Elle avait échappé à la rafle du Vel d’hiv. Elle s’appelait Mireille Knoll. Elle avait 85 ans et a été poignardée et brûlée. Parce qu’elle était juive (c’est du moins ce que l’enquête semble montrer). En 2018. La même semaine, un homme s’est sacrifié pour sauver la vie d’une femme. Lui aussi a manifestement été poignardé, au nom d’une cause qui n’a aucun autre sens que semer le chaos. Ces deux crimes se télescopent cette semaine et me laissent sans voix. Je sais bien que la barbarie a toujours existé, que notre société est sans doute moins violente aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a des centaines d’années. Mais j’ai cette sensation angoissante et oppressante d’assister impuissante à la montée d’un obscurantisme contre lequel personne ne peut rien. Une résurgence de vieux démons que nos grands-parents pensaient disparus avec la chute d’Hitler, une montée des intégrismes qui se nourrissent allègrement sur la bête de la misère sociale. En lire plus »









