Revoir Maraveire…

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A l'heure où vous lisez ce billet, nous sommes tous les cinq dans un avion qui nous emmène à Toulon. Trois petits jours de fugue en bord de mer, un tour au Lavandou pour voir Zaz, son roi des Nachos et sa tornade fleurie et puis direction Hyères, pour une grosse réunion de famille.

C'est ma grammy, celle qui dit "rudement" et "ravissant", qui a décidé qu'au lieu de nous réunir – ses enfants, petits et arrières, au bas mot une soixantaine d'allumés – à Noël quand il fait froid, moche et que tout le monde en a plein le dos du saumon fumé, elle nous inviterait désormais une fois par an dans le midi, dans cette maison qui fut celle de mon arrière-grand mère et qui aujourd'hui appartient à des grands oncles qui ont la gentillesse de la prêter pour un week-end.

Je suis née à quelques encablures, à l'hôpital de la Valette, et ai passé mes premiers mois dans un cadre légèrement moins luxueux, mes parents, jeunes, très jeunes, étaient à l'époque amoureux mais sans le sou. Il n'empêche qu'à trois jours j'étais sur la plage de Maraveire, avec comme unique protection, un fichu sur la tête. Parasols, crème solaire ? Vous plaisantez ! à ce moment là, on n'en parlait pas de tout ça. Sûrement qu'on avait tort, mais ce que j'en garde aujourd'hui, alors que ma vie toulonnaise ne dura qu'une dizaine de mois, c'est un amour inconsidéré pour les plages, toutes les plages…

Et quand j'atterris sur le tarmac de Hyères, tout, la lumière, les odeurs, les bruits, tout, me rappelle que je suis de là. Je n'ai aucune illusion sur la vie dans le sud, j'en connais les limites une fois le rêve estival terminé, je sais l'atmosphère souvent pesante de ces stations balnéaires clinquantes et rich-friendly. Pourtant, je donnerais cher pour y finir ma vie, un jour…

Hélas ceci n’est pas un rêve…

J'avais envie de pousser un grand cri ce matin, sachant qu'il y avait matière. Et je ne parle pas spécialement des clowns en bleu qu'on parque depuis une semaine dans un palace en Afrique du Sud histoire qu'ils goûtent aux Zahia locales avant d'aller se ridiculiser contre la première équipe venue.

J'avais donc envie de crier ma haine à l'intérieur de moi. Et puis pof, je tombe sur cet article. Et comme je suis consciente de mes limites, j'ai décidé qu'au lieu de bavasser les mêmes choses en moins bien, j'allais tout simplement vous le soumettre. C'est un article du Monde, je ne l'ai pas trouvé en ligne pour faire un lien, d'où le scannage. En espérant que j'échappe aux foudres d'Hadopi.

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Vous pouvez cliquer pour agrandir…

Un photographe en culottes courtes

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Pour ses 10 ans, la grand-mère du machin lui a offert un appareil photo. Depuis, il immortalise tout, avec plus ou moins de bonheur. Hier je me suis amusée à regarder plus attentivement ses clichés, et je me suis dit que le bougre avait un oeil, une démarche même. Ou pas.

Quoi qu'il en soit, ces photos sont l'exact reflet je pense de ce qui fait son univers. Edifiant, non ?

Attention, quelques images peuvent choquer à une heure avancée de la matinée…

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Le jour où j’ai cassé mon image dans une roulotte

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Le week-end dernier, on s'est donc mis en danger ma petite famille, nos copains et moi. Je veux dire par là qu'on a franchi le périphérique, ce qui vous vous en doutez n'a pas été facile. Déjà qu'aller au centre commercial du Kremlin Bicêtre me demande une semaine de préparation psychologique. Vous imaginez Fontainebleau, autant dire que je l'ai vécu comme une mise à l'épreuve de la vie.

Le pire dans tout ça c'est qu'il n'y avait pas une seule glace en pied dans la roulotte pour checker mes tenues, ni d'influentrice pour me dire si mon gilet loose gris – j'ai déjà dit que j'adore les gilets loose gris ? – était correctement twisté par ma robe bustier de chez Comptoir des cotonniers. Bref, un week-end à gober du xanax en priant que deux jours dans ce trou perdu où la 3G ne passait pas ne me vaille pas la perte d'une dizaine de followers sur Twitter.

Je préfère ne pas vous raconter la crise de panique au restaurant collectif de l'UCPA. Pas un Gü à l'horizon, pas un cupcake à photographier. On me croit on me croit pas mais je serais prête à parier que ces bouseux n'avaient jamais vu une verrine.

Consternation et frissons.

C'est simple, quand j'ai vu au retour, le panneau "A6 – BP : 6 minutes", j'ai joui. Sans stimulation manuelle ou autre. A la porte d'Italie j'avais ruiné le siège de la Fiat 500.

Je vous laisse malgré tout avec quelques photos de ces instants durant lesquels il a fallu mobiliser toute la force intérieure que j'ai dans mon inside profond pour éprouver un peu de plaisir.

Edit: Sans rire, Les roulottes de Bois le Roi à 60 bornes de Paris c'est un havre de paix, un plaisir à moins de 100 euros la nuit pour 5 et la certitude de réaliser un rêve qui me taraudait en ce qui me concerne depuis la lecture à 8 ans d'un fameux Club des cinq: Dormir en roulotte.

Edit2: Je tiens par ailleurs à m'excuser auprès de mon lectorat, celui qui vient ici essentiellement pour mes photos. Il se trouve que j'ai pété mon appareil en enfilant brutalement un tutu – à cause que j'ai maigri je ne maitrise plus mes mouvements – et que j'ai par conséquent utilisé une merde de compact numérique à deux balles, du genre qu'on ne trouve que dans les coins les plus reculés. Style à la Fnac de Lyon.

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ça ce sont les roulottes la nuit quand on est arrivés, j'étais émue. Limite je voulais qu'on m'appelle Claude.

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Cinq minutes après qu'on ait déchargé les voitures, les gamins, jamais avares d'une connerie, avaient trouvé le moyen d'écrire ça sur la route qui menait à nos habitations, à l'aide d'une pierre calcaire. Je ne suis pas sûre qu'ils seront de gauche.

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ça c'est notre jolie table inspiration Conran Shop. On avait emmené un peu de presse libertaire. Ah parce que je ne vous ai pas dit ? Depuis que j'ai perdu du poids, je vote à droite. Et donc je lis le Point *.

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Là c'est Helmut devant sa mini maison. Je ne suis pas sûre que ça se voie, alors je préfère préciser que son bloomer c'est du Bonpoint.

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J'aurais préféré que les rideaux soient en Liberty, mais j'ai respiré avec le ventre et l'angoisse est passée.

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Si on ne tient pas la preuve tout de même que le orange et le rose se matchent merveilleusement bien, je veux bien boire cul-sec ma crème de la mer.

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Comme on n'avait pas de place pour emmener avec nous notre jeune fille au pair et accessoirement boniche, c'est Rose qui s'est collée au ménage.

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Là j'ai beau essayer de trouver une connerie à écrire, tout ce qui me vient à l'esprit c'est… joie de vivre…

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… lumière…

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Connerie… (mettez deux garçons de 10 ans ensemble pendant plus de 30 minutes et y'a moyen qu'ils fassent preuve de créativité)

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Triptyque d'un week-end réussi

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Fraternité

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Sororité

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Et je finis avec les plus jolis ânes bâtés du monde.

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* Le Point était fourni avec la voiture de location, je préfère préciser on sait jamais.

EDIT FINAL: Ce billet est écrit avec une légère dose de second degré, il faut manifestement le préciser., c'est juste une réponse en clin d'oeil aux commentaires sur les deux derniers billets, et . Il n'y a pas de bouseux à fontainebleau pas plus qu'à Nemours ou Thiers. Ou Annonay. Et je parviens totalement à respirer hors de Paris. Par contre j'étais assez estomaquée qu'on me fasse payer ma roulotte. A moi, quoi. Merde.

Ah et après c'est fini: le bloomer d'Helmut n'est pas un bonpoint. Ma fille salit des fringues à moins de 50 euros le body. Question de principe.

Un ego de taille

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Il y a quelques jours, j'ai fait un ménage de printemps dans ma penderie. Je vous arrête de suite, rien à voir avec l'envie de me débarrasser d'habits trop grands. Simplement un constat imparable: sans prise en main de la bête, tout menaçait de s'écrouler. Sans compter que ma femme de ménage adorée, également nounou du soir de Rose, ne cachait plus depuis des semaines son intention de me claquer sa démission si je ne faisais pas preuve d'un minimum de bonne volonté.

Bref, j'ai donc été dans l'obligation de me séparer d'une partie de ma garde-robe. Et de fait, bazarder les pantalons trop grands s'imposait assez naturellement. Sauf que 1) je déteste jeter (en l'occurence donner à Emmaüs mais on m'a comprise), 2) me débarrasser de ce qui m'allait encore il y a six mois et qui j'en suis convaincue pourrait s'avérer être à nouveau à ma taille dans un futur plus ou moins proche me terrorise.

N'ayant pas de dressing immense me permettant d'entreposer un container de fringues en 44 / 46, je m'y suis toutefois résolue. Résultat: de la place en veux-tu en voilà dans mon armoire pour des craquages à pois ou à rayures, ajustés à mon corps d'aujourd'hui.

Je voudrais bien écrire que cette expérience m'a permis de me sentir plus légère et de tirer un trait sur des mois de mal-être.

Hélas, la vraie vie ne fonctionne jamais comme un roman de filles. Et la vérité, c'est que depuis, j'ai des envies incompressibles de chocolat. Ou de frites. Pourquoi ? Parce que je crois que je suis littéralement terrorisée à l'idée de reprendre le moindre gramme et de me retrouver à nouveau un matin sans rien qui m'aille. Peur assez dérisoire au regard de ce qui se passe à Gaza, on est d'accord. Mais à mon petit niveau de femme égo-centrée, peur de taille (hu hu hu) quand même.

Tout ça m'a fait réfléchir et si je devais recommencer ce ménage, je garderais quelques jeans trop grands. Pas pour me souvenir de ce que j'étais il y a peu, simplement pour m'épargner la pression. Cette pression qui me fait manger. Pour me rassurer, me rappeler que quelques kilos repris ne m'empêcheraient pas d'aller travailler, puisque les bons vieux futals veillent au grain.

Entracte.

Fin de l'entracte.

Je profite par ailleurs de ce billet pour revenir sur cette photo postée vendredi et sur le fait que oui, clairement, ne nous cachons pas derrière le petit doigt, je m'expose plus qu'avant.

Pourquoi ?

Certainement parce que je m'apprécie plus sur les clichés récents. Mais pas que. Il se trouve également que durant, je dirais, les 3 premières années de ce blog, j'étais pour ainsi dire planquée. Il me semblait inconcevable que mes employeurs découvrent cette activité du soir, pas parce que je me rendais coupable de quoi que ce soit mais parce qu'au départ, je n'avais pas envisagé que ces écrits soient lus par plus de 10 personnes, que je m'y livrais avec toute l'impudeur dont je sais faire preuve et que donc, voilà, l'idée n'était pas de me montrer.

Et puis les choses ont évolué, les lecteurs se sont faits plus nombreux, il est apparu que pas mal de mes collègues connaissaient l'existence de ces pages, que personne n'a semblé y voir de problème et que surtout, j'ai décidé de ne plus vivre dans la peur d'être "découverte". Parce que c'est intenable de trembler à l'idée d'être outée. Et qu'il est temps d'assumer ce qu'on est. Or ce que je suis, c'est une personne qui travaille le jour, en l'occurence dans un média et qui le soir et les week-ends s'adonne à sa passion: bloguer. Rien qui devrait la faire se sentir coupable. D'où la disparition de cette réticence à me montrer.

Je rappelle par ailleurs que j'ai mis en ligne il y a plus d'un an, au plus fort de mon poids, une photo de Manoeuvre, Sinclair, Dédé et moi. Une photo qui m'avait valu un commentaire adorable sur le mode "mais qu'est-ce que tu es laide". Le genre de mots qui même écrits par le dernier des crétins te crève le coeur, parce que c'est comme ça, on peut avoir une assez haute idée de soi et s'effondrer pour une insulte d'un anonyme décérébré. J'avais aussi posté des photos de moi enceinte, de moi mariée, de moi en bottes duo-boots, de moi en maillot xxl et j'en passe. Bref, oui, bien sûr, il y a cette jouissance absolue de regarder un cliché de soi et de se dire "ouah, c'est moi cette fille que je trouve presque jolie ?". Et la vanité qui suit, de la montrer à ceux et celles qui ont été témoins de mes errements. Mais il y a aussi cette prise de décision de ne plus se cacher tout court. Qui n'a rien à voir avec la perte de poids. Mais tout avec l'acceptation de soi.

Edit: Il me vient à l'esprit que je n'ai pas forcément dit l'essentiel. Il faut être sacrément narcissique pour bloguer. Avec ou sans photo. Pourquoi on en vient là, pourquoi ce besoin de parler de soi et de ce mettre en scène ? Je me posais déjà la question il y a quatre ans, au tout début. Et je n'ai toujours pas la réponse…

Edit2: Ekat, il me semble que c'est toi qui m'avait justement posé cette question sur que faire des anciens vêtements… Je te réponds ici plus longuement que par mail, pas sûre de t'aider plus !

Edit3: Des bises à Emmanuelle, rencontrée devant ma roulotte ce we, pour lui dire que le soir même des jeunes enterraient la vie de jeune fille d'une des leurs et que ma foi, ça m'a eu l'air de très bien se passer 😉

Quart d’heure narcissique


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   Quart d'heure narcissique. Je crois ne m'être jamais autant appréciée sur une photo. Ok, le micro est un poil obscène. M'enfin y'a pas à dire, les photographes professionnels sont capables de sublimer leur modèle. Celui-ci est même arrivé à donner l'impression que je suis détendue alors qu'à l'instant précis, j'avais le kiki serré comme un string.

N'empêche que plus ça va et moins je regrette cet achat totalement impulsif à pois.

Merci pour vos messages adorables hier, l'objectif n'était pas de me plaindre, simplement d'expliquer les raisons pour lesquelles j'ai un peu de mal à écrire en ce moment. Je rejoins en tous cas celles qui confiaient cette impression actuelle de vivre dans une anxiété et une tension permanente. Je ne crois pas me souvenir d'avoir ressenti jusqu'alors une atmosphère aussi particulière…

Un up and down en vrac

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Pas la grande forme cette semaine, contrecoup j'imagine du stress puissance 12 de mes tables rondes. Période pas super glop par ailleurs, la situation ne s'arrange pas vraiment du côté du churros et le moins qu'on puisse dire c'est que ça ne se fait pas proprement. Un jour j'espère je pourrai en parler ici et croyez-moi y'a du level. Bref, pas hyper le coeur à la galéjade, mais malgré tout, envie d'ouvrir ma bouche pour une sorte d'up and down sans vraiment de up ou de down, d'ailleurs, juste quelques pensées en vrac, en somme…

 - Up: Le festival "Mise en capsules" au Ciné 13 à Paris dans le 18e. J'en parle parce que personnellement j'y vais ce soir pour applaudir ma copine Ludivine de Chastenet, oui, tout à fait, celle qui joue aussi dans Allo Maman Dolto et qui me fait glousser comme une dinde à chaque après-midi passée en sa compagnie. Le principe est génial je trouve: cinq spectacles par soir d'une demi-heure, pour faire aimer le théâtre à ceux à qui il fait parfois peur. Ludivine joue dans Inventaire et dans La réunion. J'ai hâte !

Down: Le restaurant le Pré verre. J'y suis allée plusieurs fois à une époque où je bossais à côté et j'appréciais le travail sur les épices du chef, la convivialité du lieu. Les années ont passé et la réputation a manifestement fait prendre un gros melon au personnel. Résultat: un service à peine aimable, des plats sans réelle saveur, des prix pas donnés donnés et à la fin l'impression d'avoir été plutôt malmenés. Je n'y retournerai pas.

– Up: Le départ d'une de vous, Cetroinzust, en Australie, où elle vient d'obtenir un contrat de recherche après des années à endurer les mauvais traitements de son ancien chef. Comme quoi parfois, la roue tourne et c'est tant mieux. Elle me demande de vous faire savoir que dans l'histoire, elle est contrainte de laisser son matou en France. Elle habite dans la région bordelaise et vous pouvez, si vous avez une âme d'adoptant de félin tout doux, lui écrire ici: cepasizinzust@gmail.com

– Up: La saison 3 d'Engrenages. Une série française qui n'a rien à envier à ses grandes soeurs américaines. Avec un scénario en béton armé, des acteurs aux petits oignons, (special tribute à Grégory-slurp-Fitoussi), un propos engagé (qui ne voit pas un des amis de notre président en la personne du maire véreux et bling bling me jette la première pierre, voire le premier Jean) et un suspense à te faire relever la nuit pour vérifier que des fois y'aurait pas déjà un autre épisode à regarder.

Up: Grazia. Je sais, c'est de la presse féminine, je sais c'est futile, je sais la femme n'y est pas toujours représentée comme dotée d'un cerveau. N'empêche qu'à côté du torchon qu'est Envy (désolée mais là on atteind les tréfonds de la stupidité, pourtant je suis un public facile et je voulais plutôt y croire) ou de l'attrape-pétasse qu'est Be (seigneur, pitié, arrêtez, mesdames les journalistes de vous mettre en scène toutes les 5 minutes sur le mode "chez Be on est canons, chaudasses, drôles à crever et en plus on pèse à nous toutes 42 kilos"), et bien je trouve que Grazia s'en sort bien. Il ne se passe pas un numéro sans quelques piques bien senties vis à vis du pouvoir en place, les critiques cinoches sont souvent très bien vues, la mode y est belle, les articles bien rédigés. J'ai envie d'y voir un semblant du 20 ANS de mes 20 ans…

– Down: Mon incapacité actuellement à répondre aux mails que je reçois, de lecteurs ou de communicants. Pour ce qui est des seconds, je me sens moins coupable, mais tout de même, c'est moche de ne pas prendre le temps. Sauf que voilà, le temps et moi on est méga fachés en ce moment, alors je vous présente mes excuses, et je sais que même ce procédé d'excuses groupées est limite…

– Up: La lumière qu'il y a en ce moment le soir, après la pluie. Il y a deux jours, je marchais sur les quais de la Seine, vers le pont Alexandre III et les dorures étaient incandescentes. Je me suis jurée de me rappeler dans les moments un peu down que j'avais sacrément de la chance tout de même.

– Up: Camélia Jordana, que j'ai vue en concert avec mes deux machins et le churros dans une toute petite salle. Elle est jeune, très jeune, et parfois ça se voit dans ses attitudes un peu immatures (Camélia, nous aussi on avait chaud et soif, et en plus on avait payé, donc entendre râler la chanteuse tout au long du concert c'était un peu agaçant). Mais si on passe sur ces gamineries, on retient une chose: une voix à pleurer de bonheur, un groove et un sens de la musique d'une grande, une faculté à être accompagnée des meilleurs (Babx au piano, un vrai bonheur) et une fraicheur non feinte. Allez la voir… avec une bouteille d'eau !

Edit: Sur la photo, c'est un endroit où je voudrais me trouver là tout de suite maintenant, le centre thermoludique de Monetier les bains, un endroit paradisiaque où on se baigne dehors et dedans dans une eau pleine d'oligo-machins, qui sort tout droit de la source à 38°. On en sort aussi zen que si on avait bouffé un bonze.

Working girl un jour, mère toujours ?

 

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La semaine dernière, quand j'ai posé sur mon pupitre mon carnet de notes avant d'introduire les sujets de la table ronde, je crois que j'ai saisi tout le sens de l'expression: "concilier travail et maternité".

Non je veux dire, en terme de crédibilité, y'a pas à dire, ça te pose une femme, ça…

 

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Edit: En vous remerciant de ne pas vous étendre sur mes difficultés graphiques ou sur la nature torchonesque du cahier, avec ou sans crabouillages helmutiens.

Edit2: Petit billet aujourd'hui après petite nuit. Quelqu'un pourrait-il expliquer à 666, alias Rose, qu'elle a largement dépassé le délai légal de faisage de nuits ?

Un soir chez Cyril Lignac

 

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J'ai connu Julien et Chloé en 1990 à Grenoble. Ils venaient d'Annonay et moi de Lyon, Chloé était avec moi à Sciences-Po et Julien l'avait suivie par amour alors qu'ils n'étaient ensemble que depuis quelques mois.

Très vite, j'ai pris mes quartiers chez eux. Il faut dire que j'avais à l'époque trouvé un appartement de liliputien très loin du centre ville, persuadée quand je l'avais visité de me trouver au coeur de Grenoble. Au coeur du quartier qui craignait, ça oui. Pour le reste, big mistake.

Bref, je squattais régulièrement chez eux, dans leur petit nid pas franchement chic non plus, à deux pas de la voie de chemin de fer et doté de sanitaires plus que douteux. Je ne rentrerai pas dans les détails mais sachez que si un jour vous avez besoin de sauver votre sanibroyeur d'une attaque sauvage de tampax, Julien a quelques compétences en la matière.

Je passerai aussi sur les cuites multiples et variées qui ont accompagné ces années de pipolitique ainsi que sur les cultures assez particulières de Julien qui à l'époque travaillait à Jardiland. On s'est suivis ensuite à Paris, Chloé m'y a supportée dans tous les sens du terme à une époque où disons le clairement j'étais tout bonnement en dépression nerveuse avec appels en pleine nuit sur le mode "Je vais mourir, là je le sens, j'ai quelque chose qui cloche, les médecins ne le voient pas mais c'est grave". A tel point qu'un matin, sur ordre maternel, Chloé est venue me chercher, a fait mon sac et m'a mise dans un train pour Lyon, histoire que j'aille me remettre la tête à l'endroit. Ce qui a pris quelques mois et qui a probablement coûté à mes parents une palanquée de nuits blanches. Mais ce n'est pas le sujet.

1995, retour à Paris, re-squattage chez mes parents alternatifs, Julien et Chloé de leurs prénoms. A trois dans une piaule de 8m carrés au 7e étage d'un immeuble chic. Quand l'un se retournait la nuit, les deux autres aussi, bien obligés. Pour eux c'était sûrement chiant, pour moi c'était rassurant, leur zénitude, leur calme en toute circonstance, leur penchant pour la bonne chère aussi.

J'ai fini par me trouver un home – pas très sweet – home (c'était les années découvert à la banque et coquillettes à tous les repas), mais pas trop loin quand même de chez eux. Quand ils sont partis à Mâcon, puis à Annonay, j'ai eu un peu de mal à m'habituer à ne plus pouvoir aller boire des coups chez Camille à Montmartre avec mes deux Ardéchois. Heureusement qu'il m'en restait un, le fidèle coincoin.

Je ne vais pas vous raconter l'intégralité de ces vingt années, mais disons que finalement, on s'est retrouvés dans la même ville à Paris, qu'on a fait des enfants presque en même temps et qu'on pourrait, je crois, encore cohabiter dans 8m carrés sans que ça pose énormément de problèmes. Et ce même avec notre chiée de gosses. D'ailleurs pas plus tard que la semaine prochaine, on embarque les nains et on se fait un week-end en roulotte. Normalement ça ne devrait pas être plus exigu que la péniche qu'on avait louée un été. Moi je dis, tant que Chloé n'oublie pas son tire-bouchon, peu importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse, quoi.

Pourquoi je mes perds dans mes souvenirs aujourd'hui, au risque de vous endormir ?

Parce que samedi, on a fêté les 20 ans d'amour de Julien et Chloé qui sont pas du genre à se marier. Et que Julien, pour la peine, nous a carrément invités, avec le Coin-coin et sa Fanny,  au "Quinzième". Le restaurant de Cyril Lignac. Un peu la classe, le bonhomme. Julien, je veux dire. Lignac aussi, hein, mais en l'occurrence, c'est Julien qu'a raqué.

Je ne suis ni photographe culinaire, ni critique gastro, ni même blogueuse de bouffe. Mais j'ai un palais pas trop con non plus. Et il a carrément apprécié ce qu'il a goûté. Six plats, tous aussi fins les uns que les autres, des mises en bouche divines, des vins parfaits, un service digne d'un trois étoiles, une table ronde comme j'aime avec banquettes pour s'affaler sur la fin quand le bouton du pantalon est menacé d'expulsion. Et à la fin, cerise sur la mignardise, la star des fourneaux qui vient gratifier tout le monde d'un petit mot et accepte de bonne grâce les photos des fans.

Je vous laisse donc avec les photos prises ce soir là, en embrassant fort fort fort mes chers amis, pourvu que les 20 années qui s'annoncent soient au moins aussi belles que celles qui viennent de passer…

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 ça c'est du foie gras mi-cuit avec une gelée de fraises des bois. Servi avec une brioche chaude. Orgasme.

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ça c'est des gnocchis aux morilles avec asperges à peine cuites. J'ai fini la sauce à la petite cuiller, j'aurais pu lécher mon assiette. Le churros l'a fait.

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ça c'est du cabillaud "cuit très doucement" dans un bouillon de langoustine. Toujours avec des asperges, y'en avait aussi dans presque toutes les mises en bouche, moi j'adore ça, mais peut-être que ça peut en lasser certains.

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ça c'est le trou normand sans alcool (avec mise au point plutôt sur le beurre mortel qui est à gauche, Peter Lindbergh a encore de belles heures devant lui), un sorbet de mandarine avec jus de menthe et feuille de shizo. Après ça, tu as l'impression que tu peux à nouveau rempiler pour trois ou quatre plats. Ce qui tombe assez bien vu que…

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… vu que donc, on enchaîne sur une pièce de boeuf à se taper le fondement par terre en poussant des cris de joie. Petit bémol et ce sera le seul, l'aubergine confite à côté n'était pas assez cuite à mon goût. Mais rien que pour le jus moi je dis…

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ça c'était pas au menu mais voilà, c'est pour les amatrices de moquette ardéchoise. Sûre que caro d'ardèche en reconnaîtra le propriétaire.

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Premier dessert, une glace au yuzu, un agrume japonais, avec de la gelée incroyable et des mini-meringues. Explosion de saveurs en bouche.

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Deuxième dessert, un sorbet de fraises des bois servi avec une meringue craquante et une crème légère à la dragée. Un dessert pour princesses au bec sucré.

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Dernier dessert et pas le moindre, 100% chocolat, une mousse avec des pépites qui explosent en bouche (genre sucre magique) et sorbet cacao à peine sucré.

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Enfin, des mignardises, servies avec ou sans café. La sucette est en réalité un mini esquimau et le chou est rempli de crème au caramel beurre salé. Tuerie.

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ça c'est la preuve que j'ai totalement intégré les principes zermatiens. Genre je n'ai pas hésité à en laisser. Ok, la moitié d'une mignardise. Mais quand même. Non ?

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ça c'est quand Cyril est tombé raide dingue d'une blonde incendiaire. La chance. Par contre c'est lui qui a une petite tête ou c'est la blonde qui a le melon ?

Edit: Oui, en effet, je suis la naine du groupe ce qui explique qu'on voit un poil ma trombine sur la photo souvenir. J'ai longuement hésité à mettre a photo en entier mais je sais que mes amis tiennent à leur anonymat, ils ont envie de se curer le nez tranquille au Monoprix, eux. Joke.

Edit2: Je n'ai aucune idée du prix de ce que j'ai dégusté rapport que c'est Julien qu'a raqué donc pas trop possible de dire si c'est honteusement cher ou non. Tout ce que je sais c'est que c'était un sans faute et qu'à aucun moment je ne me suis dit que ça sentait l'opération marketing people ou je ne sais pas quoi. Vous pouvez en savoir plus sur le site du restaurant

Edit3: Un bébé s'est caché sur l'une des photos, sauras-tu le
reconnaitre ?