Gorge profonde

La scène se passe cette fois-ci après le visionnage très chaud de Lady Chatterley – film qui je vous le rappelle a été récemment récompensé par plusieurs césars et que par conséquent ce n'est même pas la peine de me regarder comme si j'étais super lubrique. Si si, j'ai bien vu comment vous m'avez regardée. Bon, ok, ça a reçu le césar mais faut bien reconnaître que c'est de la braise, ce soit-disant film d'auteur.

 

 

 

 

 

 

– Elle: Dis-donc, hein, ça t'a fait de l'effet, Lady Chatterley…

 

– Lui (un peu embarrassé et en même temps très content de lui): Ben oui, roh, quoi, toi aussi, non ?

 

– Elle: Mmmm… (Puis après quelques secondes de réflexion) Tu crois qu'on devrait regarder des films pornos ?

 

– Lui (Conscient qu'il a comme qui dirait une grosse ouverture mais sentant qu'il marche des oeufs et que le moindre dérapage peut lui être fatal): Heu, pourquoi, tu… Enfin, moi j'en ai pas besoin, hein. Mais bon, faut que tu saches que si jamais éventuellement on en regardait, et bien, je t'avertis que pour un mec c'est tout de même assez radical.

 

– Elle: Comment ça c'est radical ?

 

– Lui: Ben, c'est mécanique quoi. On contrôle pas, c'est comme un réflexe.

 

– Elle: Ben voyons. En gros, ton sabre laser a ses propres yeux, ses propres oreilles et décide tout seul qu'il va entrer en action dès qu'il y a deux nichons à la télé ?

 

– Lui (Réalisant que ça y'est, il est dans la merde): Non, c'est pas ça. Oh, et puis laisse tomber, tu ne peux pas comprendre, c'est un truc de mec. De toutes façons, on n'en a pas besoin, de films pornos, jamais j'ai voulu, je n'y ai même JAMAIS pensé. Moi y'a que toi tu sais. Ces trucs débiles, franchement, c'est bon pour les ados.

 

– Elle: Allez, ça va, arrête de t'enfoncer, pas de problème, c'est moi qui en ai parlé de toutes façons…

 

Après cet échange un peu sur la tangeante, chacun préfère aller vacquer à ses occupations quand quelques instants plus tard, il arrive dans la cuisine en se tortillant de manière très caractéristique…

 

– Lui: Heu, tout à l'heure, là, pour les films pornos, je veux dire, t'étais pas sérieuse, hein… Non parce que si t'étais sérieuse, faut que tu saches que moi je ne suis pas totalement opposé, à l'idée de…

 

– Elle: …

 

– Lui (Comprenant que là ça y'est, le dérapage il est en plein dedans mais que de toutes façons c'est trop tard): T'étais pas sérieuse hein.

 

– Elle:

 

– Lui (se raccrochant aux branches): Nan mais je le savais.

 

Edit: Dans vos comms, n'utilisez pas le mot "porno", ni même "pornographique" ou tout autre mot avec "porno" dedans, ça fait dijoncter l'antispam… On n'a qu'à dire "p*rno", genre. Hin hin, antispam, on est bien plus forts que toi.

Mal à mon ego

La scène se passe devant un kiosque à journaux, un soir, avant d'aller au ciné. Mais ça pourrait aussi être un matin, avant de partir au boulot, ou un après-midi de shopping, ou…. bref. 

 

 

 

 

 

Lui: "Non mais t'as vu la couverture de Têtu* encore ?"

 

Elle: "Ah ben ouais ça j'ai vu…"

 

Lui: "Ils exagèrent, non ? Quand même…

 

Elle: "En même temps, vu le temps que tu passes ces derniers temps à dépiauter le Elle, tu es un peu malvenu de jouer les choqués pour un mec torse nu…"

 

Lui: "Non mais attends, il est plus que torse nu, lui. Il sent le sexe, non ? Et puis tu as vu comme il est gaulé ? Franchement, à côté, moi…

 

Elle: "Oh, mon pauvre, ça te renvoie une image négative de tes bourrelets, c'est ça ?"

 

Lui: "Exactement, tu peux pas comprendre, c'est super violent comme impression".

 

Elle: "Non, tu as raison, je ne peux pas comprendre…"

 

J'ai toujours su que les gays étaient ce qui était arrivé de mieux aux femmes…

 

* Principal journal gay rivalisant avec le Elle pour les unes dénudées. Sauf que bien sûr, là ce sont des mecs…

The Bubble

Hier, avec ma copine Chloé, on voulait aller au cinéma. Chloé, elle était partie sur l'idée d'aller voir Bruce et ses muscles. Bon, moi, je me suis dit que quand même, Bruce, c'était peut-être un peu léger pour nos neurones. Alors je lui ai proposé qu'on opte pour The Bubble.

 

 

– "The quoi ?"

 

– "The Bubble. Ma copine Stéphane m'a dit que c'était vraiment génial, drôle et tout. ça se passe à Tel Aviv".

 

– "Ah… Bon, si tu veux. Mais quand même, là, sur le Pariscope, y'a marqué "drame", pour The Bubble".

 

– "Ouais, mais c'est "drame" au sens "drôle", tu vois ?"

 

– "Nan, je vois pas trop mais bon, d'accord, tant pis pour Bruce, allons voir The Bubble"

 

Ma copine Chloé elle est cool et pas contrariante. Du coup on est allées voir The Bubble.

 

Autant vous le dire de suite, en fait c'est "drame" au sens "tu pleures au début, au milieu et à la fin". Sans vouloir livrer les secrets du film, ça commence par un accouchement au checkpoint de Naplouse avec une issue moyennement heureuse. Le reste est à l'avenant.

 

Sauf qu'en effet c'est drôle souvent malgré tout. En fait, c'est un film sombre mais sur fond de bluette. Un "Friends" – même qu'un des acteurs est le sosie de Ross en gay – israélien et homo, qui tire sur le drame shakespearien. Avec des scènes d'un érotisme à vous couper le souffle et d'un romantisme poignant.

 

L'histoire, pour la résumer, c'est Roméo et Juliette à Tel-Aviv. Sauf que Juliette s'appelle Ashram et qu'il est palestinien. Autour de ces deux amants magnifiques, il y a Yali – Ross – et Lulu, une bombe d'actrice, à n'en pas douter LA révélation de l'année. Entre Monica Belluci et Liv Tyler avec une espièglerie et une énergie que n'ont ni l'une ni l'autre. Ces jeunes vivent tous ensemble et passent leur journée à faire comme si "tout ça" n'existait pas. Tout ça ? La difficulté d'être gay dans les territoires occupés, les affres de l'amour qui débute, la très relative liberté des femmes au Sud et puis aussi la contrainte, les contrôles d'identité, les humiliations, les bombes qui sautent devant le café qu'on aimait et dans lequel se trouvait… Bref, Ils jouent à faire semblant que la vie pourrait être légère comme cette rave pour la paix organisée au nez et à la barbe des policiers sur une plage déserte.

 

Je ne vous en dirai pas plus, sauf que tout de même en sortant, ma copine Chloé a déclaré que la prochaine fois ce serait Bruce parce que merde, c'est pas humain d'être bouleversé comme ça. Et aussi que la prochaine fois qu'on voit ma copine Stéphane, il sera bien gentil de nous expliquer EN QUOI c'est un film hilarant, The Bubble.

 

Un dernier mot: allez-y, vous apprendrez comment dire je t'aime sans que personne d'autre que votre amour ne l'entende. Et aussi que "mon amour" en arabe ça se dit "ubi". Enfin, ça se prononce "Rubi", je crois.

 

Edit: Après précision d'Imane, "mon amour" se dit "Houbbi", à prononcer avec le H arabe, genre un peu "Roubbi"

Vive la monarchie

Pas grand chose à vous raconter aujourd'hui – ben oui, faut pas non plus exagérer, je ne peux pas perdre un producteur tous les jours, être sollicitée par un nouvel éditeur tous les quatre matins ou me marier toutes les semaines – si ce n'est que je voulais tout de même vous avertir d'un truc qui me semble digne d'être souligné.

 

C'est quoi le scoop ?

 

Ben le scoop, c'est que cette semaine il n'y a pas de conseils pour maigrir dans le Elle - en même temps, tant mieux parce que là c'est trop tard pour le maillot -  ni d'article sur Cecilia Sarkozy.

 

En revanche, des femmes à poil y'en a une bonne quinzaine. Dont une en couverture. Comme la semaine dernièe. Et aussi celle d'avant. Bientôt à ce rythme faudra donner sa carte d'identité pour acheter le Elle.

 

Quel rapport entre les régimes, Cécilia et les femmes à poil ? Aucun. Ou peut-être que si, j'en sais rien, moi !

 

Quoi qu'il en soit, je n'arrive pas trop à dire si je préfère les conseils hilarants du Elle pour maigrir sans y penser – z'avez pas remarqué, maintenant, comme les régimes c'est mal, les féminins rajoutent toujours "sans y penser" dans leurs pages "maigrir" – les odes à Cécilia ou les soit-disant pages de mode qui consistent en réalité à photographier des filles à peine pubères dans le plus simple appareil.

 

Non, vraiment, chais pas.

 

Bon, je vous rassure, si vous voulez apprendre des trucs de dingue sur Cecilia – si si parait que y'a ENCORE des trucs qu'on ne sait pas sur elle, outre le fait qu'elle ne vote pas mais je vous ferais remarquer que ça relève de la VIE PRIVEE - il vous reste le Marie-Claire du mois d'août. 

 

Me demande si on a pas oublié de couper quelques têtes, moi, aux alentours de 1789… 

 

Message à caractère informatif

Voici un billet sur moi, ma vie, mon oeuvre et mes chakras. Non, je ne sais toujours pas ce que sont les chakras, mais je sens que de bonnes vacances me permettraient certainement de les ouvrir un peu.

 

Bref, ami lecteur, admirateur de moi même à tes heures, te voilà prévenu, si tu t'en bas les nichons de ma carrière, tu as le droit aujourd'hui de passer ton chemin.

 

Premièrement, parlons de la pièce de théâtre. Autant le dire tout de suite, là maintenant, ce n'est pas gagné gagné. Disons que du côté du Petit Gymnase y'a comme qui dirait un léger problème rapport au fait que le patron est pour ainsi dire furax que notre gros lourdingue de producteur lache l'affaire. Beh oui, du coup il est caramel pour septembre et ça le fait moyennement rigoler. Alors certes il n'a rien contre nous personnellement mais présentement il n'a manifestement pas trop envie d'entendre parler de nous. Enfin, c'est au moment où il nous a dit "c'est décidé j'attaque en justice" qu'on s'est dit qu'il avait besoin de prendre un peu de recul avec nous. Du coup on a détalé.

 

Pour autant rien n'est perdu et même si on est totalement au fond du seau avec Stéphane, on arrive à tenir le cap. Autant le dire, notre moteur c'est la haine.  La haine du lourdingue, bien sûr. Ce n'est pas très chrétien mais mine de rien ça marche. Quoi qu'il en soit on est en train de réfléchir à des solutions de remplacement. Forcément, le théâtre risque d'être un peu plus petit que prévu et moins prestigieux. Surtout, vu qu'on va tenter de financer tout ça avec nos fonds de poches – et dieu sait qu'elles ne sont pas super remplies – si ça se fait ça sera de bric et de broc. M'en fous, perso, j'adore le bric et encore plus le broc. Surtout tu sais, lecteur, ce qu'on se disait avec Stéphane ? On se parlait à peu près dans ces termes: "Ok, on est grave dans le caca. Mais on est libres". Oui, libres. Libérés d'un vilain personnage qui n'investissait pas pour les bonnes raisons dans notre projet. Et notre liberté de penser, avec Stéphane, on y tient encore plus que Florent Pagny. C'est pas peu dire, crois moi, public.

 

Bref, promis, on te tient au courant.

 

A part ça, juste quelques mots d'autosatisfaction parce que c'est important surtout en période de loose – ben oui, ne nous voilons pas la face, on a la niaque mais on est tout de même en vraie période de loose, Stéphane et moi. Et aussi tous les gens qu'on a entrainé avec nous dans notre fiasco.

 

Premièrement, "Libido en berne" marche plutôt pas mal d'après l'éditeur. En deux mois y'aurait pas loin de 5000 exemplaires qui se seraient vendus. Alors merci, public.

 

Deuxièmement, "Mère indigne" se vend sûrement bien mais j'en sais rien, c'est trop tôt pour le savoir. N'empêche que dernièrement, une amie l'a vu chez une de ses copines, comme ça, sans que la fille ne sache de qui c'était. Elle l'avait acheté par hasard. Quand on me l'a raconté, je me suis dit qu'Harry Potter ça avait sûrement commencé comme ça.

 

Troisièmement, je me dois de vous avouer que deux autres livres vont sortir. Ouais, je sais, je ne la ramène pas trop sur ce coup là. Et pour cause. Disons que les "Courges" à côté, c'est du Flaubert. Là, clairement, public, je vais probablement te décevoir. M'enfin si tu crois qu'un mariage ça se paie avec des poèmes, tu te plantes. Et le champagne, ça chiffre vite, crois-moi. Donc voici les titres de ces deux merveilles. Je les dirai qu'une fois et t'es pas du tout obligé de les acheter parce que de toutes façons, les droits d'auteur là dessus à mon avis c'est peanuts. En même temps on sait jamais alors en fait, achète les, je t'en prie. ça paiera les costumes de Stéphane. Et peut-être même sa nourriture. En plus il mange énormément.

 

Allez, j'arrête de tourner autour du pot: le premier c'est "90 façons de baiser en cachette" (la classe) et le second c'est "90 façons de grignoter en cachette" (à première vue ça semble abject, je sais, mais en vrai c'est un pamphlet contre la dictature de la diététique).

 

Z'avez pas entendu ? Ben tant pis pour vous.

Edit: L'illustration c'est de la pub pour moi, totalement assumée. En plus elle est énorme. En même temps après tout, merde. "Aide toi et le ciel t'aidera", ça marche plutôt bien. T'as qu'à voir la masturbation, ça repose totalement sur ce principe et c'est pas si mal.

La poisse

Après un très grand bonheur, il arrive que des tuiles vous tombent dessus. Enfin, en tous cas en ce qui me concerne c'est quasi tout le temps le jackpot.

 

A tel point d'ailleurs que limite ça ne me surprend pas. Ben oui, à 28 ans - presque 37 – je commence à la connaître la petite musique de la vie. Encore que ça aurait plutôt tendance à s'arranger avec les années parce que pendant pas mal de temps, miss poisse c'était moi. Une merde de chien sur le trottoir devant l'école ? J'étais bonne non pas pour y mettre le pied – trop facile – mais mon cartable. Une mobylette volée devant l'école ? La mienne bien sûr et ça trois jours seulement après avoir enfin obtenu de ma mère hyper angoissée – euphémisme quand tu nous tiens – le "Ciao" de mes rêves. Après deux ans de pleurnicheries, calinades et autres chantages affectifs… Bye bye le Ciao.

 

Bref, dans le genre pas vernie, je me posais là. Je vous fais grace de tous ces petits complots des bons et mauvais génies qui nous entourent, parfois cachés dans les objets du quotidien, dont j'ai toujours été victime: filage de collants au moment d'intervenir pour la première fois de ma vie dans un colloque, réveil mal réglé le jour d'un examen, conjonctivite purulente et fulgurante apparue LE soir où, pendant une colo, un garçon m'a demandé si je voulais sortir avec lui – il s'est avéré par la suite que le dit garçon était gay, premier d'une longue longue longue série -, salpingite aigüe avec hospitalisation à la clé le week-end de présentation à mes beaux parents, etc etc etc. (ceux qui ne savent pas ce qu'est une salpingite n'ont qu'à aller sur google, ils constateront qu'à côté le ténia c'est glamour).

 

Evidemment, entre deux bonnes blagues du destin, j'ai eu de grands et beaux instants de bonheur. Mais en bonne routarde du manque de pot, j'ai toujours dans un coin de ma tête une petite voix qui m'avertit que je peux toujours rigoler, je ne perds rien pour attendre.

 

Et forcément, après le shoot de bonheur que je me suis envoyé le 30 juin, autant vous dire que depuis quelques jours, y'a pas que dans le ciel que c'est tout gris. Oh, ça va, rien de très grave. Mais tout de même. Je ne vais pas vous raconter ma vie surtout que c'est pas mon genre mais disons que tout ne tourne pas rond.

 

Allez, quand même, y'a au moins un truc que je dois vous dire, à grands regrets. Hier, j'ai appris que pour la pièce de théâtre, et bien c'était comme qui dirait à l'eau.

 

Une sombre histoire de producteur.

 

 Je ne vais pas m'étendre pour l'instant parce que ce n'est pas encore très clair. Mais disons comme Popeye – clin d'oeil subtil aux "bronzés" – que bon, à cause de l'argent, ça va pas être possible…

 

C'est ballot hein. On a la pièce, on a l'acteur – et pas le moindre croyez-moi - on a deux metteurs en scène de génie, on a le théâtre et pas n'importe lequel non plus, mais le producteur s'est fait la malle. Et dans le milieu du show bizz, le producteur, c'est un peu le nerf de la guerre. Rapport à l'argent.

 

J'en parle comme ça l'air de rien comme si c'était pas dramatique mais vous vous doutez que j'ai… grave les boules.

 

En gros.

 

Surtout pour Stéphane, Fabrice et Marie. Et aussi pour Bubble Cannelle qui a bossé sur le dossier de presse. Et aussi pour la jeune femme qui a fait une super affiche. Oui, pour eux, j'ai grave la rage, même.

 

Bref, rien à faire, "manque trente mille, quoi" (encore un clin d'oeil appuyé aux bronzés, j'y peux rien, quand ça va pas je pense à eux et hop je me sens un poil mieux).

 

Voilà, la vie c'est pas tout noir ou tout blanc, y'a aussi pas mal de gris. Mais comme avec les copains de la pièce on est de sacrés winners qui en plus se lèvent tôt, on a pas dit notre dernier mot. Et un producteur – fiable cette fois-ci – on va bien finir par en retrouver un. Chais pas trop où ça se trouve mais croyez moi, je vais chercher. Et au pire, la pièce, on la jouera dans mon salon. Parce que bon, merde quoi.

 

Moi je dis, vive la France d'après.

Vanessa, Charlotte et moi

Parmi les filles de ma génération – 28 ans et des poussières – il y a deux camps. Celui des Vanessa et celui des Charlotte.

 

Enfin, je dis ça, moi, c'est sorti de mon cerveau uniquement. Mais voilà, c'est un truc que j'ai remarqué, une réflexion super profonde que je me suis faite il y a déjà un bail. Oui, je l'admets, ce n'est pas le fruit d'un travail cérébral intense. Mais voilà, on est en juillet, c'est l'été – enfin il parait – et j'ai envie de parler de futilités.

 

Donc disais-je, il y a les pro-vanessa et les pro-charlotte. En général d'ailleurs, les pro-Vanessa aiment bien Charlotte alors que les pro-Charlotte ont tendance à être plutôt anti-Vanessa.

 

Bon, vous aurez compris que je parle de Vanessa Paradis et de Charlotte Gainsbourg. Moi à quinze ans, j'étais à fond Charlotte. Je dansais sur Richie et Poveri comme elle dans l'effrontée et je rêvais aussi de rencontrer une pianiste étherée dont j'aurais été la meilleure amie. Sans parler du mec un peu tordu sur lequel elle flashait sans flasher et qui tentait de la sauter dans ne chambre glauque au dessus d'un bar-tabac. J'ai aussi acheté son album écrit par Serge le magnifique et ne voyais pas du tout pourquoi Lemon incest posait un problème à qui que ce soit. Notamment à ma mère.

 

Cette naïveté s'explique par le fait qu'à quinze ans j'étais moyennement aware niveau sexe. En plus vu que pour le coup je n'avais pas un physique facile facile, ça ne me posait pas à proprement parler de problèmes dans ma vie de tous les jours de ne pas être aware niveau sexe.

 

Donc Charlotte, je l'adorais. En plus elle était tout le contraire de moi, brune, longue, maigre et sans seins – ah oui parce que j'étais pas aware niveau sexe mais en revanche ma poitrine, elle, n'avait pas oublié de se pointer et pas qu'un peu. Du jour au lendemain, pof, 90 C au compteur, sans sommation ni transition - mais elle n'avait pas du tout conscience d'être jolie. Un peu comme moi pour le coup. Ok, moi je n'avais pas conscience d'être jolie mais en même temps quelque part ce n'était pas plus mal, ç'aurait pu être assez pathétique si j'avais été convaincue de l'être.

 

En revanche, Vanessa, je pouvais pas. Probablement parce que pour le coup, elle était vraiment canon et qu'elle en avait super conscience. Quoi qu'il en soit, je la DETESTAIS. Je la trouvais vulgaire et je clamais sur tous les toîts que sa chanson avec Joe le taxi, c'était trop trop naze. Bon, bien sûr, en cachette je la chantais et je guettais ses clips. Autant le dire, j'étais tout simplement jalouse. A ma décharge, je n'étais pas la seule. Mais voilà, Vanessa elle était beaucoup trop ostensiblement aware niveau sexe. Et j'imagine que ça me renvoyait tellement ma propre ignorance que je ne pouvais que la haïr…

 

Bref, je ne vais pas non plus vous faire une thèse sur Charlotte et Vanessa mais depuis quelque temps, je suis en train de me réconcilier avec cette dernière. Probablement parce que j'accepte ce qui en moi est un peu Vanessa, mon côté girly qui aime le rose et le bling bling. Bien sûr, Charlotte garde ma préférence, parce que voilà, elle a la classe et que plus ça va, plus elle est belle.

 

Mais Vanessa, même si elle a tendance à me gonfler légèrement avec son grand bonheur parfait qu'elle vit avec son Johnny D. depuis des années, et bien je dois l'avouer, elle me plait bien aussi. Bon, en tant qu'actrice, ce n'est pas le top du top, à part dans "Les noces blanches" où je l'avais adorée – sans le dire vu qu'à l'époque… bref. Mais ce qu'elle chante, je dois bien l'avouer, ça me rentre dans la tête. Et puis même si elle est devenue vraiment trop maigre, elle est bien jolie. C'est un sucre, un peu fée, un peu petite fille et ma foi, parfois, on est un peu ça nous aussi, non ?

 

En tous cas, j'ai écouté sa dernière chanson, "Divine idylle", écrite par M. Bien sûr,  M a été plus inspiré à ses heures. Sauf que ça marche. La voix n'a pas changé depuis Joe et son taxi et les paroles s'envolent comme des parcelles roses de barbe à papa. Si vous en avez envie, pous pouvez aller sur son site Internet qui montre les images du tournage du clip et sur lequel vous pouvez entendre le morceau.

 

Voilà, en écrivant ce post, j'ai pensé à une amie qui elle a toujours été très Vanessa et qui n'est sûrement pas étrangère au fait que j'ai aujourd'hui réussi à réconcilier la Charlotte et la Vanessa qui sont en moi…

 

Edit: Ce billet est un peu décousu, mais il est à l'image de ce que je suis depuis quelques jours, voilà, c'est comme ça, parfois…

 

Edit2: Je sais, je sais, je fais beaucoup moins que 28 ans, je ne me l'explique pas moi même.

Persepolis

Alors hier, ayant miraculeusement réussi à caser nos deux adorables bambins dans de merveilleuses familles d'accueil – j'en profite pour vous renouveler mon conseil n° 22 de bonne mère indigne: apprenez très tôt à vos enfants à se faire tout plein d'amis de façon à ce que plus tard ils soient invités chez ces derniers - nous sommes allés au cinéma.

 

A ce propos, je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais si on met de côté les premiers mois où on avait toujours envie de voir les mêmes films – en fait on n'en avait pas vraiment envie mais comme on était dans l'euphorie du commencement de l'amour avec un grand A on se MENTAIT. Enfin, en vrai, JE mentais en prétendant adorer les films iraniens sous-titrés en russe ou les mangas japonais en V.O – on est rarement d'accord sur le choix de la toile qu'on va se faire.

 

Pour résumer, disons que moi j'ai tendance à choisir la facilité et à considérer le cinéma comme un moment de détente où je mets mon cerveau en jachère – dire qu'il fut un temps où j'étais cinéphile, autant dire que ça c'est tout de même loin derrière moi. C'est horrible, si ça se trouve un jour je vais me réveiller et je serai de droite, ça serait bien ma veine tiens - et que l'homme, lui, prend le fait d'aller voir un film très au sérieux. En plus il trouve VRAIMENT que David Lynch est super accessible comme cinéaste. Et que Bergman limite il est populaire, genre. Bon, pour résumer, l'homme adore de plus en plus les films chiants et moi je vois mon penchant pour les comédies romantiques à l'eau de rose s'empirer dangereusement.

 

Je me demande si ce mariage n'est pas une monumentale erreur, maintenant que j'y pense.

 

Donc hier, pour la énième fois on a tenté de trouver un terrain d'entent. Faut dire que pour une fois la soirée cinoche ne nous coutait pas un bras, à savoir douze heures de baby-sitting + le resto + le film + le taxi. Autant vous dire que  lorsque le cinéma devient aussi cher qu'une semaine à Agadir y'a pas trop intérêt à se taper un navet, c'est moi qui vous le dis.

 

Bref, revenons en à nos moutons. L'homme voulait voir Persepolis.

 

Un film d'animation en noir et blanc. Il voulait ma mort.

 

J'ai tenté de proposer Die Hard 4 – ouais j'aime AUSSI les films d'action qui transpirent la testostérone – mais ça n'a pas été très concluant. J'ai aussi suggéré Ocean 13 mais ça s'est trop vu que Georges n'était pas totalement étranger à ce choix. Bref, on a tortillé pendant toute la journée pour finir par décider d'aller voir… Persepolis.

 

Après ça, que je n'entende pas un seul mec dire qu'on arrive toujours à nos fins.

 

En plus je me suis pliée à ce choix avec une bonne volonté remarquable. C'est tout juste si j'ai fait remarquer à quelques reprises – douze, pas plus – que je ne risquais pas de rentrer dans l'histoire rapport au fait que bon, un film d'animation en noir et blanc qui se passe en Iran, faut pas non plus trop m'en demander surtout que je suis en plein mariage-blues (j'en reparlerai peut-être mais oui, il faut l'avouer, je suis complètement nostalgique et si je m'écoutais j'irais travailler en robe de mariée, même pas honte).

 

Je dois admettre que l'homme a fait preuve d'une patience héroïque. A sa place je dois dire que je m'en serais collé une bien avant le début du film.

 

Résultat: j'ai commencé à pleurer à la quatorzième minute environ quand la petite Marjane dit adieu à son oncle révolutionnaire qui va mourir. Ensuite je n'ai pas cessé de m'identifier à cette femme libre et insolente qui balance à deux policiers des moeurs qui lui reprochent de courir en faisant remuer son postérieur: "et ben vous n'avez qu'à pas regarder mon CUL !". Alors que tout de même elle risquerait la lapidation pour moins que ça.

 

Ah, pour rentrer dans l'histoire, je suis rentrée dans l'histoire.

 

A tel point que même dans le bus je pleurais encore. Entre deux sanglots j'ai quand même trouvé la force de reprocher à l'homme, d'être complètement passé à côté du sens profond de ce chef d'oeuvre vu qu'il n'a pas versé une seule larme. Un vrai coeur de pierre.

 

Dire que si je n'avais pas insisté on n'y serait jamais allés.

 

Edit: Vous l'aurez compris, il faut courir voir Persepolis, c'est ce que j'ai vu de plus déchirant, drôle et féministe depuis des années. L'histoire est magnifique et les dessins, c'est juste de la dentelle. Il faut voir les fleurs de jasmin tomber du soutien-gorge de la grand-mère de Marjane, la neige tomber sur Téhéran ou les soldats fusillés tomber les uns après les autres comme des pantins pour avoir une idée de la poésie des auteurs. Et en prime, c'est la grande Catherine, sa fille Chiara et sa mère de cinéma, Danièle Darrieux qui font les voix.

 

Edit2: Marjane Satrapi a un myspace: http://www.myspace.com/persepolislefilm

 

Rien n’a chaaaaaangé…

La scène se passe où vous voulez. Dans un lit si vous souhaitez vous recoucher, sur un canapé si vous êtes fatigués, dans la rue si vous êtes d'humeur badine ou sur le balcon si chez vous il fait beau. Bref, peu importe, ça pourrait être partout, il se trouve que c'était hier, dans la cuisine. Enfin, je crois.

 

 

Lui: Tu te rends compte, ça fait une semaine.

 

Elle: Oui, une semaine, c'est fou.

 

Lui: Tu trouves que ça a changé quelque chose ? Entre nous, je veux dire.

 

Elle: Mmm… non, je ne crois pas. Et c'est bien comme ça, non ?

 

Lui: Oui, bien sûr, mais bon, heu… par exemple, tu n'as pas l'impression que…

 

Elle: Que quoi ?

 

Lui (se tortillant de manière caractéristique, signe qu'une énormité va être prononcée): Ben chais pas, que maintenant qu'on est mariés, tu m'appartiens un peu, quoi…

 

Elle: Laisse moi réfléchir… Non.

 

Lui (masquant mal sa déception): C'est bien ce que je pensais.

 

Edit: le bouquet c'est pour clore le chapître, parce que forcément, il y a un moment où il faut tourner la page…

Les vacances de mes copines de Elle

Bon, je sais, faut que j'arrête de lire le Elle. C'est bon, ce n'est pas la peine de me le redire, que voulez-vous, y'a des choses comme ça qui ne sont pas forcément bonnes pour soi et qu'on continue à faire, tout simplement parce qu'on n'arrive pas à s'en passer. Croyez-moi, si on arrivait à ne s'octroyer que les plaisirs bons pour la santé, on mangerait tous du quinoa sans sel, on habiterait dans des maisons sans électricité et on ne se laverait qu'une fois par semaine parce que ce qui est bon pour la planète, est forcément un bien pour l'humanité.

 

Et bien au risque de vous décevoir, personnellement je suis du genre à faire gaffe à ne pas jeter des papiers gras dans la rue – bon point pour l'environnement – ET à prendre des bains super chauds, mauvais pour mes varices et très mauvais point pour la planète. Et comme je ne suis pas avare de contradictions, je déverse mon fiel sur un magazine que j'achète malgré tout consciencieusement toutes les semaines.

 

Bref. Après cette digression, je voulais juste vous conseiller la lecture du Elle de cette semaine parce que c'est un florilège de bonnes blagues. Notamment cet article qui répertorie les petits conseils de la rédaction pour ne pas stresser pendant les vacances.

 

Non vraiment, ça vaut son pesant de cacahuètes. Genre, y'a un mec qui a l'air trop cool qui explique qu'il "a un peu honte" mais il n'accepte jamais d'invitation chez des amis en vacances s'il n'est pas assuré que ces amis en question ont prévu quelqu'un pour faire la cuisine, quelqu'un pour le ménage et quelqu'un pour garder les enfants. Dominique – il s'appelle Dominique – tu sais quoi ? Quelque part je suis rassurée, on ne se connait pas et je sais déjç que jamais tu ne viendras chez moi.

 

Une autre explique qu'elle est sûre de passer de bonnes vacances si elle a avec elle un grand châle en cachemire dans lequel elle peut s'enrouler le soir quand il fait frais, en fin de journée sur la plage ou le matin au réveil. Et aussi dans l'avion, bichette.

 

Dites, ça existe vraiment les gens comme ça ? Non parce que moi, le châle en cachemire, déjà, le jour où je peux m'en acheter un , je le mets pas sur la plage rapport au fait qu'inévitablement à un moment ou à un autre un de mes enfants va se moucher dedans vu qu'on oublie toujours les mouchoirs et que pour un troll, une serviette éponge c'est comme un grand mouchoir. Et qu'entre le pashmina et la serviette éponge, la frontièrre est mince. Pour un troll, bien sûr. Ou pour l'homme qui lui aussi se mouche toujours dans MA serviette. 

 

Une autre copine explique sans plaisanter que quand elle fait la cuisine en vacances, elle prend un enfant pour assistant et que les autres du coup se battent pour aider. Ouais c'est ça. Ah ça, pour se battre, ils vont se battre. Mais uniquement pour lécher le plat. Sachant qu'en plus, moi, le moment où je fais le repas, souvent c'est celui où j'ai la paix. Alors se coltiner la tribu de gamins en plus de la préparation de la salade géante, moi je dis y'a un piège.

 

Je vous passe les plans du genre "je responsabilise les enfants pour qu'ils aient chacun un petit sac avec leurs affaires de plage" pour éviter le débarquement quotidien avec tout le matos.

 

J'ai tenté.

 

Sauf que la pelle géante ne rentre pas dans le petit sac de pupuce. Ni la planche de bodysurf dans celui de loulou. résultat, tu te tapes Et les sacs individuels à ramener ET le reste du matos qui rentrait pas dans les sacs. Merci le plan anti-stress. Cette femme n'a pas d'enfants, je vois que ça. Ou alors ce sont des chihuahua. Auquel cas elle a pas besoin de pelle géante.

 

Une autre est trop drôle. Elle "est barbecue à fond". Elle délègue l'allumage aux mecs (déjà on se marre) et après, "on jette tout ce qu'on veut dessus: légumes, viande, poisson"…

 

Cette femme n'a jamais fait de barbecue.

 

Parce que n'importe quelle femme qui a fait un barbecue SAIT qu'à moins de ne manger que des saucisses, le barbecue c'est la fausse bonne idée. Il faut éplucher les légumes, les couper, les mettre en brochette, vérifier la cuisson des patates qui de toutes façons ne cuisent JAMAIS et faire la fameuse salade géante qui prend deux plombes à préparer. Alors le coup de "je jette un peu ce que je veux sur le grill", perso, je rigole.

 

Bon, la liste est longue. Tout ce que je constate, c'est que les seuls bons conseils sont ceux qui coûtent. A savoir prendre une femme de ménage, aller à l'hôtel, se réserver des soirées au resto (= prendre une baby-sitter). Une fois de plus, si on en doutait on a la confirmation que les gens du Elle ne vivent pas dans la vraie vie. Ils font des cacas tous roses qui sentent le bonbon, ils mangent des trucs jetés à la va vite sur un barbecue qui ne pue par le charbon, ils s'enroulent dans des pashminas par 45° à l'ombre et partent à Los angeles ou à l'Ile de ré en vacances. Ils n'ont jamais de sable dans les fesses après une journée de plage, ne savent pas ce que c'est que la lucite solaire et parviennent à lire élégamment un livre sur le sable tout en buvant un coktail trop hype.

 

Savez quoi ? A mon avis ces gens s'ennuient.