Qu’est-ce qu’on skaï

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Samedi soir on a fêté les 40 ans du churros avec quelques mois de retard mais du coup c'était vachement mieux parce qu'il avait un meilleur moral que le jour J.

Pour l'occasion, j'avais mis mon achat miracle de l'année, le genre d'acquisition que tu en fais une tous les dix ans.

Souvenez-vous, j'avais déjà fait part ici de mon rêve adolescent de pantalon en cuir. Il y a un an, j'avais raconté comment j'avais réussi à satisfaire cette frustration de n'avoir jamais été un piège à quéquettes en me rabattant sur le jean huilé de La Redoute.

Sauf que ce n'était pas non plus totalement satisfaisant. Un cuir, ça fait une sorte de bruit quand tu marches, comme s'il appelait ses proies. Le huilé, il chuinte bien un peu mais franchement, on a un peu pitié de lui, quoi.

Attention, je lui garde toute mon affection à ce pauvre denim brossé. Disons qu'il a été comme une porte d'entrée vers le carré VIP des femmes en cuir. Ou en simili.

Ok, en skaï.

Parce que oui, la semaine dernière je suis entrée dans H&M et tombée en pamoison devant leurs slims en plastique immitation cuir. Je venais pour rendre un pantalon acheté en 38 un jour d'extrème reconquête de moi même et qui, à moins de prendre le métro  en apnée, allongée sur le dos et les bras en arrière (problématique pour passer les portillons) était ce qu'on peut qualifier d'erreur d'achat.

Du coup, histoire de panser mes blessures (c'est une blessure, si si, de se retrouver chez soi avec un 567e pantalon qu'on ne mettra jamais), je me suis dit: pourquoi pas moi ? Pourquoi que j'aurais pas sur mon fessier les housses de la Megane à papa ? Cette fois-ci j'ai essayé en cabine parce qu'il ne faut pas espérer que je vienne à bout deux fois de mon toc du rendage de fringues en deux semaines. Premier enseignement: je fais un bon 42, je ne sais pas ce qui m'a pris de penser le contraire et franchement je m'en tamponne le coquillard. Surtout quand il se la joue dans son fut en latex. Deuxièmement, donc, le fake-cuir et moi on était faits l'un pour l'autre.

Quand je l'ai montré fièrement à ma copine Zaz, elle m'a un peu calmée: "Tu vas suer du cul".

Après une soirée à bouger mon body sur des musiques folles, je peux vous assurer que ce n'était que de la médisance. A peine une légère adhérence de la bête.

(qui sera résolue dès que je parviendrai à l'enlever. Pitié, venez m'aider.)

Je passerai (par pudeur et considération pour mes amies les plus proches) sur l'effet assez systématique qu'un tel futal a eu sur l'assemblée masculine de la soirée. Sachant que les filles aussi le regardaient mais plutôt pour me le voler. Il aurait cela dit fallu qu'elles s'y mettent à plusieurs, lui et moi on ne fait qu'un (venez à plusieurs, on est 4 et pour l'instant rien à faire, plus on tire plus il colle, le con).

Bref, tout ça pour la somme modique de 29,99 euros. Ce qui, compte tenu du taux de  fellation quasiment nulle, actuelle est une affaire.

Edit: Je vous laisse avec quelques photos prouvant que ma foi ce fut un bat-anniversaire…

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We are the 90s: des places à gagner

We Are Saved By The Bell from We Are The 90's on Vimeo.

 

 EDIT DE 16h37: LE CONCOURS EST TERMINE, CE SONT LAURA ET MATHILDA QUI GAGNENT CHACUNE DEUX PLACES. JE DONNE VOTRE NOM ET MAIL A NAVIE ET VOUS N'AUREZ QU'A VOUS PRESENTER A L'ENTREE. BRAVO !!!

We are the 90s. Ok, mon heure de gloire personnellement c'était plutôt dans les 80s. Quoi que. Dans les années 80 ma fringue la plus trendy était un faux gilet Agnes B, celui avec les pressions, là, vous visualisez ? Quant à mes sorties dans les endroits branchés lyonnais, comment dire ?

Disons que la perspective de voir mon père m'attendre en pyjama à la sortie de la boîte à 23h45 – l'heure à laquelle les vrais fêtards commençaient à envisager que peut-être ils allaient sortir – m'a rapidement découragée. Quand j'y pense, je me dis que mes parents comptaient un peu là dessus. Les perfides. Bien joué.

Bref, je mentirais si je prétendais avoir écumé les discothèques à une période de ma vie, même si bien sûr je n'ai pas été en reste non plus, ça m'est arrivé. Deux ou trois fois.

Non, vous n'avez pas envie de lire mes souvenirs pathétiques de ces heures passées à regarder mes copines se faire brancher pendant que je tentais lamentablement de me donner une contenance.

Mais la n'est pas le sujet. Navie, que vous connaissez ici pour ses mosaïques de malade, est, elle, une vraie queen of the nite. Non seulement elle s'occupe de la communication des soirées We are the 90s à l'Elysée Montmartre, mais elle prend ça tellement à coeur qu'elle se dandine sur la scène en combi léopard en latex. Parait que c'est d'un chaud. Avec toute sa petite bande, dont fait partie Pénélope, the famous, qui sort d'ailleurs le tome 3 de sa non moins famous Josephine, elles font groover des centaines de bodys enfiévrés lors de ces légendaires soirées.

Et parce qu'elle m'aime bien – ben si – et vous aussi, elle me propose de vous faire gagner QUATRE places VIP pour ce soir (j'ai beau chercher je crois que je n'ai jamais été dans un carré VIP par contre). Je me doute que pour les non parisiens, c'est un peu juste, là tout de suite. Mais je sais que vous êtes nombreux à vivre à Paname. Donc si vous êtes intéressés, et même si vous ne l'êtes pas, pour gagner, racontez-moi dans les commentaires un souvenir des années 90. Spécifiez juste dans votre com si vous voulez une place.

Edit: Vous avez jusqu'à 16h pour participer. Mais jusqu'au bout de la nuit par contre si c'est juste pour raconter vos 90s. Ou tout autre période d'ailleurs emblématique de votre jeunesse dorée 🙂

J’y pense, j’oublie, mes enfants aussi

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Je n'y pense plus.

Quasiment plus.

Que ce soit le matin, à midi ou le soir, je ne me demande plus ce que je vais manger et en quelle quantité. A la fin d'un repas, je ne me refais presque plus jamais le film de ce que j'ai avalé, histoire de vérifier que je ne me suis pas laissée aller.

La semaine dernière, apéro avec des copains, grosse razzia sur les Tucs, légère compulsion sur le jamon venu directement d'Espagne et puis… et puis rien, le reste ne me faisait plus envie, j'ai passé mon tour, sans difficulté.

Je ne me lève plus jamais avec le sentiment frustrant de savoir que je vais devoir faire attention. De fait, depuis des semaines, je ne dis plus que je fais attention. Certains jours, pas un aliment de couleur verte ou rouge ne franchit mon palais. Le lendemain ou la semaine suivante, je me régale d'épinards frais passés à la poele.

Et mon poids dans tout ça ? Il reste stable. Depuis trois mois environ, je n'ai rien perdu, rien pris non plus, ou alors pas assez longtemps pour que je m'en rende compte. Je me pèse encore tous les jours, j'aimerais arrêter, pour l'instant je n'en suis pas là. Je fume toujours, trop, mais pas bien plus que lorsque j'ai commencé Zermati.

Je ne maigris plus, donc, depuis un petit bout de temps, et pourtant il n'y a jamais eu autant de monde me faisant remarquer ma perte de poids. Comme si les derniers grammes envolés étaient ceux qui faisaient la différence. Comme si le regard de mon entourage avait mis du temps à s'adapter à mes nouveaux contours.

Autre constat de plus en plus évident, les principes zermatiens ont gagné toute la famille. Ma fille aînée, brindille s'il en est et appétit d'oiseau, ne s'entend plus jamais dire qu'elle n'a rien mangé et que c'est n'importe quoi. Plus jamais forcée à finir une assiette ou goûter, au moins, les courgettes. Elle ne mange pas mieux qu'avant mais les repas ne se terminent plus en version alimentaire de Festen. Je vois bien que chez elle tout ça n'est pas très serein et je me doute que je n'y suis pas pour rien. A force de parler, elle a fini un jour par vider son sac, avouant sa terreur de grossir, sa conviction d'être énorme. Gros coup de poing dans mon ventre, culpabilité décuplée. Mais depuis qu'elle s'est confiée, je la surprends moins souvent en train de compter ses côtes dans la glace. Elle a par ailleurs cet été dégusté des glaces – qu'elle adore et dont elle se privait ostensiblement – avec un plaisir manifeste. A la fin des vacances, je lui ai fait remarquer qu'elle n'avait pas pris un gramme, c'était évident, alors qu'elle avait pour une fois lâché du lest. "Ce que tu manges quand tu as faim ne te fera jamais grossir". Je crois qu'elle l'a entendu, même si je suis lucide, elle trainera sa propre valise à vie…

Mon fils, vorace comme douze, moins affuté que sa soeur mais loin d'être enrobé, apprend quant à lui à manger plus lentement, histoire de ne plus se resservir trois fois par repas. Il a par ailleurs complètement laissé tomber le goûter, il n'a jamais été porté sur la chose, et à force de me voir renoncer à un repas faute d'appétit, fait pareil. A part ça, pas grand chose à signaler, depuis qu'il est né cet enfant zermate sans le savoir.

Enfin, number three, si elle savait d'où vient la formidable liberté almentaire dont elle jouit aujourd'hui, allumerait un cierge par jour pour le docteur Z. Il n'y a plus jamais de crise à table pour la simple et bonne raison que si ce qu'il y a dans son assiette ne la branche pas, je n'insiste pas. Pas question pour autant de la priver de dessert, j'ai également intégré qu'il n'y avait pas mieux pour sacraliser le sucré. Pas de haricots, tu es sûre ? Ok, va chercher ton yahourt. Et ta compote. Le fait est que souvent, le soir, elle se contente de ça et que ça n'a pas l'air de nuire à son énergie (si seulement). Idem pour les bonbons, dont elle est comme qui dirait totalement dingue. Après m'être battue cet été pour qu'elle apprenne à n'en manger que cinq (chiffre arbitrairement fixé par moi même), j'ai finalement lâché du lest et accepté de lui donner le paquet, histoire de voir jusqu'à combien elle pouvait aller. A la façon dont elle s'était jusqu'alors roulée par terre en bavant de colère une fois le 5e et dernier crocodile avalé, j'avais parié sur le fusillage du paquet de vingt. Résultat: à sept, elle a délaissé la chose, manifestement écoeurée.

Quand j'ai réalisé que je m'étais, la veille, gaché une heure de vacances pour DEUX crocodiles en plus, j'ai eu comme une révélation. Attention, je ne lui colle pas des paquets haribos dans les mains tous les jours. Mais quand il y en a, je la laisse gérer. Et pour l'instant, elle ne s'est pas transformée en tagada pink géante.

Voilà, ça faisait un moment qu'on me demandait ce qu'il en était des enfants, je dois dire que le mot qui résumerait assez bien la situation est le suivant: apaisement.

Pourvu que ça dure…

Une clope ça va, deux….

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J'avais oublié que c'était bon de prendre un verre, puis deux, puis un dernier, et de rentrer chez soi par le dernier métro ou presque, un sourire idiot collé sur la figure.

J'avais également oublié l'enclume sur la tête le lendemain.

N'empêche qu'hier, j'étais entre tolbiac et porte d'Italie souriant niaisement, quand un grand gars qu'on pourrait qualifier des quartiers – casquette vissée sur la tête, grosses ray-ban aviateur sur le nez, bijoux de rappeurs  – assis en face de moi m'a adressé la parole, avec une politesse légèrement affectée (genre je suis correct mais je me fous un peu de toi): "Madame, vous n'auriez pas une cigarette, vous avez l'air d'une fumeuse ?" (j'ai conscience que ce n'est pas un compliment, même si je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est quand même un peu cool).

Magananime, (bourrée), je ne quitte pas mon rictus débile et je lui sors une cigarette slim de fillette, en espérant qu'il ne va pas prendre ça pour une insulte déguisée, du style, tiens ta clope tapette.

"Hey, elles sont toutes petites, vos cigarettes, madame, donnez-moi en deux, s'il vous plait, ça sera mieux".

Ok, donc non seulement ça se voit que je suis fumeuse mais apparemment il y a aussi écrit en indélébile sur mon front que je suis un gros pigeon, que j'ai pensé, à l'aide de mes deux neurones encore sobres (les autres ne leur avaient laissé que la menthe et le citron vert, je ne vous dis pas les engueulades, ils m'ont saoulée).

D'ordinaire, vu la taille du mec, j'aurais filé le paquet, en priant pour qu'ensuite il ne me viole pas (je suis du genre à avoir peur qu'on me viole même à 4h de l'après-midi au beau milieu du Monoprix) (Alors qu'il y a de grandes chances que jamais personne n'ait même pensé un jour à me violer).

J'aurais donc donné le paquet, mon sac, ma carte bleue et le code. Au moment de la distribution de courage je devais être en train de faire caca, je ne vois que ça.

Mais là, l'alcool aidant (comme quoi ça n'a pas QUE des mauvais côtés, ça se saurait), je lui ai fait un plus grand sourire encore (= une grimace terrifiée) et j'ai refusé: "Non, une déjà, c'est bien".

Ecrit comme ça, ça en jette mais la vérité c'est que j'en menais pas large dans mon tanga.

Mais à mon grand étonnement, passée la surprise de m'entendre lui dire non (je rappelle que j'avais affaire à un profiler de la victime parfaite), il a carrément lâché l'affaire et s'est même fendu d'un merci et bonne soirée.

Comme quoi.

(J'adore dire comme quoi).

Si on était dans un épisode de Greys Anatomy ou autre série ricaine, on se dirait que la peur est mauvaise conseillère, que savoir dire non c'est se respecter, que les autres se comportent avec toi comme tu les autorises à le faire et encore tout un tas de bullshits.

Mais hélas on est juste à Paris 13e et je crois que le mot de la fin c'est que la picole fausse le jugement et désinhibe, pour le meilleur (là) ou pour le pire (autre gars, autre clope). Et aussi que souvent, les bijoux bling bling, les casquettes de rappeur et tout qui va avec cachent un coeur d'or. Ou pas.

Edit: Hier, miraculeusement, un spermatozoide et un ovule se sont tournés autour et fait la cour. Et alors que les conditions n'étaient pas optimales, il semblerait que la rencontre ait fait des étincelles. Hier, ma copine Lily m'a mis ce texto qui m'a bouleversée, suivant pas à pas son épopée depuis deux ans: "Il y a un embryon !!!!!". Il reste des dizaines t'étapes, comme elle le raconte si justement sur son blog, il faut que ce micron bébé tienne le coup pendant son transfert et s'accroche comme un champion dans sa nouvelle maison. Mais voilà, quoi, c'est une si bonne nouvelle…

La vierge des flans

Moulin

Grosse grosse fatigue hier soir à l'heure d'écrire mon billet, thank's Rose qui nous a fait une belle grosse régression après quelques semaines de répit. Et quand je dis régression, je suis en plein euphémisme, je pense que certains nouveaux-nés dorment mieux que ne l'a fait cette chipie la nuit dernière.

Un non billet donc, qui recèle néanmoins une information capitale:

Je l'ai trouvée.

Quoi donc ? Ma besace Mulberry camel designée par Alexa Chung ? La paire de pompes miraculeuse, confortable et féminine et qui te fait perdre du poids rien qu'en l'enfilant ? Le famous vernis kaki-rose chanel ? Les bas qui tiennent et ne filent pas ? Le string qui ne rentre pas dans la raie du boum ?

Que nenni, tout ça à côté c'est pécadille.

J'ai trouvé LA part de flan.

Comme mes nombreux afficionados (reconquête de moi-même) le savent, je suis comme qui dirait une fétichiste de la part de flan, une obsessionnelle de ce gâteau pas chic pour deux sous, une toquée de la patisserie la moins bling de tous les temps. Une insatisfaite notoire également, qui passe donc son temps à être terriblement déçue d'une pâte trop farineuse, d'une préparation trop sucrée, trop gélatineuse, pas assez vanillée, trop liquide, trop chimique, etc.

A bien y réfléchir, que de moments gâchés à systématiquement choisir la part de flan quand je m'offre un gâteau ! Non parce que je SAIS qu'une fois sur deux la bête n'est pas à la hauteur. Mais en véritable chercheuse d'or, je suis dépassée par ma quête.

Ou alors je suis une dinde masochiste.

Il n'empêche qu'hier midi, alors que j'avais singulièrement besoin d'un remontant (c'est connu que qui dort mal bouffe comme douze le lendemain, cette punaise de gamine aura non seulement ma peau mais aussi ma ligne), j'ai enfin franchi le pas de cette boulangerie de la rue Saint Dominique, "Le moulin de la Vierge". Six mois que tous les matins je bave devant leurs millefeuilles (une autre de mes tocades) tout en me rappelant à chaque fois que c'est la patisserie la plus impossible à déguster sans en mettre partout.

Mais hier midi, je m'étais dit, fuck le chemisier immaculé, je fais péter le millefeuille.

Et quand la vendeuse a pris ma commande, j'ai demandé une part de flan.

En effet, de ça aussi je pourrai parler quand j'irai voir quelqu'un.

Mais cette fois là j'ai eu raison. Parce que je crois pouvoir clamer que mon interminable poursuite du flan parfait a pris fin ce lundi à 12h56 très exactement. Une pâte feuilletée tellement caramélisée dans les coins que je me demande s'il ne s'agit pas de cannelés passés au rouleau à pâtisser. Quand au flan, que dire de plus qu'il est aussi tendre que les fesses d'un bébé, délicatement vanillé, légèrement doré sur le dessus, ferme sous la dent malgré tout ?

Et le plus beau dans tout ça: il ne m'a pas collé de brûlures d'estomac. Ah parce que oui, il faut savoir que je me suis entichée du seul gâteau qui me met immanquablement des aigreurs.

De l'art de se punir.

Bref, voilà, finalement ce n'était pas tant que ça un non billet, je vous confie un tuyau d'enfer et croyez moi à ce niveau là c'est de la pure générosité. J'étais même pas obligée.

Touche pas à ma nation

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Hier, emportés dans notre fièvre citoyenne et guidés par notre apolitisme de gauche, on est allés unis comme les cinq doigts de la main au meeting concert organisé par SOS Racisme et Libération au théâtre du Chatelet. "Touche pas à ma nation", que ça s'appelait.

J'avoue, on y allait surtout pour écouter tous ces artistes engagés qui se mettent en danger en clamant leur opposition à la méchante droite sécuritaire.

Problème: dans "meeting-concert", y'a le mot meeting. Attention, j'adoooore les meetings. ça fait partie des choses qui me collents les poils comme une brochette de L5 à Mia Frye. Je dirais que dans mon panthéon émotionnel, il y a les concerts, les meetings, les remises de médaille française sur fond de marseillaise et last but not least, les manifs, surtout celles où finit par retentir le chant des partisans. Ce dernier étant en ce qui me concerne un aller simple vers l'incontinence lacrimale. A partir d'"entends-tu" je fais des bruits de gorge bizarres pour tenter de juguler mes sanglots.

Je pense que j'ai du être résistante dans une autre vie.

En toute modestie.

Bref, par contre, j'avoue, les meetings orchestrés par l'intelligentsia germano-pratine c'est moyennement frissonnant. Non, franchement, les gars, la prochaine fois on évite absolument de passer le micro à Bernard-Henri. Ce gars là il est pire que Fidel Castro. Impossible de lui couper le sifflet une fois qu'il est à la tribune.

Par contre, rien à dire, il était de gauche, hier. Attendez, il avait troqué sa chemise blanche contre un t-shirt noir sous veste grise. CQFD.

Sérieusement, je dois avouer ne pas avoir été embarquée dans ce grand cri de gauche. Probablement parce que tous ces gens semblaient surtout là pour s'écouter parler. Aussi parce que j'ai un poil du mal à croire à l'antisarkozysme de Laurent Joffrin. Surtout, emmener Rose était incontestablement une très mauvaise idée. Certes elle a beaucoup apprécié les appels répétés de Serge Moati à dire NON à la politique injuste et inique de Sarkozy. On peut dire qu'elle a adhéré au discours et l'a fait sien. Littéralement. Un peu trop. C'est devenu gênant quand elle s'est mise à ponctuer toutes les (longues) phrases de BHL de "NON !!!" particulièrement sonores.

Vous l'aurez compris, on ne s'est pas éternisés, ne voyant par conséquent du meeting concert que la partie meeting, pour mon plus grand regret, j'adore en effet entendre Jane B. chanter, quelle que soit la cause.

Quoi qu'il en soit, on m'a récemment dit dans les commentaires que je ne causais plus beaucoup de politique. Je crois que c'est parce que je ne vois pas ce que je pourrais dire qui reflète assez mon exaspération devant tout ce qui se passe depuis des mois. Qu'il sagisse de cette réforme des retraites qui va essentiellement peser sur les travailleurs les plus pauvres, ceux qui ont commencé le turbin à 18 ans et qui pourraient aisément partir à 60 ans (alors que tous les bac + 5 entrent de toutes façons tellement tard sur le marché du travail que pour faire leurs annuités ils sont obligés de bosser après 60 balais), qu'il s'agisse des relations consanguines entre ministres et femmes d'affaires, aussi séniles soient-elles, des millions versés pour bons et loyaux services à Bernard Tapie, de la stigmatisation des roms qui ont eu la malchance de se trouver là à un moment où il fallait détourner l'attention des Français des mensonges d'Eric Woerth, de l'agitation du landernau journalistique autour de deux bouquins bien putassiers sur madame monmari, ou encore de la grosse teuhon que notre champion nous a mis il y a deux jours à Bruxelles, tout ça me donne tellement la nausée que je ne sais comment l'exprimer.

Bref, je n'en parle pas beaucoup mais s'il fallait le redire, oui, je compte les jours avant la fin de ce quinquennat, en me disant que quel que soit le futur candidat de la gauche, il aura ma voix. Encore faut-il que d'ici là nos chers éléphants ne se soient pas tous dévorés.

 

Le syndrôme de Fergie

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La dernière fois, je devais aller à une conférence très sérieuse – je précise parce que ça a son importance, pas pour me la jouer, surtout que moi je ne suis là que pour prendre des notes et répéter ce que les gens très intelligents racontent. Bref, j'allais à une conférence et me suis donc un peu pris la tête pour m'habiller en circonstance.

En vrai je me prends la tête tous les matins, malgré mes craquages réguliers à monoprix j'ai finalement un choix assez restreint de tenues de travail.

Mais ce jour là, je dois avouer que je n'étais pas mécontente du résultat.

(Je suis en pleine reconquête de moi même.)

Je vous rassure, pas d'overdressing non plus, j'avais appliqué la règle selon laquelle less est toujours more. Un slim brut tout neuf (donc pas déchiré en bas), des chaussures neuves aussi – c'est la rentrée – à hauts, très hauts talons (6,5 cm, mon max, je sais c'est l'équivalent des tongs pour les modeuses mais pour moi ce sont des échasses), un t-shirt blanc sans AUCUNE tache et une petite veste noire qui va bien.

Un sans faute, très basique mais tellement évident que Cristina Cordula en aurait chialé. Un truc à te retrouver dans la fashion police de Grazia avec un 18/20 de Fred Farrugia. Sans me vanter.

Je suis arrivée pile poil à l'heure – alors que 9h pour moi c'est un peu l'aube, je rappelle que je suis journaliste – avec cette délicieuse sensation d'être complètement à ma place. Je veux dire, à ma place à cet endroit mais plus globalement dans ma vie, voire sur cette terre.

(reconquête de moi même.)

En haut de l'escalier monumental de l'endroit de la conférence, je suis accueillie par la directrice, tirée à quatre épingles, tailleur à la Roselyne Bachelot, pas forcément ma tasse de thé, mais pimpante et impeccable, quoi. Elle me salue et me lance un regard que je sens très approbateur, genre elle m'est reconnaissante de m'être mise en frais.

Complicité.

J'ai envie de lui dire que je sais, qu'on s'est comprises, que c'est normal, tout ce qu'il y a de plus normal de faire un minimum d'effort, on n'est pas des sauvages non plus. Mais je ne dis rien et en même temps ce n'est pas nécessaire, il y a des moments où les regards suffisent. D'autant que le langage des vêtements c'est pas des conneries et là tout de suite nos vestes sont en pleine conversation parce qu'elles se sont tout simplement reconnues.

On est à deux doigts de se déclarer notre attirance mutuelle quand arrive un autre officiel, cravaté comme il se doit. Bien lèche-cul, il complimente notre hôtesse sur son chic – mais à haute voix, lui, il n'est pas en bluetooth comme nous -, glissant au passage qu'elle est d'ailleurs toujours d'une grande élégance. Minaudant un peu, la directrice fait mine d'être un peu gênée, et modeste, répond que c'est normal, d'ailleurs lui aussi, vraiment, et puis que c'est ainsi, il faut respecter les usages, que lui est habillé en conseiller truc machin, qu'elle-même est en directrice et que Caroline – moi, donc – est venue en…

… en journaliste.

En prononçant ce dernier mot, elle a comme une petite moue de dégoût, qui ressemble un peu à celle qu'on fait quand on se demande si on vient pas de manger une crotte de nez.

D'un coup d'un seul, mes talons m'ont semblé diminuer de moitié, mon jean s'élimer et ma veste se couvrir de pellicules.

La reconquête de moi même s'était barrée quant à elle du côté de Canberra.

Comme quoi, c'est vrai que souvent on se voit moins bien qu'on est. Mais finalement on fait mieux. Parce que les rares fois ou tu décides de poser un regard bienveillant sur ta petite personne, il se trouve toujours quelqu'un pour te remettre d'équerre. Et te signifier que négligée tu as toujours paru, négligée tu paraitras toujours, quoi.

Je crois que je sais désormais ce qu'a ressenti toutes ces années la pauvre Fergie avec cette pute d'Elizabeth d'Angleterre.

Edit: La photo, c'est un peu tiré par les cheveux j'en conviens mais on va dire que c'est parce que la prochaine fois j'irai en sarrouel. En vrai c'est parce que je n'ai aucune photo de moi en veste et talons.

Edit2: Non non, pas la peine d'essayer de me dire que si ça se trouve c'était un compliment, il faut savoir que les journalistes se trainent une réputation de traine misère au niveau de la fringue, limite certaines personnes sont persuadées qu'on ne se lave pas tous les jours, quoi. Je ne parle évidemment pas de la caste très particulière des rédactrices de féminins, elles c'est pas pareil, elles ont la réputation d'être corrompues et méchantes. Ce qui est totalement faux d'ailleurs, ça va sans dire.

Edit3: La vérité c'est que ça ne m'a pas vraiment vexée, hein, juste je me suis dit qu'on est toujours la souillon de quelqu'un, même quand on est persuadée d'être au top.

Tocs en stock

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A l'école de mes enfants, "un enfant a été hospitalisé pour cause de compas dans l'oeil", a-t-on appris par un mail des parents délégués.

Je sais que je ne devrais pas mais j'ai trouvé la formulation savoureuse.

Après, non, c'est vraiment pas drôle, on est d'accord.

Mais quand même, quoi, ça risque de le suivre.

A part ça, vu que je ne prends pas non plus l'avion – et dieu merci – tous les deux jours, je n'ai hélas pas des tonnes de choses à raconter. Quelques fulgurances quand même que je ne peux évidemment pas m'empêcher de vous livrer, c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut la fermer.

– Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les couples soit disant de la vraie vie shootés dans les pubs "The Kooples" ont toujours l'air extrêmement désagréables. Je veux dire, est-ce qu'ils sont antipathiques naturellement ou est-ce que c'est fait exprès ? Il n'empêche que personnellement ça me coupe toute envie d'acheter quoi que ce soit chez eux, vu qu'à chaque fois que je vois une pub j'ai l'impression que les modèles me crachent à la figure qu'on est pas du même monde et qu'ils sont tellement, mais tellement cooooool. Eux. Idem d'ailleurs pour Comptoir des cotonniers avec ces mères qui ont toujours l'air de retenir un gros caca et leurs filles à qui on a envie de donner deux claques. "I hate les préjugés sur les jolies filles". "I love les vestes qui tombent bien". I hate le marketing, moi.

– Souvent, dans Libé, il y a des petites annonces dans lesquelles des gens cherchent un appartement. Fréquemment, il est spécifié "journaliste à Libé", voire, comme c'était le cas la semaine dernière, "Fils d'un journaliste de Libération cherche 2 pièces, etc". Je me demande toujours si ça marche auprès des proprios. Je veux dire, être journaliste à Libé serait un gage d'honnêteté ? Mieux, quand on a un papa à Libération, c'est mieux qu'une caution ? Parfois, je me demande aussi si je suis la seule à me poser ce genre de questions à la con.

– J'ai fini le cercle des incorrigibles optimistes, un peu déçue par la fin trop abrupte à mon goût, on voudrait avoir des nouvelles de Cécile, non ? Là je change de registre et je m'attaque à Virginie Despentes. Façon de parler, ça va sans dire. On n'a pas super envie de s'y frotter à la dame.

– J'aimerais qu'on m'interdise l'accès du H&M du Kremlin Bicêtre. C'est terrible, il n'y a personne dedans, il est à taille humaine et plutôt bien fourni. Résultat, j'ai emporté la moitié du magasin hier. Dont un pantalon et une blouse qui ne me vont pas. Et que je n'irai bien sûr jamais changer, rapport à mon toc. Oui, j'ai AUSSI le toc de l'échangeage de fringues trop petites/trop grandes/trop moches/trop abîmées.

– Pendant qu'on y est j'ai également le toc du paiement de frottis. Je veux dire, je ne paye mon frottis qu'au moment de la lettre bleue qui prévient du passage de l'huissier. Je ne comprends pas, il n'y a qu'avec mon frottis que ça prend de telles proportions, en plus ça ne pète pas bien loin, 20 euros à tout casser. Peut-être que c'est la trouille de voir arriver le compte-rendu par la suite – envoyé après règlement -, avec toutes ces colonies de candidas qui semblent être installées en CDI dans mon fri-fri, vu qu'elles sont systématiquement signalées par le laborantin. 

– Au cas où certains se poseraient la question, j'ai bien sûr le toc de l'envoi de frottis. Du coup maintenant ma gynéco s'en charge, je soupçonne le labo de s'être plaint de la drôle de gueule des prélèvements. 

– Je sais que je devrais garder ça pour moi mais ça me fait un bien fou d'en parler.

– Tant que j'y suis j'ai gardé plus d'un mois un grain de beauté dans son formol avant de l'envoyer pour analyse. A chaque fois que le churros passait devant l'enveloppe il manquait de rendre son quatre heures.

– Au final, c'était bénin. Si tant est que ça veuille dire quelque chose.

– Je ne suis pas folle vous savez.

– Je ne sais plus où mais j'ai lu un article très intéressant, peut-être dans le Elle d'ailleurs – si – sur le projet de loi sur les retraites et la façon dont nous les meufs on se fait une nouvelle fois enfler grave. Bizarrement, on les entend peu, les Martine et Ségolène sur ce sujet précisément.

– Je le crois pas que j'ai PERDU mon body de chaudasse. Du coup je suis obligée d'acheter le modèle à étoiles de chez Princesse Tam Tam. C'est con mais c'est comme ça.

– Vendredi, Amber and the Dude font leur première VRAIE date, dans une VRAIE salle de concert, à savoir le nouveau casino. Ils jouent en première partie, donc si on veut les entendre il faut arriver tôt. Je vais évidemment tout faire pour y être à l'heure !

Et pour ceux qui hésiteraient, voici un teaser qui devraient les convaincre !

Edit: La photo, encore un collector du churros au niveau de la netteté ET de la mise en scène artistique, a pour objet de montrer mes bottes chloé-like (enfin c'est moi qui le dit) de La redoute. On me l'a demandé, c'est pour ça. En vrai d'ailleurs elles sont plus claires, plutôt comme ça:

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Prends Air France et tais toi

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Lundi, j'étais tellement détendue du panty à l'idée de prendre l'avion que pour la première fois de ma vie, je suis partie sans avoir deux heures d'avance sur mon timing. En plus j'avais enregistré en ligne, du coup je me sentais super Barbara Gould, genre la fille qui a des kilomètres au compteur au niveau du check-in. Sans compter que j'avais mis mes bottes camel Chloé-like qui sans me vanter me donnent un côté assez irrésistible. 

En un mot, j'avais la confiance des grands jours. La baraka.

Résultat, quand je suis arrivée dans ma salle d'embarquement, un poil étonnée de ne pas voir beaucoup de monde en train d'attendre, je me suis pointée comme une fleur devant l'hôtesse pour demander si l'avion avait du retard ou quoi.

– Pour Bologne ?

– Heu, oui, Bologna, quoi.

– Mais madame, pour Bologne, c'est fini.

– C'est fini, comment ça c'est fini ? L'av, l'av… vous voulez dire mon av… il est… il est… ? (inutile de préciser qu'en une nanoseconde Barbara Gould venait de se ratatiner comme une vieille merde dans ses bottes camel de chez La Redoute)

– Oui, l'AVION, madame (ton légèrement condescendant qu'on aime bien dans ces circonstances), l'avion pour Bologne dont l'embarquement a pris fin il y a plus de dix minutes, est prêt à partir, plus personne ne monte à bord.

"Ah mais non, ça n'est pas possible, il faut que je monte dans cet avion (mon dieu, si un jour on m'avait dit que je prononcerais ces mots), appelez-les, s'il vous plait", ai-je fini par articuler dans un effort surhumain. Je n'étais que supplique.

Il faut dire que j'étais déjà en train de calculer mes assedics, rapport que j'avais un poil sur-vendu mon déplacement à ma hiérarchie et que le billet, acheté au dernier moment n'avait pas non plus coûté que la moitié d'un bras. 

J'étais, autrement dit, prête à m'humilier en me trainant aux pieds de la pimbêche d'Air France, pour qu'elle trouve une solution. Problème, cette dernière n'en avait rien à foutre et semblait déjà passée à autre chose, concentrée sur son fond d'écran histoire de bien me montrer à quel point MON problème n'était plus SON problème.

Je dois mon salut au fait qu'à côté de Miss pimbêche, il y avait un homme que j'ai de suite supputé stratégique vu qu'il était équipé d'un tawkie waukie. Et dans un aéroport ça te pose là, d'avoir un tawkie.

Limite ça m'excite.

Bref, je peux vous dire que ça m'a bien servi, qu'il soit en wifi avec l'équipage de l'A318 en partance pour Bologne. En effet, après que je lui ai fait mon regard de cocker éploré avec ce petit truc en plus qui signifiait que je pourrais éventuellement lui montrer mes seins s'il me faisait entrer dans ce fucking plane, il a intimé l'ordre au pilote – ou au steward mais je préfère l'idée que ce soit au pilote, ça en jette plus et ça colle mieux dans mon fantasme – "d'attendre la petite dame".

Je sais, "la petite dame" ne laisse pas vraiment présager d'un rapport sexuel bref mais torride avant de pénétrer dans le cockpit.

D'autant qu'après, lorsqu'il m'a escortée jusqu'à l'avion, il m'a lancé un plutôt sec "il n'est pas interdit de courir" qui m'a fait me demander si je n'avais pas un peu sur-interprété son attirance pour moi.

C'est quand il est reparti repêcher une autre retardataire aussi sexy qu'Eva Joly, qu'il a elle aussi appelée "la petite dame" que j'ai du me rendre à l'évidence, le gars au tawkie n'était que gentil.

Un peu déçue mais malgré tout reconnaissante, je lui ai quand même montré mes seins. Ensuite il a donc fait rouvrir les portes du coucou. Je ne vous dis pas la tronche des PNC.

Aux portes.

PNC aux portes. Mouahahaha.

Tout ça pour dire quoi ? Ah si. Tout ça pour dire qu'avant, un truc pareil, d'être rattrapée par la peau du cou pour prendre un avion aurait immédiatement provoqué un mauvais délire dans mon cerveau malade sur le mode "c'est un signe du destin, si tu montes dans ce cercueil volant, tu ne seras pas LA miraculée qui confiera son histoire au Parisien le lendemain d'un crash terrible au dessus du Val d'Aoste".

Avant, donc, j'aurais bien yoyotté. Et ben cette fois-ci aussi.

Comme quoi hein.

Le lendemain, bien échaudée quand même, je suis partie à 10h de la conférence pour un avion à 12h30. Suis arrivée à 10h15 à l'aéroport (j'étais pas loin faut dire).

Et mon avion n'a finalement décollé qu'à 14h, avec près d'une heure et demi de retard (ce billet est décidément haletant).

Après qu'on nous ait expliqué qu'on venait de le faire voler à vide pour vérifier deux trois trucs qui avaient semblé déconner à l'aller, au niveau du freinage.

Il faudrait voir à se demander si là haut y'a pas un plaisantin qui se fout ouvertement de ma bobine. Ou qui cherche à me faire perdre mon sens commun. Ce qui, on en convient, est, lorsque je me trouve dans un aéroport, à la portée du premier crétin.

J'ai dans un premier temps étudié la possibilité d'attendre le prochain vol. Et puis comme je mourrais de faim et d'envie de rentrer chez moi, j'ai foutu une grosse beigne à la cinglée qui squatte mon cerveau et je suis montée la tête haute dans l'appareil endommagé, non sans me livrer à quelques prières au cas où le crétin sus-mentionné ait quelques pouvoirs autres que celui de me faire des blagues pas drôles.

Au final tout c'est bien passé, si ce n'est qu'Air France c'est plus ce que c'était et qu'à l'heure du déjeuner on t'offre royalement un paquet renfermant 8 faux curly.

La morale de tout ça, ben c'est que y'en a pas, en gros.

Edit: au cas où certaines auraient imaginé que j'allais faire la dolce vita à l'ombre des vieilles pierres italiennes autour d'un bon verre de chianti, je tiens à rétablir la vérité, au risque d'endommager ma réputation glamour: je n'ai vu de Bologne d'un Holiday Inn en banlieue, choisi parce qu'il était à cinq minutes d'un centre de conférences sordide. J'ai mangé dans la cafète de l'hôtel et bu en guise de café un nespresso bien de chez nous. On n'est pas chez Garance Doré ici, ça se confirme.