On connait (presque) la chanson

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Pour célébrer notre dernière soirée avec nos amis Jeff et Fanny, nous sommes allés manger avec toute la troupe à la Brise de Mer, paillote sur la plage probablement aux mains du milieu (on ne s'appelle pas "brise de mer" en Corse par hasard, parait-il).

Ce petit détail mis à part, l'endroit est parfait pour prendre une cuite à pas cher, thank's les mojitos au prix parisien certes mais d'une taille trois fois supérieure (au bas mot). Quand on est arrivés, on s'est aperçus que c'était soirée karaoke. On a pris un air contrit, pardon my snobisme mais on ne mange pas de ce pain là, jusqu'à nouvel ordre ça n'est pas hyper pointu de chanter dans un micro en lisant les sous-titres sur un écran. Bien évidemment, quand ça a commencé, qui s'est précipité pour ouvrir le bal ?

Votre obligée.

Accompagnée de Fanny, très enthousiaste aussi. Et nous voici, grisées par le rhum et donc convaincues de notre talent jusque là caché, entamant un titre contemporain et pas du tout symptomatique d'une naissance circa 1972: "Pour un flirt avec toi". Le silence gêné dans l'assemblée aurait pu nous mettre sur la voie, mais non, on a consciencieusement annôné des "la la la la lalalala" jusqu'au bout.

A la fin, sur le dernier refrain, on s'est retournées vers nos hommes au moment de conclure sur "un flirt AVEC TOI" (il y avait comme un message). Bizarrement, c'est le moment qu'ils ont choisi pour se concentrer sur ce qui leur restait de pizza. Quant aux enfants, ils avaient tout bonnement disparu.  Selon divers témoins préférant garder leur anonymat, il semblerait que nous ayons été beaucoup moins bonnes que nous l'avons cru sur le coup (l'enivrement des sunlights sans doute). Sentiment confirmé le lendemain au réveil, quand toutes deux avons eu l'impression d'avoir perdu quelque chose.

Après investigation, il s'agirait de notre dignité, restée sur l'estrade.

Dieu merci, histoire de remettre les compteurs à zéro, le churros et jeff ont consenti (sous la menace) (une histoire de pipe, ciment bien connu du couple) à donner de leur personne aussi sur le podium. Après avoir hésité entre mon légionnaire (se pourrait-il que…) (non) et Gaby, ils ont finalement choisi "Elle a fait un bébé toute seule".

C'est peu dire qu'ils se sont approprié la chanson, je pense que Dove aurait dit un grand ui. Le reste de la salle (qui n'était pas avec nous a décrété le churros) un peu moins. La sentence des twins a malgré tout été sans appel: "ils ont été mauvais mais bien moins que vous". Depuis ils ne cessent de poser des questions appuyées sur les modalités d'une émancipation avant la majorité. Ils en sont presque un peu lourds, quoi.

Bref, sur ma liste des choses à faire avant de mourir, j'ai désormais coché "chanter dans un karaoke". Et ça n'est pas rien. Ma seule inquiétude réside désormais dans la drôle de façon qu'a le churros de parler de sa future tournée. Je crois l'avoir entendu aussi évoquer avec Jeff la possibilité de "tout lâcher". On est à deux doigts de vivre un drame de la téléréalité. Voilà, je vous laisse avec quelques photos qui n'ont pour la plupart rien à voir avec la chanson.

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J’aime #23

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Depuis quelques jours nous sommes neuf dans notre petite maison du bonheur, rejoints par des amis et leurs deux petites. Un constant et joyeux brouhaha nous sert de bande son de l'été et les journées sont rythmées par des dilemnes existentiels: plage ? pas plage ? le resto, ce soir ou demain ? rosé ou Pietra ? 

Hier, gros pépin: il n'y avait plus que des citrons jaunes pour les mojitos. Ça n'a pas été facile, mais on a beaucoup parlé, énormément échangé autour de nos émotions et au final, on a dépassé cette épreuve.

Comme quoi l'union fait la force.

A part ça, j'aime…

J'aime me lever la première et voler ces quelques minutes de silence, quand la mer est encore d'huile. Je trempe mes canistrelli dans mon thé et je crois que je touche du doigt le bonheur.

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J'aime cette "huile divine" Caudalie, déjà évoquée et non sponsorisée, pour son odeur, sa texture, bien sûr, mais surtout parce qu'elle signe cet instant après la plage où mes filles et moi nous faisons belles. Je me dis que ce sera un souvenir, qu'elles y penseront, plus tard, comme moi je peux pleurer d'émotion à l'évocation du "teint doré" de Guerlain que ma mère achetait à la fin des vacances de ski et dont le parfum me transportait.

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J'aime les chants corses dans les bars de Moriani, la petite fête foraine du soir et notre pizzeria "A pota marina", qui sert des margharitas en forme de coeur au prix d'un coca light à Paris.

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J'aime la plage en fin d'après-midi, quand la lumière se fait si douce. J'aime aussi la complicité qui perdure entre mes deux grands quand ils mangent leur glace à la nuit tombée en se racontant des secrets qui n'en finissent jamais.

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J'aime ces deux heures de sieste pendant lesquelles je travaille, je crois que ça me rassure de n'être pas complètement déconnectée et l'inspiration, en plus, est là, dans cet endroit devenu si cher à mon coeur. J'aime aussi ce vieux monsieur qui me regarde à la terrasse de ce café avec wifi d'où je poste ce billet et qui vient de me dire avec son accent corse trainant, qu'en vacances on ne travaille pas. J'aime avoir pensé que je n'ai pas vraiment l'impression de bosser là tout de suite…

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J'aime l'idée que dans quelques jours mes parents nous rejoindront.

J'aime ces heures partagées avec nos amis et cet ange qui passe parfois, je suis sûre qu'il a pour chacun de nous le même visage.

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Colors…

Ma foi…

Ça va, quoi. Bien sûr, il y a la tannée de la crème solaire (le truc qui n’en finit jamais d’autant qu’au fil des ans la surface à couvrir grandit), la chasse aux moustiques, les courses qui disparaissent à peine faites, les châteaux de sable que seuls les parents savent faire (et qui ne servent donc qu’a exposer vos bourrelets et remplir les fesses de sable, étant bien entendu que les gamins ne jouent JAMAIS avec) et aussi les « j’ai faim, j’ai soif, je veux me baigner, tout de suite, j’ai froid, mes yeux ils piquent, bla bla bla ». Mais globalement… Ça va.
Bonne journée.

Colors...

Pourquoi pas de David Nicholls

Je n’avais pas tant gloussé en lisant un livre depuis « Le chameau sauvage » de Jaenada. La scène chez le coiffeur vaut à elle seule l’achat de ce bouquin. Je crois que c’est l’une de mes raisons de vivre, tomber parfois sur quelques lignes qui le temps d’une pause me font pleurer de rire. Je ne crie pas au chef d’œuvre, ce n’est pas le meilleur roman jamais lu, mais tant d’humour me rend éperdument admirative.

Bonne soirée mes chatons. Hin hin hin.

Pourquoi pas de David Nicholls

MILF

Les vacances c’est aussi l’occasion d’oser les robes un peu puputes, celles qu’on adore avoir reçu en cadeau, surtout quand ça vient d’une belle amie qui nous a donc imaginée dans ce dos nu, sans soutien gorge et genoux à poil. Ça m’émeut toujours, moi, ça, cette capacité à voir l’autre comme elle n’ose pas se penser.

À paris je l’avais essayée, trouvée jolie, mais je n’avais pas encore poussé jusqu’à la mettre vraiment. Et puis ici, je me la pète en dos nu.

Sinon, je tiens à préciser qu’aucun animal n’a été maltraité pendant la rédaction de ce billet. Par contre ce soir c’est barbecue.

MILF

Histoire de chatte

Quand j’avais douze ans, comme toute petite fille normalement constituée, je rêvais d’avoir un animal rien qu’à moi. Mes parents étant alors très méchants, ils refusaient systématiquement d’accéder à mes souhaits. À moins qu’ils n’aient garde un assez mauvais souvenir du chaton recueilli par ma sœur et moi sur le bord d’un chemin quelques années auparavant et qui non content d’être devenu un terrifiant matou avait, avant de mourir, refilé un petit microbe à mes frères alors tout petits (la tuberculose).

Bref, j’étais malheureuse et brimée. Mais non sans ressources. Le jour de mes treize ans, j’ai eu une idée lumineuse dont ma mère se souvient encore. Pour mon anniversaire, le dernier probablement fêté sans alcool et musique à plein tube (que je croyais), j’ai mis mes copines dans le coup, leur suggérant de venir avec un chaton, leur jurant que mes parents étaient ok. Je ne me doutais pas que mes amies m’aimaient tant qu’en fait de chaton, j’en eus certes un (une) mais aussi, en bonus, un lapin nain (qui en réalité ne l’était pas) (nain).

La tête de mes parents. Et celle des mères des copines, réalisant que non, ça n’avait pas été approuvé en haut lieu comme assuré par leurs filles.

Au final, j’ai donc eu ce que je voulais (le début d’une longue carrière de manipulatrice) mais aussi, parce qu’il y a une justice, ce que je ne voulais pas. À savoir un lapin complètement con, obèse et fugueur, que mes parents ont vite décidé de mettre dans une cage dans le jardin et qui connut une fin terrible, massacré par on ne sut jamais quel prédateur (peut être la chatte). Et puis, donc, Pomme, jolie chatte noire efflanquée, présentant la particularité d’etre une vraie trainée aux ovaire de compétition et nous pondant donc des petits deux ou trois fois par an. Petits qu’elle tenait à faire dans la bibliothèque de ma mère. Avec en guise de sage-femme, votre dévouée carotte (tel était donc mon nom à l’époque). Oui, pomme avait besoin d’être accompagnée dans sa délivrance, ce que je faisais bien volontiers, convaincue de tenir là une vocation, voire un don. Impossible de me défiler, elle hurlait à la mort si je ne restais pas là à la masser jusqu’à expulsion de sa portée. Portée que mon père allait coller au fond du jardin ( version officielle) pour soit disant qu’elle puisse s’en occuper tranquille. Il revenait étrangement très triste du fond du jardin et ne parlait plus pendant une heure ou deux. À chaque fois que pomme commençait à grossir à nouveau, il devenait blême. Plus tard je compris qu’il n’en pouvait plus d’assassiner des chatons. Mais ça ce fut longtemps après. Il en laissait toujours un, parce que je crois qu’au fond c’était un grand sensible, et puis sûrement aussi pour qu’on ne se pose pas de questions. À chaque fois, pomme rapportait son survivant encore sanguinolent dans la bibliothèque de ma mère, qui finissait par se résigner. (le pouvoir d’un bébé chat n’a pas de limite). Bref, à la fin nous avions quatre ou cinq chats, dont au moins deux mâles complètement incestueux, sautant à qui mieux mieux ma vieille pomme épuisée. ( ne pas chercher de sens caché à cette dernière phrase). Tout ce petit monde finit un beau jour dans une maison de retraite pour chats, quand Pomme retomba une nouvelle fois enceinte, tout en développant de drôles de boules pas ragoûtantes. (je me demande là tout de suite si cette histoire de maison de retraite était bien vraie) (seigneur, se pourrait-il que…) (papa! Tu quoque ?)

Bref, aujourd’hui c’est au tour de mes propres enfants de me casser les burnes avec leurs demandes d’animaux. Ils peuvent se brosser, je sais trop bien qu’on ne change JAMAIS la litière même après avoir juré sur la tête de Robert patinson qu’on le fera (à l’époque c’est celle du chanteur de AHA que j’avais mise en jeu) (voyez comme il a mal tourné).

Mais à la faveur des vacances en corse, ils retrouvent donc Carotte, une chatte supposément infanticide. Et je me dis que parfois l’histoire semble se répéter à l’infini…

Bonne journée.

Edit: ne jugez pas mon père, à l’époque on ne parlait pas de la pilule pour chats et il était hors de question financièrement de faire opérer un animal dont en plus il n’avait jamais voulu.

Edit2: un jour je vous parlerai de Barnabé. Le chien le plus laid de la terre mais aussi le plus gentil.

Edit3: je tape mes billets sur un
iPad, pardon my fautes de frappe.

Histoire de chatte

Revoir Calvi

Il y a des paroles qu’on regrette. Par exemple je n’aurais jamais du insinuer que la chatte avait bouffé ses petits. Parce que depuis il se passe rarement une heure sans que l’un de mes enfants vienne me demander la voix tremblante si ce genre de choses est vraiment possible. J’ai beau leur assurer que je plaisantais, ça ne passe pas.

En plus, ils l’ont prénommée Carotte, ce qui fut – no comment – mon petit nom durant des années. À chaque fois qu’ils lui disent : « Carotte, tu n’as quand même pas mangé tes chatons », je vous assure que ça me fait bizarre. Bien fait pour moi en même temps.

Sinon, hier il faisait donc très moche, mais comme nous en avons derrière le capot, nous avons innové en FAISANT quelque chose. À savoir que nous avons pris une INITIATIVE et traversé l’île pour vérifier l’adage selon lequel en Corse quand il fait mauvais d’un côté il fait beau de l’autre (désormais nous savons que c’est complètement faux).

Il n’empêche que nous avons visité Calvi et arpenté les ruelles de sa si belle citadelle. L’occasion de nous souvenir de ces premières vacances passées avec le churros, du temps où on voyageait en stop et en train, baisant comme des lapins sous Viagra. De voir mes trois lardons déambuler quinze ans après sur les lieux du crime m’a laissé un goût salé sur les lèvres. (ou alors c’était la pluie).

Bonne journée…