« J’ai pas dit ça »

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Bon j'ai donc bien compris que nombre d'entre vous avaient poliment pouffé en lisant mon billet d'hier dans lequel je vous faisais part de ma "joie" de voir ma fille grandir. Voire même que certaines d'entre vous m'avaient probablement regardée avec la même condescendance qu'une multipare multi-épisiotomisée face à une future maman lui expliquant que son vagin ne souffrira pas durant l'accouchement étant donné qu'elle se le masse à l'huile d'olive depuis huit mois.

Ok, ok, ok.

Rétablissons donc la vérité.

Samedi soir, j'ai éprouvé ce sentiment fugace de joie en regardant mon bébé chéri piapiater gaiement avec sa copine.

Ce qui n'empêche évidemment pas qu'il se passe rarement un jour sans que j'essaie de me rappeler pour quelle raison exactement il y a un peu plus de onze ans on a eu le churros et moi cette idée saugrenue d'avoir un rapport sexuel. Si ça se trouve, on aurait baisé le lendemain, on aurait peut-être tiré un numéro qui ne lève pas les yeux au ciel à toute heure.

Parce que ce sur quoi j'ai jeté un voile pudique hier, c'est qu'à la distribution de la mauvaise foi, ma chérie – qui reste ma préférée, c'est dans l'adversité que se mesure l'amour véritable – a été bien servie.

Euphémisme. 

Et dieu m'est témoin, la mauvaise foi est LE TRUC qui me fait partir au quart de tour. Je préfère une porte qui claque, une engueulade en bonne et due forme, voire même découvrir un paquet de capotes au fond de son cartable plutôt que  ÇA.

EXEMPLE ?

La scène se passe un soir, un lundi, un mardi ou un mercredi, on s'en tape. Ma fille arrive avec sa tête d'enterrement (celle qui annonce un drama mauvaise foi):

– Haaaaan, ENCORE DES PÂTES. (soupir).

Moi, crevée, consciente qu'en effet c'est la douzième fois en trois jours, mais pas d'humeur:

– Charmant, merci, la prochaine fois tu sais quoi ? Je ne ferai RIEN. Au moins, ce sera un truc que tu n'auras pas mangé la veille.

Là, attention, tadaaaaam, LA PHRASE SYMPTOMATIQUE DE LA MAUVAISE FOI, que je sens venir comme les vieux le mauvais temps:

– Oh ça va, j'ai rien dit.

Palpitations, fourmillements au bout des doigts, tous les signaux sont au vert, je commence ma mutation ANTI-MAUVAISE FOI.

– Si, tu viens de soupirer bruyamment et de dire TEXTO:  "haaaaaan, encore des pates". (dernière phrase prononcée en la singeant, ce qui, je sais ne va faire qu'aggraver le SYNDROME DE LA MAUVAISE FOI).

Tadaaaaam…

– Mais non, j'ai pas dit ça.

– Heu… SI TU AS DIT ÇA.

– (soupir). De toutes façons, je ne peux rien dire, ça ne va jamais, je sais pas ce que je t'ai fait.

– N'ESSAIE PAS DE DETOURNER LA CONVERSATION, TU AS FAIT UNE REFLEXION DESAGREABLE, ADMETS-LE. TU AS DIT "haaaaaaaaan, encore des paaaaaaates"

– Non, j'ai pas dit ça et en plus je l'ai pas dit comme ça.

– HA ! TU L'AS DIT !  TU VIENS D'ADMETTRE QUE TU L'AS DIT ! HA HA HA HA ! (légère perte de contrôle)

– Non. Je l'ai pas dit que je l'ai dit.

– RAAAAAAHHHHHHH. (tentative rapidement avortée de respiration abdominale qui ne marche pas dans le cas d'un épisode caractérisé de MAUVAISE FOI, pas plus d'ailleurs que mon "je suis un parcmètre, rien ne peut m'atteindre") Okayyyyyy, tu n'as rien dit, c'est moi qui suis dingue, j'entends des voix, houhou, c'est peut-être la sainte vierge, appelle moi Bernadette et sortez les camisoles ! (voix de folle)

– … (silence affligé et haussement des yeux, ce qui à ce moment là de la conversation est plus irritant qu'une fissure anale).

– OUUUUUUUUHHHH . Ecoute moi BIEN ma petite fille. Toi et moi on SAIT ce que tu as dit. C'est entre TOI et TOI que ça se joue, là, après tout. Laisse moi te dire que je te prédis une vie bien compliquée si tu persistes à ne jamais admettre tes torts et à nier les évidences. Ce sont des années de souffrance que tu te prépares. Et ne viens pas te plaindre quand tout le monde t'aura tourné le dos – oui TOUT LE MONDE MA PETITE –  à cause de ta MAUVAISE FOI CONGENITALE.

A ce stade de la conversation personne ne se risque en général à glisser que congénital est à peu de choses près synonyme d'héréditaire et que les chiens ne font sûrement pas des chats.

De toutes façons, tout le monde a le nez dans ses pâtes et on entendrait une mite péter.

C'est en général à ce moment là que je réalise que certes je n'ai pas frappé ma fille mais que quelque part il n'y a pas non plus de quoi être fière étant donné que je lui ai balancé qu'elle mourrait seule bouffée par ses chiens.

Sentant que je flanche, la pauvre enfant condamnée à trente ans de malheur par sa maratre pour avoir osé soupirer devant un plat de pâtes – trop cuites qui plus est – en profite pour nous faire SA sortie de table, drapée dans une dignité offensée digne des plus grandes.

Aung Su Ki a la souffrance tapageuse, à côté.

Et comme de bien entendu, la famille entière me regarde comme s'il était évident que j'étais à l'origine du génocide rwandais.

ALORS QUE PUTAIN ELLE L'AVAIT DIT, MERDE.

Bref, ça craint.

 

 

Wanabees

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Le week-end dernier, la chérie avait invité sa copine éponyme. Elles se connaissent depuis la maternelle et n'ont finalement été dans la même école que deux ans. Deux années qui ont suffi à en faire des inséparables malgré les chamailleries régulières.

Elles m'ont toujours rappelé ma copine Béa et moi, quand on allait manger en pleine nuit du thon à l'escabèche en se racontant notre vie. 

Mais samedi soir, quand je suis entrée dans la chambre de ma fille pour sonner les cloches du coucher, j'ai surpris chez les trois enfants – le machin était accepté dans l'antre, à condition qu'il se tienne bien tranquille dans son coin avec sa console – une expression qui n'était plus celle d'il y a encore quelques mois. Rien d'inquiétant, rien d'agressif, mais une sorte de distance, un signe, imperceptible, que je venais d'interrompre une confidence. Est-ce que c'était la musique à fond, les stickers Swinging London qui ont remplacé les affiches Hello Kitty ou encore les docks échoués dans un coin ? Le fait est que l'adolescence a définitivement installé ses quartiers chez moi.

J'ai toujours pensé que j'en serais malade, que cela signerait la fin de MA candeur et que je banirais l'idée même de comédons sur l'adorable nez de mes bambins.

Et bien étrangement, samedi, j'ai plutôt ressenti de la joie. Peut-être parce que ce que je voyais s'esquisser dans cette toute petite chambre m'a semblé valoir le coup de tous les haussements de sourcils à venir, de toutes les portes claquées et des "tu ne comprends rien" que je vais me manger…

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Veuf, de Jean-Louis Fournier

Veuf
Je suis en train de lire "Veuf", de Jean-Louis Fournier. Lui même qui m'avait déjà fait chialer avec "Où on va papa". Des larmes entrecoupées de rires pas corrects parce que se marrer des histoires absurdo-poétiques de deux enfants handicapés, c'est pas vraiment admis en société.

Il réitère, et là aussi, on rit. Ou plutôt, on sourit, mais c'est le genre de sourire qui te laisse un goût salé quand même.

Dans "Voeuf", Jean-Louis Fournier raconte les jours qui ont suivi la mort de Sylvie, son alter ego depuis 40 ans, sa femme chérie. Pas vraiment un roman, pas vraiment un essai, pas vraiment un recueil d'aphorismes, un peu tout ça à la fois.

Je crois que rarement l'expression selon laquelle l'humour est la politesse du désespoir aura été plus appropriée. Jean-Louis Fournier tourne en dérision tous ces à côté du deuil, du questionnaire de satisfaction des pompes funèbres qui se termine par ce savoureux "recommanderiez-vous ce crématorium à vos proches ?", aux amis qui se voulant réconfortants lui prédisent des mois de chagrin. Il se rappelle sa blague sur la ligne de métro quand il s'arrêtait à Père Lachaise: "Tout le monde descend !" Sylvie riait. Sauf qu'en fait, remarque-t-il, elle seule est descendue, lui continue jusqu'à la porte de Bagnolet. 

"Veuf", c'est une déclaration d'amour, surtout.

"J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie." 

C'est aussi une réflexion sur l'absence et sur l'après. Je crois qu'une de mes phrases préférées, c'est celle-ci, qui résume à elle toute seule la poésie de Jean-Louis Fournier, qui fut le grand ami de Desproges, dont il a le mordant, la tendresse en plus: «J'ai regardé à l'intérieur de tes chapeaux s'il ne restait pas une petite pensée pour moi…»

Courroie de transmission

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Je sens que je vais en décevoir plus d'une: la redoute ne m'a pas livré les bureaux des twins ni le lit de Rose. Je n'ai donc pas vraiment de récit désopilant mais évidemment hilarant du montage hystérique de meubles forcément bancals et immanquablement très laids. Tout le monde n'a pas les moyens de se meubler chez Conrad shop en même temps.

Par contre on n'a pas tout perdu étant donné que la courroie de la machine à laver a de nouveau lâché. Et que grâce au gentil répérateur de chez Darty la dernière fois, je sais désormais la remettre. 

Vous imaginez bien que ça ne s'est pour autant pas fait sans quelques mots qui ont pu dépasser mes pensées. Plutôt celles du churros d'ailleurs. Etant donné que je me suis contentée de donner des instructions. Je ne vais pas non plus risquer une embolie pour une courroie.

Bref, ça s'est envenimé.

Peut-être n'étais-je pas obligée de prendre des photos. 

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Voilà, à part ça ce week-end, j'ai enfin rencontré dans la vraie vie ma cousine à la mode de Bretagne, Anne de Dakar. Celle là même qui sculpte des femmes fortes (aussi fortes que la gauche à Martine) et qui avait fait gagner un dessin de ses danseurs de tango à 'Tine.

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Elle exposait au salon d'automne à Paris, et justement ce sont ses danseurs qui avaient été sélectionnés. Je ne saurais décrire l'émotion qui m'a étreinte en voyant ces silhouettes aussi massives que gracieuses. Leur visage est d'une expressivité tellement humaine qu'on s'attend à les voir s'embrasser. Je suis restée un peu dans les parages et chaque personne qui s'approchait s'illuminait d'un sourire spontané. 

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Voilà, c'est à peu près tout, si ce n'est que je suis personnellement très heureuse que la primaire socialiste soit terminée. Et contente que François Hollande ait été désigné, même si de toutes façons j'étais prête aussi à me réjouir de l'élection de Martine Aubry.

J'ai beaucoup aimé la question naïve mais pleine d'à propos de ma fille hier soir: "Bon, maintenant qu'on a choisi le candidat de gauche, on va élire celui de droite ?". 

Hum.

Déjà que la veille, j'avais surpris le machin en train d'expliquer à sa soeur la différence entre la droite et la gauche: "pour faire simple, les gens de droite pensent que l'important c'est de se débrouiller tout seul pour gagner de l'argent alors que les gens de gauche sont pour le partage". Je me demande si je n'y suis pas allé un peu fort moi, en ce qui concerne ma transmission des valeurs.

Je vous laisse avec quelques photos des tuileries hier sous un soleil d'automne radieux. Il y a des week-ends plus doux que d'autres, je crois.

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 Il s'apprêterait pas à faire un toucher rectal le général ?

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Objets de convoitise

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Hier on a entendu en boucle à la radio que le gagnant du méga pactole de l'euromillions (170 patates je crois) gérait sereinement son gain. Tu m'étonnes.

On nous a également expliqué que non content d'avoir un projet dans l'immobilier, il avait également l'intention d'investir dans l'économie française.

Respect.

Je dois confesser que dans mes fréquents fantasmes estampillés "sijegagnaisaulotoquestcequejeferais", pas UNE SEULE FOIS je n'ai envisagé une telle façon d'utiliser mon argent. En général, c'est tout juste si je mets de côté un pécule pour mes proches et une somme conséquente mais néanmoins indolore pour des oeuvres de charité – avec mon éducation judéo-chrétienne, il me semble que sinon je ne profiterais pas vraiment – (je suis d'accord, cela rend ma générosité tout de suite moins admirable) mais ensuite, c'est la fête du slip de la consommation irresponsable et non durable.

A savoir que je m'achèterais une maison dans Paris – celle ci par exemple, sise non loin de chez moi et qui me fait de l'oeil quasiment tous les jours.

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Puis une autre en bord de mer et enfin un chalet à la montagne. Dans le cas d'un gain réellement astronomique, le penthouse à NY est sur ma liste. Ensuite, peut-être un yacht. Et un tour du monde en famille. Des oeuvres d'art aussi (comme celle ci-dessus, aperçue dans une galerie et sur laquelle j'ai flashé). Et puis, et puis… et puis je n'en sais absolument rien, mon rêve s'interrompt en général au moment des oeuvres d'art, précédées au demeurant de l'énorme frigo américain avec distributeur de glace pilée.

Je crois d'ailleurs que je commencerais par là. Ou par un barbecue géant qui ferait bien à côté de la piscine à débordement.

A croire que sommeille en moi une vulgaire héritière californienne. 

Ah si, à bien y penser, il y a eu deux ou trois fois la variante où je rachetais ma boîte pour me faire le plaisir de virer le supercon qui y sévissait. Mais du coup je ne suis pas certaine qu'on puisse parler d'investissement dans l'économie française.

Bref, hier vous l'aurez compris, c'était un de ces jours "sijegagnaisaulotoquestcequejeferais" et clairement j'ai le rêve assez perso.

Le problème avec ces conneries c'est qu'ensuite, ton frigidaire qui fuit, ton lino dégueu et ta commode qui part en sucette te semblent encore plus misérables.

Heureusement, la Redoute me livre demain deux bureaux flambant neufs en contreplaqué d'origine pour les enfants et entièrement montables (donc un peu personnalisables d'une certaine manière). Ainsi que deux magnifiques tabourets qui vont avec. De quoi transformer notre intérieur en un petit boudoir cosy. 

De quoi également nous flinguer le week-end. Il se pourrait qu'il y ait des morts.

Sortie de rut

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Ayant twitté toute la soirée, la blogueuse se trouva fort dépourvue lorsque la nuit fut venue. Résultat, billet à l'arrache avec les yeux qui sortent des orbites, on me pardonnera.

Commençons par la question d'hier. La "bonne" réponse, à savoir celle donnée par le DRH qui était, entre nous soit dit, un type passionnant et plutôt pas cliché du winner à deux balles: 

"Il faut accélérer"

En gros, il y a ceux qui tentent de décélérer mais ce n'est pas possible, ils se plantent.

Il y a ceux qui essaient de braquer avec le volant (moi) et qui se foutent dans le décor.

Et il y a ceux qui accélèrent pour sortir du virage en premier pour ne pas créer un énorme accident.

Bref, ceux qui "devancent" les autres et en profitent pour devenir leaders dans un moment critique.

Autant vous dire que cette devinette n'a pas plus de portée que ça, elle était utilisée par mon interlocuteur pour expliquer le positionnement de son entreprise dans le contexte actuel, un peu bateau mais ça m'a amusée. En tous cas, il y a parmi vous de vrais gestionnaires de crise et ma foi, ça me rassure !

Sinon, et c'est le plus important, merci mille fois pour ces témoignages si vivants et pas bégueules sur la masturbation qu'on appellera caresse d'ailleurs parce que c'est laid, non, ce terme ? Vous avez apporté un paquet d'eau à mon moulin, en même temps onanisme et humidité sont deux mots qui vont très bien ensemble.

Je vous avais prévenus. A l'arrache.

Voilà, mon avis sur The Debate ?

Je n'en ai pas vraiment à vrai dire. J'ai trouvé Martine Aubry très convaincante et très offensive. J'ai néanmoins un faible pour François Hollande et je crois que je vais persister dans mon choix. Ceci étant dit, sur le fond il m'a semblé qu'il n'y avait pas tant de désaccords. J'ai regretté l'omniprésence de thématiques économiques qui sont certes prégnantes en ce moment mais auxquelles je ne comprends finalement pas grand chose et je ne pense pas être la seule. J'aurais aimé entendre parler d'université, de culture, de mariage gay aussi. Certes ça ne résoudra pas le merdier ambiant mais c'est important, aussi, non ?

Pour conclure, hier, après avoir lu tous vos commentaires ultra hot, j'ai emmené la chérie chez l'orthodentiste, celui-là même qui construit sa piscine à débordement grâce aux chagnes en free style de ma fille. Et là, j'ai compris pourquoi depuis un an le churros faisait en sorte que ce ne soit jamais moi qui me traine chez lui. 

La bom-ba-sse. 

Au masculin, j'entends. Le mec que tu voudrais qu'il te prenne les empreintes un peu partout. Vas-y, colle moi des bagues, avec les élastiques aussi, si tu veux. 

Quand je pense au nombre de dentistes à l'haleine fétide et au nez constellé de comédons que je me suis cognée, je me dis qu'il n'y a aucune justice. Là où je suis contente c'est qu'à priori il y a un défaut flagrant de fabrication chez mes enfants et que par conséquent lui et moi vieillirons ensemble. Même le churros n'est pas insensible à son charme, c'est dire. 

Bonne journée.

La course, la branlette et le candidat

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Hier j'interviewais le Directeur des ressources humaines d'une très grosse entreprise (non, je ne passe pas mon temps à parler masturbation* avec le tout venant). 

Je vous passerai le contenu précis de l'échange – fort intéressant au demeurant – mais je ne résiste pas à vous rapporter cette sorte de devinette qu'il m'a posée, censée plus ou moins jauger de l'aptitude d'une personne à affronter une crise.

La voilà: vous êtes dans une voiture de Formule 1 (déjà le mec, il ne m'a jamais vue au volant sinon il aurait transposé sa métaphore) et vous êtes dans le peloton de tête du grand prix de Monaco (mais ça peut être Monza). Soudain, alors que vous amorcez, à 300 à l'heure, un virage ultra serré, avec les deux ou trois autres concurrents qui mènent la course, vous réalisez que le frein ne marche plus et que si vous ne faites rien, vous allez donc vous emplatrer lamentablement, tuant au passage un ou deux concurrents qui ne manqueront pas de faire partie des dommages collatéraux de votre spectaculaire crash.

Alors, tu fais quoi ?

Inutile de vous dire que ma réponse est venue confrmer ce que j'exprimais hier, à savoir que je fais bien de n'avoir aucune ambition manageriale ou décisionnaire. Autrement dit ne comptez pas sur moi pour vous sortir du merdier ambiant.

On s'en fiche en même temps, depuis que dimanche fut consacré le nouvel homme providentiel français, celui à qui Martine et François ont commis l'erreur de REFUSER LA 6EME REPUBLIQUE, personnellement je dors sur mes deux oreilles. Ce président là sera grand.

Ah, on me dit qu'il n'a fait que 17% à la primaire et qu'il ne sera donc pas notre candidat ? N'importe quoi. Bande d'impétrants.

Edit: Je vous donnerai la solution qui distingue les winneurs des autres ce soir. Nul doute qu'Arnaud saurait, lui.

* Sinon, vous pouvez aussi me parler du rôle de la masturbation dans votre couple, je suis assez preneuse. Dangereux, selon vous, les plaisirs solitaires ?

La photo ? Ne cherchez pas.

Une fille à la praline

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Hier je déjeunais avec une amie et consoeur – dans un petit restaurant niché derrière la place du Châtelet, "La robe et le Palais" de son petit nom. Je passe assez rapidement sur la déliciosité du menu pour un prix tout à fait abordable et je ne m'étendrai pas sur ce dessert mortellement bon, dont l'intérêt résidait tout autant dans le coulant du mi-cuit – pas un vulgaire surgelé comme trop souvent – que dans cette glace "praline et rose" entrée immédiatement au patnhéon des meilleures choses avalées de toute ma vie. Une adresse que je vous recommande plus que chaudement, il est désormais si rare de ne pas repartir d'un resto parisien sans cette amère impression d'avoir été délesté de son argent pour pas grand chose.

Bref, je déjeunais avec cette amie qui me fait en plus la grâce de m'alimenter non seulement en crème glacée mais aussi en bouquins (une bonne vingtaine au bas mot, va y'avoir de la critique littéraire sur ces pages) (c'est un peu son métier de parler des livres, c'est pour ça). Et elle m'a posé cette question: "mais alors dans ce que tu fais, qu'est-ce qui t'éclate le plus ?".

J'ai beaucoup réfléchi, pour finir par énumérer les unes après les autres quasiment toutes mes activités. A deux ou trois exceptions près, il faut bien bouffer. 

Bien sûr, je peux hierarchiser et clairement mes articles pour psycho, pour cosmétique mag (un canard pro sur l'industrie de la beauté qui me permet d'appréhender le sujet sur un angle éco), le blog et mes projets d'écriture tiennent la corde. Mais le reste me plait aussi, même les petits travaux vite faits, les expériences dont je sais qu'elles ne constituent que des one shot. En fait je crois que je suis tellement contente qu'on me sollicite que je trouve toute tâche qu'on me confie pleine d'intérêt. Je vous rassure, ça ne m'empêche pas de souffrir tripes et boyaux lorsqu'il s'agit de commencer un article ou de me mettre sérieusement à écrire (pourquoi, mais pourquoi s'infliger ça nom d'un chien ?). Mais fondamentalement, je me sens… à ma place. En n'en ayant finalement pas vraiment, de place. C'est tout le paradoxe.

Je crois que ce qui me rend si légère, c'est de ne plus être parasitée par ces vélléités de défendre ma position à l'intérieur d'une équipe, par tout ce qui fait l'essence même de la vie en entreprise, les luttes d'influence et de pouvoir, l'obsession d'être "bien vue". Je ne m'en rendais pas forcément compte je crois, mais cela devait me peser bien plus que je ne pensais. Le revers de la médaille, c'est bien sûr de ne plus faire "partie de". Mais peut-être est-ce de toutes façons illusoire ce sentiment d'appartenance. C'est en tous cas ce que m'inspirent les récents départs brutaux d'anciens collègues qui semblent se passer dans une relative indifférence, comme si les années consacrées à sa boîte valaient à peine une minute de silence lorsque cela s'interrompt.

Ce long texte indigeste pour dire qu'il devient assez évident que je toucherai une retraite de moineau et que le mot carrière est désormais à bannir de mon vocabulaire. Mais je ne saurais assez me féliciter, jour après jour, d'avoir décidé de quitter mon job. Ne serait-ce que pour ce délicieux sentiment de liberté qui m'étreint, lorsqu'après un déjeuner comme celui-ci, je prends un bus sans me demander si ma pause n'a pas été trop longue et si je ne devrai pas rendre des comptes à ce sujet. 

Dernièrement, je discutais avec un psy pour un papier. Il m'expliquait avoir décidé un jour de tout plaquer, carrière prometteuse et statut enviable, pour mener sa barque. Il me disait son sentiment d'être parvenu à se "planquer" du système, entretenant jalousement ce bonheur à contre-courant. J'ai beaucoup aimé cette idée, cela correspond assez bien à ce que je ressens parfois, d'être un peu clandestine.

Tous les jours, je m'interroge quant à la pérennité de cette vie nouvelle. Souvent, je râle beaucoup, notamment parce qu'il est difficile pour l'entourage proche (= le churros, que je ne veux pas stigmatiser, donc on l'appellera "l'entourage") de ne pas confondre "travail chez soi" et "mère au foyer". Ce qui conduit par exemple "l'entourage" à considérer que toute réparation d'équipement ménager peut-être programmée dans une plage horaire pouvant aller de 9h à 18h (étant évident que je passe mes journées rivées à mon canapé) ou que les maladies de Rose, imaginaires ou non peuvent être entièrement prises à ma charge.

Malgré ces quelques ajustements nécessaires et les légers heurts que cela provoque (= on se déchire régulièrement la tronche), tous les jours je me pince lorsque je constate que financièrement finalement, je ne m'en sors pas si mal. Et tous les jours j'ai peur que ça s'arrête.

Ah et sinon rien à voir mais il se pourrait finalement que Rose ait bel et bien contracté une gastro. Enfin, elle je ne sais pas, mais moi oui. CQFD. J'ai déjà dit que c'était l'aînée, ma préférée ?

En vrac et pas dans l’ordre

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 Primaire(s) oblige(nt), j'ai un peu passé ma soirée d'hier à pister les déclarations des uns et des autres. Où l'on découvre, mine de rien, qu'arriver 3ème c'est parfois presque mieux que d'être premier, non ? Bref, pas un grand billet pour aujourd'hui, sans compter que la semaine s'annonce bien chargée. Mais malgré tout, quelques pensées glanées ça et là et qui ne pètent pas plus loin qu'une mouche, je préviens…

– J'ai fait un cheesecake hier et ma foi il était mortel. L'occasion de découvrir un blog culinaire bien écrit et dont l'auteure m'a été sympathique.

– Souffrant de persistance rétinienne à force de voir des affiches l'exhibant et constaté chez Punky que ma foi pour 14 euros et des poussières, ça faisait bien la blague, je me suis trainée chez H&M pour acheter la fameuse robe portefeuille imprimé python. Ou comment avoir la confirmation que mère nature m'a joué plus d'un sale tour. Non contente de m'avoir livrée avec une prédisposition à l'embonpoint, elle m'a également collé une taille basse. Mais très, hein. Genre que sur Punky c'est une robe portefeuille et que sur moi c'est limite un soutien gorge tellement elle est cintrée non pas au niveau des hanches mais sous les seins. Bref, j'ai pas acheté. Depuis j'ai une nouvelle fixette. Ces chaussures très discrètes vues sur une dizaine de fashionistas le jour du défilé d'Agnès B et visiblement must-have de l'hiver. Non ?

– Je lis actuellement un bouquin d'Irvin Yalom, "Dans le secret des miroirs". Je vous en reparle très vite, c'est assez passionnant.

– Samedi, on était à une fête pour les 40 ans d'un copain. On a dansé sur des chansons qui font danser les trente-dix ans, bu du champagne et piapiaté. J'aime bien les fêtes, on devrait y penser plus souvent. Par contre le lendemain, j'étais très mal. Genre ma taille semblait être remontée d'une dizaine de centimètres. Au niveau du cou, à peu près. Dommage, H&M était fermé.

– La semaine dernière j'ai à nouveau du aller chercher Rose à l'école, cette fois-ci un quart d'heure après l'y avoir déposée, pour cause de dégueulis intempestif. "Il faut venir immédiatement madame, elle vomit partout" . Me voilà partie paniquée, pensant déjà AVC ou méningite, pour récupérer une petite fille qui avait eu en réalité un léger haut le coeur après avoir toussé. Je préfère me taire quant aux pensées négatives que j'ai pu avoir le reste de la journée, Rose pétant le feu comme un Montebourg au lendemain des primaires. Je me demande si je n'ai pas fait une connerie en laissant échapper quelques jours après la rentrée que je bossais chez moi. Non ? Je me demande, vraiment. 

Demain, l’important c’est le rose…

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Au fait, demain personnellement je vais aller voter à la primaire socialiste. Premièrement parce que pour une fois qu'on est sûr qu'un candidat du PS va remporter une élection on ne va pas se gêner. Deuxièmement parce que je fais amende honorable, cette consultation du peuple de gauche est finalement un bel exemple de démocratie participative.

J'avoue, j'ai maintes fois protesté contre ce choix tardif de celui ou celle qui se présentera aux présidentielles de 2012. J'avais peur que les socialistes se déchirent, donnent du grain à moudre à la droite sur le mode "ils ne sont déjà pas capables de se mettre d'accord entre eux, comment leur confier le pays", etc.

Finalement, après avoir regardé les débats et lu les positions des uns et des autres, j'ai eu la bonne surprise de constater qu'ils avaient su raison garder et tout en affirmant leurs désaccords, rester unis sur l'essentiel.

Peut-être que finalement, les cabrioles scabreuses de DSK auront eu ce mérite de faire émerger une cohésion dans le parti. Je suis peut-être un poil naïve mais je crois que cette fois-ci, à la différence de 2007, le candidat élu au terme de la primaire sera vraiment porté par les militants et la direction du PS. Un bon début.

Quoi qu'il en soit, je ne saurais qu'encourager tous ceux et celles qui adhèrent aux idées de gauche à aller s'exprimer dans les urnes demain. Plus les électeurs seront nombreux, plus légitime sera celui ou celle qui l'emportera…

Ah et sinon, je vote François Hollande, moi, demain. Mais je dis ça, je ne dis rien.