Mois : juin 2010

Tomettes d’amour

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Dans la maison de Maraveire, il y a de grandes armoires à glaces qui amusent les petites filles et leurs mamans. Il y a aussi des fenêtres qui donnent sur la mer et des tomettes rouges sur le sol qui, lorsque la chaleur est à son comble sont un régal de fraicheur. Cette maison, construite en 1897, s'apprête à être vendue, trop de travaux, trop d'indivision, trop de distance entre les tomettes et Paris. Celui qui la rachètera devrait sans trop d'hésitation décider de la raser pour y construire à la place un lotissement bien plus rentable.

Je n'y serai allée que très peu, je ne peux pas m'y inventer de souvenirs d'enfance. En revanche, mon père, asthmatique, y passait petit tous ses étés, avec sa grand-mère, parce que l'air de Hyères lui faisait du bien. Je crois l'avoir vu écraser une larme quand la nouvelle de la vente prochaine est tombée.

Je n'y ai pas de souvenirs, mais j'en suis tombée instantanément amoureuse, de ses plafonds si hauts, de ses murs complètement défraichis, de ses cheminées de marbre, de ses escaliers bancals. On sent que la splendeur y fut, dans un autre temps, on croit y entendre les rires et cris de tous ces enfants qui l'ont habitée. Si je ne crois pas en grand chose, je pense avoir une tendance animiste, je suis en effet convaincue que les lieux comme celui-ci ont une âme. Et rien ne me rend plus nostalgique que ces maisons dont la fin de vie est toute proche…

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Touche pas à mon origine

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De plus en plus de femmes se font opérer des lèvres. Pas celles du visage, j'entends, non, celles qui recouvrent le vagin.

J'ai lu l'info dans le Elle de cette semaine – heureusement que la presse féminine est là, pour relever le niveau de la blogosphère, au fait, je vous ai dit, déjà, que j'aimais les gilets gris qui font loose ? – qui consacre un long article sur ces amatrices de la nymphoplastie réparatrice, puisque c'est comme ça que ça s'appelle.

On va passer sur le côté complètement dément de la démarche (respect tout de même aux femmes qui osent, ne serait-ce que verbaliser cette envie auprès d'un membre du corps médical) ainsi que sur le filon que semble représenter pour ce même corps médical ce type d'opération esthétique (jusqu'où iront-il ?).

Non, moi ce qui me choque, à vrai dire, ce n'est pas tant qu'on puisse trouver son frifri mal foutu. Moi même, adolescente (surtout faire abstraction du fait que si ça se trouve mon banquier/ ma belle mère / ma voisine me lit), j'avoue avoir été totalement perturbée lorsque mon intimité s'est mise à se transformer. Il faut dire qu'on ne m'avait pas prévenue. Les règles j'étais au jus (miam), les poils itou, mais alors le côté charnu du charnel, pas du tout.

Je me souviens avoir fini par confier mon désarroi total à ma mère, sur le mode "je crois, maman, que tu as enfanté un monstre, il y a quelque chose d'absolument anormal à ce niveau là chez moi". Bien que ma mère ait su trouver les mots (un genre de "mais non enfin, tu es parfaite" grommelé d'une voix mal assurée, pas certaine en effet qu'elle s'attendait à ce type de problème existentiel), je dois confesser n'avoir été totalement rassurée sur ma normalité que le jour où le premier garçon qui s'aventura dans ces contrées ne sembla pas avoir quoi que ce soit à redire à ce qu'il y trouva.

Bref, on l'aura compris, la puberté ne fut pas pour moi un chemin pavé de roses, mais la vraie question, c'est pour qui le fut-elle ?

Il n'empêche qu'à priori, donc, de plus en plus de femmes décident de faire réduire leurs lèvres, parce que c'est moche quand ça dépasse. C'est vrai qu'en soirée, c'est un peu gênant, on sait jamais, un jeu de lumière impromptu et pan, tout le monde s'aperçoit que votre petit nom c'est Droopy.

Bon, certaines subissent l'opération pour des questions de confort vestimentaire, l'hypertrophie de leur vulvounette (j'assume pas d'écrire "vulve", à mon avis ça veut dire un truc) les gênant lors de la marche. Pour celles-ci, ok, je peux comprendre, même si, conseil d'amie, le port de slim sans culotte n'est agréable pour personne, petites ou grosses "petites lèvres", j'entends. Non parce qu'à moins d'avoir chopé les oreillons, je ne vois pas bien comment on peut se coincer la lèvre en courant, si on a bien choisi ses sous-vêtements.

Mais bon, j'imagine que mère nature ne s'est pas acharnée que sur mes oreilles – que j'ai grandes et fort décollées -, donc je veux bien croire qu'il existe certaines difformité à ce niveau là aussi.

Ceci étant dit, la plupart de ces candidates au bistouri sur la bistouquette le sont parce qu'elles veulent être jolies là aussi. Et moi ça m'inquiète. Parce que par "jolies", j'entends "prépubères". Déjà que le port de poils pubiens te fait de plus en plus passer pour une adepte des camps naturistes teutons dans les années 70, voilà qu'en plus d'être imberbe, ton kojak doit être lisse comme celui d'un nourrisson. Bientôt on se fera lifter le clitoris et on se botoxera le vagin. Ou l'inverse. Tout ça pour se donner l'illusion qu'on n'est pas devenue un être de chair et de sang, surtout de sang, en l'occurence. C'est incroyable qu'à l'ère du porno à tout va, du sexe à tous les étages et à tout âge, on veuille finalement retrouver un état d'"innocence" complètement factice. Je ne sais pas, c'est à mon sens une façon de légitimer la pédophilie, d'admettre qu'un sexe de petite fille est finalement plus attirant que celui d'une femme, avec ses spécificités, ses aspérités et ses reliefs, qui ne sont peut-être pas des plus esthétiques mais qui sont à mon sens l'incarnation de la sensualité.

Edit: Après m'être pas mal torturée pour illustrer ce billet, je suis tombée sur cette photo, sur le blog "photos" de Libération. Pourvu que son auteur ne m'en veuille pas…

Edit2: Pas la première fois que je parle de touffe à zéro, si le coeur vous en dit, c'est ici et

Mes chères cousines

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Quand on se retrouve avec mes cousines, qu'on se soit vues il y a dix jours ou deux ans, c'est le même joyeux bordel: non mais c'est dingue ce que tu as maigri // tu te souviens, quand tu mangeais la moutarde à même le pot, c'était dingue, il n'y avait que toi pour faire un truc pareil // et l'avion, tu y arrives, toi, maintenant, parce que moi c'est l'enfer // tu sais que je change de boulot, ça me fiche une trouille, pas sûre d'y arriver // et à Montpellier, la vie, c'est bien ? // Je ne pourrais pas vivre à Paris, je ne sais pas comment tu fais // et tu vas l'allaiter longtemps, tu penses ? // Je suis enceinte // On se sépare // C'est génial // C'est atroce // Je ne me supporte pas, là, regarde mes seins, ils sont énormes // j'ai arrêté de fumer, mais j'ai quand même apporté des clopes à l'eucalyptus // J'ai pris 20 kilos // Mais si, on peut boire un verre de vin quand on allaite, arrête, quand même ! // Cette robe est superbe, je t'assure // Et ton mec, il va comment ? // Il te ressemble, ton fils, c'est fou // il a les yeux bleus, moi, trois enfants et pas un seul avec les yeux bleus, mes gênes sont récessifs // par contre niveau culotte de cheval, ils se sont bien accrochés, les salauds // mère nature la truie // Et ta mère, ça va ? // 40 ans dans un an, j'en suis malade // Tu en fais dix de moins // Menteuse, mais redis-le moi quand même // On est connes non ? // Tu veux un autre enfant toi ?…

Et ça jusqu'à l'infini, toujours plus ou moins les mêmes conversations, la même évidence, les mêmes promesses de se voir à Paris, Lyon ou Briançon, promesses qu'on ne tiendra pas, parce que la vie fait que c'est comme ça, qu'on a nos vies, qu'on est des dindes, aussi. Et puis peut-être que tout simplement, savoir que quoi qu'il arrive, quelle que soit la distance entre nous, qu'importe le nombre d'années sans nouvelles, il suffira de deux dixièmes de secondes pour reprendre la conversation là où elle s'était arrêtée, n'incite pas à l'effort. Je crois que c'est peut-être cet aspect là que je préfère, ces bavardages suspendus qui demandent qu'à redémarrer.

Je les ai regardées lors de ce week-end express à Maraveire. Et je les ai trouvées magnifiques, mes cousines: Emilie, Stéphanie, Laurence, Prisca, Charlotte, Andréa, Naïma… J'aurais voulu leur demander la permission de les mettre sur ce blog, parce que toutes ont ce quelque chose de lumineux qui fait qu'aucune photo n'est loupée quand elles sont dessus. Mais, alors que je sais qu'elles me lisent pour certaines d'entre elles, je n'ai pas osé poser la question. Alors voici des petits bouts de mes cousines, des détails, des boucles de cheveux, l'arrondi d'une épaule, la blancheur d'un sourire, la bretelle d'un maillot. Je les aime d'être des sacrées chieuses, des qui parlent fort, qui envoient bouler leur mec quand il abuse, des qui osent dire que non, la maternité ne fait pas tout, des qui veulent tout, le boulot, le soleil, l'amour, les marmots, le cul, aussi.

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Edit: Ce billet, je l'ai écrit aussi en pensant aussi à Céline et Clotilde, qui nous manquent sur la plage, qui nous manquent autour de la table, qui nous manquent quand on trinque ou quand on regarde nos enfants.

Revoir Maraveire…

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A l'heure où vous lisez ce billet, nous sommes tous les cinq dans un avion qui nous emmène à Toulon. Trois petits jours de fugue en bord de mer, un tour au Lavandou pour voir Zaz, son roi des Nachos et sa tornade fleurie et puis direction Hyères, pour une grosse réunion de famille.

C'est ma grammy, celle qui dit "rudement" et "ravissant", qui a décidé qu'au lieu de nous réunir – ses enfants, petits et arrières, au bas mot une soixantaine d'allumés – à Noël quand il fait froid, moche et que tout le monde en a plein le dos du saumon fumé, elle nous inviterait désormais une fois par an dans le midi, dans cette maison qui fut celle de mon arrière-grand mère et qui aujourd'hui appartient à des grands oncles qui ont la gentillesse de la prêter pour un week-end.

Je suis née à quelques encablures, à l'hôpital de la Valette, et ai passé mes premiers mois dans un cadre légèrement moins luxueux, mes parents, jeunes, très jeunes, étaient à l'époque amoureux mais sans le sou. Il n'empêche qu'à trois jours j'étais sur la plage de Maraveire, avec comme unique protection, un fichu sur la tête. Parasols, crème solaire ? Vous plaisantez ! à ce moment là, on n'en parlait pas de tout ça. Sûrement qu'on avait tort, mais ce que j'en garde aujourd'hui, alors que ma vie toulonnaise ne dura qu'une dizaine de mois, c'est un amour inconsidéré pour les plages, toutes les plages…

Et quand j'atterris sur le tarmac de Hyères, tout, la lumière, les odeurs, les bruits, tout, me rappelle que je suis de là. Je n'ai aucune illusion sur la vie dans le sud, j'en connais les limites une fois le rêve estival terminé, je sais l'atmosphère souvent pesante de ces stations balnéaires clinquantes et rich-friendly. Pourtant, je donnerais cher pour y finir ma vie, un jour…

Hélas ceci n’est pas un rêve…

J'avais envie de pousser un grand cri ce matin, sachant qu'il y avait matière. Et je ne parle pas spécialement des clowns en bleu qu'on parque depuis une semaine dans un palace en Afrique du Sud histoire qu'ils goûtent aux Zahia locales avant d'aller se ridiculiser contre la première équipe venue.

J'avais donc envie de crier ma haine à l'intérieur de moi. Et puis pof, je tombe sur cet article. Et comme je suis consciente de mes limites, j'ai décidé qu'au lieu de bavasser les mêmes choses en moins bien, j'allais tout simplement vous le soumettre. C'est un article du Monde, je ne l'ai pas trouvé en ligne pour faire un lien, d'où le scannage. En espérant que j'échappe aux foudres d'Hadopi.

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Vous pouvez cliquer pour agrandir…

Un photographe en culottes courtes

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Pour ses 10 ans, la grand-mère du machin lui a offert un appareil photo. Depuis, il immortalise tout, avec plus ou moins de bonheur. Hier je me suis amusée à regarder plus attentivement ses clichés, et je me suis dit que le bougre avait un oeil, une démarche même. Ou pas.

Quoi qu'il en soit, ces photos sont l'exact reflet je pense de ce qui fait son univers. Edifiant, non ?

Attention, quelques images peuvent choquer à une heure avancée de la matinée…

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Le jour où j’ai cassé mon image dans une roulotte

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Le week-end dernier, on s'est donc mis en danger ma petite famille, nos copains et moi. Je veux dire par là qu'on a franchi le périphérique, ce qui vous vous en doutez n'a pas été facile. Déjà qu'aller au centre commercial du Kremlin Bicêtre me demande une semaine de préparation psychologique. Vous imaginez Fontainebleau, autant dire que je l'ai vécu comme une mise à l'épreuve de la vie.

Le pire dans tout ça c'est qu'il n'y avait pas une seule glace en pied dans la roulotte pour checker mes tenues, ni d'influentrice pour me dire si mon gilet loose gris – j'ai déjà dit que j'adore les gilets loose gris ? – était correctement twisté par ma robe bustier de chez Comptoir des cotonniers. Bref, un week-end à gober du xanax en priant que deux jours dans ce trou perdu où la 3G ne passait pas ne me vaille pas la perte d'une dizaine de followers sur Twitter.

Je préfère ne pas vous raconter la crise de panique au restaurant collectif de l'UCPA. Pas un Gü à l'horizon, pas un cupcake à photographier. On me croit on me croit pas mais je serais prête à parier que ces bouseux n'avaient jamais vu une verrine.

Consternation et frissons.

C'est simple, quand j'ai vu au retour, le panneau "A6 – BP : 6 minutes", j'ai joui. Sans stimulation manuelle ou autre. A la porte d'Italie j'avais ruiné le siège de la Fiat 500.

Je vous laisse malgré tout avec quelques photos de ces instants durant lesquels il a fallu mobiliser toute la force intérieure que j'ai dans mon inside profond pour éprouver un peu de plaisir.

Edit: Sans rire, Les roulottes de Bois le Roi à 60 bornes de Paris c'est un havre de paix, un plaisir à moins de 100 euros la nuit pour 5 et la certitude de réaliser un rêve qui me taraudait en ce qui me concerne depuis la lecture à 8 ans d'un fameux Club des cinq: Dormir en roulotte.

Edit2: Je tiens par ailleurs à m'excuser auprès de mon lectorat, celui qui vient ici essentiellement pour mes photos. Il se trouve que j'ai pété mon appareil en enfilant brutalement un tutu – à cause que j'ai maigri je ne maitrise plus mes mouvements – et que j'ai par conséquent utilisé une merde de compact numérique à deux balles, du genre qu'on ne trouve que dans les coins les plus reculés. Style à la Fnac de Lyon.

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ça ce sont les roulottes la nuit quand on est arrivés, j'étais émue. Limite je voulais qu'on m'appelle Claude.

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Cinq minutes après qu'on ait déchargé les voitures, les gamins, jamais avares d'une connerie, avaient trouvé le moyen d'écrire ça sur la route qui menait à nos habitations, à l'aide d'une pierre calcaire. Je ne suis pas sûre qu'ils seront de gauche.

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ça c'est notre jolie table inspiration Conran Shop. On avait emmené un peu de presse libertaire. Ah parce que je ne vous ai pas dit ? Depuis que j'ai perdu du poids, je vote à droite. Et donc je lis le Point *.

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Là c'est Helmut devant sa mini maison. Je ne suis pas sûre que ça se voie, alors je préfère préciser que son bloomer c'est du Bonpoint.

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J'aurais préféré que les rideaux soient en Liberty, mais j'ai respiré avec le ventre et l'angoisse est passée.

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Si on ne tient pas la preuve tout de même que le orange et le rose se matchent merveilleusement bien, je veux bien boire cul-sec ma crème de la mer.

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Comme on n'avait pas de place pour emmener avec nous notre jeune fille au pair et accessoirement boniche, c'est Rose qui s'est collée au ménage.

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Là j'ai beau essayer de trouver une connerie à écrire, tout ce qui me vient à l'esprit c'est… joie de vivre…

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… lumière…

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Connerie… (mettez deux garçons de 10 ans ensemble pendant plus de 30 minutes et y'a moyen qu'ils fassent preuve de créativité)

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Triptyque d'un week-end réussi

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Fraternité

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Sororité

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Et je finis avec les plus jolis ânes bâtés du monde.

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* Le Point était fourni avec la voiture de location, je préfère préciser on sait jamais.

EDIT FINAL: Ce billet est écrit avec une légère dose de second degré, il faut manifestement le préciser., c'est juste une réponse en clin d'oeil aux commentaires sur les deux derniers billets, et . Il n'y a pas de bouseux à fontainebleau pas plus qu'à Nemours ou Thiers. Ou Annonay. Et je parviens totalement à respirer hors de Paris. Par contre j'étais assez estomaquée qu'on me fasse payer ma roulotte. A moi, quoi. Merde.

Ah et après c'est fini: le bloomer d'Helmut n'est pas un bonpoint. Ma fille salit des fringues à moins de 50 euros le body. Question de principe.

Un ego de taille

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Il y a quelques jours, j'ai fait un ménage de printemps dans ma penderie. Je vous arrête de suite, rien à voir avec l'envie de me débarrasser d'habits trop grands. Simplement un constat imparable: sans prise en main de la bête, tout menaçait de s'écrouler. Sans compter que ma femme de ménage adorée, également nounou du soir de Rose, ne cachait plus depuis des semaines son intention de me claquer sa démission si je ne faisais pas preuve d'un minimum de bonne volonté.

Bref, j'ai donc été dans l'obligation de me séparer d'une partie de ma garde-robe. Et de fait, bazarder les pantalons trop grands s'imposait assez naturellement. Sauf que 1) je déteste jeter (en l'occurence donner à Emmaüs mais on m'a comprise), 2) me débarrasser de ce qui m'allait encore il y a six mois et qui j'en suis convaincue pourrait s'avérer être à nouveau à ma taille dans un futur plus ou moins proche me terrorise.

N'ayant pas de dressing immense me permettant d'entreposer un container de fringues en 44 / 46, je m'y suis toutefois résolue. Résultat: de la place en veux-tu en voilà dans mon armoire pour des craquages à pois ou à rayures, ajustés à mon corps d'aujourd'hui.

Je voudrais bien écrire que cette expérience m'a permis de me sentir plus légère et de tirer un trait sur des mois de mal-être.

Hélas, la vraie vie ne fonctionne jamais comme un roman de filles. Et la vérité, c'est que depuis, j'ai des envies incompressibles de chocolat. Ou de frites. Pourquoi ? Parce que je crois que je suis littéralement terrorisée à l'idée de reprendre le moindre gramme et de me retrouver à nouveau un matin sans rien qui m'aille. Peur assez dérisoire au regard de ce qui se passe à Gaza, on est d'accord. Mais à mon petit niveau de femme égo-centrée, peur de taille (hu hu hu) quand même.

Tout ça m'a fait réfléchir et si je devais recommencer ce ménage, je garderais quelques jeans trop grands. Pas pour me souvenir de ce que j'étais il y a peu, simplement pour m'épargner la pression. Cette pression qui me fait manger. Pour me rassurer, me rappeler que quelques kilos repris ne m'empêcheraient pas d'aller travailler, puisque les bons vieux futals veillent au grain.

Entracte.

Fin de l'entracte.

Je profite par ailleurs de ce billet pour revenir sur cette photo postée vendredi et sur le fait que oui, clairement, ne nous cachons pas derrière le petit doigt, je m'expose plus qu'avant.

Pourquoi ?

Certainement parce que je m'apprécie plus sur les clichés récents. Mais pas que. Il se trouve également que durant, je dirais, les 3 premières années de ce blog, j'étais pour ainsi dire planquée. Il me semblait inconcevable que mes employeurs découvrent cette activité du soir, pas parce que je me rendais coupable de quoi que ce soit mais parce qu'au départ, je n'avais pas envisagé que ces écrits soient lus par plus de 10 personnes, que je m'y livrais avec toute l'impudeur dont je sais faire preuve et que donc, voilà, l'idée n'était pas de me montrer.

Et puis les choses ont évolué, les lecteurs se sont faits plus nombreux, il est apparu que pas mal de mes collègues connaissaient l'existence de ces pages, que personne n'a semblé y voir de problème et que surtout, j'ai décidé de ne plus vivre dans la peur d'être "découverte". Parce que c'est intenable de trembler à l'idée d'être outée. Et qu'il est temps d'assumer ce qu'on est. Or ce que je suis, c'est une personne qui travaille le jour, en l'occurence dans un média et qui le soir et les week-ends s'adonne à sa passion: bloguer. Rien qui devrait la faire se sentir coupable. D'où la disparition de cette réticence à me montrer.

Je rappelle par ailleurs que j'ai mis en ligne il y a plus d'un an, au plus fort de mon poids, une photo de Manoeuvre, Sinclair, Dédé et moi. Une photo qui m'avait valu un commentaire adorable sur le mode "mais qu'est-ce que tu es laide". Le genre de mots qui même écrits par le dernier des crétins te crève le coeur, parce que c'est comme ça, on peut avoir une assez haute idée de soi et s'effondrer pour une insulte d'un anonyme décérébré. J'avais aussi posté des photos de moi enceinte, de moi mariée, de moi en bottes duo-boots, de moi en maillot xxl et j'en passe. Bref, oui, bien sûr, il y a cette jouissance absolue de regarder un cliché de soi et de se dire "ouah, c'est moi cette fille que je trouve presque jolie ?". Et la vanité qui suit, de la montrer à ceux et celles qui ont été témoins de mes errements. Mais il y a aussi cette prise de décision de ne plus se cacher tout court. Qui n'a rien à voir avec la perte de poids. Mais tout avec l'acceptation de soi.

Edit: Il me vient à l'esprit que je n'ai pas forcément dit l'essentiel. Il faut être sacrément narcissique pour bloguer. Avec ou sans photo. Pourquoi on en vient là, pourquoi ce besoin de parler de soi et de ce mettre en scène ? Je me posais déjà la question il y a quatre ans, au tout début. Et je n'ai toujours pas la réponse…

Edit2: Ekat, il me semble que c'est toi qui m'avait justement posé cette question sur que faire des anciens vêtements… Je te réponds ici plus longuement que par mail, pas sûre de t'aider plus !

Edit3: Des bises à Emmanuelle, rencontrée devant ma roulotte ce we, pour lui dire que le soir même des jeunes enterraient la vie de jeune fille d'une des leurs et que ma foi, ça m'a eu l'air de très bien se passer 😉

Quart d’heure narcissique


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   Quart d'heure narcissique. Je crois ne m'être jamais autant appréciée sur une photo. Ok, le micro est un poil obscène. M'enfin y'a pas à dire, les photographes professionnels sont capables de sublimer leur modèle. Celui-ci est même arrivé à donner l'impression que je suis détendue alors qu'à l'instant précis, j'avais le kiki serré comme un string.

N'empêche que plus ça va et moins je regrette cet achat totalement impulsif à pois.

Merci pour vos messages adorables hier, l'objectif n'était pas de me plaindre, simplement d'expliquer les raisons pour lesquelles j'ai un peu de mal à écrire en ce moment. Je rejoins en tous cas celles qui confiaient cette impression actuelle de vivre dans une anxiété et une tension permanente. Je ne crois pas me souvenir d'avoir ressenti jusqu'alors une atmosphère aussi particulière…