Un peu d’Ouzo ?

Mes petits lapins, vous m'avez manqué.

 

Je crois même qu'on peut dire que la désintoxication a été difficile. Mais finalement, j'ai tenu le coup, même que pourtant y'avait un café internet sur mon lieu de villégiature et que je passais tous les jours devant. En même temps c'était soit je faisais QUE passer devant, soit l'homme partait faire sa vie avec une des nombreuses bombasses grecques qui ont eu le culot de croiser notre route – ou plutôt notre plage ce qui est pire - pendant toutes ces vacances.

 

Parce que oui, je vous le dis, les grecques sont des bombasses absolues, à tel point que ça n'a même pas été possible d'en trouver des vraiment pas belles pour pouvoir m'adonner à mon toc principal de l'été.

 

A savoir: "Et elle, je suis grosse pareil ou plus ?". Question perverse à laquelle l'homme a forcément intérêt à répondre avec force gestes et conviction bien présente dans la voix: "nan mais n'importe quoi, tu fais la moitié de cette fille". Et attention, pas question de se contenter d'un "meuh non" qui pourrait limite signifier qu'il n'a pas regardé, qu'il s'en fout ou qu'il n'est pas bien sûr.

 

Encore moins d'un "ben quoi elle est pas grosse cette fille ?", parce que dans ces cas là, ça peut donner ça:

 

"- Elle est pas grosse ? Tu rigoles ? Tu veux dire que je suis plus grosse qu'elle ? Super.

 

– Mais non, j'ai pas dit ça, tu n'es pas grosse non plus, c'est tout.

 

– Oui, et bien désolée, mais à partir d'aujourd'hui, navrée de t'annoncer que ton jugement ne vaut plus grand chose. Parce que si cette fille là, devant, là, n'est pas énorme pour toi, alors le fait que tu me trouves ne serait-ce qu'enrobée m'inquiète vraiment. Cette nana, elle a un cul pas possible, c'est incroyable que tu ne t'en rendes pas compte. Il fait deux fois le mien, merde !

 

– Putain, si tu sais qu'elle est plus grosse que toi alors pourquoi tu me demandes ? Je m'en fous, du cul de cette fille, à la fin ! Le tien me plait, c'est l'essentiel, non ?

 

– L'essentiel ce serait que tu me regardes vraiment. Je ne vois pas comment mon cul peut te plaire, c'est tout. Et je ne peux pas supporter l'idée que tu me trouves plus grosse que cette fille obèse. Je crois que je vais rentrer, je ne me sens pas bien. Si ça se trouve t'es un pervers."

 

Bon, bref, pas la peine de me dire que vraiment c'est nul de se comporter comme ça et qu'en plus c'est super dégueulasse de chercher plus grosse que soi sur la plage rien que pour se rassurer – en même temps j'ai jamais dit que j'étais une fille bien en toutes circonstances, faut savoir que le fait d'être en maillot de bain me rend comme qui dirait… nerveuse  et que c'est pas parce qu'on est ronde qu'on est gentille, faut pas rêver. Inutile de toutes façons de me faire la morale puisqu'au vu de la concentration de soeurs ou cousines de Beyonce au mètre carré sur les plages cycladiques, j'ai bien été obligée de laisser à la maison mon toc estival.

 

En plus je vous rappelle que j'étais munie d'un Eres et qu'en Eres la femme a confiance dans son corps qui est le sien.

 

Sauf que mon Eres, navrée de l'annoncer à toutes celles qui auraient déjà vendu un rein pour en acheter un et qui seraient dans l'impossiblité de le récupérer, il n'a pas à proprement parler tenu toutes ses promesses, loin s'en faut. Mais j'y reviendrai parce que là ce n'est plus des appartés que je fais, c'est carrément un itinéraire bis.

 

Revenons donc à nos brebis. Et aux conversations hautement philosophiques qui nous ont animés l'homme et moi sur la plage cet été.

 

J'ai en effet pu constater durant ces trois semaines que l'homme n'a pas plus confiance dans ses pectoraux que moi dans mon postérieur. Sauf que lui est moins pervers. Ou juste plus prétentieux. Au lieu de se comparer à plus vilain que lui, il a préféré me demander tout le séjour s'il était moins bien foutu que tout un tas de chipendales grecs – parce que oui oui oui, les grecs aussi sont de véritables bombasses.

 

Forcément, la première fois, j'ai cru à une plaisanterie et me suis esclaffée suite à son interrogation, persuadée qu'il était conscient que bon, voilà quoi. M'enfin vu la tronche de fèta qu'il a tirée pendant les deux jours qui ont suivi, je peux vous dire que je me suis appliqué à moi même ce conseil de vie que je vous donne dans ma grande mansuétude: toujours répondre "Nooooooooooooon" quand l'homme te demande si le mec, là, juste à côté, celui avec un torse que tu voudrais en couper un carré tellement la tablette est appétissante, est plus musclé que lui. ça s'appelle mentir, certes, mais un couple sans mensonge c'est comme un kebab sans sauce blanche.

 

A part ça mes agneaux – rapport au kebab – mes vacances furent délicieuses. En plus d'être beaux les grecs sont adorables et tout ce qu'ils cuisinent est à se taper l'ouzo par terre.

 

Par ailleurs, comme je n'avais pris AUCUNE bonne résolution de vacances cette année, et bien du coup je les ai toutes tenues. Et ça c'est super bon pour l'ego.

 

Par exemple, je n'avais pas du tout décidé de reprendre la cigarette. Ben figurez vous que j'y suis arrivée quand même.

 

A refumer, je veux dire.

 

 Sans même me forcer, ni avoir l'impression de me donner du mal.

 

C'est comme l'alcool. A aucun moment je n'avais fait voeu de sobriété. Et bien ça a marché.

 

Ne parlons pas des excès alimentaires, du sport que je n'ai pas commencé et de toutes ces choses que je ne m'étais surtout pas juré de faire et que du coup je n'ai justement pas faites…

 

Résultat, c'est une caro absolument pas amaigrie, le cheveu jaunasse à force de ne pas l'enduire d'huile protectrice, le foie un peu endommagé et complètement sur la paille rapport à l'absence totale de précautions prises au niveau de l'argent qui revient vers vous. Avec je le précise, une patate d'enfer. Rapport probablement à la cigarette, c'est fou comme ça rend heureux cette cochonnerie.

 

Pas la peine de me dire que c'est mal, je le sais très bien et de toutes façons j'ai presque déjà arrêté.

 

Quoi qu'il en soit, savez quoi ? Je suis drôlement contente de vous retrouver d'autant que les au-revoirs ont été un peu gâchés par la grande panne mabullienne. Alors voilà, bienvenue aux nouveaux et bon retour à la maison aux habitués.

 

Edit 1: Un peu d'Ouzo ?

 

Edit 2: Des allusions cachées à la Grèce ont été glissées ça et là dans ce texte, sauras-tu les retrouver ?

 

Edit 3: Oui, y'a de la pub. Je sais, je sais, je sais. En même temps, les caisses ont un peu besoin d'être renflouées, voyez-vous.

Chuis là… enfin presque !

Hey, pssssttt… ça va ?

 

Ouais c'est moi ! Juste je vous envoie quelques baisers, un petit coucou de derrière le rideau.

 

Le temps de poser mes valises, d'ouvrir les volets, de faire chauffer de l'eau pour un thé, de vider le frigo plein de choses toutes pourrites et je reviens par là pour vous raconter mes histoires.

 

Les vacances sont finies, c'est dûr, et en même temps, c'est bon de revenir à la maison…

 

Kalispera mes poussins…

 

Edit: Va falloir être très indulgent avec moi, je teste des formats de marge pour parvenir à intégrer la pub à gauche sans que ce soit trop vilain. Pour l'instant ce n'est pas super top et vu ma nullité en html, ça risque de prendre un peu de temps. Merci d'avance !

T’es allé où ?

Je sais, public, je sais, ça a été dûr pendant ces trois jours. Tu as beaucoup pleuré, tu as trépigné, tu m'en as voulu, même, peut-être.

 

Tu t'es dit que j'étais partie, comme ça.

 

Si ça se trouve tu t'es imaginé que j'en avais eu marre, ou que même ça y'était, chez Elle ils avaient enfin compris que j'étais the right women at the wrong place et que du coup j'avais tout plaqué, comme ça, en femme libre.

 

Ou alors que j'en avais ras-le-chavrou d'écrire ici, que mon melon avait une bonne fois pour toutes pris le dessus.

 

Haan, mais j'y pense, si ça se trouve t'as cru que Mike Tyson m'avait retrouvée ? Et du coup tu t'es inquiété ?

 

Ouais ben tu sais quoi public ? C'est rien à côté de ce que j'ai vécu, moi.

 

Parce que moi, figures-toi, j'ai vraiment pensé qu'entre nous c'était terminé. Et que peut-être plus jamais on pourrait être en phase comme on l'a été ces derniers temps. J'ai imaginé des choses que je n'ose à peine écrire ici.

 

Bon, allez, si, je l'écris. J'ai cru que tu étais allé te consoler ailleurs, auprès de filles plus belles, plus drôles et surtout, pas en panne, elles.

 

Bon, d'accord, on oublie tout ça. Et promis, je n'essaierai jamais de savoir ce que tu as fait pendant ces trois jours. On a qu'à dire d'ailleurs qu'ils n'ont jamais existé. Ok, grand fou ?

 

Surtout, surtout, je t'embrasse, public. Parce que cette fois-ci, je pars vraiment en vacances. Avec la satisfaction d'avoir pu te dire au-revoir.

 

Demain matin, je fermerai les commentaires, pour ne pas laisser la porte grande ouverte aux vilains spammeurs et trolls en tous genre.

 

Alors je te dis, à très vite.

 

Edit: Heu, en fait, je veux savoir. T'es allé où, hein ?

 

Edit2: Un grand merci à Ron, Mzelle Maupin, Lilo, Fyfe, Sophie, Pomme et tous ceux qui ont relayé notre souffrance à nous les mabulliens et mabulliennes perdus dans l'espace temps.

 

Edit3: T'es allé où, merde ?

Eres mon amour

Il y a deux jours, j'ai eu une révélation.

 

Quand t'es riche, c'est moins dûr d'être grosse.

 

Ok, Coluche a dit à peu près la même chose il y'a vingt ans mais beaucoup mieux. Enfin ce n'était pas vraiment la même chose mais ça revenait au même, comme quoi il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et handicapé. Enfin ce n'était pas tout à fait ça et à bien y réfléchir ça n'a pas de rapport avec ma phrase à moi.

 

Oh ça va hein.

 

Enfin vous saisissez ce que je veux dire quoi ! Non ? Mais si, heu ! Que en gros, quand on est riche, t'es plus aidée que quand t'as pas un rond.

 

Dans quel contexte exactement j'ai eu ces pensées aussi profondes ?

 

Oh mais je vais vous le dire.

 

En achetant un maillot de bain. Ben oui, à trois jours de partir et au moment où les premiers manteaux commencent à s'afficher dans les boutiques, il était temps.

 

Bien sûr que c'est un acte manqué d'aller acheter son maillot au moment où y'en a plus.

 

Mais c'est pas le sujet. Le sujet c'est que ce maillot, je suis allée l'acheter…

 

Chez Eres.

 

Cette fois-ci pour l'Erasmus de mes enfants c'est plié.

 

N'empêche que j'en ai pour vingt ans parait avec un Eres. Et que personne ne vienne me raconter son anecdote sur un Eres qui serait devenu tout détendu au bout de deux jours ou je ne sais quoi. Non parce que tout de même pour l'Erasmus je ne rigole pas. Je suis limite pas persuadée que la cantine ce soit pas un luxe qu'on va pas pouvoir se permettre, du coup.

 

Bref, ça ne vous éclaire pas sur le fait d'être grosse et heureuse grace à l'argent.

 

Je m'explique. Quand t'es pauvre et grosse, tu vas chez Etoum, Carrouf ou Kiabo et t'essaies un maillot de bain dans une cabine éclairée au néon, que parfois même tu rentres pas dedans.

 

Dans la cabine, je veux dire.

 

Y'a en général plein de filles qui veulent te piquer la cabine et qui font semblant de pas avoir vu qu'il y avait quelqu'un et qui tirent sur le rideau au moment où t'es en train d'essayer de faire rentrer les DEUX seins dans le maillot sauf que le maillot en question n'arrive qu'à la moitié du corps, même une fois que t'as enfilé les bretelles. En plus avec la culotte que t'as pas enlevée parce que bon, la raison est tout de même assez évidente, t'as du mal à te rendre compte de l'échancrure et du coup parfois tu repars avec un truc qui te fera ressembler à Borat une fois sur la plage. Sauf que dans la cabine ça se voyait pas, rapport à la présence de la culotte.

 

Bref quand t'es pauvre, en 46, le maillot il te flatte pas. Petite apparté, si parmi les lecteurs y'en a qui ignorent le sens réel d'un euphémisme, à mon avis tout de même je viens à ce titre d'en dégotter un bon.

 

En plus il fait toujours une chaleur de gueux chez Etam pendant les soldes et vu que t'es pauvre et donc pas épilée parce que tu veux attendre le dernier moment histoire de pas devoir y retourner une fois que tu seras sur les lieux de tes vacances vu qu'à côté niveau prix le maillot Eres c'est kékette, et bien en plus d'être difforme et blafarde, t'es pleine de poils qui dépassent et qui une fois de plus ne t'aident pas à appréhender l'échancrure.

 

Bref quand t'es pauvre l'essayage du maillot c'est probablement ce qu'il y a de pire après la visite chez le nutritionniste, la première, celle où tu t'aperçois que putain quand même tu pèses tout ça.

 

Du coup tu finis par acheter n'importe quoi en pleurant. Et comme tout ce qui est au dessus du 44 est vraiment vilain, en général matelassé avec des armatures solides, au mieux bleu marine au pire avec des grosses fleurs, tu jettes ton dévolu sur un adorable deux pièces rose taille 40 avec culotte haute que t'as pas essayée mais qui au moins est joli.

 

Et une fois à la mer tu ressors ton vieux nanard qui déjà l'année dernière était prêt à rendre l'âme mais qui au moins ne te réserve aucune autre mauvaise surprise que d'être transparent et usé au niveau de ton intimité.

 

Alors que quand t'es riche…

 

Quand t'es riche, tu vas chez Eres.

 

Là bas les cabines elles sont minimum de la taille de ton salon. Y'en a plein et en plus faut croire que les vrais riches ne font pas les soldes et que du coup y'a pas une pouffe qui va venir te mettre la honte en ouvrant le rideau quand tu es en train de te livrer à une partie de kick boxing avec ton maillot.

 

Chez Eres la lumière est douce, à tel point qu'on dirait que tu es bronzée. Même sous les bras ce qui n'arrive jamais même après un mois à la plage.

 

Et qui dit bronzée dit grosse claque à ta cellulite.

 

Autre avantage de taille si je puis dire, à priori les riches ne sont pas grosses. Du coup chez Eres à deux jours de la fin des soldes il y a toute la gamme des maillots taille 44, 46 et 48. A 40%.

 

Et un maillot en taille 46 chez Eres, chais pas, tu le regardes, il ressemble pas à celui de Maité comme à la Halle aux vêtements. C'est sûrement psychologique. Ou pas. Toujours est-il que ce bout de tissu anodin, quand tu le mets sur toi, il glisse. Tellement bien que ta peau on dirait qu'elle veut se marier avec et que tout ton corps il est tellement heureux de la confiance que tu lui accordes que pour te remercier il se met de lui même pile comme il faut dedans. Même tes seins ne décident pas d'aller dire bonjour à ton nombril ce qui en soi change la vision que tu as de l'exercice.

 

Alors bien sûr, le modèle que tu choisis, chez Eres, c'est pas celui est décolleté jusqu'au kiri. Non, le modèle c'est le bon vieux une pièce couvrant bien haut sur les cuisses et taillle empire histoire d'attirer un maximum des regards vers ton décolleté selon le bon vieux principe du détournement d'attention.

 

Aussi, tu l'essaies en rose et puis couleur ardoise foncée – noir en fait – et tu le prends ardoise foncée parce que le rose tu vas t'en lasser. Et que ça n'a jamais minci personne le rose. 

 

Il n'empêche que passées les quelques heures à digérer le fait d'avoir laché 144 euros pour un truc en nylon couleur ardoise même pas à la mode, tu te surprends pour la première fois de ta vie à avoir envie de le mettre direct en arrivant chez toi pour le montrer à ton mec.

 

Et dans les yeux de ton homme, tu vois que le coup du décolleté ça marche à mort.

 

Alors bien sûr, tes enfants n'auront jamais de Game Boy et vont devoir s'habituer aux gâteaux Leader Price parce que les Kinder c'est la ruine. En même temps, peut-être que cet été tu feras un chateau de sable avec eux sans avoir envie de mourir de honte à l'idée d'être ASSISE sur une plage alors que d'habitude tu passes direct de la position "debout" à "sur le dos les bras tendus vers l'arrière".

 

Ben oui, et là je termine parce que j'ai conscience d'avoir été très longue, le maillot Eres, quand t'es assise, y a un truc de fou qui se passe: il cache tes bourrelets.

 

Edit: Merci Sylvie pour ton avis éclairé, pour la première fois de ma vie j'ai pris plaisir à acheter un maillot…

 

Edit2: Pour la photo j'ai fait ce que je pouvais hein.

 

Mike et moi

Me voilà bien em…bêtée. Je comptais un peu vous raconter, à mes dépends mais aussi à ceux de la photographe, cette séance photo qui a eu lieu il y a quelques semaines déjà et qui ne me laisse pas un souvenir impérissable. Et puis je me dis que ce n'est pas super cool. D'abord parce que les clichés sur Femme actuelle sont finalement plutôt pas mal et que dire du mal de mes copines de Elle que je ne connais pas c'est une chose mais brocarder une fille qui après tout a fait son boulot ce n'est pas joli joli.

 

Cela dit, force est tout de même de reconnaitre qu'elle était un peu… spéciale.

 

Bon, ok, c'était Mike Tyson.

 

Sauf qu'elle mesurait un mètre 55 et qu'elle devait peser 42 kilos.

 

Mais c'était quand même Mike Tyson. Et que si j'hésite à en parler plus que ça c'est que mon thérapeute et moi on pense que c'est peut-être trop tôt rapport au travail qu'on a entrepris pour gérer le stress postraumatique.

 

Et aussi que j'ai peur. 

 

C'est simple, je ne mettrai plus jamais le pied dans le quartier où s'est déroulée la séance parce qu'à mon avis y'a un contrat sur ma tête. Oui, sur la mienne. Vous en connaissez vous des gens qui oseraient s'en prendre à Mike Tyson ? Ah ! Donc forcément, faut bien qu'il y ait quelqu'un qui paye.

 

Par mesure de précaution donc, j'ai rayé de la carte le cinquième arrondissement de Paris. 

 

Faut dire que ça avait mal commencé.

 

J'étais arrivée en retard et Mike, elle aime pas ça. 

 

Et puis moi je croyais que la séance allait durer dix minutes et qu'on ferait ça à la terrasse d'un café. Alors j'avais mis des chaussures à talons achetées la veille. Au bout d'une station de métro j'ai cru mourir des pieds.  J'étais pourtant assise.

 

Alors inutile de vous dire qu'au terme d'un marathon de deux heures et demie qui nous a fait parcourir le quartier Mouffetard de long en large et en travers – surtout en travers d'ailleurs – j'ai frisé la gangrène du gros orteil.

 

En revanche, j'avais comme qui dirait pris le parti d'être vraiment mal habillée. Ben oui, à croire que j'ai du mal à être bien de partout. Là, j'avais donc des chaussures rutilantes et blanches qui me rajoutent pas loin de dix centimètres au garot. Oui je dis bien au garot parce qu'avec je ne marche pas vraiment droit, mon cul a tendance à partir en arrière pour compenser la glissade qui s'opère à l'intérieur de la chaussure – comment vous faites d'ailleurs pour que votre pied il reste DETENDU dans une pompe à talons ? Le mien, il débaroule et finit tout boudiné au fond, là ou c'est le plus étroit Y'a même des fois où vu du talon on se demande si y'a vraiment un pied dans la chaussure.

 

Mais je m'égare. Par réaction à la cambrure de mon derrière, le haut de mon corps, lui, se penche alors en avant pour que tout ne se casse pas la figure. Bref, la démarche altière, ça me me connait pas, moi je tiendrai plus du chevalin, avec des talons.

 

Bref, revenons à nos moutons, j'avais des chaussures Barbara Gould. Du coup… le reste c'était du n'importe quoi. Une tunique à bretelles d'été qui en est à sa troisième saison après avoir servi de robe de plage l'année dernière et qui craque un peu sur les côtés, un soutien gorge playtex avec bretelles rembourrées – je l'adore mais dieu qu'il est laid – donc plus larges que celles de la tunique et un gilet ajouré.

 

Très ajouré, le gilet.

 

 Surtout au coude.

 

Pour ainsi dire, troué le gilet.

 

Quand au bas, un legging fatigué de l'entrejambe.

 

Bref, quand elle m'a vue arriver, Mike Tyson m'a toisée et direct calmée en me demandant si je voulais prendre deux minutes pour me recoiffer.

 

Je l'ai regardée avec mon air de fille paniquée d'autant que la fée Babou n'était même pas là. J'ai dit que ben non, ça risquait pas rapport à l'absence de brosse dans mon sac tout usé rose avec des palmiers.

 

Mike Tyson a eu envie de me coller une droite, je l'ai bien senti. Et là je suis hyper fière de moi parce que je lui ai dit super froidement que voilà, moi j'étais comme ça, tendance décoiffée. Ok, ma témérité venait du fait que je venais de rencontrer Mike. Après coup, mon thérapeute et moi on pense que j'ai provoqué la bête.

 

Mike m'a répondu du tac au tac que j'étais aussi tendance pas maquillée et trouée au coude. Elle a aussi dit que les talons c'était une mauvaise idée pour un trek dans le quartier mouffetard. Je peux vous dire qu'après j'ai plus mouffeté.

 

Hin hin, mouffetard, mouffeté… bref.

 

Voilà, ensuite ça a été une succession de moments nutella. Mike a commencé par virer une pauvre jeune femme qui mangeait tranquillement son sandwich sur le banc à côté de moi parce qu'elle gachait la photo. Souvent, la nuit, je la vois encore qui me regarde, son sandwich entamé. Elle me demande au nom de quoi j'ai foutu en l'air sa pause déjeuner.

 

Ensuite Mike m'a hurlé de sourire tellement de fois qu'à la fin j'avais une tendinite de la machoire en plus de ma polyarthrite de l'orteil.

 

Elle a également engueulé un maraicher qui était manifestement un psychopathe tout juste sorti de l'HP. Mais je peux vous dire que Mike, ça l'a bien fait rigoler. Il lui en faut plus que ça pour l'impressionner. Encore aujourd'hui on ignore ce qu'il est advenu de ce pauvre homme. Avant de disparaitre, il a tout de même pris le temps de proférer des insultes assez explicites sur ce boudin qui se prenait pour Catherine Deneuve. Et croyez moi, ce n'est pas de Mike qu'il parlait, ça j'ai bien saisi.

 

Mike n'a pas non plus apprécié qu'une jeune mère de famille passe avec sa poussette devant moi sur le trottoir alors que je prenais une pose devant un mur de graffitis. J'ai sauvé l'enfant de justesse.

 

Ensuite on s'est également tapé le curé de l'église en bas de la rue Mouffetard qui a osé faire remarquer à Mike que bon, des photos contre le porche d'un église pendant la messe, c'était bof. Pardon mon dieu pour tout ce qui a été dit sur toi ensuite. Je sais que j'en ai rajouté et même ri niaisement mais à ce moment là, j'avais peur.

 

Il a fallu aussi que je fasse mine de sortir d'une boutique de décoration, empêchant du coup tous les autres clients éventuels d'y entrer. Pendant un quart d'heure. C'est long un quart d'heure dans ces cas là.

 

Je passe sur la crise de nerfs de Mike quand elle s'est aperçue que le magasin "L'occitane" qu'elle avait repéré une heure avant et dans lequel il y avait une super lumière était fermé entre midi et deux. J'ai bien senti que mes dix minutes de retard avaient tout foutu en l'air. Comme le propriétaire était en train de manger quelque part, le bienheureux, on s'en est pris au poissonier d'à côté. Je dis "on" parce qu'à ce moment là, j'avais clairement choisi mon camp, je peux vous dire. D'autant que je me suis dit que tant qu'on s'en prenait au poissonnier, Mike ne pensait pas aux dix minutes de retard. Ce n'est pas joli joli, je sais. En même temps, moi aujourd'hui, je sais.

 

Ce que j'aurais fait en 39, je veux dire.

 

Bref, je passe sur les dix minutes passées à faire genre de débouler – mais immobile bien sûr – d'une ruelle élue officiellement chiottes de l'année par tous les chiens errants du quartier et sur l'énooooooorme fiante de pigeon qui est passée à ça de mon oeil.

 

Manifestement où pissent les chiens, chient les pigeons.

 

C'est simple, quand Mike m'a dit qu'elle pensait avoir tout dans la boîte, j'ai oublié ma nécrose de l'orteil et tout le reste et j'ai piqué le sprint de ma vie. Sérieux, Marion Jones à côté c'est un vieux canasson.

 

Bon, en fait, finalement, je me suis un peu lachée. Mon thérapeute et moi on se dit que peut-être ça fait partie du travail.

 

N'empêche qu'en même temps, Mike Tyson, elle en a dans le pantalon. Je peux vous dire qu'une nana comme ça, vous la mettez N'IMPORTE OU, y'a pas une mouche qui la fait chier. Et j'imagine qu'en Irak par exemple, c'est bien utile.

 

Mon thérapeute pense que je l'admire en raison du syndrôme de Stockolm.

 

Bon, voilà, au final un coup de photoshop et y'a plus de trou à mon coude. Et aussi un peu de rose sur les lèvres et on dirait que j'étais maquillée. Limite on pourrait penser que je souris vraiment, alors qu'en dedans de moi  y'a que de la terreur.

 

EDIT: Comme certain(e)s d'entre vous me demandent le lien vers l'article, je le remets ici: donc c'est par Là

Une femme très actuelle

Ehhh oui, c'est encore moi. Quand y'en a plus y'en a encore, mes vacances, c'est un peu l'arlésienne, toutes les semaines de me dis que c'est pour cette fois-ci et pof, non, encore raté. M'enfin là la quille approche et à compter de vendredi vous êtes tranquilles jusqu'à fin août. A moi la canicule, la fêta, l'Ouzo et autres cyladeries… A vous le silence assourdissant de mes grands cris.

 

En attendant, je suis là et bien là. Je suis même cette semaine un peu people puisque voilà, je crois qu'il y a un article avec ma pomme dans Femme Actuelle.

 

 

Ouaip.

 

Bon, ok, Femme Actuelle, c'est pas Vogue. En même temps, ça se vend mieux.

 

Surtout, je dois vous avouer que je suis un peu fière. Pas à cause de Femme Actuelle. Mais de la raison pour laquelle je suis dedans.

 

Je vous raconte. L'année dernière en septembre, j'ai vu sur le site de Radio-France qu'un concours était lancé pour sélectionner des textes écrits par des femmes pour la publication d'un recueil de textes intitulé "Paroles de femmes" sur le modèle du "Paroles de poilus" – on arrête tout de suite de ricaner mes blondes, il s'agit des poilus de la grande guerre, hein, pas de témoignages poignants de mecs couverts de poils dans le dos, même si sûrement que dans le lot, y'en avait, des mecs à forte pilosité mais ce n'est pas le propos du livre, j'ai envie de dire.

 

Alors j'ai envoyé quelques textes. Faut dire que j'étais dans ma période de de super winneuse et qu'à l'époque, s'cusez du peu, je passais sur France Inter ( et ). J'étais également en passe de devenir un auteur de théâtre reconnu, à la une du Petit Gymnase.

 

Hum.

 

Bref, à l'époque donc, je ne doutais de rien et j'ai envoyé des textes.

 

Et puis j'y ai plus pensé.

 

Et forcément, comme toujours dans cette satanée blagueuse de vie, alors que je n'y pensais plus, ça a marché. Et en janvier, genre, on m'a avertie qu'un de mes textes avait tapé dans l'oeil du directeur des éditions de Radio France, Jean-Pierre Guéno.

 

Qui m'a appelée en personne pour me le dire.

 

Bon, là je dois vous l'avouer, pendant quelques jours je me suis prise pour Françoise Sagan. Et puis je me suis calmée. A cause de la marinière qui décidément me grossit grave.

 

Et pourquoi Femme actuelle, vous-demandez vous, mes biches ? Quel rapport avec le fleuron de la littérature française auquel désormais j'appartiens ? Ben rien, en fait. Juste que sur ce coup là, Radio France a conclu un partenariat avec Femme Actuelle. Rapport au titre du livre "Paroles de femmes". C'est sûr qu'ils allaient pas demander à Courrier International juste pour mon ego. Ni à Carpe magazine. En un sens tant mieux. Ou pas.

 

Donc disais-je, je suis drôlement fière d'autant que le texte sélectionné c'est "La sortie de l'eau" et qu'il m'est cher ET de saison.

 

En revanche, je ne suis pas super sûre de moi en ce qui concerne la photo parce que la séance ne s'est pas à proprement aussi bien déroulée qu'avec Fabrice ( et ), l'homme qui ma révélée à moi même en tant que modèle.

 

Mais ça c'est une autre histoire et je vous le raconterai demain, si vous le voulez bien…

 

En tous cas aux deux trois âmes esseulées qui ne sont pas en vacances…

 

EDIT 10h00 – A y'est, j'ai vu l'article. Mouais. Bon, disons que la photo, c'est moi. Moins flatteuse que celles de Bien dans ma vie, mais incontestablement plus réaliste. Ensuite, le texte de l'article, je le trouve plutôt pas mal, ce qui est au demeurant assez prétentieux parce que les 80% du texte sont des extraits du fameux "La sortie de l'eau". ça se confirme donc, je gonfle des chevilles. En réalité, une chose m'horrifie en revanche, le titre. Là tout de suite, on se croirait dans une émission de TFI ou un Jour après jour de Delarue: "Le calvaire d'une ronde". Pfffffff… Allez, va, tout ça n'est pas bien important, m'enfin je tenais à préciser que je n'ai jamais employé cette terminologie…

 

EDIT2 15h00 – z'avez vu comme je bosse ? – Grace à Marie, voici le lien vers l'article version web: http://www.femmeactuelle.fr/actu/c_est_dans_le_magazine/caroline_raconte_le_calvaire_d_une_ronde Marie je voulais mettre un lien vers ton blog mais celui que tu as mis n'aboutit nulle part… Merci en tous cas !

THE liste de livres pour l’été

Alors alors alors… Voici dans le désordre et sans véritable classement quelques livres qui selon moi garantissent de passer de bons moments. Attention, il ne s'agit pas nécessairement de grands classiques de la littérature parce que l'été, on a peut-être pas assez de cerveau disponible pour ça. En revanche je me refuse également à faire de la pub pour de la chick-lit de bas étage du genre "Coup de foudre chez Manolo Blahnik", "Divorce à Manhattan" ou autres. Ces resucées de Bridget Jones n'ont en général aucun intérêt et si vraiment vous aimez ça alors achetez le Elle cet été, comme le dit Garance dans son billet drôlissime, les nouvelles sont probablement écrites par des stagiaires, la dernière en date de Michèle Fitoussi fait honte à celle qui l'a écrit, sauf si elle a moins de 16 ans et encore.

 

Bref.

 

Livres de filles (oui j'ai dit pas de classement mais je change d'avis si j'ai envie).

 

Au cas où certains n'auraient pas lu Bridget Jones, alors voilà, très franchement, dans le genre c'est tout ce même celui qui m'a fait le plus rire. Alors certes vous n'êtes probablement que deux sur cette planète à ne pas avoir succombé mais dans le doute…

 

 

 

 

 

Pareil, là encore pas sûre que grand monde n'ait pas déjà dévoré Les Chroniques de San Fransisco. Je les ai lus personnellement pendant les quatre mois durant lesquels je fus échouée sur mon canapé, avec dans le ventre deux machins qui aujourd'hui mesurent un peu plus d'un mètre mais qui à l'époque dieu merci n'étaient que deux crevettes. Rien que pour m'avoir permis de m'évader de ce canapé vers San Fransisco des heures durant je vénère Amisted Maupin. Et pour tout le reste aussi, les larmes, les rires, les rêveries. Friends en livre avant l'heure.  

 

 

 

 J'ai du mal à choisir parmi les livres de Laurie Colwin tant j'aime cet auteur mais "Une épouse presque parfaite" est ce que j'ai lu de plus subtil et fin sur le déchirement d'une femme qui aime son mari mais aussi… son amant. Tout Laurie Colwin est merveilleux.

 

 

 

 

Il y a aussi en quelque sorte la grand-mère de Bridget, Sheila Levine, qui est morte mais vit à NY. Je ne développe pas j'en ai déjà parlé.

 

 

 

 

 

Livres qui se passent à New-York (sauf que bon, y'en a plus haut qui se passent aussi à NY, voilà pourquoi je voulais pas faire de classements)

 

"Tout ce que j'aimais". De Siri Hutsveld qui en plus d'avoir un nom imprononçable est la femme de Paul Auster. En fait on s'en fiche parce que personnellement je n'aime pas tellement Paul Auster alors que ce livre là, il m'a conquise à le deuxième ligne. Je ne suis pas celle qui en parle le mieux, allez plutôt voir ce qu'en dit Julie dans son blog décédé. S'il n'y en a qu'un à lire c'est celui-ci.

 

 

 

 

 

 "30 ans et des poussières" C'était à Manhattan, dans les années 80. Corrine était courtière en Bourse ; Russell éditeur. Ils avaient trente ans et des poussières. Leurs amis les trouvaient beaux et spirituels. Mais … Mais Corrine a voulu des enfants et Russell n'était pas prêt. Jeff s'est remis à prendre de la dope, Trina Cox est arrivée, et soudain, tout s'est mis à déraper.

 

 

 

"La Belle Vie". C'est la suite de 30 ans et des poussières et ça se passe durant les quelques jours qui suivent le 11 septembre. Corinne et Russell ont 10 ans et des poussières de plus. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas trahir les secrets du premier tome. L'une de mes plus grandes émotions littéraires de cette année, Jay Mc Ierney est un génie de la comédie romantique en livre.

 

 

 

 

 

Littérature gay et lesbienne (mais si bien sûr que Les chroniques de San Fransisco c'est gay et lesbien. Puisque je vous dis que les classements c'est de la merde.)

 

"Week-end" de Peter Cameron et aussi les autres livres de cet auteur merveilleux. L'histoire se passe en été, entre Manhattan et la campagne le long de l'East River. C'est humide, c'est torride, c'est entre deux hommes.

 

 

 

 

"Caresser le Velours" de Sarah Waters. Là aussi c'est du lourd. Une histoire d'amour entre deux femmes dans l'Angleterre victorienne. ça se passe dans le milieu du music hall, ça parle aussi de la passion de Nancy petite écaillère d'huitre, cendrillon anglaise, pour Kitty, chanteuse qui se déguise en homme dans un numéro célébrissime. C'est plein d'aventures, on dirait du Dumas sauf qu'il est aussi beaucoup question de sexe et que personnellement j'ai été très… excitée. (Oh l'homme ça va, calme toi, ça ne veut absolument pas dire que tu aies une quelconque chance de pouvoir réaliser un jour ton fantasme absolu hein.

 

 

 

"L'objet de mon affection" de Stephen mc Cauley. Il y a eu un film avec Jenifer Aniston et croyez moi le livre est bien mieux. Voilà le pitch comme dirait Thierry A.: Nina et George partagent un appartement à Brooklyn et forment un couple hors du commun. Nina attend un bébé d'Howard qu'elle refuse d'épouser et souhaite élever son enfant avec George. Homosexuel affranchi, George a fait la rencontre de Paul qui lui demande à son tour de venir habiter avec lui dans le Vermont. C'est très bien écrit, c'est drôle, c'est gay, c'est à New-York. Oui, ok, comme 99% des bouquins conseillés.

 

 

 

Livre OVNI (faut bien que je m'arrête un jour alors encore un et puis c'est tout, si vous en voulez d'autres des listes j'en ferai, je suis aussi fondue de polars).

 

"Le chameau Sauvage" de Philippe Jaenada. La seule fois de ma vie où j'ai dû poser le livre pour reprendre ma respiration tellement j'étais littéralement pétée de rire. On pleure aussi.

 

 

 

 

 

 

 

Edit: je suis à la bourre alors je chiaderai la présentation plus tard mais pou Annedusud je me suis dépêchée !!!!

Je fais ma Catherine

Mes lecteurs adorés ne pleurez pas, je ne suis pas du tout partie, je reviens dans la journée avec THE liste de livres à lire cet été, sélectionnés par moi himself. Heu… herself. A moins que ce ne soit myself. Bref, en toute subjectivité, sans me justifier, je vous ferai part de ce qui à mon sens devrait vous faire passer un bon mois d'août. Parce que vous le valez bien et moi aussi. 

Ouais j'ai une légère poussée de melon. En même temps, j'ai mes raisons. Parfaitement. Sachez qu'hier j'ai tout de même cotoyé de très très très près l'idole absolue de ma vie.

 

Catherine D.

 

Je vous arrête tout de suite, ne commencez pas à me faire la liste de tous les défauts de la grande Catherine. Oui elle est tirée de partout même qu'à table à sa place j'aurais eu peur de me retrouver avec mon visage dans l'assiette. Oui, elle est hautaine – on s'est rendus compte que c'était elle après qu'elle ait lancé un "Chuuuuuut" sonore en réaction aux rires de bécasses qui sortaient de la gorge de mes copines et moi rapport aux bulles et autres boissons à plusieurs degrés que nous avions ingérées. Oui elle est un peu tapée, friquée, flambeuse.

 

Oui mais.

 

Catherine c'est Peau d'Ane, Les Parapluies, Les demoiselles. C'est aussi Le sauvage et le Dernier métro. C'est Ma saison préférée et Belle de jour.

 

Catherine a partagé le lit de Marcello.

 

Catherine a doublé la maman de Marjane Satrapi.

 

Elle a chanté avec Björk.

 

Elle a été l'égérie de Bunuel et reste celle de Téchiné.

 

Elle aime les Palaces, le whisky, les hommes et les cigarettes.

 

Son blond lui coûte un rein toutes les semaines. Heureusement elle a plein de reins.

 

Comme moi. Je parlais du blond, hein, parce que forcément pour le reste… Quoi que les hommes et les Palaces, en fait, si. Les cigarettes aussi.

 

En fait Catherine, c'est moi.

 

Voilà, juste encore une chose. Hier lorsque nos rires se taisaient, on entendait sa voix. Elle a chuchoté à un moment "j'adore le sureau". Et on aurait dit un poème.

 

Donc forcément, oui, je me la pète un peu ce matin. Et aussi j'ai mal à la tête, le calva était en trop, je le SAVAIS.

 

A tout' !

Kate grosse ? (trop fort non ?!)

Bon, revenons cinq minutes sur cette femme qui incarne LA ronde dans le Elle.

 

Oui, je veux parler de la fameuse mannequin grande taille.

 

Savez quoi ? Je suis d'accord avec le Elle. Ah, là je vous surprend hein ? Ben oui, comme le disait l'une d'entre vous, elle est ronde.

 

Elle est ronde si on la compare aux tops filiformes et prépubères qui s'exposent dans tous les féminins, publicité ou qui déambulent sur les podiums lors des défilés.

 

En revanche, si on la compare à la française lambda, elle est juste dans la moyenne haute des bombes qui énervent. Mais je dois admettre que si les filles des magazines étaient toutes comme elle, je serais déjà un peu moins chafouin un jour sur deux. Pourquoi ? Parce que par exemple, quand elle est debout et que ses deux pieds se joignent, ses cuisses se touchent.

 

ça n'a l'air de rien, je sais. Mais comme pour le fameux mec qui jouait du piano debout, et bien pour moi ça veut dire beaucoup. Au risque de passer pour une écervelée, je crois d'ailleurs que c'est une des choses dont je rêve. D'avoir ce léger espace entre les jambes quand je marche.

 

Pour ne plus avoir les cuisses en feu l'été – certes y'a la crème Nok, mais bon, moi honnêtement, au bout de deux heures, faut que j'en remette et ce n'est pas toujours super Barbara Gould, de se passer de la crème "là". C'est pas tout à fait comme se remettre du baume à lèvres, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Aussi, ne plus avoir les cuisses qui frottent, ça me permettrait de voir vieillir mes jeans et de les user comme le commun des mortels au niveau des genoux, voire sur les fesses. En tous cas pas entre les jambes. C'est pareil, ça semble dérisoire, mais avoir un trou à cet endroit là, c'est tout de suite pas la classe. Surtout quand tu es assise et que la graisse de ta cuisse elle fait tout pour se faire la malle. Et que limite on pourrait croire qu'elle va y arriver.

 

Autre argument pour détester un peu moins cette Kate que sa copine plus connue, quand elle est assise, y'a un pli au niveau de sa taille. Attention, j'ai pas dit un bourrelet hein. Encore moins un chapelet de pneus de différentes épaisseurs comme quelqu'un que je connais intimement…

 

 Ouais, c'est à toi que je pense, mon ventre. Pas la peine de faire genre que t'as pas compris.

 

Bref, elle a un pli. Preuve que quelque part il y a comme un peu de chair sur son abdomen. Les autres tops, au mieux y'a rien, au pire un creux.

 

Ah et puis aussi, ses seins sont un tout petit peu lourds. Là encore, je ne parle pas d'une tentative d'évasion mamaire dès que le soutien gorge n'est plus de la partie, - voyez ce que je veux dire bande de fuyards ? Oui oui, vous deux, parfaitement – mais tout de même, ils semblent subir la loi de la pesanteur, et quelque part c'est rassurant.

 

Bon, voilà, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, la demoiselle n'a rien de rond, mais elle est belle. Elle n'incite pas à l'anorexie, elle n'est pas ridiculement jeune pour parader à poil, elle n'a pas l'air de manger de la cocaïne à tous les repas en plus de sa pomme hebdomadaire.

 

Alors moi je dis, si elle pouvait travailler pour les féminins en dehors des jours consacrés aux soit-disant rondes, juste comme ça, sans qu'il soit fait allusion à sa morphologie "particulière", et bien le monde tournerait un tout petit peu plus rond(e).

 

Edit: Savez quoi ? J'ai fait une recherche sur Internet. Et Kate Dillon, à priori, elle ressemble plutôt à ça:

  

 A se demander si elle n'est pas en réalité vraiment ronde mais trop pour Elle qui l'a photoshopée. A moins bien sûr qu'elle n'ait beaucoup maigri… Quoi qu'il en soit elle est magnifique, mais ça fait réfléchir, non ? Et encore je vous assure que je n'ai pas pris les photos où elle est la plus gironde.

Ronde mon cul (et je reste polie)

Sur ce coup là, je sais que tu attends beaucoup de moi, lectrice. Oui, je dis lectrice parce que je suis lucide, quand il s'agit du Elle, c'est tout de même surtout une affaire de filles. M'enfin lecteur, ne passe pas ton chemin, ici on aime trop les hommes aussi, hein.

 

Bref, lectrice, je le sens, tu as super envie que je pousse mon grand cri rapport au super article de mes copines de Elle sur les rondes qui sont au top de la mode.

 

Et bien, lectrice, je vais te suprendre. Oui, je vais te surprendre parce que c'est à ça aussi qu'on distingue les vraies histoires d'amour. Ben oui, entre toi et moi, c'est une histoire d'amour, évidemment. Et tu n'es pas sans savoir qu'il faut parfois étonner pour continuer de séduire, j'en suis sûre. Parce que mine de rien, ça fait un bail qu'on se fréquente toi et moi. Faudrait donc pas que tu puisses penser que tu lis en moi comme dans un Elle ouvert.

 

Alors non, je ne pousserai pas ce cri déchirant.

 

Et pas uniquement pour te surprendre, ma biche. Aussi parce que cet article n'est que la resucée d'un plus ancien, sur lequel je me suis déjà égosillée. Soit dit en passant et sans mesquinerie aucune, m'est avis qu'on se foule pas trop la couane chez nos amies journalistes en ce moment… Alors à part te dire que pour la énième fois on nous donne pour exemple de rondeurs assumées les seins de Scarlett, les hanches de Beyonce ou le cul de  Jennifer, je vois pas.

 

 Ai-je besoin également de préciser, ma bichette, que si la nature me faisait offrande ne serait-ce que d'un seul de ces attributs, j'arrêterais de ce pas de t'enquiquiner et de me faire passer pour la Ché des bien en chair ?

 

Non, non, non ma chérie, je n'en ai pas besoin, parce que tu le sais, et parce que je soupçonne que toi aussi tu t'en contenterais.

 

Alors après, on peut s'étonner de certains des bons tuyaux qu'on nous refile comme celui consistant à porter de grosses lunettes mouches, THE accessoire de la ronde qui assure. Serait-ce pour se planquer ? En même temps, ça n'irait pas trop avec l'esprit du machin, hein ? Ou alors pour être raccord avec le reste de notre anatomie ? Mouais, ptêt bien. Ptêt aussi qu'en fait y'a pas d'explication ou alors juste qu'il fallait caser des lunettes mouches quelque part, pour honorer un quelconque contrat publicitaire.

 

Je penche plutôt pour ce genre d'explication à vrai dire. Parce que parfois, la vérité se cache dans d'insignes détails.

 

Un exemple, ma caille ? Ok. Vois plutôt: après les lunettes mouches, y'a un autre truc qui tue quand t'es grosse, selon le Elle, c'est de mettre le BON jean. Sans blague ! Un de ces quatre je ferai un post sur le parcours du combattant de la fille qui a un gros derrière et des cuisses qui se touchent et qui rêve d'un jean. A côté, l'Irak, c'est une promenade de santé.

 

Bref, THE jean, parait donc que c'est le Blue Cult de chez… Les Petites.

 

Ha ha ha ha HA HA HA HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

 

Pourquoi je perds mon calme comme un Sarko qu'aurait perdu son Lexo ? Parce que si t'es déjà allée chez Les Petites, tu sais comme moi que c'est pas par hasard que la boutique s'appelle comme ça. Dans les jeans, j'y mets à peine mon bras. Et encore, seulement si par miracle on me dégotte un 42, ce qui est de l'ordre de la science-fiction. A côté, Zadig et Molière, ils sont militants pro-fat, c'est dire. Alors le coup du jean Les Petites, franchement, ça me troue le cul. Et je reste polie.

 

Ben voilà, lectrice, en fait je crois que c'est le début de la fin entre nous. Pourquoi ? Parce qu'en fait t'as raison de penser que tu me connais par coeur. En même temps, on peut aussi voir ça comme une faculté intacte et sans cesse renouvelée de s'indigner. Et ça, c'est assez sexy aussi, non ?