oooop’s I did it again

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Bon, si on récapitule. Hier j'ai écrit un billet qui me vaut désormais de raser les murs de tout le quartier de peur de tomber sur la mère de la meilleure amie de mon fils, amie qui si ça se trouve aurait pu devenir sa femme mais qui ne voudra jamais avoir un quelconque lien avec la foldingue qui a engendré son bien-aimé. J'ai donc à coup sûr ruiné la vie sentimentale de mon machin et peut-être transformé ce dernier en psychopathe pervers auquel Anthony Perkins dans Psychose n'aurait rien à envier. Pourvu qu'il ne conserve pas mon cadavre empaillé dans une vieille maison pendant des années. J'en mourrais.

J'ai par la suite honoré mon rendez-vous chez le dentiste à 19h45, faisant revenir plus tôt du boulot le churros et compromettant peut-être la fin de sa période d'essai. Pour m'entendre dire une fois devant l'interphone, alors que résonnaient en moi les hurlements de Rose parce que sa maman était partie au moment du repas, que oui, 19h45 c'était la bonne heure mais que j'avais malgré tout une semaine d'avance, cette fois-ci.

Je suis revenue dare-dare, toujours la tête baissée, au cas où lamamandemessaline aurait décidé de se balader elle aussi dans le coin et j'ai préparé tant bien que mal des pâtes en rapant dedans mon fond de tiroir de parmesan. Curieux comme le parmesan périmé, quand il fond, sent le vomi.

Une bonne journée, donc, hier.

Sur ce je crois que je m'arrêterai là pour aujourd'hui, je ne voudrais pas malencontreusement insulter ma belle-mère dont je suis certaine qu'elle ne me lit pas mais sait-on jamais.

Paix sur la terre et dans vos coeurs.

De la géméllité

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Je ne parle pas souvent ici ou même dans la vie de la gémellité de mes enfants. Depuis le départ, on était d'accord avec le churros, ça ne devait pas être un problème. Ni même un sujet. Oui, ils ont été conçus à la même seconde du fait que leur mère a cette capacité incroyable à double ovuler.

J'avoue je n'en suis pas peu fière.

N'importe quoi.

Bref, on ne les a jamais habillés pareil et le fait qu'ils soient fille/garçon a rendu cet aspect des choses assez naturel. On ne les a jamais non plus mis dans la même classe, pour qu'ils aient leurs propres amis, leur propre vie. Ils ne lisent pas les mêmes livres, ne font pas les mêmes activités extra-scolaires, ils se ressemblent physiquement mais pas plus qu'un frère et une soeur. Je ne les ai jamais appelés "les jumeaux" et je déteste que d'autres le fassent en parlant d'eux.

En somme, j'ai intégré comme une grande fille la règle de base selon laquelle ils sont deux êtres à part entière et non la moitié d'un oeuf séparé en deux (ce qui n'est concrètement pas le cas, ce sont de "faux" jumeaux, deux oeufs, deux liquides amniotiques, deux poches, deux spermatozoides, deux ovules).

Mais voilà.

Il y a la théorie et la pratique. Et la pratique, c'est qu'ils sont jumeaux. Qu'ils ont depuis la naissance toujours enchainé les maladies à deux jours d'intervalle et ce sans exception. Qu'ils ont tous les deux été opérés des amygdales et des végétations. Que lorsque l'un se casse le pouce, l'autre se brise la cheville. Qu'ils finissent les phrases de l'autre et se chamaillent comme seul un couple sait le faire. Qu'ils se détestent la plupart du temps mais errent comme des âmes en peine si l'un est parti un peu trop longtemps. Que bien que dans des classes séparées, ils ont peu ou prou toujours fréquenté les mêmes copains.

La pratique, surtout, c'est que le machin est un enfant que je qualifierais en toute objectivité de solaire et d'ultra populaire. Et que sa soeur est de la famille des introverties, option compliquée. Une fille, vous me direz. Oui mais le modèle perfectionné, if you see what I mean.

La pratique, enfin, c'est que je pourrais aujourd'hui arracher les yeux d'une petite fille qui ne m'a rien fait à moi mais qui cette année pour son anniversaire a invité toute la bande de copains du machin, mais pas sa soeur. Laquelle a encaissé le plus dignement du monde mais dont je me doute qu'à l'intérieur ça doit faire mal.

La pratique, c'est que depuis deux jours, je fais une vie d'enfer à mon fils, lui  en voulant comme jamais je ne pensais lui en vouloir un jour, de ne pas avoir imposé sa soeur dans la fête. D'avoir choisi l'amoureuse potentielle contre sa… jumelle. (oui je sais).

La pratique c'est que ça me ronge à l'intérieur, que je ne sais pas déméler ce qui relève du bon vieux transfert (sauf que petite j'étais dans le camp des populaires, rarement zappée d'un anniversaire) et de la louve-attitude qui veut que toute mère abusive qui se respecte ne sait absolument pas se contrôler quand on fait du tort à son bébé.

La pratique enfin, c'est que toujours dans cette logique de mère juive, je me suis fendue d'un sms faussement innocent à la mère de la messaline en question sur le mode "juste pour être sûre, seul le machin est invité, ou sa soeur également ?".

Et que j'ai reçu une réponse salée, probablement méritée, m'expliquatnt que cette année, non, elle n'avait pas insisté auprès de sa fille pour qu'elle invite la mienne, qu'à dix ans les enfants étaient capables d'assumer leurs choix après tout et qu'elles n'étaient plus amies et puis c'est tout.

J'ai retenu du message que l'année dernière, donc, déjà, ma toute petite fille d'amour, qui vient de mon ventre et que je voudrais pouvoir y remettre là de suite, avait fait l'objet d'âpres négociations et invitée sous la menace. Ce qui n'a pas arrangé mon problème.

Et qui m'a amenée à répondre sans mesquinerie aucune (pas mon genre): "pas de problème, c'était juste pour vérifier, j'avais fait deux cadeaux, c'est tout".

Tout ça pour dire que la gémellité c'est un truc super compliqué. Que si la chérie et le machin n'avaient ne serait-ce qu'un an d'écart, jamais je n'aurais sur-réagi de la sorte, jamais je n'aurais pris pour une trahison cette exclusion. Et qu'aujourd'hui, je suis partagée entre la culpabilité d'avoir été si dure avec mon machin qui n'est après tout qu'un petit garçon de dix ans un peu égoïste (un garçon, donc) et la douleur de voir sa soeur écartée comme une vulgaire chaussette.

Et que je tremble à l'idée que le scénario ne se rôde année après année, que l'un soit heureux et l'autre non et que je puisse en vouloir à celui qui tirera son épingle du jeu d'avoir laissé l'autre sur le bas-côté.

On dit petits enfants petits soucis, je commence à entrevoir ce que ça peut signifier.

Edit: Des poncifs sexistes se sont glissés dans ce texte, sauras-tu les retrouver ?

Edit2: Toutes les personnes souhaitant aller dans mon sens et balancer quelques méchancetés sur ma future belle fille sont les bienvenues.

Edit3: Les autres sont priées de s'abstenir.

Les jolies robes d’Hân Nguyen

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Quand elle était petite et qu'elle habitait encore au Vietnam, Hân Nguyen dessinait des robes sur les murs que sa grand-mère cousait ensuite. Et puis un jour, il y a huit ans, alors qu'elle ne parlait pas un mot de français, elle es partie en France, à Paris, parce que c'est là qu'elle devait être pour vivre de sa passion.

Aujourd'hui, elle ouvre sa première boutique rue Saint Paul dans le Marais à Paris et elle maitrise notre langue quasi à la perfection.

Un tel destin me fascine et m'impressionne d'autant plus que je suis du genre à ne pas dormir pendant trois jours à l'idée de partir dans une ville inconnue. Je suis l'antithèse de l'aventurière, pesant le pour et le contre depuis des années d'un changement de direction professionnel, imaginant toujours le pire histoire de ne surtout prendre aucun risque. Alors forcément, ce petit bout de femme qui prend ses cliques et ses claques et qui tente sa chance dans l'univers impitoyable de la fashionerie, ça me laisse sans voix.

Du coup, quand William m'a envoyé un mail il y a quelques jours pour me proposer d'aller visiter la boutique d'Hân Nguyen, je me suis dit que ça rentrait carrément dans ce que j'aime faire ici, parler de parcours hors du communs, de femmes qui vivent la tête haute et bravent l'impossible.

Ok, j'étais également totalement flattée, pour une fois qu'on me proposait une "opé" modesque. Futilité, vanité, vacuité, toutes ces choses.

Je ne savais pas du tout ce que j'allais trouver, si j'allais aimer ou non, si Hân me plairait. Et il se trouve que j'ai été séduite par cette femme discrète qui s'anime en parlant des tissus liberty qu'elle chérit et de la vie qu'elle donne aux étoffes. J'ai également flashé pour un manteau rouge que j'ai laissé à regrets en partant, mais dont la légèreté sur moi et les formes aériennes m'ont ravie le temps d'un essayage. C'était un moment très gai, avec notamment Deedee qui porte si bien la petite veste kimono et son amie Adéjie, dont le ventre rond s'est lové automatiquement dans une robe que l'on peut fermer devant comme derrière, en laine d'un bleu qui évoque à Hân Nguyen les fleurs de lotus.

Voilà, une fois n'est pas coutume, un peu de mode sur ces pages, en espérant que les créations d'Anne rencontrent le succès qu'elle mérite. Entrez, entrez dans ce monde plein de poésie…

Edit: Les bijoux aussi sont fabriqués par Hân et si les vêtements ne sont pas donnés (tout est fabriqué dans un esprit "prêt à porter" en petite quantité), les colliers et bracelets sont très accessibles et merveilleusement gracieux.

Edit2: Ce que j'aime aussi dans les créations d'Hân, c'est qu'elle ne cède pas à la tendance pseudo "rock" quasi obligatoire désormais chez les nouveaux stylistes. Tout ne me correspond pas dans ce qu'elle fait mais il y a une authenticité qui me plait par dessus tout, une identité qui est la sienne.

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Yes we care

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Samedi, on fêtait le passage à Paris d'un ami parti vivre à l'autre bout de la terre, emmenant avec lui toute sa petite famille. Au pied levé, on avait appelé les copains pour une bouffe plus ou moins improvisée (à savoir que même notre mariage avait un côté improvisé à vrai dire, donc en réalité, rien n'est jamais vraiment préparé chez moi en matière de réception).

On était sept et autant d'enfants, de 3 mois à 10 ans. Un gros bordel dans notre appartement parisien qui bien que plutôt grand est malgré tout toujours trop petit quand 14 personnes doivent y trouver une place. Ce qui pour ma part ne m'a pas dérangée, je loge en général dans ces cas là dans la cuisine, une clope et/ou une coupe à la main et un vague plat à surveiller.

A bien y réfléchir, dans les appartements parisiens ce qui devrait toujours être plus grand c'est la cuisine, the place to be à la moindre fête. On peut dire ce qu'on veut, les fumeurs sont des leaders.

Pardon.

Il y avait donc du bruit, des pleurs, des cris, des rires, Kirikou en bruit de fond qu'aucun des enfants pour lesquels on l'avait mis – dans l'espoir de les canaliser – ne regardait mais que personne ne songeait à éteindre. Il y avait une pizza surgelée pour les kids qui avait attaché à la grille du four ("c'est pas grave on dirait des lasagnes", ont assuré les grands, de bonne composition), une côte de boeuf qui n'en finissait pas de cuire au point d'être à deux doigts de l'être trop. Cuite. Les patates quant à elles, avaient beau rissoler depuis 18h, manquaient de fondant. A croire qu'elles avaient décidé de m'emmerder.

Je crois pouvoir affirmer que pendant cette soirée, aucune conversation n'a pu être tenue plus de 17 secondes (à peu près le temps qu'il faut à des petites filles de 2 ans pour trouver une nouvelle idée de connerie ou une raison de s'écharper) et que la qualité réelle du repas n'était pas supérieure à celle d'un resto U. (Exceptés la salade, les cookies et le fondant au chocolat mais qui n'étaient pas de moi) (je n'en tire aucune conclusion mais c'est étonnant comme mes amies, lorsque je lance les invitations, tiennent absolument à apporter une partie du repas) (je veux dire, elles insistent vraiment).

Il manquait en permanence un couvert sur la table et on avait oublié d'acheter du pain. Ce qui s'est avéré moyennement grave, vu que le reblochon avait pris un coup de vieux qui le rendait assez peu mangeable.

La benjamine du groupe, 12 semaines au compteur, qui normalement ne fait jamais d'histoires pour dormir, a choisi ce soir là pour le lancement officiel de la fameuse angoisse de la nuit qui tombe. Elle est passée de bras en bras, le temps que sa maman puisse avaler trois bouchées.

Une soirée comme tant d'autres chez nous, en somme, dont on ne peut pas vraiment dire si elle était réussie ou complètement ratée. Pourtant, à un moment, je nous ai regardés, tous, comme si le temps d'un battement de cils, je me trouvais au dessus, à observer cet étrange ballet, ces verres rattrapés juste avant qu'ils ne touchent le sol, les larmes d'un bambin pour une sombre histoire de doudou pas prêté séchées à grand coup de moelleux au chocolat, une tresse tirée subrepticement, pas vu pas pris, une accolade virile mais qui voulait dire tu m'as manqué, des aveux soufflés entre deux portes sur la difficulté de tout gérer, des verres passant de main en main, le tout rythmé par les calvalcades des enfants dans les escaliers.

Je nous voyais, donc, beaux et fragiles, sereins ce soir là mais inquiets demain, à moins que ce ne soit le contraire. Je me suis dit que je n'ignorais rien ou presque des secrets de chacun et qu'eux savaient tout ou presque des miens. Les bébés qui mettent du temps à venir, ceux qui sont arrivés trop vite, les plans sociaux qui font chier, les examens médicaux qui parfois ne donnent pas de bonnes nouvelles, les envies de vivre ailleurs, les décisions de changer de vie en passe d'être prises. Rien n'en serait dit ce soir là ou brièvement, mais l'essentiel était que les uns et les autres, nous nous en soucions.

Juste avant de redescendre de mon nuage et de regagner la bruyante assemblée, j'ai eu cette dernière pensée. J'étais à ma place, là tout de suite. Ces joyeux drilles étaient mon noyau dur. Il en manquait quelques uns, deux en l'occurence qui n'avaient pu faire le chemin, un peu plus, même, parce que le noyau a de belles ramifications à Lyon ou Bordeaux. Mais voilà, dans cet appartement chamboulé, il y avait ceux dont l'amitié est le meilleur des garde fous.

J'écrivais la semaine dernière que j'enviais ceux qui savent qu'ils sont au bon endroit. Samedi, j'avais pour ma part consicence d'être avec les bonnes personnes.

 

Brune/Blonde: Les 5 gagnants

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Voici les cinq gagnants pour l'exposition "Brune/Blonde" à la cinémathèque de Paris.

Je ne vous remercie pas, le churros est épuisé à force de tirer. Quelque part je trouve que je me sacrifie un peu, quoi.

– Commentaire n°5: Emmanuelle

– Commentaire n°13: Sarah

– Commentaire n°24: DeezBee

– Commentaire n°58: Clapotis

– Commentaire n°130: Tournikette, qui, si j'ai bien compris jouait pour LULU10 (ouééééé !)

Merci à vous cinq de m'envoyer un mail avec votre adresse postale pour que je la transmette à qui de droit. Et merci à tous ceux qui ont participé, sachez que je suis sur d'autres plans sympas du même acabit et que donc les perdants d'un jour seront les gagnants de demain. Toujours ce truc des premiers qui arrivent dernier etc. On n'en sort pas.

Edit: En photo ma brune et ma blonde préférées

 

Brune / Blonde: Le magazine « Trois couleurs » offre des places pour l’expo à la Cinémathèque

Penelope Cruz

Si j'étais un homme ou une femme qui kiffe les femmes, je crois que je fantasmerais pourelle. LA Penelope.

Comme je suis une femme qui aime les hommes, je me rabats de bonne grâce sur Javier (graouuuu…) Bardem. ça n'est pas vraiment le sujet mais tout de même ce gars est chaud bouillant dans le genre velu torride, non ? Il a personnellement remplacé dans mon coeur Georges Clooney qui m'agace un peu, l'autre, avec sa Canalis qui n'a aucun chien.

Alors que Javier et Penelope, je ne parviens même pas à les détester, ils sont un peu mon couple idéal, mon Rainier et Grace des années 2000.

C'est mon côté Points de vue – Images du monde, j'assume.

Mais là n'est pas mon propos.

Une gentille jeune femme qui travaille pour la société MK2 m'a proposé (nooooon, on se calme, on ne m'offre pas un rôle même minuscule avec Javier et Penelope, pas plus que de garder un jour leur forcément adorable rejeton qui ne sera certainement pas du genre à s'oublier sur les toboggans, suivez mon regard) de vous faire gagner 5 invitations pour deux pour l'exposition "Brune – Blonde" à la cinémathèque de Paris. C'est le magazine TROIS COULEURS (ouais, celui qu'on aime trop feuilleter pendant les pubs en mangeant sa Ben & Jerry) qui rince.

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Personnellement j'avais prévu de m'y rendre de toutes façons, c'est typiquement le genre de sortie culturello-people qui me va bien. Genre on se la pète qu'on va au musée sauf que c'est comme si on feuilletait un album géant de photos de stars glamours.

Et puis j'avoue, je ne suis encore jamais entrée dans la cinémathèque alors qu'il parait que c'est un bel endroit.

Donc voilà, je me doute qu'il y aura moins de volontaires que pour gagner des bougies parfumées (notamment parce que c'est à Paris) mais ceux qui sont intéressés peuvent le dire dans les commentaires et le churros tirera non pas un, non pas deux, non pas tr… Ok, le churros va se faire une énorme partouze virtuelle samedi matin.

Et puis ceusses et celles qui ne jouent pas peuvent malgré tout nous dire pour quelles blondes ou brunes mythiques ils craquent, ça fera une bonne conversation du vendredi, moi je dis…

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Et d'ailleurs, Rita/Gilda, blonde ou brune ?

J’irai pisser sur vos squares

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J'ai toujours détesté les squares. Enfin, ce n'est pas exact, du temps où je n'avais pas encore d'enfants mais où ça me travaillait sévère (toute cette merveilleuse période durant laquelle je tentais d'envoyer tout un tas de messages subliminaux au churros ("roh, regarde comme ce bébé est craquant", "tu sais qu'à partir de 28 ans la production d'ovules est divisée par dix ?", "Je pense qu'on devrait acheter un monospace, parce qu'un jour ou l'autre…") celui-ci s'appliquant à ne rien capter tout en comptant névrotiquement les pilules de ma plaquette, persuadé d'être un futur dindon de la farce (ce qu'il fut)), j'idéalisais totalement les squares.

Il faut dire que ma référence absolue en la matière était "Martine petite maman". L'album dans lequel l'héroine pétainiste de mon enfance garde (à 10 ans) son petit frère Jean. Un baby-sitting totalement irréaliste qui consiste à promener toute la journée un bébé constamment hilare dans un landeau fabuleux mais passablement encombrant. Tout ça donc dans le jardin public, peuplé de femmes incroyablement élégantes et prêtes à aider la petite Martine, toutes émotionnées qu'elles sont par le chérubin.

Forcément, ça marque.

Donc dans mes fantasmes de jeune fille en fleur qui ignorait encore la signification de l'expression "bouchon muqueux", le square était une sorte de showroom en plein air dans lequel les mamans venaient exhiber leurs rejetons et éventuellement bouquiner au soleil pendant que leurs adorables petites têtes blondes faisaient des pâtés de sable.

Et puis j'ai eu des enfants.

Et logiquement le square est devenu mon cauchemar.

Parce qu'en réalité, jamais personne ne vient s'y attendrir devant tes gamins, rapport qu'on est toutes logées à la même enseigne quand on se pointe au jardin public. A savoir qu'on connait TOUTES la signification de l'expression "bouchon muqueux". Ainsi que "coliques du nourrisson", "terrible two", "impetigo", "vermifuge" et la liste est longue.

Autant dire qu'on s'en bat la nouille de la tronche du nouveau qui dort dans son berceau. Au mieux on envie sa mère qui a la chance d'avoir un bébé qui roupille. Mais de là à aller lui proposer nos services ou même la complimenter sur son petit crapaud, des clous.

Tout ce qu'on demande au square, c'est que le notre, de gamin, nous foute la paix. Ce qui n'arrive jamais. Soit on a pondu des enfants souffrant d'un déficit évident de coordination (c'est mon cas), et il faut sans cesse les récupérer en équilibre en haut d'une échelle, à moitié étranglés par la corde de la balançoire, du sable plein des yeux qu'ils ont réussi à s'envoyer dans la figure tous seuls, ou, mon préféré, la lèvre à moitié éclatée par le poney monté sur ressort (qui peut aussi prendre la forme d'un canard ou d'une moto) qui est à mon sens l'invention d'un type qui nourrit une aversion congénitale pour les moins de 3 ans.

Autre option, l'enfant qui cogne tout ce qui bouge. Ce qui te contraint à aller t'excuser platement auprès de tous les parents présents, lesquels sont probablement secrètement ravis que quelqu'un en ait enfin collé une à leur affreux rejeton mais qui ne vont pas manquer cette formidable occasion de prendre un air indigné pour t'accorder leur pardon du bout des lèvres. Quand ils ne te devancent pas en allant pourrir ta chair de ta chair, ce qui te transforme malgré toi en louve enragée. Je veux dire, moi j'ai le droit de traiter mes enfants de nazis, mais les autres même pas en rêve qu'ils puissent sous-entendre que ma fille a un léger problème de sociabilisation (alors qu'en réalité elle cherche simplement à établir un contact avec l'autre, parfois un peu maladroitemnt). Et que ma douce enfant ait ruiné les chances de la petite blondinette à son papa d'être un jour top-model (tout au moins le temps que la moitié de la chevelure arrachée repousse, ce qui devrait prendre toute une vie) n'y change rien.

Il y a également l'enfant qui prend les jouets de tout le monde – étant entendu que le square est sous le régime de la communauté des biens, surtout du point de vue des parents qui oublient systématiquement le combo bac à sable à la maison – mais qui ne veut jamais rien prêter. Avec ce spécimen, tu fais une croix sur la tranquilité. Tu passes ton temps à aller rendre ce qui ne t'appartient pas et à tenter de persuader ton gamin de partager – pour une fois – son ballon.

Ne parlons pas des casse-cou, qui te font prendre des suées toutes les trois minutes – je passe personnellement mon temps au square à avoir des flashs atroces de ma fille décapitée par un tourniquet qui aurait pété une pile ou de mon fils amputé pour cause de pont de singe qui s'effondre brutalement sur lui. Mes copines se fichent de moi et me conseillent régulièrement de me détendre mais la seule fois où j'ai essayé de les écouter et de baisser ma garde, j'ai, alors que je venais de m'autoriser à feuilleter d'un oeil distrait mon Elle, vu arriver un père de famille – responsable, lui – tenant dans ses bras ma fille aînée, âgée à l'époque de trois ans et à moitié inanimée, demandant à la ronde à qui était cette enfant qui venait de louper le premier virage du toboggan de la mort interdit au moins de dix ans et d'effectuer donc un vol sans parachute de trois ou quatre mètres. Sachant que jusque là cette vermine arrivait à peine à monter sur un trottoir sans se mettre à quatre pattes. Mais qu'elle avait grimpé en haut d'une échelle vertigineuse en moins de temps qu'il n'en faut à un pigeon pour te chier sur la tête. Depuis je suis plus vigilante qu'un pitbull, prête à m'élancer au moindre déséquilibre de ma progéniture.

Bref, au square, tu oublies pour toujours ton bouquin que tu ne peux absolument jamais sortir de ton sac ou alors juste pour faire genre. Sachant que durant les rares minutes de félicité ou tes marmots s'occupent tranquillement à jouer aux billes SANS S'ENGUEULER OU AVOIR L'IDEE SAUGRENUE DE LES AVALER, il se trouve toujours une mère en mal de conversation passionnante sur le menu de la cantine ou l'âge auquel le sien a su monter seul sur la balançoire ( bien avant ta demeurée de gamine qui à six ans a toujours besoin qu'on la cale sur la planche).

J'ai donc toujours détesté les squares, disais-je.

Mais depuis hier je pense que j'en ai fini pour toujours avec cet antichambre de l'enfer.

Parce qu'hier, Helmut, qui est "propre" (= qui CROIT qu'elle n'a plus besoin de couches) n'a rien trouvé de mieux que de s'arrêter juste en haut du toboggan, une dizaine de marmots aglutinés derrière elle, pour y pisser l'équivalent du lac d'Annecy.

C'est assez fascinant, une rivière de pipi dévalant d'un toboggan.

Le plus étonnant étant que ça coulait AUSSI le long de l'échelle. Et qu'il y avait pour couronner le tout, une marre sur la plateforme. Au milieu de laquelle ma petite chérie (j'ai bien songé m'en aller en courant en jurant sur la bible que ce réservoir à pipi n'était pas à moi mais quelque chose – l'instinct maternel ? – m'en a empêchée) était littéralement pétrifiée, n'en revenant visiblement pas elle même de la quantité de liquide qu'un corps comme le sien peut contenir.

Bien sûr je n'avais (enfin, Zaz avait) que TROIS kleenex pour tenter de réparer la petite boulette. Autant essayer d'écoper le titanic avec un dé à coudre.

M'enfin, une fois rose exfiltrée du lieu du crime (et ça n'a pas été une mince affaire), on a tenté tant bien que mal d'éponger, un vrai moment nutella.

Tout ça avec en bruit de fond les cris paniqués des parents des enfants, leur ordonnant de faire immédiatement demi tour (à croire que ma fille venait d'inonder le toboggan d'un liquide hautement radioactif). Les dits enfants trouvant bien sûr hilarant de patauger à quatre pattes dans la flaque d'urine encore chaude. A mon avis, il y a une charia contre moi dans tout le 13e arrondissement.

Sur ce, je vous laisse, j'ai comme une blessure narcissique à panser.

Joséphine par Pénélope Bagieu

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Avec Pénélope on ne se connait pas vraiment, tout juste on s'est croisées une ou deux fois lors d'une rencontre blogosphérique.

Et pourtant, régulièrement, lorsqu'une de ses nouvelles BD sort, elle m'en envoit un exemplaire, dédicacé, en plus. La dernière en date est l'opus 3 de Joséphine. Et j'avoue que j'ai un peu jubilé comme une gamine à Noël quand j'ai ouvert le paquet.

Je veux dire, j'adore le personnage de Pénélope Jolicoeur.

Mais ma préférée c'est définitivement Joséphine. Son cul monumental en poire, ses grosses lunettes branchées, ses cheveux blonds, son côté un peu mesquin…

Ok je m'identifie à mort.

Et encore plus depuis cet épisode qui la voit s'installer avec son velu (sans vouloir être présomptueuse je ne serais tout de même pas très surprise d'apprendre que Pénélope s'inspire du merveilleux couple que je forme avec le Churros) et se retrouver en cloque par inadvertance.

Un truc qui en revanche ne m'arriverait jamais.

Hum.

Passons sur ce détail et revenons-en à Joséphine. Jo', c'est toi, c'est moi, c'est elle là bas. Du genre à faire zizi panpan toute la nuit avec son chéri mais à préférer mourir que de se montrer entièrement nue devant lui, surtout DEBOUT.

Du genre à faire 67 tests de grossesse histoire d'être sûre. A psychoter parce qu'après un éternuement, son velu ne lui dit pas à tes souhaits alors qu'avant (= il y a deux mois quand ils étaient en période de sous-marin sexuel) il l'aurait fait. Et que ça signifie forcément qu'il va la laisser élever son enfant seule sur un trottoir de Manille.

Je brode mais c'est l'esprit, quoi.

Bref, j'adore Joséphine et notamment le fait qu'elle ne soit pas très sympa. J'admire par ailleurs Pénélope pour tout ce chemin parcouru depuis l'ouverture de son blog, sa constance et son absence totale de jemelapétage.

Voilà, Joséphine n°3 c'est un cadeau qu'on peut se faire à soi.

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Edit: Dans la série, Margaux Motin aussi sort une nouvelle BD. Pas encore eu le temps d'aller l'acheter mais parait qu'elle déchire. En plus que y'a des trucs de chatte et de bite dedans.

Ouvrez grand.

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Hier soir, mon dentiste m'a appelée à 20h15 et m'a aboyé au téléphone: "Dites vous ne m'auriez pas oublié des fois ?".

– Ouh là, si, complètement. Je peux encore venir ? (dis que non putain, dis que non, je veux mourir si je dois ressortir me faire charcuter au lieu de mater Private Practice)"

– Y'a intérêt que vous veniez, vous rigolez ou quoi ? Sinon c'est dans trois semaines et je ne donne pas cher de votre dent. Ou plutôt de ce qu'il en reste.

Mon dentiste m'aime énormément. Il le cache par pudeur et déontologie, voilà tout.

Vu que j'avais eu l'idiotie de décrocher mon téléphone et que je n'avais pas eu le temps de préparer un gros bobard ("j'ai mes règles ce qui provoque chez moi un phénomène très étrange, ma machoire se bloque), j'ai détalé comme un lapin chez mon bourreau.

Et c'est une fois harnachée sur le fauteuil avec le tube à salive coincé sous ma langue que ça m'a frappée de plein fouet. Une partie de moi était presque contente d'être là.

Pas un seul "maman", pas un "tu sais pas ce qu'elle m'a dit Nabala ?", pas de "là il faut que tu le payes ton frottis, l'enveloppe est bleue et y'a marqué "RECOUVREMENT" en énorme, à mon avis tu vas finir en taule", pas de mails en souffrance, pas de coup de fil de douze heures de belle-maman, rien. Pendant une demi-heure, j'allais être hors service, INJOIGNABLE.

La dernière fois que j'avais éprouvé ça c'était chez l'esthéticienne lors d'une séance particulièrement douloureuse d'épilation du maillot (aux alentours de juin 2009 environ, je rappelle à tout hasard que depuis j'ai rencontré Vénus et que j'ai qui plus est un peu lâché l'affaire au niveau du triangle) (euphémisme).

Seigneur. J'étais SEREINE chez le dentiste.

Sachant que ce dernier est aussi sympatique qu'un horodateur. Et que quelques secondes avant cette prise de conscience il avait planté sa seringue anesthésiante dans un nerf qui à vue de nez partait de mon tympan gauche, pour aller mourir dans mon tibia. Tout ça en s'auto-congratulant d'être tombé pile poil au bon endroit ce qui allait lui faire gagner un temps considérable. Tu m'étonnes, john, je suis paraplégique, tu peux y aller sans souci, je ne sens plus mes orteils et je ne contrôle pas mes sphincters, donc tu peux forer dans ma molaire pourrie, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. Tu pratiquerais une épisiotomie je ne suis pas sûre que je m'en apercevrais.

J'ajoute qu'hier il avait manifestement envie d'innover et que pour protéger ma langue de la fraise (quand je vous dis qu'il se soucie de moi), il m'a collé sur la bouche un truc qui ressemblait à s'y méprendre à un préservatif féminin, par le trou duquel il passait ses engins de torture.

Je dis ça, je dois avouer que je n'ai jamais vu de gaine vaginale. Mais vu que sur sa radio qui fait dégueuler il y a une capote, je ne serais pas étonnée.

Bref, quand on connait mon passif avec la gent (SANS "E") des dentistes, (des dizaines de gars de la profession un peu partout en France ont mis un contrat sur ma tête pour cause d'impayés et de lapins en série) et ma propension à laisser la situation dégénérer jusqu'à la chique plutôt que de prendre rendez-vous, le fait qu'à cet instant précis j'ai pu éprouver une sensation de bien être est sacrément inquiétant.

Je pense qu'il faut que je me penche cinq minutes sur le but de ma vie.

En revenant de Nantes

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Je ne me souviens pas avoir rêvé, jeune, de vivre à Paris. En réalité, je ne me souviens pas vraiment m'être projetée dans un quelconque avenir, qu'il soit professionnel ou géographique. Je crois que ma crainte absolue était de ne pas rencontrer l'amour. Peut-être aussi de rater mon bac. Surtout, de l'âge de 7 ans à… tard, j'étais convaincue que j'allais mourir jeune. Persuadée que je n'aurais jamais 18 ans. Puis 20. Puis 25. Sans que je m'en rende compte, cette peur là s'est en allée. Mais elle a été tellement envahissante durant toutes ces années que j'en ai oublié de penser au reste.

Je me suis donc laissée porter par les événements, surprise anniversaire après anniversaire d'être toujours là. A 19 ans, j'ai néanmoins pris ma première vraie décision: aller vivre à Grenoble. Cela dit, je serais bien incapable d'expliquer pourquoi. Le choix de mes études, Sciences Po, relève à peu près du même hasard, disons que mon amie Maud avait pris les devants l'année d'avant, que je l'admirais et qu'elle semblait très enthousiaste. Alors pourquoi pas, j'étais littéraire mais ne souhaitais pas devenir prof de lettres, j'aimais l'actualité, écouter la radio, parler politique et ma seule certitude résidait dans mon envie d'écrire. Ce serait bien un monde si à Sciences Po on n'écrivait pas.

Et ça a continué comme ça, une fois l'IEP terminé sans tambour ni trompette – je fus le genre d'étudiante qui ne laissa aucun souvenir à quelque prof que ce soit, séchant les cours pour aller fumer des clopes dans les cafés et buchant les semaines précédant les partiels histoire d'obtenir la moyenne voire un peu plus -, j'ai à nouveau mis mes pas dans ceux de mon amie Maud et suis "montée à Paris", comme on dit à Lyon.

Pour ne plus en repartir.

Pas en raison d'un coup de foudre absolu pour la ville, ni d'une opportunité professionnelle extraordinaire. Encore cette propension à avancer sans autre but que de mettre un pied devant l'autre, qui m'a caractérisée jusque tard. Un stage entrainant un contrat d'apprentissage qui lui même débouche sur un CDI, petit à petit l'assurance qui me gagne, une certitude qui se fait de plus en plus prégnante: je suis journaliste, c'est ce qui me définit s'il faut d'ailleurs dans la vie se définir. Parrallèlement, l'amour qui tombe sur moi, l'évidence, l'installation avec le churros, les enfants, et nous voilà ici depuis 15 ans.

Bref, je n'ai pas choisi Paris et jusqu'à l'âge de 18 ans, je n'y avais jamais mis les pieds. La capitale m'évoquait vaguement ces cousins éloignés qui faisaient une halte à Lyon en février parce que c'était à mi-chemin sur la route de Briançon. Des cousins qui m'apparaissaient comme plus chics, plus étonnants, plus fun, plus tout, en somme, que nous. Mais leurs récits, loin de me donner envie, me donnaient l'image d'un endroit effrayant et hostile. Toute cette agitation, cette immensité, ce métro avec des dizaines de lignes, cette monstruosité que paraissait être le "PERIPH", ça n'était pas pour moi.

Aujourd'hui, l'ironie du sort veut que je sois pour ma famille lyonnaise la "parisienne", celle qui est partie dans ce maelstrom étourdissant qu'est Paname.

Pourtant, lorsque que je me retrouve, au hasard d'un week-end, dans un quartier un peu résidentiel, en lisière d'un centre ville, dans une de ces rues bordées d'habitations cossues mais pas trop, sans commerces ou si peu, je ressens douloureusement – sans être capable là encore d'expliquer le pourquoi de ce serrement au ventre – que je viens de là. De ces endroits qui ne sont ni ville ni campagne, où pas grand chose ne se passe parce qu'il n'y a pas grand chose à y voir, où les gens cachent jalousement leur intimité et l'hiver font des feux de cheminée, il me reste le souvenir diffus d'une enfance protégée.

Je pourrais écrire que ma seule envie, lorsque je marche dans ces rues trop calmes est de fuir pour regagner l'effervescence parisienne. Ce serait faux. Je me surprends au contraire souvent à imaginer la vie derrière les portails en fer forgé, avec un peu d'envie. Comme si dans ces endroits sur lesquels le temps ne semble pas avoir de prise, le danger n'existait pas. Je sais pourtant que c'est un leurre absolu, les murs, tout aussi épais soient-ils, sont perméables au malheur, ni plus ni moins que ceux plus fins des immeubles parisiens. Dans ces demeures aussi le stress a droit de cité, il prend seulement d'autres formes que dans le métro parisien.

Voilà les pensées qui ont traversé mon esprit ce week-end à Nantes, que je découvrais à l'occasion d'un court séjour chez des amis partis y vivre. Il y a dans certains quartiers de cette ville, des rues qui m'ont rappelé mon enfance vécue pourtant bien plus à l'est. C'est étrange d'éprouver cela dans un lieu où l'on n'a jamais mis les pieds.

Il y a aussi, j'ai trouvé, une énergie et un dynamisme communicatifs dans cette métropole à taille humaine. De nouveaux quartiers qui se construisent sur les bords de Loire, une lumière caractéristique des villes de l'ouest, des jeunes couples partout avec des marmots à la pelle. Il serait étonnant qu'on y vive un jour, mais c'est le genre d'endroit où je me suis sentie presque chez moi. Presque.

J'envie, je crois, ceux qui ont la certitude d'être au bon endroit.

Edit: Toutes mes confuses pour ce billet tordu et pas spécialement gai, on pourrait croire que mon enfance fut morose, c'est tout le contraire, j'ai toujours été consciente d'être privilégiée.

Edit2: Je vous laisse avec quelques photos de Nantes, gros coup de coeur pour le plus poétique des manège jamais vus, pour l'éléphant géant de la compagnie de rue Royal de luxe, mais aussi pour les saules pleureurs qui longent l'Erdre et le jardin des plantes qui resplendit en ce doux mois d'otobre. Je reviendrai à Nantes, merci Marie et Didier pour l'accueil aux petits oignons et des baisers à la jolie Lila…

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