "c'est les soldes" aujourd'hui. Il parait. Personnellement cela ne va rien changer au fait qu'à l'heure où vous me lirez je serai dans un train pour la ville de Tours. Train partant très exactement à 7h16 de la gare Montparnasse et que j'aurai surtout envie de mourir parce que me lever avant 7h45 revient pour moi 1) à ne pas dormir de la nuit de peur de ne pas entendre le réveil 2) avoir une tête de lapin mixomaté pour la journée. Mais si ça se trouve, vous, vous avez trop envie de faire les soldes.

Ou pas.

En ce qui me concerne, je suis une adepte de l'achat en ligne, sauf pour H&M et Monoprix, où je vais en général à la toute fin des soldes, récupérer ce que personne n'a voulu et qui par conséquent ne coûte quasiment plus rien. D'une manière générale je n'achète pas grand chose à part des boots, de toutes façons. Bref, histoire de vous occuper pendant que je pars en reportage (j'adore écrire ça, surtout quand ledit reportage consiste à visiter une université, tout de suite ça calme un peu le côté baroudeuse, même si je dois vous avouer un truc, je kiffe les universités, je ne sais pas, mon amour des college book ou alors mon déni de vieillesse) (en même temps à 28 ans je ne devrais pas non plus trop m'en faire).

Bref, donc, j'ai passé environ 4h56 à vous pondre ce montage de quatre malheureuses boots et il a fallu pour cela que Violette use de toute sa pédagogie légendaire (ça mène à tout les études juridiques).

La vérité c'est que j'en avais repéré beaucoup plus des boots. Mais déjà que coller quatre liens et faire ce collage m'a fusillé une demi-journée de travail, je crois que ma carrière dans l'affiliation est morte dans l'oeuf. Il n'empêche que maintenant j'ai envie de toutes les acheter ces chaussures, pas sûre du coup que ce soit une bonne affaire. (en réalité je possède déjà les Ann Tuil en rouge et je les adore et les Vanessa Bruno pour la Redoute en noires, là aussi très bonne affaire). Mais ces noires, là, à sequins, retenez-moi…

Edit: plus sérieusement, est-ce que ça vous intéresse que je vous fasse parfois ce genre de sélections ou pas du tout ? répondez-moi franchement, parce qu'en réalité je n'en sais rien. Et comme ça n'est pas tout à fait ce que je fais le plus facilement, si vous n'en avez que cure, je ne réitèrerai pas !

#1 Boots Ann Tuil – #2
Boots Vanessa Bruno pour La Redoute – #3 Boots Asos #4 Boots Asos

La théorie du sweat-shirt

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Je n'en ai peut-être pas l'air comme ça mais je réfléchis beaucoup et pas que sur le réchauffement climatique.

C'est pourquoi je me propose de vous éclairer de temps en temps ici sur un sujet d'actualité.

Aujourd'hui par exemple, je vais vous parler… du sweat-shirt.

Histoire de vous guider, petits scarabées, dans ce long couloir un peu
sombre que peut être la tendance quand on y connait rien. (moi j'ai
fait sciences-po, donc bon).

Il ne vous aura en effet pas échappé, à moins de vivre chez les mormons (not the best place to be ces derniers temps, RIP Mr Romney), que le bon vieux sweat IS BACK.

Et pas qu'un peu. Pas une enseigne qui n'en propose pas, des grands, des petits, des molletonnés, des tous fins, des chinés ou des imprimés. Et pas une fille, qu'elle ait 24 ans comme moi ou un peu plus, qui ne résiste à la tentation. Pourquoi ? Oh, pas bien important de le savoir à vrai dire, d'autant que dans trois mois on crèvera d'envie d'acquérir, je ne sais pas, moi, un legging panthère, des bottes en kilim (ah non, ça c'était en 2011) ou des pulls manches chauve-souris. Ça s'appelle le cycle de la mode, c'est plus régulier que celui de nos règles (surtout quand on est doté comme moi d'un stérilet mirena) et qu'on le veuille ou non, ça nous colle à la semelle comme un vieux chewing-gum tenace.

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Bref, le sweat-shirt, disais-je, puisqu'on va de toutes façons TOUTES en acheter (j'en dénombre cinq à l'heure d'aujourd'hui dans ma penderie alors que j'avais juré mes grands dieux que non merci), peut-être pourrions-nous nous interroger sur la façon de le porter sans avoir l'impression d'être revenue au bon vieux temps des cours de gym, où dans notre jogging on ressemblait à Bouba le petit ourson. (ma mère n'a jamais voulu m'acheter des jogging en nylon type adidas, elle trouvait ça vulgaire).

Déjà, en préambule (non, les longues lignes qui ont précédé celles-ci n'étaient pas un préambule mais une contextualisation, rien à voir), je vais peut-être en choquer certaines mais je crains de devoir jeter un pavé dans la mare : le sweat-shirt n'est pas seyant.

Je ne nie pas qu'il ait d'autres qualités. Il est ainsi confortable, tout doux et heu… confortable. Je suis sévère ? Ok, il est également régressif, marrant, chaud et puis aussi… confortable. Sexy ? Peut-être, mais alors uniquement si vous êtes à poil dessous et quand je dis à poil c'est vraiment… à poil.

Si vous ne me croyez pas, faites le test et demandez à n'importe quel représentant de la gente masculine ce qu'il pense de vous en sweat-shirt. Est-ce que le mot sexy est venu à un moment ou un autre de la conversation ? Ha !

Enlevez votre jean et votre culotte et redemandez.

Ha !

Sexy, donc, éventually. Mais seyant, jamais. Surtout si comme moi et ce malgré vos 24 ans à peine, votre poitrine a tendance à ne pas être de la première vigueur ou à dépasser le 85 B. Parce qu'un sein sous un sweat-shirt paraît plus gros. DEUX FOIS plus gros. Mais comme le sweat-shirt n'est pas décolleté ni vraiment marqué à la taille, juste ça vous colle une bonne dizaine de kilos dans la vue. Effet d'optique, assurément, mais le résultat est là, ça ne FLATTE PAS.

Est-ce que ça signifie qu'il ne faut donc pas céder à l'hystérie collective et conserver nos petits pulls col V bien coupés et près du corps ?

Sûrement.

Sauf qu'on ne veut pas.

Ronde, mince, grande, petite ou mal foutue, peu importe, on veut notre part du sweet sweet sweat. Et on a bien raison. Parce que parfois, on a le droit de s'en fiche, qu'un vêtement ne soit pas seyant. On l'aime pour d'autres raisons. Lesquelles ? Peut-être le fait que sur notre copine tellement bien foutue c'est trop canon ? Qu'arborer un objet clairement identifié "à la mode", c'est d'une certaine manière "en être" ? Ou juste parce que fuck, on n'aurait pas le droit de profiter que pour une fois c'est un vêtement confortable à la tête des must-have ? Peut-être tout ça à la fois.

Quoi qu'il en soit, moi je dis, revendiquons notre droit à aimer le sweat-shirt.

Mais pour minimiser la casse de l'effet "bonjour, je suis un lego", on peut essayer de l'optimiser. A savoir qu'on l'achète OVERSIZED. Ou carrément étriqué pour que ça fasse genre «ouuuh, mes seins sont tout compressés dans ce sweat, ils ne demandent qu'à être libérés et là tout de suite j'ai envie de les toucher justement mes seins ».

Personnellement je préfère la version XXL, mais le message est le suivant : pas d'entre deux. Parce que le sweat juste « un peu grand », c'est celui qui va vraiment vous tasser pour l'éternité. Alors que carrément « trop grand », il prend une dimension second degré. Genre aujourd'hui, j'avais envie d'être juste moi, à l'aise, sans entrave. S'il glisse un peu sur votre épaule c'est encore mieux, là, il devient sexy sans même qu'on ait à enlever sa culotte.

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Avec quoi on le porte ? Avec ce que vous voulez, personnellement comme je ne suis pas vraiment du genre à prendre beaucoup de risques, j'opte pour un slim, noir de préférence, parce que de mes longues années en modalogie, j'ai retenu UNE LEÇON : si c'est large en haut, on serre en bas. Et inversement. ET QUE PERSONNE NE VIENNE ME DIRE QUE ÇA NE MARCHE PAS A TOUS LES COUPS PARCE QUE JE ME TROUVERAIS ALORS COMPLETEMENT PERDUE.

S'il est vraiment très XXL, je mets même un legging ou des collants très opaques. Avec le risque toutefois de passer pour celle qui a oublié de mettre une jupe. Pour les chaussures, des bottines à talons. Paraît qu'avec des escarpins ça peut le faire mais je n'ai pas cette audace (ni les pieds équipés pour). Parait aussi qu'avec une jupe crayon, c'est classe. Mais sur moi ça fait juste la fille qui a commencé à se saper et qui a oublié d'enlever son haut de pyjama.

Quant à savoir si on choisit son sweat imprimé, uni ou à dentelles, et bien ça, je crois que ça vous appartient. Personnellement j'en ai un kaki ajouré, un rose chiné, un gris pailleté et un avec une tête de tigre (MAIS QUELLE ORIGINALITÉ !).

Et j'avoue, je les mets tout le temps, même si très objectivement ça ne me va pas. Parce que j'ai lâché l'affaire de ce qui me va vraiment, pour entrer dans une autre phase de ma vie (à 24 ans il était temps) : faire ce qui me plait.

Voilà, c'est tout.

Edit: le sweat à tête de tigre vient de chez Zara. Il est pompé sur le kenzo mais coûte environ 26 fois moins cher. Ce qui compte-tenu du fait que dans deux mois on chialera de s'être baladés avec ce genre de pull me semble plutôt raisonnable.

Merci à Violette pour les photos. Pour info, allez voir son nouveau chez elle il est trop beau.

Burano, graou et hystérie chinoise

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Burano, j’y étais allée je crois lors de mon premier périple vénitien, l’année de mes douze ans, durant ce qui fut donc l’un de mes souvenirs les plus douloureux, une sorte de colo matinée de scoutisme avec tortionnaire à la clé qui m’avait prise pour cible les trois semaines que durèrent le séjour. J’ai déjà dû l’écrire ici mais ce sale gosse avait donc un jour fait tourner son béret – vive les scouts – autour de lui en demandant à la cantonnade « de faire un geste pour la cure d’amaigrissement de Caroline ». Il me semble sentir encore mes joues brûler de honte.

Bref, ça ne s’était pas passé à Burano mais le fait est que ces endroits magnifiques découverts cet été là ont forcément perdu un peu de leur superbe et gardent à jamais cet arrière goût un peu salé. En plus de cet abject crétin, il me fallait en outre me plier à un rythme qui tenait de l’armée ce qui quand on me connait ne peut que me déplaire…

Passons donc, j’ai déjà saoulé ma mère ce week-end en lui rabachant ces souvenirs sur le mode « mais comment avez-vous pu me FORCER ? », ce à quoi je me suis entendue répondre qu’absolument pas, j’étais tout à fait consentante, ce qui n’est pas faux en plus, j’avais aussi de bonnes copines et garde également quelques heureux souvenirs de tout cela. Et puis d’une certaine manière, ça m’a rendue plus autonome, moi qui avais alors tant de mal à quitter le doux cocon familial. De toutes façons au petit jeu de « qui a souffert le plus », c’est systématiquement l’un de mes frères qui gagne, lui est rentré d’une autre colo, quelques années plus tard, tellement traumatisé qu’il n’a pas pu prononcer un mot pendant trois jours. Depuis, il se plait à confier que plus rien ne peut lui faire peur, ça ne sera jamais aussi dur que cette expérience. D’une certaine manière, je crois que c’est un peu la preuve que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort et peut-être que nos chagrins enfantins ne sont pas tous vains ? En lire plus »

Baï de Langoue: C’est la wax

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C'est une belle histoire comme je les aime. Celle d'un coup de foudre d'une jeune femme pour un pays et ses tissus. Elodie a vécu au Gabon pendant dix ans et très vite elle s'est mise à chasser les plus beaux échantillons de wax, convaincue que ces étoffes méritaient d'être plus connues hors d'Afrique. Mais voilà, alors qu'elle réfléchit à tout ça, la mode déferle en France où les créateurs s'emparent de ces imprimés, souvent pour le pire d'ailleurs si vous voulez mon avis.

Qu'à cela ne tienne, Elodie se dit que faute de vêtements, elle pourrait en faire des sacs. Et la voilà dessinant un modèle de cabas, qui pourrait se décliner en plusieurs tailles, qui serait pratique parce que pouvant être mis à l'épaule et qui, en étant réversible, permettrait de renforcer le côté ludique de la wax. Parce que c'est avant tout une histoire d'amour entre elle, le tissu et le Gabon, elle décide que tout sera fabriqué à Port Gentil. Le couturier devient un ami, il s'appelle Pape. Elle embauche des petites mains pour assurer la confection des sacs, écume les marchés pour débusquer les plus jolies étoffes et toute seule, comme une grande, elle finit par sortir cet été la première collection de cette nouvelle marque de maroquinerie très spéciale: Baï de Langoue.


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Je ne sais pas ce que vous en penserez mais moi je les trouve joyeux ces cabas. Je vois déjà tout ce que je vais pouvoir y entasser, je les imagine sur la plage en été ou donnant un peu d'éclat à un metro bondé. 

Les modèles sont presque uniques tant il y a de combinaisons possibles entre l'imprimé et l'intérieur uni. Ceux de cette hiver sont graou comme on aime ça en 2012 (et peut-être même en 2013, soyons foufous). 

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(là c'est Elodie justement)

Voilà, je vous ai fait l'article parce que vraiment, avec Deedee, Violette, Audrey et Marie, on a craqué pour cette idée toute simple, pour la générosité d'Elodie et son culot (mine de rien elle est un peu en train de créer son activité tout en maintenant un lien hyper fort avec son pays d'adoption) et pour ces jolis sacs. La vérité aussi c'est qu'on a passé un petit bout d'après-midi à boire du thé à la rose ensemble pendant que la pluie dégringolait et qu'écouter parler Elodie de tout ça c'était comme si soudain l'été était revenu dans ce joli petit appartement. (j'ai envie d'écrire une chanson)

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Pour en savoir plus et avoir une idée des modèles disponibles, vous avez le site de Baï de Langoue, juste ici. Pour l'instant ils ne sont commercialisés qu'en ligne mais devraient bientôt trouver leur place en vitrine d'une belle boutique parisienne, je vous dirai.

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Rock and cuir

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Hier ma journée a commencé de la pire des façons. D'abord j'avais mal dormi, une espèce de crise d'angoisse assez rapidement cataloguée par mes soins comme un pré-anévrisme (je vais bien sinon). Réveil la tête dans un étau, avec l'impression d'une montagne à gravir tant j'étais à la bourre pour un rendre un papier qui me tenait à coeur en plus. Et bien sûr, comme il est de rigueur, les emmerdes volant en escadrille, alors que j'avais mis un point final à ce dit papier et que je n'en étais pas mécontente (du papier), mon ordinateur a planté.

Cette seconde où tu réalises que la dernière fois que tu as enregistré c'était… la veille après avoir écrit les dix premières lignes. Et cet espoir insensé qui s'empare de toi quand une fois l'ordi violemment éteint manuellement parce que plus rien ne bouge depuis 1/4 d'h, tu t'apprêtes à le rallumer en t'imaginant que si ça se trouve, si, en fait, tu avais enregistré. (mais en fait, non).

Je passerai sur ces quelques minutes de respiration par le ventre (mon anévrisme palpitait tant que j'aurais pu l'entendre), pour en venir au fait: j'ai du tout réécrire et accepter l'évidence: mon ordinateur est à deux doigts de me présenter sa démission. J'imagine qu'il penche pour l'auto-entreprenariat.

Bref, la journée avait mal commencé et il se trouve que j'avais un dèj de prévu avec Violette et Cécile pour parler boulot (référencement, SEO, influencerie, syndicalisme des indépendants, etc) (compensées, imprimé graou, chemises qui tombent mal, aussi). J'ai failli annuler et puis je me suis dit que parfois avoir des amies, c'est bien utile. Un peu d'astuce et d'espièglerie aussi.

 
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Un hamburger juste à crever de bonheur plus tard, les voilà qui me disent qu'elles ont une bonne idée pour me remonter le moral. Un petit shooting mode. On est comme ça dans la bloguerie, complètement fofolles.

Il faut dire que j'avais mis le paquet sur mon outfit, tout en nuances: robe tête de mort, boots noires et blouson en cuir. Je crois que j'avais envie de faire passer un message.

En vérité ça m'a fait du bien, même si je vous le dis, je n'assume pas du tout la street photographie. Je tire une nouvelle fois mon chapeau à toutes celles qui font ça quotidiennement, moi à chaque passant qui passait (richesse du style, bonjour), j'avais la très nette impression d'entendre des rires étouffés. En fait c'était juste Violette et Cécile qui se moquaient de mes collants en tire-bouchon. Elles n'avaient pas compris que c'était mon twist enfantin, une manière bien à moi de dédramatiser mon côté black sabbath. Elles n'ont rien voulu entendre alors entre deux prises je les remontais (mes collants).

 
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Au bout d'un moment, constatant qu'au niveau de la pose on frôlait le pathétique, Violette a eu cette idée brillante de me faire marcher. Je me suis exécutée, ressuscitant Aldo Macione.

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Voilà, sans rire, s'il y a une combinaison en laquelle je crois dans la vie c'est celle associant une robe un peu légère avec un blouson en cuir qui va bien. ça et le slim/boots/tee.

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Et le blouson en question est un Brooklyn Bridge Factory, modèle Ruby. Je ne le quitte plus, il est léger comme une plume et en même temps se tient vachement bien. On parlait de mes essentials la dernière fois, je crois que j'en tiens un. J'ai hâte qu'il soit tout tanné, tout limé, parce que j'aime bien, aussi, les cuirs limés. Les vins blancs aussi. Limés. J'aime bien. Merci BBF pour ce cadeau.

(sac via Forzieri)

Ma presque fashion week

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Hier j'ai failli être embeded au coeur de la fashion week. Je veux dire, j'ai PRESQUE vu un défilé. Enfin, une présentation. Chantée. On est pointu ou on l'est pas.

C'est grâce à ma copine Elise, qui m'avait invitée au défilé de Thomsen, une marque plus edgy tu meurs (c'est le synonyme de pointu mais je l'avais déjà mis plus haut, et comme je tiens à conserver un vrai style éditorial en dépit de mon nouvel étiquetage mode, bref).

Le problème c'est que Violette et moi on est arrivées d'abord tellement en avance qu'on est allées boire un verre pour éviter de faire les filles qui arrivent en avance à un défilé (en matière de suicide social il semblerait que ce soit à peu près du même niveau que de faire l'ouverture du Baron) (et croyez moi des ouvertures de boîtes j'en ai au compteur étant donné que jusqu'à mes 18 ans j'avais la permission de 23h30).

On a bu un verre, on a pleuré sur notre sort d'auto-entrepreneuses sacrifiées sur l'autel de la gauche (j'y reviendrai mais merci François, tu viens un petit peu de me foutre (et pas que moi, tous les gens qui tentent de s'en sortir plutôt que d'aller pointer) dans un caca démentiel) et on a laissé un peu passer l'heure.

Résultat on est arrivées alors que la présentation avait commencé et comme l'endroit était petit et sombre on n'a pas vu grand chose (= rien). J'ai quand même pris quelques photos hallucinantes de précision et de netteté (call me sartorialista) pour vous donner une idée de ce que je n'ai donc pas vu. Plus sérieusement, c'était joli, j'ai bien aimé les robes, les turbans et les imprimés des chemisiers, moins le concept du short ras l'intimité que je n'ai pas réussi à imaginer sur moi. Quant à la créatrice (première photo), elle était sacrément jolie et souriante, ce qui change un peu du mantra du fashpack, consistant visiblement à faire la gueule pour avoir l'air inspiré.

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Bref, hier je ne suis pas vraiment entrée au coeur de la fashion week. Mais j'ai bu un bon panaché et ensuite j'ai marché dans Paris, il faisait doux et je ne sais si c'est en raison des défilés et de tout ce que ça génère comme activité mais il y avait une belle énergie dans les rues, je me suis dit que décidément, Paris, je te kiffe.

Quoi qu'il en soit, pour vraiment humer l'ambiance des catwalk et autres front row, il ne me reste plus qu'à regarder la web série de Grazia. Je vous en avais déjà parlé il y a quelques mois lors d'une fashion week précédente, ils ont réitéré et je trouve ça bien fait, frais, comme on dit désormais. 

 

Ah parce que oui, je dois vous faire mon coming out. Tout ça me fascine en réalité. Les peoples, les it-girls, les actrices égéries, les tops du moment, les créateurs qui montent ou qui descendent, le retour en grâce de marques qui hier encore étaient aussi trendy que Madame de Fursac (je veux dire, cette année, le must du must, c'est RODIER). J'aime bien regarder ça par la lorgnette des articles de mode ou vidéos sur le net (à ce sujet j'aime aussi beaucoup les vignettes de Sophie-Marie Larrouy sur yahoo)

Où je deviens presque célèbre (quelque part sur un serveur italien)

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Il y a deux jours j'ai découvert ce classement des 30 premiers blogs fashions français. J'avoue avoir dans un premier temps cru à une blague, ensuite j'ai pris un gros fou rire, en constatant que "Pensées de ronde" (qui n'a jamais si bien porté son diminutif) (PDR) était donc le troisième blog mode le plus influent de l'hexagone, juste après Garance Doré et le blog de Betty. Et bien avant de nombreuses huiles de l'influencerie, de celles qui chient des roses et rotent du Shalimar.

Très honnêtement, je ne m'explique pas ma présence dans ce top 30, encore moins à cette place surréaliste. C'est juste que soudain, j'ai eu la très nette impression d'être devenue la Forrest Gump de la blogosphère. La fille qui aurait vu de la lumière et qui serait rentrée.

Par contre vous comprendrez que désormais je me sens une obligation morale de tenir ce nouveau rang et que j'ai donc décidé de m'investir très sérieusement dans ce créneau porteur de la mode. En plus que ça tombe bien parce que c'est la fashion week, je pense que ça va très naturellement booster ma créativité au niveau de mon style. Il va de soi que je vais également chasser le look au sortir des défilés. Attendez, si ça se trouve dans deux mois j'ai un studio à Brooklynn, avec une équipe qui tweetera pour moi (au bout d'un moment, assurer une présence constante sur les réseaux sociaux c'est assez fatiguant, vous ne pouvez pas comprendre) (il faudrait pour cela que vous ayez un peu plus de followers, pardon my rayonnement international).

Bref, j'aimerais que désormais on me dise vous.

Bonne journée.

Forresta.

Edit: j'avais pris cette photo au défilé d'Agnès B l'année dernière, unique invitation de toute ma vie de blogueuse et pas très exactement en front row. Bien que n'ayant pour l'instant rien reçu au niveau des événements moderie de ces prochains jours, je pense qu'il s'agit d'un problème avec la poste. Mon nouveau fashion statement devrait grandement faciliter les choses désormais. (pourvu que j'ai un chauffeur par contre) (mon équipe peut se brosser).

My essentials à moi que j’ai

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Y'a ce truc qui me fait toujours marrer dans les magazines féminins mais aussi désormais sur les blogs, qui consiste à lister ses "essentials". Etant entendu qu'en général la fille interrogée est ce qu'Inès de la Fesse qualifie de "rock". Entendons par là "qui porte des chaussures Roger Vivier à 500 euros la paire twistées avec un bleu de travail acheté sur un marché de Manosque parce que c'est tellement chic de se saper avec des habits de pauvres laborieux". 

Mais je m'éloigne de mon sujet. Celui, donc, des fameux "essentials". Censés être ces produits dont on ne se passerait pas sur une île déserte (ce qui soit dit en passant pose le ridicule de l'exercice parce que personnellement sur une île déserte la seule chose que je veux avoir avec moi c'est de la flotte et de la bouffe. Et un mec, tant qu'à faire. Le contour de l'oeil de la Prairie, comment vous dire ?). Mais je m'éloigne encore. Ce qui me fait marrer, c'est que ces nanas, leurs essentials sont toujours des produits portant des noms à coucher dehors, importés d'un ashram à Pondicherry ou fabriqués dans une ferme bio en Lozère à partir d'ovaires d'anesses tout juste pubères. Idem pour leurs fringues, qui sont certes des "basiques" (c'est le synonyme d'essentials en fait) mais des basiques ultra pointus, genre des chemises "toutes simples" mais de chez "Equipment" (compter 400 euros en moyenne), des dessous Eres, une jupe droite mais de chez Dries van noten ou un pantalon Céline ("les mieux coupés") (ah bon ?).

Idem pour le parfum. Ces filles ne portent JAMAIS du Coco Chanel ou un trivial Miss Dior (sauf si elles sont égéries, là elles sont obligées) mais des essences de tubéreuse de Joe Malone ou, the must, n'importe quelle eau de Cologne de chez Santa Maria Novella, tellement pratique de s'approvisionner vu qu'elles ne sont en vente que dans la parfumerie d'origine à Florence, "une vraie caverne d'Ali Baba".

Ah et puis elles ont toujours des "trucs" pour l'avion, du style qu'elles se lovent dans une combinaison en cachemire ou qu'elles ont toujours dans leur poche "des gros grains de ruban de toutes les couleurs qui servent aussi bien à nouer les cheveux qu'à se fabriquer une ceinture de fortune" (moi je ressemble assez vite à un roti avec un gros grain de ruban en guise de ceinture, mais c'est une autre histoire).

Le pire, c'est que je lis toujours religieusement ces articles, cruche que je suis, parce que j'ai toujours dans l'idée qu'un jour moi aussi j'aurai mes essentials, qui m'éviteront de gaver ma valise d'un tas informe de fringues pas assorties dont la moitié ne me serviront pas ou d'entasser dans le vide poches de ma salle de bain quantité de crèmes dont les trois quarts me filent de l'eczema. Sans parler de mon parfum que j'adore, certes, mais qui est d'un convenu absolu, vu qu'on le trouve dans la moindre parfumerie de France et de Navarre.

Et le pire, donc, c'est qu'une fois que j'ai potassé ces listes soit-disant réduites à la plus simple expression de l'indispensable, j'ai le tournis étant donné que 1) je n'ai pas les moyens de m'en procurer la moitié et que 2) à moins de passer ma vie dans un avion, je n'aurai jamais l'utilité d'un babygro en poil de chameau. D'autant que je ne voyage pas en première et que donc mon seul luxe dans les longs courriers consiste à enfiler les chaussettes en général oranges fournies par la compagnie, chaussettes qui s'accrochent à la moquette de l'appareil et finissent totalement éfilochées, classe.

Tout ça pour en venir où ?

A ma liste d'essentials pardi. Parce que sur le principe, j'aime assez l'idée de cette tendance à se débarrasser du superflu. Et que j'aimerais avoir la sagesse de m'y astreindre. Parce que si vraiment je réfléchis, voici les seules choses dont j'ai du mal à me passer:

Soins

– Ma crème hydratante (en général c'est Avène mais en gros la seule condition c'est qu'elle soit non comédogène, pardon my sebum)

– Mon eau démaquillante (j'utilise la bioderma en ce moment mais je pense que n'importe laquelle en vérité peut faire l'affaire, c'est juste que j'adore l'idée d'utiliser la même eau démaquillante que les tops models et que les laits me collent de l'acné, ne parlons pas des huiles, excuse my glandes sébacées).

– Mon fond de teint bare minéral ou ma crème teintée (Avène one more time) une fois le bronzage de l'été disparu (à savoir donc 11,5 mois de l'année) (ce n'est pas par snobisme que j'utilise exclusivement ces deux là, c'est juste donc que les autres finissent donc immanquablement par me coller une plaque d'eczema sous l'oeil).

– Ma poudre de soleil (avant je ne jurais que par la terracota de guerlain mais en fait il y en a pas mal d'autres qui font le job).

– Un mascara, si possible ne faisant pas des paquets et ne me brûlant pas les yeux quand je pleure (je pleure beaucoup, dès que je ris en fait) (je ris beaucoup).

– Eventuellement un rouge à lèvres.

– Un vernis rouge ou orangé.

– Un déodorant.

– Mon parfum, Chance de Chanel, donc (désolée).

– N'importe quel gel douche ou savonnette, idem pour les shampoings, franchement je ne vois jamais la différence sur mes cheveux.

Fringues

– Ma robe noire portefeuille Monoprix année 2004 en espèce de nylon qui ne froisse jamais et que j'envisage de faire reproduire en dix exemplaires par une couturière tant c'est la forme qui me va définitivement le mieux.

– Un jean plutôt slim et plutôt brut.

– Des tee shirts qui tombent bien, j'aime ceux d'american vintage ou de chez Zara en lin.

– Une paire de boots, si possible deux pour alterner parce que je pue des pieds et que je nique mes chaussures.

– Une paire de talons, si possible compensés parce que sinon je meurs de la voute plantaire très rapidement.

– Un pull plutôt près du corps parce que moi les grands pulls d'homme ça me tasse et me fait prendre dix kilos.

– Mon grand gilet en cachemire que le churros m'a acheté un jour chez Mark&Spencer et qui me sert d'à peu près tout, robe de chambre, manteau, doudou, couverture, etc.

– Un blouson en cuir type perfecto.

– Un manteau un peu oversize avec de la laine dedans pour ne pas avoir froid.

– Une écharpe et une étole.

– Des dessous qui 1) me tiennent bien les seins 2) ne me serrent pas le ventre mais passent par dessus mon fucking bourrelet.

– Des chaussettes noires qui montent jusqu'en haut du mollet SANS LE SCIER.

Et c'est à peu près tout. Voilà, vous pouvez reprendre une activité normale, genre en allant lire un livre, histoire de regagner quelques neurones après ce billet si profond.

Joue la comme Christina Hendricks

Robemadmen
Il y a celle qu'on voudrait être et celle qu'on est. Et il y a ce moment dans la vie où soudain, on se dit qu'on va être amie avec celle qu'on est.

D'aussi loin que je me souvienne, je me suis rêvée en fille sans seins, sans hanches et sans fesses. Manque de chance, je me suis réveillée un matin de ma douzième année avec un 95 C et ça ne s'est jamais résorbé. J'ai bien espéré après mes grossesses être de celles qui perdent deux ou trois tailles sans même le calculer, mais las, ils n'ont jamais désarmé, enfin, si, mais ils se sont contentés de regarder plus bas si j'y étais.

Je n'ai de mémoire jamais mis de soutiens-gorges triangles et je suis par ailleurs passée du 12 ans au 42 sans jamais m'arrêter sur la case 38. Et aujourd'hui, bien qu'entrant dans un 40 sans difficulté, je garde ce corps plein de déliés et surtout… de pleins.

Mais la nouveauté, c'est que j'ai capitulé.

Abandonné, mon rêve absolu de pull en col V à la Jane B, au placard les tenues faites pour les filles droites. Cette robe, je ne lui aurais pas accordé un regard il y a encore un an ou deux. Parce qu'elle est de celles qui ne se contentent pas de "mettre en valeur" les formes, elle transforme instantanément un 95 C en un 115 E. En soulignant la taille elle vous fait en prime ce qu'on peut bien appeler… une croupe.

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Et bien je ne saurais vous dire si ce sont les yeux du loup de Tex avery du churros quand je l'ai mise hier ("Est-ce qu'on pourrait dire qu'on serait dans les années 50, que tu serais ma secrétaire, que moi je serais Don Draper et que le harcèlement sexuel serait encore légal ?"), ou si c'est parce qu'elle est d'un confort incroyable. Non, je ne saurais vous le dire, mais je m'y suis sentie comme arrivée quelque part.

Il était peut-être tout simplement temps d'aller à la rencontre de celle que je suis et de dire enfin adieu à celle que je ne serai jamais…

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Il y a quelque temps, je vous racontais que lors d'une de mes séances avec le docteur Zermati, ce dernier m'avait demandé de réfléchir à cette interrogation: "est-il nécessaire de se plaire pour s'aimer ?". J'avais été à l'époque assez perplexe quant il m'avait assuré que non, cette idée de "se plaire" n'avait rien à voir avec celle de s'aimer. En prenant pour preuve d'ailleurs qu'il y a plein de gens dans la vie qu'on aime et qui honnêtement ne nous "plaisent" pas. Je crois que j'ai enfin fini par comprendre. Et je ne saurais vous dire là non plus quel soulagement cela me procure. Cesser de se donner cet objectif tellement inatteignable, cesser surtout de se préoccuper de cela. 

Alors voilà, cette robe a tendance à me rendre plus pulpeuse que je ne suis aujourd'hui mais étrangement, je l'adore, parce qu'elle me ressemble, je crois. 

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Edit: je sais que certaines d'entre vous n'aiment pas que je donne la référence des habits sur les rares billets où je pose, mais je sais aussi que d'autres poseront peut-être la question, alors c'est une robe Monoprix, en rayon actuellement. 

Edit2: Un cheveu s'est opportunément caché sur l'une des photos ruinant toute ma crédibilité modesque d'un coup d'un seul. Saurez-vous le retrouver ?

Fais moi la mode

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Après notre virée au Zara d'Andorre on s'est dit avec les filles que c'était l'occase de faire un shooting mode.

Bon, Violette et Cécile, surtout. Mais n'ayant comme chacun sait désormais aucune personnalité et étant assez curieuse de voir ce que pourraient donner des photos prises par quelqu'un d'autre que le churros – qui je pense se fait arnarquer par son ophtalmo depuis des années – j'ai dit : "moi aussi, moi aussi !".

De toutes façons d'une manière générale pendant ces trois jours j'étais assez bon public, les autres m'avaient surnommée "schtroumpf content". 

Bien évidemment, j'ai longuement hésité sur la tenue que j'allais pouvoir arborer pour épater mes copines. Et le résultat… c'est cette non tenue absolue, un combo jean/débardeur dont l'intérêt réside essentiellement dans le soutien gorge rouge pupute très subtilement apparent ainsi que mes shoes Violette pour André (cadeau de la créatrice). L'étole, bien sûr, je la kiffe, comme tout ce qui est graou en général et quant au collier, il est devenu s'ajouter à une longue série de cochonneries fluo de pacotille, vous me direz ce n'est pas compliqué il y en a des rayons entiers chez Zara et H&M en ce moment (toujours ce problème de personnalité). 

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En fait vous l'aurez compris, j'avais pour ce shooting mis sur moi tout ce que j'avais acheté le matin même. Dieu merci il n'y avait aucune robe dans mon panier parce qu'il y a fort à parier que je l'aurais superposée au reste. Vous savez, comme les gosses tellement contents de leurs achats qu'ils veulent les mettre par dessus leur pyjama ?

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Bref, soit dit en passant, laissez-moi vous dire une chose: poser c'est un métier. Plus jamais je ne ferai de réflexion sur les modeuses parce que nom d'un chien tout ce à quoi il faut penser ! Peut-être surtout quand on a comme moi quelques petites réticences à montrer ce que la nature n'a pas fait de mieux (ces bras, seigneur ces bras) (et mes cuisses, qui en veut un peu ?).

Et là encore, avoir à mes côtés des professionnelles du branling personnel ça m'a permis je crois de faire pas mal de progrès. Il faut dire qu'elles ne manient pas la langue de bois: "Tes bras tu les fous derrière. Regarde pas en haut, ça fait con. Ni en bas, ça fait des plis". "Souris" "Non, en fait ne souris pas". "Ah… si, souris". "Enlève tes lunettes". "Tout compte fait remets les". "Prends celles de Cécile pour voir ?". "Parfait". Le reste je ne peux pas trop vous dire parce que Cécile elle est myope et moi astigmate. Du coup je ne voyais plus rien et quand je ne vois rien il se passe quelque chose de bizarre, je n'entends rien non plus. 

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Mais le résultat, c'est que je me trouve pour une fois presque pas mal sur des photos, par conséquent dès que j'ai les moyens j'embauche Cécile et Violette pour ma carrière dans la mode. Ah parce que oui, je crois qu'en définitive j'ai du potentiel. A condition de garder les bras dans le dos.

Bonne journée.

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Tout vient donc de Zara, à l'exception du soutif dont je vous reparle très vite et des chaussures. Le débardeur est ultra soldé en ce moment et existe dans plein de couleurs, franchement c'est un doudou. Et en vrai il est moins transparent qu'il n'en a l'air. Par contre ça taille grand, c'est du M et il m'est très large.

Edit: J'oubliais: vous pouvez me lire ici aussi today !