Qui veut la peau de Zoé Shepard ?

Censure

Elle s'appelle Zoe Shepard (c'est un pseudo) et vient commenter ici sous le pseudo de la bureautière. Elle a aussi un blog mais qui n'est pas ouvert au public. Je ne la connais pas de vive vue, mais elle fait vraiment partie des premières lectrices, de celles avec lesquelles un échange s'est construit au fil des ans. Et de ce que je sais d'elle, c'est une fille bien.

Quand son bouquin est sorti, "Absolument débordée ou le paradoxe du fonctionnaire", j'en ai parlé ici parce qu'après avoir été quelque peu heurtée par le bandeau promotionnel – dont elle n'est pas responsable – j'en ai aimé le style, le sien, reconnaissable entre tous. J'ai admiré aussi le boulot, le fait qu'elle ait franchi le pas, avec tout ce que ça impliquerait pour elle.

Pas sûre qu'elle ait envisagé, ceci dit, d'être révoquée de la fonction publique.

Qu'on soit bien d'accord.

On peut être contre ce qu'elle écrit dans ce bouquin, même s'il ne s'agit pas d'un manifeste contre la fonction publique mais de la chronique de ses jours passés à travailler dans une collectivité. Une oeuvre littéraire, avec la subjectivité qui l'accompagne, avec sa part de fiction et d'autofiction.

On peut invoquer le devoir de réserve propre aux fonctionnaires et s'étonner qu'elle n'y ait pas pensé avant.

Certes.

Que Zoé Shepard, après avoir été lâchement "vendue" à sa direction par un camarade bienveillant, doive assumer les conséquences de ses écrits, pourquoi pas. Qu'elle écope d'un blâme ou de je ne sais quelle sanction pour avoir failli à ce devoir de réserve, why not. Personnellement je trouve ça déjà trop, encore une fois, personne n'est cité dans le livre et si on n'est pas un tant soit peu initié, il est strictement impossible de savoir de quelle collectivité il s'agit.

Moi je le sais, depuis un moment et d'autres le savent également. Je ne souhaite pas dire le nom du "Don" ici, l'homme semble être procédurier et il ne mérite pas qu'on le cite. Je dirais juste mon regret qu'il soit un éminent socialiste et que la décision, donc, de RÉVOQUER Zoé Shepard de la fonction publique soit prise par ceux que je considère comme mes "amis" politiques.

Pour info, ni Gollnish, ni Notin, éminents révisionnistes et condamnés pour cela, n'ont été révoqués à vie de la fonction publique. C'est la sanction qu'on réserve en général aux pédophiles, aux assassins ou que sais-je.

Là, on s'apprête à briser la vie professionnelle d'une toute jeune femme simplement parce qu'elle a relaté son quotidien ubuesque dans un livre. Le plus cocasse ? La collectivité ne souhaite pas porter plainte pour diffamation, tout son argumentaire étant construit sur le fait qu'on les reconnait et que donc le devoir de réserve est brisé. Une façon, donc, d'admettre la véracité des écrits ?

Voilà, je ne peux pas faire grand chose d'autre que la soutenir ici. Je vous demanderai d'avoir la gentillesse de ne pas vous lâcher dans les commentaires, sur le président de la collectivité en question ou sur Zoé Shepard. On peut avoir des avis sur la question, être outré et le faire savoir. Mais tentons de ne pas apporter de l'eau au moulin des censeurs ou d'enfoncer une jeune femme déjà, vous vous en doutez, passablement à terre.

Tiens bon, ma bureautière.

Sex and the city: Carrie serait-elle un peu gâtée ?

Carrie

Hier soir je suis enfin allée voir Sex and
the city 2.

Et je suis bien embêtée parce que je
n'arrive pas vraiment à avoir un avis tranché. En même temps c'est
un de mes grands problèmes dans la vie, de trancher mes avis.

Mais là, franchement, entre toutes les
critiques lues et entendues avant le visionnage – et qui
m'influencent parce que je suis une dinde totalement perméable aux
opinions des autres – et mon attachement ultra irrationnel à l'un
des personnages de fiction les plus marquants pour moi de ma vie de
jeune adulte, et bien, donc, je ne sais pas.

Alors je vous le fais en up et down. Ça
changera.

Up. La mini bouteille de champ avec
vraies coupes s'il te plait apportées par Zaz dans la salle. Le pop
du bouchon au moment où le générique a commencé. Il faut
s'appeler Zaz pour penser à des trucs comme ça.

Up. Le générique justement, avec
New-York en pleine poire et puis instantanément la voix off de
Carrie, l'impression de retrouver une amie. Une vieille amie,
devrais-je dire.

Down. Le fait de retrouver une si
vieille amie. Et les pensées que ça provoque instantanément. Si
elle a mangé de la sorte, il y a fort à croire que moi aussi.

Up. La première heure du film, à
New-York, la cinquième copine de la bande, en somme.

Up. Le blues des deux années de
mariage qu'éprouve Carrie. Sa peur de voir son couple mythique
dégringoler sur le canapé trop confortable de son bel appartement.
Bien sûr qu'on ne peut pas s'identifier à tout. Mais j'aime bien
l'idée d'être allés voir après le « ils se marièrent et
n'eurent pas d'enfants ». Et si Big n'était qu'un beauf
amoureux de son écran plat ?

Down. La migration dans un faux Abou
Dhabi – que si t'es déjà allée à Marrakech tu ne te fais pas
avoir deux secondes – où les clichés sur le monde arabe sont
enfilés comme des perles. On peut y voir un refus du politiquement
correct, certes, mais personnellement, j'aurais aimé un peu plus de
subtilité.

Down. L'espèce de morale qui se dégage
du périple à Abou Dhabi: Si votre burka cache du Vuitton, Dior ou
Versace, il vous reste une chance de connaître malgré tout la
félicité. La libération par la marque, en gros. Bof.

Up. Samantha. Qui ressemble certes plus
à un travelo qui se serait perdu dans le désert qu'à la chaudasse
bling bling des débuts mais qui reste à mon sens la meilleure
actrice de la bande. J'ai aimé le parti pris du film de parler de sa
ménopause, tout en la maintenant dans son personnage de fille très
facile. Bien que flirtant – voire plus si affinités – avec la
vulgarité plus d'une fois, elle a quelques répliques qui font
mouche.

Up. Charlotte et Miranda qui s'avouent,
un cosmo à la main, que la maternité est certes pavée de roses
mais dont on n'a pas enlevé les épines.

Down. L'allure totalement décharnée
de Carrie qui par instants est tout simplement vilaine. Il faut
s'alimenter ma chérie. Si, vraiment.

Up. Le retour à New-York et le
charisme de Big qu'on ne voit finalement pas assez. Le sentiment
alors éprouvé que malgré tous les downs du film, on voudrait
vraiment qu'il y en ait encore un autre. Même si dans deux ans, les
liftings seront un peu plus criants et qu'il y a fort à parier
qu'aucun scénariste n'aura les couilles de les déshériter un peu,
histoire de bousculer nos héroïnes légèrement… gâtées.

Up and Down parce qu’on le vaut bien, hein, Liliane ?

M

Au départ je voulais écrire un billet girlie, sur le maquillage, parce qu'une adorable jeune fille m'a envoyé un mail pour me demander des conseils sur le sujet. Ce qui, j'en conviens est savoureux. Pourquoi ne pas demander à Eric Woerth des tuyaux pour frauder le fisc, tant qu'on y est ?

Quoi que.

Bref, promis, je reviens très vite vers toi mon public et surtout vers vous, douce Juliette, pour faire un point make up. Mais là de suite, j'ai le up and down qui me démange. Et pas qu'un peu. Surtout le down, tu me diras.

Down. Le renvoi de Porte et Guillon parce que, je cite Jean-Luc Hees, l'humour à Inter ne doit pas appartenir à quelques petits tyrans. En réalité, je ne trouve pas trop mes mots pour dire tout mon dégout. Hees se sent insulté par cette tranche matinale, soit. Personnellement, ce qui m'insulte quotidiennement, c'est que Woerth reste au gouvernement alors que sa femme était chargée jusqu'alors de gérer la fortune de Liliane Bettencourt. Cette chère Lilianne qui manifestement a une conception bien à elle de l'intégrité fiscale. Ce qui m'amène à mon deuxième down.

Down. Les compétences en gestion de biens de madame Woerth. Qui, donc, était chargée de veiller au grain de la fortune de Lili Bettencourt, mais qui promis juré craché ignorait tout des comptes en Suisse et encore plus de l'ile aux seychelles de madame Loréal. Je dis ça je dis rien mais je ne ferais pas appel à madame Woerth pour gérer mes actifs. Pas même mon codevi anorexique.

Up. La fibre grand-maternelle de Lili Bettencourt. Qui, qu'on se le dise, a certes des comptes en Suisse mais uniquement parce que la grande dame a souscrit à une assurance vie pour son petit fils. J'en ai les yeux qui piquent, putain. C'est beau l'amour.

Up. La promesse de Liliane, toujours, de se remettre en règle très vite au niveau des impôts. Bon ben ça va alors, elle va pas nous chier un cake, Eva Joly, alors que la dame s'est excusée, franchement. J'en profite pour avouer que moi aussi, j'ai quelques actifs planqués aux Îles Caïmans. Et que pour prouver ma bonne foi, mon mari démissionnera dès demain de son emploi. Ah, non, merde, il s'est fait virer, y peut pas démissionner.

Up. L'article consacré à l'affaire Boulin dans le Elle de cette semaine. Pour une fois que ce magazine nous propose autre chose qu'une enquête sur comment fait Gwyneth Paltrow pour concilier sa vie de famille et sa carrière de mannequin pour Estee Lauder ou un reportage sur comment être aussi rock and roll qu'Ines de la Fressange (réponse: en ne mettant surtout pas de mascara sur les cils du bas), on va pas bouder notre plaisir. Sans rire, la lecture de ce papier m'a fait froid dans le dos. Plus de vingt ans après, des pièces du dossier disparaissent encore, preuve qu'il reste aujourd'hui des gens qui n'ont aucun intérêt à ce qu'on découvre que non, le ministre du travail de Giscard ne s'est pas suicidé dans 50 cm d'eau. Heureusement que Michelle Alliot Marie veille au grain et vient d'annoncer le lancement officiel d'une enquête administrative sur… la disparition des scellés. Ouf.

Down. La façon dont certains personnages publics, qu'il s'agisse de Finkielkraut, Le Pen ou députés de l'UMP se sont légèrement oubliés quand il a s'agit de fustiger l'équipe de France de foot. Ok, les bleus étaient mauvais, ok, ils ont doublé leur médiocrité d'un comportement détestable. Mais de là à y'aller de doux noms tels que "petites frappes", "merdeux", "racailles" et j'en passe, bof. Comme si d'un coup, tout était permis, même les pires relents racistes.

Up. La réactivité de notre président de la République, toujours sur la brèche quand il s'agit de sujets d'intérêt national. Ainsi, alors qu'il sortait d'une rencontre avec les autorités russes, il n'a pas hésité deux secondes à se prononcer sur le caractère inadmissible des débordements verbaux d'Anelka. Et ça, moi je dis, ça s'appelle un homme d'Etat. D'autant que je vous arrête tout de suite mais "Va te faire enculer" c'est tout de même d'un autre level en vulgarité que "casse toi pauv' con".

Up. Ou down. Ou up. Ou je sais pas. "L'année bissextile", film mexicain auquel m'a trainée quasi de force le churros samedi dernier, au prétexte que tu vas voir, c'est super chaud, parait. Bon alors c'est chaud, c'est vrai. Mais également mortellement glauque. Sur le mode no hope, la vie ça craint et l'espoir tu te le mets bien profond dans ton fondement. A part ça, personnellement, je crois pouvoir me passer d'expérimenter golden shower, pains dans la gueule ou brûlures de cigarettes pendant l'amour. Je précise néanmoins que c'est un très bon film, de ceux qui te restent en tête, ce qui est aussi l'objectif, non ? Par contre, je préviens, la fille est mal sapée, y'a pas un naperon dans le salon et tu peux te brosser pour un visuel de cupcakes. Blogueuses modeuses, passez votre tour.

Down. Ou alors up. Ou les deux. La décision de Nicolas Sarkozy de passer à la trappe la garden party de l'Elysée cette année. Non, je veux dire, qu'est-ce qu'on fait du prestige de la nation française ? Tout ça pour économiser 732 000 euros. Une misère, quoi. C'est d'un mesquin. La seule bonne nouvelle c'est qu'on va nous épargner les airs empruntés de madame nunuche en ballerines sur le perron du château. Mais quand même, la garden party qui disparait, c'est la fin d'une époque. Ou pas.

Edit: La photo c'est le grand-machin devant le premier match des bleus à la coupe du monde. Assez révélateur, croyez-moi…

Une femme avec une femme

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Ce matin je me suis réveillée en sueur après un cauchemar particulièrement réaliste dans lequel j'étais poursuivie par une serial killeuse. Elle menaçait de me couper en morceaux et de mettre mes organes dans des bocaux. Egalement visée par cette foldingue, ma fille ainée, que je tentais de cacher dans les toilettes alors que la psychopathe montait l'escalier.

C'est à ce moment de suspense insoutenable que le réveil a sonné et pour une fois je n'en étais pas mécontente.

Mais même après avoir ouvert les yeux, j'étais encore à mort sur mes gardes. Des fois que l'autre malade se planque dans la salle de bain.

J'ai bien sûr fait part de mes ennuis nocturnes au churros.

Que les choses soient claires, je n'attendais pas non plus qu'il me serre dans ses bras comme si j'avais deux ans.

Mais comment dire ?

Je me remets difficilement du fait qu'il n'ait vu dans ce remake du silence des agneaux que l'incarnation évidente de mes fantasmes lesbiens.

Je crois que je pourrais rêver d'un horodateur qu'il y trouverait une dimension éminemment saphique. A se demander pourquoi on s'emmerde à trouver des idées de cadeaux de 40 ans alors qu'il suffirait que je touche les seins d'une copine devant lui pour en faire un homme comblé.

Happy birthday mister Churros

Churros

Aujourd'hui le churros a 40 ans. En même temps, il dit qu'il a 40 ans depuis qu'il en a 37 environ, convaincu que la pilule sera plus facile à avaler. Sur ce coup là, on est assez différents, moi jusqu'à la veille de mon anniversaire je refuse d'inscrire un an de plus au compteur.

A l'arrivée, le résultat est le même, mais voilà, j'imagine que ça doit vouloir dire un truc. Au niveau de tout ce qui est se voiler la face ou bien affronter les choses, bonnes ou mauvaises. Moi je suis professionnelle de la politique de l'autruche. Lui il serait un poil trop partisan de la prise en pleine poire de la réaité. A nous deux, on forme un ensemble relativement paré pour les coups durs, cela dit.

Mon amour a 40 ans, donc et, clin d'oeil de ce crevard de destin, il est depuis hier un homme libre. Pas libre de moi, entendons-nous bien. Libre du joug du patronat.

Lui il dirait qu'il est au chômage, mais c'est comme cette histoire d'âge, c'est juste une question de point de vue.

40 ans et des pages entières à ré-écrire.

40 ans et des peut-être, des j'espère, des projets fous, des attentes, des nouvelles qu'on attend.

Quelque chose me dit que le meilleur est à venir, que le plus dur est passé, que la roue tourne, que le beau temps après la pluie, que plaie d'argent n'est pas mortelle.

40 ans et 14 printemps très exactement que je t'aime, toi l'homme.

La fois où je suis allée voir quelqu’un

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Le week end dernier, j'étais donc dans
le midi. Et pour m'y rendre, j'ai pris un avion. Sans vouloir me
vanter – mais quand même un peu – il semblerait que je sois en train de
venir à bout de ma plus grosse angoisse, à savoir voler.

Attention, je pèse mes mots, ce billet pourrait s'avérer être un message d'espoir pour tous les phobiques quels qu'ils soient, que
l'objet de leur aversion soient les canards, les pigeons, les crottes
de nez, le vomi ou bien encore les craies contre un tableau.

Ça m'émeut.

Sans rire, je suis à deux doigts
d'aller remercier le « quelqu'un » que j'étais allée
voir il y a de ça trois ans, après avoir annulé à deux reprises
un voyage de presse en donnant des prétextes à la noix du style que
mon fils avait choppé la malaria. Juste pour ne pas avoir à entrer
dans ce qui était alors pour moi un cercueil volant.

La démarche n'était pas évidente,
j'ai reporté le rendez-vous une dizaine de fois et quand je suis
entrée dans le bureau du gars, je pleurais avant même de prononcer
mes premiers mots. Qui furent, dans un sanglot: « Je ne pense
pas avoir vraiment besoin de voir un psychologue, c'est juste que
j'ai peur de l'avion ».

Trois minutes après je parlais de ma
petite enfance et de cette fois où ma soeur m'avait mesquinement piqué mon pain au chocolat.

A la fin de la séance – 25 minutes
environ – je ne voulais plus partir, enivrée du plaisir de pouvoir
parler de moi, de moi et encore de moi à un professionnel qui avait
l'air, je vous assure, totalement subjugué.

Quand à la question "combien je vous dois" il a répondu 105 euros, j'ai mieux compris son air épaté.

A ce prix là on peut avoir l'air concentré.

Je me suis en allée en ayant
toujours aussi peur de l'avion.

La seconde fois, je me suis bien
recentrée, histoire de rentabiliser ce qui représentait à peu près
la moitié du prix de mon canapé Ikéa que je ne me décidais pourtant pas à acheter depuis six mois. Après que je lui ai
expliqué que j'en étais à mettre ma carrière en danger par des
stratégies d'évitement dignes d'un enfant de quatre ans, il a eu
cette phrase digne d'un thérapeute fort d'une dizaine d'années
d'études: « La peur n'évite pas le danger ».

ça fera 105 euros.

La troisième et dernière fois, il a
ajouté 1) que ma phobie ne ferait que grossir si je ne l'affrontais
pas et qu'au rythme où ça allait, dans deux ans j'étais incapable
de prendre un ascenseur. 2) toutes ces choses dont j'étais
persuadées qu'elles allaient m'arriver quand j'entrais dans un
aéroport ou lorsque j'arrivais à une tribune pour m'exprimer en
public (tant qu'à flinguer mon PEL j'avais pris la décision de
prendre le package multiphobique) n'étaient que le fruit de mon
imagination et non de la réalité. Je ne me souviens
plus très bien mais je crois qu'il a à nouveau répété que la
peur n'évitait pas le danger. Ensuite il a encaissé.

Moi aussi mais pas très bien.

Il n'y a pas eu de quatrième fois
parce que je suis de la famille des velléitaires et que j'éprouve
une certaine difficulté à aller jusqu'au bout des choses.

J'avais par ailleurs reçus entre temps quelques coups de fil angoissés de mon banquier, désireux de savoir si ces
chèques de 105 euros allaient se répéter toutes les semaines,
auquel cas il allait falloir songer à un deuxième emploi pour
survenir à mes besoins.

C'est là que prit fin ma deuxième
tentative psychanalytique. Je vous raconterai un jour la première
qui fut encore plus brève.

Inutile de préciser que je n'ai pas
vraiment constaté de progrès concernant mon petit problème les mois qui ont
suivi. Mais – ça me fait mal de l'admettre – les deux ou trois
phrases assénées par cet escroc se sont peu à peu frayées un chemin
dans mon cerveau récalcitrant. Et j'ai commencé à reprendre
l'avion.

Aussi j'avais épuisé mon stock d'excuses et à moins de m'attaquer à la mort de mes grands-parents – parade à laquelle j'ai renoncé dans un sursaut de maturité – je ne voyais plus trop comment faire pour échapper à l'inéluctable

Et là aussi ça me fait mal mais le
fait est que plus je prends ce engins de malheur et moins je panique. Comme si ma peur
que je visualisais auparavant comme une espèce de montagne massive et obscure
rapetissait à chaque atterrissage réussi.

Voilà, tout ça est très fragile,
j'en veux pour preuve que la semaine dernière, j'ai tout de même
réussi à oublier dans l'avion la carte d'identité de grande
chérie.

Ce qui aurait été tout juste chiant
si ce week-end mes deux grands n'avaient pas été censés partir à
Londres avec mes parents, ces derniers leur offrant une immersion
britannique pour leurs dix ans.

Je profite de ce long étalage de ma vie privée pour vous livrer, après cette incroyable
leçon de vie, une deuxième information à toutes fins utiles: il
est strictement impossible de faire refaire une pièce d'identité
sur le pouce à moins d'avoir un proche en train de mourir ou une
raison professionnelle majeure du genre une menace de licenciement.

Mes enfants sont donc restés à Paris,
mes parents aussi et je n'en finis pas de m'autoflageller depuis.
D'autant que je me souviens très précisément avoir glissé névrotiquement la
carte d'identité en question dans la pochette du siège devant moi lorsque
l'hôtesse m'a demandé de rabattre la tablette de ma fille avant
l'atterrissage. Et qu'il y a fort à parier que si je n'avais pas
obtempéré en deux secondes telle une possédée – des fois qu'une
tablette rabattue en retard crée des interférences avec la tour de
contrôle – en ramassant tout ce qu'il y avait dessus et le
bazardant dans un endroit que j'oublierais à coup sûr de vérifier
une fois l'avion posé, mes enfants et mes parents seraient à
l'heure actuelle en train de chercher leur direction dans
l'incompréhensible métro londonien. En baragouinant les deux mots
d'anglais qu'ils connaissent ("a plate" et "a glass"). Qui je le crains ne sont d'aucune utilité
lorsqu'on veut aller à Picadilly circus et qu'on se trouve à
Hammersmith. Genre.

Edit: je précise que ce billet n'est en rien une diatribe anti-psy, je suis juste pas forcément très bien tombée et n'étais surtout pas prête. Mais je sais qu'un jour où l'autre, j'y reviendrai si le besoin s'en fait sentir…

Venus: Echappées belles avec la déesse overbookée

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Bon alors, où en sommes-nous de cette
histoire de marrainage Vénus ? Je sens que vous brûlez
littéralement de le savoir. Il faut dire qu'on ne va pas avoir des
vies faciles dans les prochaines semaines, avec Marie-Sophie, alias
la déesse overbookée aux jambes lisses comme un IPad grâce à la
technique hautement révolutionnaire de Venus Oceana.

Un jour
un soin du visage, un autre un massage – à moins que ce ne soit
l'inverse – le lendemain, cours de cupcake ou encore coaching sportif
au long cours avec probablement un dieu sur pattes.

Et le
pompon dans tout ça, donc, c'est qu'en qualité de marraine,
j'accompagne Marie-Sophie dans ces activités harassantes offertes
par Venus à ma filleule débordada.

Enfin, dans QUELQUES
activités.

Non parce que je ne sais pas pourquoi, mais quand
l'a fallu cocher les trois de mon choix, mon doigt a ripé et pof, le
coach est passé à l'as.

Dois-je rappeler que la dernière
fois j'avais faillu mouru
?

Bref, je vais donc apprendre à
fabriquer des cupcakes et ça, voyez-vous, ça m'émoustille. Même
si je redoute un peu que mes tentatives ressemblent assez rapidement
à tout sauf à ces petites merveilles qu'on voit fleurir ça et là,
surtout sur les blogs de fashionistas fans de vintage et de photos
sépias. Promis, bien sûr, je les immortaliserai. Ainsi que le
massage. Parce que le but c'est évidemment qu'on vous fasse un
compte-rendu de ces échappées belles. Va y'avoir du minute par
minute, je ne dis que ça…

Ah et j'oubliais !

J’ai
invité Marie-Sophie à vous adresser quelques mots …..

« 
Ma marraine et moi allons vous faire vivre nos expériences, toutes
les plus trépidantes les unes que les autres ! Je ne vais pas
manquer le plaisir de vous les illustrer avec des photos délirantes.

Ce
sont de véritables pauses de bonheur dans nos emplois du temps
ultra-chargés. Il faut bien se détendre, non ? D’ailleurs,
j’arrive et je repars en courant… ça me prépare au coach
(quoique…) Et je ne vous cache pas que ces instants délicieusement
extra, je vais les vivre en très bonne compagnie avec Caroline !!

Je
vous invite à suivre nos activités
cours de cupcakes (so fashion &
girly) mais pas que : cours de cuisine, moments « relax »
and co.

Je
ne vais pas tout vous dévoiler je laisse un peu de suspens …. »

Opération sponsorisée

Tomettes d’amour

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Dans la maison de Maraveire, il y a de grandes armoires à glaces qui amusent les petites filles et leurs mamans. Il y a aussi des fenêtres qui donnent sur la mer et des tomettes rouges sur le sol qui, lorsque la chaleur est à son comble sont un régal de fraicheur. Cette maison, construite en 1897, s'apprête à être vendue, trop de travaux, trop d'indivision, trop de distance entre les tomettes et Paris. Celui qui la rachètera devrait sans trop d'hésitation décider de la raser pour y construire à la place un lotissement bien plus rentable.

Je n'y serai allée que très peu, je ne peux pas m'y inventer de souvenirs d'enfance. En revanche, mon père, asthmatique, y passait petit tous ses étés, avec sa grand-mère, parce que l'air de Hyères lui faisait du bien. Je crois l'avoir vu écraser une larme quand la nouvelle de la vente prochaine est tombée.

Je n'y ai pas de souvenirs, mais j'en suis tombée instantanément amoureuse, de ses plafonds si hauts, de ses murs complètement défraichis, de ses cheminées de marbre, de ses escaliers bancals. On sent que la splendeur y fut, dans un autre temps, on croit y entendre les rires et cris de tous ces enfants qui l'ont habitée. Si je ne crois pas en grand chose, je pense avoir une tendance animiste, je suis en effet convaincue que les lieux comme celui-ci ont une âme. Et rien ne me rend plus nostalgique que ces maisons dont la fin de vie est toute proche…

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Touche pas à mon origine

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De plus en plus de femmes se font opérer des lèvres. Pas celles du visage, j'entends, non, celles qui recouvrent le vagin.

J'ai lu l'info dans le Elle de cette semaine – heureusement que la presse féminine est là, pour relever le niveau de la blogosphère, au fait, je vous ai dit, déjà, que j'aimais les gilets gris qui font loose ? – qui consacre un long article sur ces amatrices de la nymphoplastie réparatrice, puisque c'est comme ça que ça s'appelle.

On va passer sur le côté complètement dément de la démarche (respect tout de même aux femmes qui osent, ne serait-ce que verbaliser cette envie auprès d'un membre du corps médical) ainsi que sur le filon que semble représenter pour ce même corps médical ce type d'opération esthétique (jusqu'où iront-il ?).

Non, moi ce qui me choque, à vrai dire, ce n'est pas tant qu'on puisse trouver son frifri mal foutu. Moi même, adolescente (surtout faire abstraction du fait que si ça se trouve mon banquier/ ma belle mère / ma voisine me lit), j'avoue avoir été totalement perturbée lorsque mon intimité s'est mise à se transformer. Il faut dire qu'on ne m'avait pas prévenue. Les règles j'étais au jus (miam), les poils itou, mais alors le côté charnu du charnel, pas du tout.

Je me souviens avoir fini par confier mon désarroi total à ma mère, sur le mode "je crois, maman, que tu as enfanté un monstre, il y a quelque chose d'absolument anormal à ce niveau là chez moi". Bien que ma mère ait su trouver les mots (un genre de "mais non enfin, tu es parfaite" grommelé d'une voix mal assurée, pas certaine en effet qu'elle s'attendait à ce type de problème existentiel), je dois confesser n'avoir été totalement rassurée sur ma normalité que le jour où le premier garçon qui s'aventura dans ces contrées ne sembla pas avoir quoi que ce soit à redire à ce qu'il y trouva.

Bref, on l'aura compris, la puberté ne fut pas pour moi un chemin pavé de roses, mais la vraie question, c'est pour qui le fut-elle ?

Il n'empêche qu'à priori, donc, de plus en plus de femmes décident de faire réduire leurs lèvres, parce que c'est moche quand ça dépasse. C'est vrai qu'en soirée, c'est un peu gênant, on sait jamais, un jeu de lumière impromptu et pan, tout le monde s'aperçoit que votre petit nom c'est Droopy.

Bon, certaines subissent l'opération pour des questions de confort vestimentaire, l'hypertrophie de leur vulvounette (j'assume pas d'écrire "vulve", à mon avis ça veut dire un truc) les gênant lors de la marche. Pour celles-ci, ok, je peux comprendre, même si, conseil d'amie, le port de slim sans culotte n'est agréable pour personne, petites ou grosses "petites lèvres", j'entends. Non parce qu'à moins d'avoir chopé les oreillons, je ne vois pas bien comment on peut se coincer la lèvre en courant, si on a bien choisi ses sous-vêtements.

Mais bon, j'imagine que mère nature ne s'est pas acharnée que sur mes oreilles – que j'ai grandes et fort décollées -, donc je veux bien croire qu'il existe certaines difformité à ce niveau là aussi.

Ceci étant dit, la plupart de ces candidates au bistouri sur la bistouquette le sont parce qu'elles veulent être jolies là aussi. Et moi ça m'inquiète. Parce que par "jolies", j'entends "prépubères". Déjà que le port de poils pubiens te fait de plus en plus passer pour une adepte des camps naturistes teutons dans les années 70, voilà qu'en plus d'être imberbe, ton kojak doit être lisse comme celui d'un nourrisson. Bientôt on se fera lifter le clitoris et on se botoxera le vagin. Ou l'inverse. Tout ça pour se donner l'illusion qu'on n'est pas devenue un être de chair et de sang, surtout de sang, en l'occurence. C'est incroyable qu'à l'ère du porno à tout va, du sexe à tous les étages et à tout âge, on veuille finalement retrouver un état d'"innocence" complètement factice. Je ne sais pas, c'est à mon sens une façon de légitimer la pédophilie, d'admettre qu'un sexe de petite fille est finalement plus attirant que celui d'une femme, avec ses spécificités, ses aspérités et ses reliefs, qui ne sont peut-être pas des plus esthétiques mais qui sont à mon sens l'incarnation de la sensualité.

Edit: Après m'être pas mal torturée pour illustrer ce billet, je suis tombée sur cette photo, sur le blog "photos" de Libération. Pourvu que son auteur ne m'en veuille pas…

Edit2: Pas la première fois que je parle de touffe à zéro, si le coeur vous en dit, c'est ici et

Mes chères cousines

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Quand on se retrouve avec mes cousines, qu'on se soit vues il y a dix jours ou deux ans, c'est le même joyeux bordel: non mais c'est dingue ce que tu as maigri // tu te souviens, quand tu mangeais la moutarde à même le pot, c'était dingue, il n'y avait que toi pour faire un truc pareil // et l'avion, tu y arrives, toi, maintenant, parce que moi c'est l'enfer // tu sais que je change de boulot, ça me fiche une trouille, pas sûre d'y arriver // et à Montpellier, la vie, c'est bien ? // Je ne pourrais pas vivre à Paris, je ne sais pas comment tu fais // et tu vas l'allaiter longtemps, tu penses ? // Je suis enceinte // On se sépare // C'est génial // C'est atroce // Je ne me supporte pas, là, regarde mes seins, ils sont énormes // j'ai arrêté de fumer, mais j'ai quand même apporté des clopes à l'eucalyptus // J'ai pris 20 kilos // Mais si, on peut boire un verre de vin quand on allaite, arrête, quand même ! // Cette robe est superbe, je t'assure // Et ton mec, il va comment ? // Il te ressemble, ton fils, c'est fou // il a les yeux bleus, moi, trois enfants et pas un seul avec les yeux bleus, mes gênes sont récessifs // par contre niveau culotte de cheval, ils se sont bien accrochés, les salauds // mère nature la truie // Et ta mère, ça va ? // 40 ans dans un an, j'en suis malade // Tu en fais dix de moins // Menteuse, mais redis-le moi quand même // On est connes non ? // Tu veux un autre enfant toi ?…

Et ça jusqu'à l'infini, toujours plus ou moins les mêmes conversations, la même évidence, les mêmes promesses de se voir à Paris, Lyon ou Briançon, promesses qu'on ne tiendra pas, parce que la vie fait que c'est comme ça, qu'on a nos vies, qu'on est des dindes, aussi. Et puis peut-être que tout simplement, savoir que quoi qu'il arrive, quelle que soit la distance entre nous, qu'importe le nombre d'années sans nouvelles, il suffira de deux dixièmes de secondes pour reprendre la conversation là où elle s'était arrêtée, n'incite pas à l'effort. Je crois que c'est peut-être cet aspect là que je préfère, ces bavardages suspendus qui demandent qu'à redémarrer.

Je les ai regardées lors de ce week-end express à Maraveire. Et je les ai trouvées magnifiques, mes cousines: Emilie, Stéphanie, Laurence, Prisca, Charlotte, Andréa, Naïma… J'aurais voulu leur demander la permission de les mettre sur ce blog, parce que toutes ont ce quelque chose de lumineux qui fait qu'aucune photo n'est loupée quand elles sont dessus. Mais, alors que je sais qu'elles me lisent pour certaines d'entre elles, je n'ai pas osé poser la question. Alors voici des petits bouts de mes cousines, des détails, des boucles de cheveux, l'arrondi d'une épaule, la blancheur d'un sourire, la bretelle d'un maillot. Je les aime d'être des sacrées chieuses, des qui parlent fort, qui envoient bouler leur mec quand il abuse, des qui osent dire que non, la maternité ne fait pas tout, des qui veulent tout, le boulot, le soleil, l'amour, les marmots, le cul, aussi.

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Edit: Ce billet, je l'ai écrit aussi en pensant aussi à Céline et Clotilde, qui nous manquent sur la plage, qui nous manquent autour de la table, qui nous manquent quand on trinque ou quand on regarde nos enfants.