Kookai, but not chic

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Au départ je voulais faire un billet coup de poing sur cette publicité tellement hilarante de Kookai, consistant à montrer des jeunes femmes restant dignes dans l'adversité (l'une d'entre elles, la pauvre, a perdu ses clés dans son sac, où est la cellule d'aide psychologique ?) avec comme slogans, au choix: "single but chic", "messy but chic" et le plus savoureux mais néanmoins polémique, "hungry but chic". Ce dernier est accolé à la photo d'une une fille en train de manger un pauvre yahourt devant son frigo ouvert, lequel laisse entrevoir un brocoli et une salade. A en juger par son tour de taille, la fille en question fait manifestement son premier repas conséquent depuis 1998.

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(finalement je vous mets la photo, c'est plus parlant)

Géraldine Dormoy en a finement parlé il y a quelques jours et le buzz commence à prendre. C'est d'ailleurs bien ce qui m'embête, je soupçonne kookai (paie ta perspicacité) d'avoir un peu cherché ça.

Bien sûr, la marque explique que c'est juste une campagne piquante et humoristique comme elle en a souvent fait (à ce sujet, j'aimais bien le slogan "je ne suis pas jolie, je suis pire", bien plus heureux) et visant à montrer combien les femmes s'en sortent toujours, tout en restant… chic, donc.

Je ne vous cache pas que personnellement je ne trouve ça ni drôle ni piquant, juste complètement con, d'autant que la "single" censée prouver qu'elle n'a pas besoin d'un homme pour démonter un pneu n'est pas vraiment crédible avec ses talons de douze et son pantalon 7/8è. Quant à la bouffeuse de yahourt, le message est des plus ambigus, je veux bien penser que le génial publicitaire a voulu dire qu'on pouvait rester chic même quand on a la dalle (heu ?) mais mon petit doigt bien médisant me glisse, lui, qu'on peut aussi entendre "affamé, oui, mais (comprendre, "donc"), chic". Bref, encore un soutien de taille (hin hin hin) apporté par l'industrie de la sape à l'acceptation de soi, merci les gars.

Pour le reste, de toutes façons, même avec quelques kilos en moins je n'entre pas un bras dans les pantalons de chez Kookai ce qui me chaud peu, j'ai toujours trouvé ça moche et de mauvaise qualité. Je pourrais certes tourner les talons drapée dans ma dignité offensée en affirmant haut et fort que plus jamais je n'achèterai quoi que ce soit chez eux mais la vérité c'est qu'il est assez rare que je me dise, "tiens, et si j'allais chez kookai ?". Toujours est-il qu'on parle d'eux et qu'encore une fois, c'est bien pour ça que je n'écrirai donc pas de billet sur le sujet.

Au lieu de quoi je propose que nous réfléchissions tous ensemble à cette question: Mais en fait, c'est quoi être chic ? (un indice: pas kookai).

Je ramasse les copies dans une heure.

Une rentrée aux pralines

Roserentrée
Bizarre la façon dont fonctionne le cerveau humain. Je suis capable de me souvenir de mon numéro de téléphone de quand j'avais 12 ans, du temps où il n'y avait pas les indicateurs type 01 ou 04 mais en revanche je peux me gratter l'os pour me rappeler de mon identifiant CAF. Ce qui est ballot, hein, parce que L'EDUCATION NATIONALE NE ME DEMANDE JAMAIS LE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE DE MON ENFANCE.

Alors que mon identifiant CAF, oui.

Idem pour mon numéro de compte, le même depuis 20 ans, que je suis strictement incapable de mémoriser. En revanche, je me souviens parfaitement du code secret d'accès à la base de données de mon ancien boulot (tellement utile).

Bref, j'ai la mémoire bêtement sélective et ce constat me revient comme un boomerang à chaque rentrée scolaire où les enfants ne sont pas les seuls à devoir remplir des fiches et des fiches sur la profession de leurs parents, leurs numéros de téléphone et adresses. Vous l'aurez compris, nous avons passé une bonne partie de la soirée d'hier à chercher cette H1##@@@ d'attestation d'assurance. Ainsi que mon numéro d'allocataire CAF, donc, que seul le churros parvient en général à retrouver, au fond d'un tiroir engorgé de mes relevés de compte dans leurs enveloppes encore cachetées.

Je n'ai pas que le toc du paiement de frottis, j'ai aussi celui de l'ouverture de tout courrier envoyé par ma banque. 

A part ça, pour répondre à ceux qui s'en sont si gentiment inquiété, la rentrée s'est admirablement bien passée. Je n'ai presque pas pleuré. A peine un sanglot ravalé dans l'escalier, une fois Rose déposée. Et quelques larmes un peu avant quand à quelques secondes de partir pour la maternelle j'ai vu débouler les twins dans l'escalier la tête un peu à l'envers et les habits froissés. Alors qu'ils ne rentraient qu'à 14h et auraient donc pu s'offrir une dernière grasse matinée, ils ont tenu à accompagner leur petite soeur. Je n'ai pas totalement réussi à leur faire comprendre l'intérêt de mettre le couvert tous les jours ou de reboucher les tubes de dentifrice mais je crois qu'en réalité, on s'en fout, non ?  En ce qui concerne leur propre rentrée, ils ont ensuite vécu leur vie, revenant pour l'une ravie, pour l'autre un peu moins (il semblerait que la nouvelle prof de français ait l'air à cheval sur tout un tas de choses qui n'entrent pas vraiment dans le top ten de ses préoccupations (soin, ordre, organisation, bla, bla, bla). Je sens qu'on va encore tellement rigoler.

Pralines
Je terminerai ce billet décousu en vous parlant de merveilleuses pralines, reçues pile poil le jour de la rentrée justement et qui je crois ont considérablement adouci cette journée. Ces pralines, je les avais déjà goûtées il y a quelques années. C'est Claire, une lectrice adorable, qui m'en avait envoyé, comme ça, pour me faire plaisir après l'annonce de ma grossesse il me semble. Je m'étais d'ailleurs épanchée sur leur croquant unique. Depuis, Claire a décidé que la praline, c'était sa vie. Elle a plaqué son job de journaliste et monté son business caramélisé. Elle démarre tout juste et m'a donc envoyé de quoi nourrir à peu près tout le 13ème arrondissement de Paris. Elle a intitulé le mail dans lequel elle m'expliquait le pourquoi de ce colis, "pot de vin".

Moi je dis que des pots de vin comme celui-ci j'en veux bien tous les jours. Surtout, j'aurais parlé de son aventure même sans recevoir un container de pralines, parce que ça m'émeut ces histoires de rêves que l'on décide de rendre réels. Mais pour les avoir goutées, je peux donc vous dire que les pralines de Claire sont absolument terribles et un peu folles. En plus des classiques chouchous, cacahuètes et sucre, en gros, il y a aussi les redoutables noix de cajou (j'ai fait un massacre, ni mes dents ni mes fesses ne te remercient, Claire), mais aussi des graines de courge ou encore des amandes grillées, caramélisées, puis saupoudrées de sésame, de cacao ou, délice ultime, de piment d'espelette.

Bref, je me plais à imaginer la maison de Claire comme celle d'Hansel et Gretel, sans la sorcière, bien sûr. Et je me dis que vivre dans un endroit sentant la praline, c'est sûrement un avant-goût du paradis.

Le site de Claire est ici. Ses douceurs sont bio et franchement abordables. Elle livre partout en France et est d'ores et déjà distribuée dans quelques boutiques (la liste ici). Personnellement, je sais désormais ce que j'enverrai aux gens que j'aime pour leur faire plaisir, parce que c'est bien connu que les fleurs c'est périssables, alors que les pralines, c'est tellement… 

Claire tiendra par ailleurs un stand lors de la Comédie de l'Artisanat qui se déroulera les jeudi 20, vendredi 21 et samedi 22 septembre sur l'Esplanade à Montpellier, de 9h à 19h.

Amber and the Dude, always in my heart

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Hier soir on est allés écouter Amber and the Dude au réservoir avec les enfants et Zaz. Et une fois de plus on s'est dit qu'ils avaient encore fait du chemin. Les morceaux sont de plus en plus aboutis, la voix d'Ambre est chaude, puissante par instants puis veloutée et pleine de volutes aussi. Un beau moment, avec en bonus les étoiles dans les yeux de mes twins, tellement fiers de voir sur scène celle qui s'est tant occupée d'eux petits.

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Bref, Amber and the Dude continuent leur chemin de briques jaunes et ils nous trouveront encore souvent sur la route pour faire des ouhou et des yeahhhyeahhyeahh.

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Et aujourd'hui ils ont un peu besoin de vous parce qu'ils sont en compétition avec deux autres groupes pour se produire au Bataclan. Pour ça il suffit de liker cette page là. Alors ceux qui veulent bien, ce serait drôlement gentil, merci…

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Et pour la peine, en exclusivité mondiale un petit bout d'une de mes acquisitions récentes. Une robe à têtes de mort de chez Zara un peu courte (ridiculement courte en réalité) mais je suis tombée en arrêt devant l'imprimé, je l'ai trouvé tellement rock and roll. Or je suis comme Inès de la Fressange, moi, épidermiquement rock and roll (ou alors c'est Carla Bruni ?).

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(même que Zaz n'avait même pas vu le billet de Violette et ça ne l'a pas empêchée d'être elle aussi coiffée comme Aliénor)

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(je veux aussi voler ses shoes)

Brèves de rentrée

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Jean Gap // Gilet Zara // Bottines Monoprix (le tout acheté l'année dernière donc en fait ça vous fait une belle jambe) et sac Zadig & Voltaire via Forzieri (je ne le quitte pas depuis six mois)

Aujourd'hui c'est donc la rentrée et pour la première fois depuis qu'ils ont franchi la porte d'une école, je ne vais pas accompagner les twins. J'ai bien tenté de m'incruster, mais leurs regards gênés m'ont fait comprendre que je ne pourrais rien trouver de mieux pour foutre leur année en l'air. Du coup je vais tout miser sur Rose qui répète depuis une semaine qu'elle n'a absolument pas peur de la "moinienne sexchion", ce qui me laisse supposer qu'en réalité elle flippe grave sa race (ça et les réveils nocturnes réguliers qui ont commencé le jour où on est allés vérifier l'heure de la rentrée).

J'avoue, je ne serais pas contre un petit chagrin au moment de la déposer, parce que sinon, il est où mon bébé ? Non, en vrai je plaisante, de toutes façons je sais bien qu'il y aura au moins une personne en larmes tout à l'heure (moi).

Sinon, en vrac et pas dans l'ordre:

Coline a eu cette formule maligne selon laquelle "le tigre est le nouveau noir". Comme je suis moi même au taquet de la tendance, je suis donc à fond dans l'imprimé félin. Mais comme je suis également toujours un peu à la traine, je ne quitte plus mon gilet Zara de l'année dernière, qui n'est donc pas tigre mais léopard (ou panthère ?) (je suis perdue). Très 2011 en tous cas.

– Je me retape un eczema sous l'oeil. Il se voit à peine mais je le sens qui ne demande qu'à se repointer. ça se confirme que mon avenir cosmétologique est pavé de crèmes teintées Avène ou Bioderma les jours fériés. La fête. Heureusement, jusqu'à nouvel ordre, le fond de teint Bare Minerals, lui non plus ne m'agresse pas la peau. Ce qui serait une bonne nouvelle si j'avais compris comment appliquer un fond de teint minéral.

– Je ne suis pas certaine que connaitre par coeur et jusqu'en novembre le calendrier de diffusion des séries aux Etats-Unis fasse de moi une personne très équilibrée. Encore moins que ce soit de bon augure pour mon avenir professionnel.

– La semaine dernière, quand je suis allée chercher les enfants chez mes parents, j'ai mangé un petit déjeuner que n'aurait sûrement pas renié Garance Doré. Muesli (sauf qu'aux states on appelle ça du granola, pardon my french), yahourt au bifidus qui te fait des intestins tout propres et framboises du jardin à point. Après je l'ai instagrammé parce qu'il m'a semblé que c'était le genre de choses dont mes admirateurs méritaient d'être informés. A ce jour c'est la photo la plus likée de toutes celles que j'ai prises en un an. Je n'arrive pas à savoir quels enseignements en tirer. (les gens aiment les framboises ?). Il n'empêche qu'en le mangeant j'avais vraiment l'impression de prendre soin de moi et aussi d'être hyper bonne. Physiquement, je veux dire. Bizarrement quand le lendemain j'ai descendu un pot d'Häagen Dasz mon estime de moi était moins au top.

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– Le suspense aura été de courte durée mais depuis que je suis rentrée de Corse j'ai donc fait mes exercices d'abdo-fessiers… une fois. Après, je suis allée sur Internet où j'ai lu plein de témoignages expliquant que si on les faisait mal, les abdos pouvaient avoir l'effet complètement inverse de celui recherché, à savoir faire un gros estomac. J'ai immédiatement décrété que je les faisais mal et donc décidé d'en rester là. Ce que je n'avais pas anticipé c'est que non seulement le peu d'amélioration que j'avais constaté durant l'été a disparu en trois jours mais je jurerais que c'est même pire qu'avant. Mon influence me force à vous avertir: il ne faut JAMAIS commencer le sport.

– Sans surprise non plus je n'ai toujours pas arrêté de fumer (je gère déjà le choc psychologique de cette interruption de mon programme sportif, une chose à la fois). Mais une âme bien intentionnée m'a donné le numéro d'une hypnothérapeuthe qui parait-il fait des miracles. Je me demande si je peux lui demander un package clopes/clafoutis/häagen Dasz/vente de fringues en ligne.

– Sans vouloir passer pour une vile tentatrice, j'ai donc un peu fait cramer ma carte bleue ces derniers jours et j'envisage de vous montrer quelques unes de ces acquisitions. Non pas que je pense avoir un quelconque avenir dans le mannequinat. C'est juste qu'au moins je trouverai une justification à ces achats qui quand on y pense sont un peu superflus pour une fille qui passe 90% de son temps sur son canapé.

Bonne journée.

Envies

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J'ai des envies de bourrasques de vent sur une plage et de course effrenée vers la brasserie la plus proche pour s'y réchauffer d'un thé. J'ai envie du bruit des feuilles que l'on foule le dimanche en automne avec les enfants. De potimarrons et de feu de cheminée.

Envie d'un week-end à Londres avec les copains, comme celui là, sans la gastro si possible, merci. Une balade à vélo à Amsterdam, des frites à Bruxelles ou une fête underground à Berlin. D'une veste militaire, aussi.

Envie d'imprimés tigre ou panthère pour être carrément lionne, de trajets pour l'école avec sa menotte dans la mienne, de ce moment où son regard va croiser le mien le soir, après que je l'ai observée en cachette, évoluer dans ce monde où je n'y suis pas.

Envie d'une virée avec ma grande pour renouveler une garde robe trop petite, virée qui se terminera, je le sais, dans un bain de sang, parce que ma fille devient un fantôme dépressif dès qu'elle franchit la porte d'un magasin. Rien n'est beau, rien ne lui va, moi qui pensais qu'elle aurait le shopping plus joyeux que je ne l'avais à son âge, 12 ans alors et déjà à l'étroit dans un 42.

Envie d'entrer enfin dans la patisserie des rêves de Philippe Concini, tout en sachant déjà que le choix sera cornélien et qu'à peine sortie je regretterai de ne pas avoir opté pour l'autre gâteau qui me faisait de l'oeil.

Envie de nouveaux sujets, de nouveaux articles, de premières lignes si difficiles à pondre et de ce sentiment indescriptible qui me remplit lorsque je viens à bout d'un papier.

Envie des livres de la rentrée, de la nouvelle saison d'Homeland mais aussi de Downton Abbey, de m'envoler pour New-York en famille, mes parents compris, pour voir leurs yeux ébahis par la grosse pomme. Envie de matins comme celui d'hier, tous sur le canapé devant le Roi Lion, tous, sans exception, en larmes quand Mombassa meurt devant son fils pétri de culpabilité.

Envie de rencontres, de blas blas blas et de cette sensation, parfois, d'avoir compris.

Envie de soirées arrosées, de l'air qui sent l'hiver, et de petits déjeuners au lit.

Je sais bien que nombre de ces souhaits ne seront pas satisfaits et que d'ailleurs c'est sûrement mieux ainsi parce que la plupart n'ont pour autre objet que d'exister. Souvent, même, je préfère le "tu l'auras" au "tiens le voilà". Je suis une désireuse, je crois.

Livres pour enfants (et plus grands) : la chronique de Marje #5

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Shame, shame shame on me, j’ai trainé tant et tant pour publier la chronique de Marje qu’elle ne vous sera pas d’une grande utilité pour vos sacs de plage. Ceci étant dit, s’il est une période propice à la lecture, c’est bien celle de la rentrée, je trouve. Personnellement je dévore depuis que je suis revenue, besoin, j’imagine, de m’évader à nouveau (à venir d’ailleurs ma liste des incontournables de l’automne). Quant à mes enfants, ils pillent les bibliothèques du quartier et de la petite bourgade de mes parents. Et ils sont devenus accros aux conseils de Marje (dernier gros succès, l’épouvanteur)…

Bref, voici donc, tadaaaaam, la chronique des livres jeunesse de Marje, que je remercie à nouveau pour ce boulot magnifique et sa patience concernant mes errances procrastinatrices…

Edit: la photo je l’aime parce qu’elle me rappelle le début de nos vacances et puis aussi parce que c’est ma fille telle que je la vois tout le temps, un livre greffé à la main, quoi qu’elle fasse…

Edit2: vous pouvez également télécharger la chronique de Marje ici : Téléchargement Carobloglijechron5

Allez, la parole à Marje ! En lire plus »

Pomellato(c)

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Ce n'est pas trop mon habitude d'utiliser ce blog pour faire ce que les Anglais appellent le "shame and blame". Mais je sais aussi que parfois, ce que je montre ici peut donner des idées ou des envies. Or je m'en voudrais vraiment que certains ou certaines aillent claquer l'équivalent d'un mois de salaire (plus ou moins selon les gens mais ça n'est pas le propos) dans un bijou qui ne tiendra pas ses promesses.

Il y a quelques mois, le churros m'a offert une bague sur laquelle je louchais depuis belle lurette. Il a profité de mon anniversaire et de nos cinq ans de mariage pour m'emmener chez Pomellato, joailler dont j'admire absolument toutes les créations, des cabochons aux boucles d'oreilles, en passant par les colliers et bracelets. 

Je me souviens, lorsqu'il m'a prévenue, je me suis pris la tête pour savoir comment j'allais m'habiller, ce qui est j'en conviens a) ridicule b) symptomatique de la fille incapable de franchir la porte d'un endroit sélect sans se sentir comme un éléphant dans un jeu de porcelaine. Comme toujours dans ce cas là, j'ai fini par me mettre tout en noir, en me disant qu'à minima j'éviterais la faute de goût et que je pourrais même faire un peu rock et mystérieuse (esprit de Kate Moss es-tu là).

Une fois entrés dans l'antre italienne, sise en face de l'Elysée encore occupée alors par Nicolas Sarkozy (rien à voir avec l'histoire mais en y retournant il y a quelques jours je me suis fait la réflexion que c'était tout de même très agréable de savoir qu'il n'y était plus), nous avons été reçus avec grande classe par une vendeuse très très chic me donnant l'impression d'être la cliente la plus importante qu'elle n'avait jamais eue, me laissant le temps de choisir le modèle qui l'emporterait et distillant les conseils avec une délicatesse rare, sans jamais franchir le pas de l'intrusion.

Alors que mon coeur balançait entre la turquoise et la noire, elle s'est contentée de me glisser que selon elle, la noire correspondait peut-être mieux à mon style "mystérieux". On a beau ne pas être idiote, comment ne pas être flattée hein. Bien qu'étant probablement la nana la moins mystérieuse stylistiquement parlant qui soit, j'ai vraiment pensé durant cinq minutes qu'elle voyait en moi une Patti Smith parisienne, une artiste un peu tourmentée, à qui cette bague en Onyx donnerait toute sa dimension trash mais chic.

Elle m'a bien prévenue que l'objet était précieux et assez fragile, précisant que l'utilisation de produits détergents n'était pas conseillée. Avertissement qui ne m'a pas trop perturbée, vous vous en doutez (je suis de gauche mais j'ai une femme de ménage). Je suis repartie avec ma merveille au doigt, toute tourneboulée par cet achat exceptionnel et déraisonnable.

Les semaines qui ont suivi, j'ai du instagrammer 234 fois ma main tellement je la kiffais. Vous voyez le truc où après une manucure on ne peut pas s'empêcher d'admirer ses ongles, l'estime de soi remontée comme un coucou cocaïné ? Là c'était 100 fois ça. 

Dire que j'en ai pris soin est en deça de la réalité. Je l'ai enlevée à chaque bain, je prenais garde de ne jamais heurter la moindre surface dure et c'est tout juste si j'osais aller aux toilettes avec. 

Et puis un matin, environ trois mois plus tard,  j'entends un bruit de quelque chose qui tombe alors que je suis dans la cuisine. Je regarde par terre, je ne vois rien et je lâche l'affaire (je suis persévérante mais avec mes limites). Un quart d'heure plus tard, alors que je suis au téléphone et que je regarde donc mes doigts que je me kiffe toujours autant, horreur.

La bague est toujours là, mais plus la pierre.

Je fais le rapprochement avec le petit bruit dans la cuisine, je cherche avec l'énergie du désespoir sous la machine à laver et miracle, je la retrouve, étrangement minuscule maintenant qu'elle n'est plus sertie.

Enfin, sertie.

COLLÉE.

Oui oui, la bague à 2000 euros made in Italie par des petites mains au savoir faire ancestral n'est en réalité qu'un anneau sur lequel on a collé une pierre (au demeurant de peu de valeur, l'onyx n'est pas une matière précieuse). Et comme visiblement la super glue ça coûte, le point de colle est microscopique. 

Dire que j'ai été déçue et furieuse est en deça de la réalité. C'était un peu comme rencontrer une idole et s'apercevoir que le gars sur lequel on fantasme depuis des années a une haleine chargée et un cerveau de bulot. L'envers du décor de Pomellato, c'était donc un point de colle.

Lorsque nous sommes retournés dans la luxueuse officine, la vendeuse nous a d'abord reçus avec la même déférence, admettant que c'était regrettable, tout en glissant qu'elle nous avait prévenus, l'objet était fragile. Puis elle a repris la bague, m'a filé un bon pas plus chic que celui d'un pressing et expliqué que ce serait long, il fallait en effet renvoyer le tout en Italie (c'est vrai que pour balancer un coup d'UHU il faut aller à Florence, hein). Et puis c'est tout, aurevoir, bonne journée, circulez, surtout, vous nous foutez le cafard.

La moutarde m'est un peu montée au nez, j'avoue. J'ai donc argué que le prix du bijou ne pouvait souffrir d'un tel incident, qu'il me semblait un peu cavalier de me laisser repartir sans rien, que dans mon esprit, la bague étant sous garantie, le mieux eut été de me la remplacer sur le champ, que je croyais que c'était ainsi dans ces vénérables maisons. A côté, une jeune femme essayait toutes sortes de modèles et commençait à tendre l'oreille, j'ai donc parlé bien fort, d'autant plus fort que soudain, notre hôtesse n'a plus été afable, se fermant comme une huitre et balançant l'air de rien que c'était tout de même rarissime qu'un tel incident se produise et que peut-être, peut-être, hein, la bague était "trop fragile pour moi".

Bye bye Patti Smith la mystérieuse, bonjour Caroline la souillon brise-fer. Genre Pomellato ça ne peut pas aller à tout le monde.

Un peu séchée, je suis repartie non sans enfoncer mon dernier clou, sur le mode "je n'achèterai plus jamais rien chez vous", qui n'a certes pas beaucoup perturbé ma chère conseillère de vente (ça doit se voir un peu sur nous que ce type d'achat se produit tous les dix ans et encore) mais qui a au moins eu le mérite de semer le doute dans l'esprit de l'autre cliente, laquelle a décidé de "réfléchir". Je ne saurais décrire le regard chargé de haine que la collègue de mon hôtesse a alors posé sur moi.

Bref, si d'aventure vous aviez un jour l'intention d'investir dans la pierre (hin hin hin), je ne vous conseille pas Pomellato. Je reste complètement dingue de leurs créations mais manifestement, elles sont destinées à de belles et riches oiseuses disposant de domestiques et n'ayant rien d'autre à faire de leurs journées que d'oter leurs bijoux au moindre mouvement ("tu me passes le sel ?" "attends, j'enlève ma bague, d'abord").

« Du vent dans mes mollets »

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En 81, j'avais 10 ans. J'avais un cartable Tann's bordeaux réclamé à corps et à cris à mes parents qui n'en avaient pourtant pas les moyens. Mon dernier petit frère venait de naitre, 20 mois après le cadet et 8 ans après ma soeur avec laquelle je passais l'essentiel de mes journées à m'engueuler.

Je vivais dans une grande maison un brin délabrée que nous partagions avec le frère de mon père, sa femme et ses enfants. J'ai déjà évoqué cela un jour, j'y reviendrai, il y aurait trop à en dire.

En 81, je me souviens que j'ai eu l'appendicite. Tout a commencé avec une histoire de Nutella. Si chez ma copine Béa, mince comme un fil et de celles qui se relevaient la nuit pour boulotter, il y avait toujours un pot familial de cette pâte à tartiner – et aussi de l'ovomaltine en poudre qu'on mangeait à la cuiller et qui collait aux dents, rahhh – chez nous c'était à peu près aussi exceptionnel que l'avènement de François Mitterrand. On n'était pas mormons, hein, mais mes parents faisaient attention.

Mais ce week-end là, il y avait donc du Nutella, pour une raison sûrement bien précise dont je ne me souviens pas. Nutella que je me suis appliquée à manger tout le dimanche en loucedé, jusqu'à ce que mon père me choppe dans le placard, le rouge aux joues et la bouche pleine de chocolat. "Tu vas être malade", m'a-t-il prévenue avec cette absence totale de sévérité qui l'a toujours caractérisé. Ce qui ne m'a pas empêchée d'y revenir une heure plus tard, avec à nouveau une prise sur le fait par le paternel cette fois-ci bien en colère.

Ce soir là, je me suis couchée avec le coeur un peu au bord des lèvres, en me disant que peut-être j'aurais du écouter mon papa. Pour me réveiller deux heures plus tard pliée en deux, ne trouvant la force de me lever que pour aller vomir tripes et boyaux et appeler à l'aide ma mère.

Laquelle était du genre à téléphoner à notre bon vieux généraliste (je vous parle d'un temps où les médecins se déplaçaient chez les gens) en pleine nuit pour une rhino. 

Mais pas cette fois-ci.

Mon père avait en effet décidé qu'exceptionnellement, il ferait la loi. Et que non, personne ne se lèverait pour me porter secours, c'était bien fait pour moi, j'avais été prévenue et comme ça, on ne me reprendrait pas dans le pot de Nutella.

J'ai passé je crois la nuit la plus terrible de toute mon existence, gémissant et crevant de douleur (depuis j'ai accouché alors je sais qu'il peut y avoir un peu pire mais très honnêtement, pas beaucoup plus). Convaincue d'être punie par là où j'avais péché, j'ai néanmoins pris sur moi, m'empêchant de supplier mes parents de faire quelque chose et priant – oui vraiment – pour que ça s'arrête.

Au petit matin, ma mère m'a trouvée au plus mal et a réalisé – et mon père avec qui n'a depuis plus jamais essayé de faire preuve d'autorité, parce que quand ça veut pas, ça veut pas – que le Nutella ne pouvait pas coller 40 de fièvre ni causer des vomissements de bile pareils.

Bingo, le bon vieux docteur Contamin, sa gitane maïs au bec m'a auscultée et n'a pour une fois pas vraiment plaisanté. Il a appelé l'hôpital pour les prévenir d'une urgence et, portée par mon père en hurlant de douleur, je suis partie à fond de ballon, direction le bloc opératoire.

Il parait que c'était moins une, mon péritoine avait explosé et j'avais du pus plein le ventre. J'en garde aujourd'hui trois cicatrices, celle de l'incision et celles des drains que l'on m'a laissés durant les deux semaines d'hospitalisation. Deux semaines tristes comme des jours sans pain, rythmées par les heures des visites hyper strictes – à l'époque les parents n'avaient pas vraiment libre accès aux services pédiatriques.

Pourquoi ce souvenir remonte ainsi ? Parce que dans "du vent dans mes mollets", l'héroine, Rachel, a 10 ans en 81. Et elle adore le Nutella, que sa maman ne goûte pas autant que ses boulettes de viande qu'elle fabrique en quantité industrielle. Rachel a une amie, Valérie, qui aura elle aussi l'appendicite mais je ne vous en dis pas plus, et qui se nourrit essentiellement de Nutella. Bien sûr, ce film m'a plu pour ce qu'il m'a rappelé de ces années, mais finalement ce n'est pas l'essentiel. J'y ai surtout apprécié cette histoire d'amour entre une femme, Agnès Jaoui, qui se son propre aveu "n'est pas une héroine" et qui mange un peu trop de ses bonnes boulettes et son mari (Podalydès), installateur de cuisines Mobalpa, un de ces hommes qui, si on les regarde vraiment, révèlent un potentiel de séduction surprenant et bien au dessus de la moyenne. Une histoire d'amour un peu en veille, bousculée par l'arrivée dans le tableau d'une jeune femme divorcée (Isabelle Carré). Laquelle voit très vite que monsieur Mobalpa est bien plus intéressant qu'il n'y parait. Lequel n'est pas insensible à la nouveauté de cette mère célibataire – de la fameuse et délurée Valérie – un peu barrée.

Mais ce n'est pas non plus que cet aspect des choses qui m'a parlé, parce que ce film est à tiroirs et peut-être que ses détracteurs lui reprocheront justement d'avoir voulu en ouvrir trop, des tiroirs. Mais il y est question aussi de cet amour mère – fille qu'on ne sait pas toujours par quel bout attraper, de l'amitié qui fait rigoler à s'en faire pipi dessus, de la découverte de la sexualité et des "mites" qu'on suce, du passé et de la mémoire, qui se transmet de génération en génération et peut-être surtout, de la mort, de la peur qu'on en a, de la fascination qu'elle exerce, aussi, parfois.

Voilà, je ne suis pas sûre d'avoir vraiment écrit une critique de film et je peux comprendre qu'on n'ait pas aimé "Du vent dans mes mollets". Personnellement, je l'ai adoré, malgré la fin qui m'a laissée sur le carreau, pour des raisons qui dépassent largement la fiction. Si en 81 vous aviez dix ans, allez-y. Mais allez-y aussi si vous aussi vous avez rêvé un jour de surprendre votre instit détestée "se faire prendre dans les fesses par le prof de sport" ou si, enfant, vous mourriez d'envie d'avoir des patins à roulette roses…

Depuis ce printemps 81, je n'aime plus du tout le Nutella…

J’aime #24

Maud
J'ai l'écriture douloureuse. Curieusement, pas pour le blog où ça "coule" en général assez facilement, hormis les minute par minute qui peuvent me donner du fil à retordre (être drôle est un des trucs les plus fastidieux au monde en fait, respect éternel pour ceux qui le sont "professionnellement"). Mais lorsque je dois me mettre à la rédaction d'un article, une fois que j'ai rassemblé tous les témoignages dont j'ai besoin, je passe par des affres qui n'ont rien à envier à ceux que j'ai également connus pendant les révisions de tous mes examens, du bac jusqu'à la fin de Sciences po. Je bénis d'ailleurs le ciel qu'à l'époque internet n'ait pas existé, pas certaine sinon que je serais bachelière à l'heure actuelle.

Forcément, contrairement à quelques êtres d'exception, mes stratégies d'évitement ne reviennent jamais à relire tout Chateaubriand, lancer une machine ou trier ENFIN mon armoire à fringues. Non, ce serait même exactement l'inverse puisque l'un de mes passe-temps favoris lorsque je suis censée "m'y mettre" consiste à remplir des paniers virtuels de fringues sur les sites de vente en ligne, La Redoute et Asos en tête (mais je ne suis pas bégueule, même Darty peut m'occuper un bon moment). Paniers que je ne valide heureusement que très rarement mais dont les robots espions se souviennent, eux, ce qui me vaut des mails très PERTURBANTS me rappelant que j'ai encore 1h et 34 minutes pour terminer mes achats. Une heure et 34 minutes durant lesquelles je tente de me convaincre que non, je n'ai pas VRAIMENT besoin de ce faux col amovible ou d'une paire de leggings en cuir qui vont faire frrriuut friuuuut à chacun de mes pas (saletés de cuisses qui se touchent).

Bref, pourquoi suis-je partie dans ce monologue alors que je prévoyais un billet "J'aime", personne ne le sait, en tous cas pas moi. Ou alors c'est parce que je suis dans la phase "avant" écriture, assez délicate également en terme de procrastination, qui consiste à trouver puis joindre les personnes qui par leurs témoignages me permettront de faire mon papier. Et qu'entre deux coups de téléphone, je me suis laissée aller à mon deuxième TOC online, à savoir éplucher le site Homelidays pour y trouver la maison de mes rêves, en Grèce, en Espagne ou aux Seychelles. Sachant que je repartirai à coup sûr en Corse l'année prochaine (inch'allah). 

Et puisque j'en suis à vous parler de ça, je suis donc dans la préparation d'un article sur la quête de spiritualité et le besoin qu'ont certaines personnes aux alentours de 40 ou 50 ans, d'aller vers des activités répondant à cette quête: retraites, cours de yoga, initiation au bouddhisme, méditation, etc. Si vous pensez correspondre à ce profil, n'hésitez pas à m'envoyer un mail à cfrancfr(at)yahoo.fr. Je précise que je cherche pour cet article des personnes de 50 ans et plus.

Voilà, du coup je ne sais plus bien si je vous fais un "J'aime", on va dire que oui.

J'aime avoir pour la première fois depuis presque dix ans que mes enfants sont scolarisés déjà torché la tannée des fournitures scolaires (ce qui méritait bien une grosse tablette de mon chocolat préféré). Dans un monoprix désert et accompagnée de la chérie uniquement, on a été d'une efficacité incroyable. La facture à l'arrivée était néanmoins salée et le jeune caissier a failli s'évanouir au 22ème cahier grand format et grand carreaux.

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J'aime cette silhouette gracile qui attendait comme nous ses valises à Orly. Même de dos il m'était facile de reconnaitre l'héroine inoubliable d'A nos amours. Je l'ai prise à la volée de dos et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne voit qu'elle.

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J'aime le contraste avec ces jeunes filles également en transit à Orly. Lookées, stylées, portant sur elles de la marque qui coûte un bras et absolument pas gênée pour l'une d'entre elles de donner un peu l'impression d'avoir oublié quelque chose (sa jupe ?). Le genre de filles auxquelles je n'ai jamais ressemblé et auxquelles je n'ai pas vraiment de raison de ressembler un jour, mais que je ne peux m'empêcher d'envier un peu, pour cette coolitude, peut-être (elles peuvent porter des leggings en cuir elles).

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J'aime le souvenir aussi des cheveux de ma Rose, bouclés et patinés par la mer et le soleil. Un ombré hair naturel en somme.

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J'aime enfin la classe absolue de ma copine Maud, ci dessus, qui d'une simple robe H&M que je n'aurais sûrement pas regardée (je n'ai pas le gène du dénichage de fringues chez H&M) fait une tenue qu'on pourrait penser sortie tout droit de chez Saint-Laurent. Elle a toujours eu ce truc, cette féminité indomptable et qui se passe d'artifices. Et puis un attachement à sa liberté qui me donne des ailes à chaque fois que je la vois. C'est un peu mon Elizabeth Badinter à moi, mais je ne sais pas si cette comparaison lui plaira.

Cinq ans de réflexion

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Je l'avais déjà éprouvé l'année dernière mais cela se confirme, la rentrée est je crois ce qui est le plus difficile à gérer dans ce statut de free lance. Peut-être d'autant plus lorsqu'elle se fait avant celle de la majorité des gens. Compliqué en effet de se retrouver livrée à soi-même en plein mois d'août, quand les rues sont encore vides et la plupart des commerces fermés. Après deux ou trois coups de téléphone qui sonnent dans le vide – la France qui s'endort entre le 20 juillet et le 20 août ça n'est pas une légende -, la tentation est forte de s'octroyer finalement encore quelques jours "off" et ce malgré des deadlines qui elles n'attendent pas.

Dire que je regrette ce temps où que je le veuille ou non il me fallait partir au bureau, pour faire semblant aussi d'ailleurs de bosser les premiers jours serait mentir, mais c'était d'une certaine manière plus facile je crois de me remettre en selle. La contrainte a parfois du bon. 

La semaine qui vient de s'écouler n'aura donc pas été des plus efficaces ni des plus productives. Rien de dramatique, pas de quoi me faire taper sur les doigts par les personnes pour lesquelles je travaille mais assez pour me manger une grosse dose de culpabilité bien désagréable. C'est peut-être là j'imagine que le bât blesse: tant qu'à jouer les prolongations, autant le faire l'esprit léger plutôt que de perdre sur les deux tableaux, celui du boulot et celui de la sérénité ! Jamais l'expression "quand il y a de la gêne il n'y a pas de plaisir" aura été plus vraie mais ferraillant depuis le jour de ma naissance avec ce sentiment d'être coupable de quelque chose, je ne suis pas à la veille d'être détendue des chacras…

Bref, je serais presque soulagée de me retrouver prochainement dans un rythme plus cadencé, rentrée scolaire et retour des plages de mes interlocuteurs obligent…

En attendant, la semaine dernière, outre quelques soirées un peu arrosées dont je ne suis pas fière (mais qui m'ont donné l'illusion passagère d'avoir retrouvé mes 22 ans et n'est-ce pas déjà pas si mal ?), j'ai aussi fréquenté les salles obscures et vu deux films radicalement différents l'un de l'autre mais valant le détour tous les deux.

Le premier, "Cinq ans de réflexion", est la comédie romantique américaine de base sur le papier. A l'arrivée aussi, sauf qu'en prime il y a ce supplément déjanté dont savent actuellement nous ravir les réalisateurs de la team "Appatow", ce producteur réalisateur un peu barré qui renouvelle depuis quelques années le genre aux Etats-Unis. Emiliy Blunt, actrice anglaise qui fait un tabac à Hollywood y est parfaite, subtile, drôle et émouvante et Jason Segel fait un héros impeccable de ceux qu'on ne trouve pas trop beaux au départ et qui petit à petit vous font littéralement craquer. L'originalité du scénario tient dans le fait qu'au contraire des histoires habituelles, les deux protagonistes se fiancent dans les premières secondes. Pas de "ils n'avaient rien pour s'aimer et pourtant ils finiront pas réaliser qu'ils étaient faits l'un pour l'autre". Au contraire, Tom et Violet semblent être nés pour se rencontrer et vivre heureux jusqu'à la fin des temps. Sauf que la vie n'est pas un long fleuve tranquille et que la réalité les rattrape bien vite. Violet, qui ambitionne de devenir professeur d'université, obtient un poste de rêve mais dans le Michigan alors que Tom est promis à un brillant avenir de chef à… Los Angeles. Et pour une fois, que ce soit dans la vraie vie ou la fiction, c'est l'homme qui se sacrifie et suit sa dulcinée. S'ensuivent, vous l'imaginez tout un tas d'événements qui viennent mettre à mal les projets de mariage de Tom et Violet et éprouver leur amour.

J'en resterai là pour ne pas spoiler tout le film, mais il y a une ou deux scènes hilarantes et d'autres où on a les yeux qui piquent. Un film parfait pour oublier durant deux heures que septembre frappe à la porte.

L'autre film ? Du vent dans mes mollets. J'en ferai finalement un billet à part entière tant il m'a bouleversé. 

Bonne journée…