Hier, dans la file du bureau de vote, j'ai vu des jeunes filles pour qui c'était la première fois et qui étaient émues comme si elles allaient à un rendez-vous amoureux.
Hier, dans la file du bureau de vote, j'ai vu des enfants de toutes les couleurs qui jouaient au ballon ensemble pendant que leurs parents étaient dans l'isoloir.
Hier, dans la file du bureau de vote, deux femmes derrière moi allaient voter en se donnant la main, sans gêne.
Hier, dans la file du bureau de vote, c'était un joyeux bordel, on se trompait de queue, et on faisait tomber les bulletins qui s'envolaient dans un courant d'air.
Hier dans la file du bureau de vote, je me suis sentie fière d'appartenir à cette tribu hétéroclite, bigarrée et pas toujours très disciplinée.
Alors ce matin, j'espère qu'au lendemain du 6 mai, les enfants de toutes les couleurs joueront encore dans les cours d'école. J'espère que ces deux femmes pourront marcher dans la rue sans peur d'être considérées comme des erreurs génétiques. J'espère qu'on aura encore le droit de n'être pas toujours très disciplinés. Et ça, je l'espère, quel que soit le résultat de ces élections.
EDIT: Hier soir, pour les résultats, on était nombreux dans le salon. Et il y avait une toute petite fille, une minuscule citoyenne, qui s'appelle Lilas.
EDIT 2: Ceci était mon dernier billet apolitique de gauche. Je ne veux pas non plus transformer cet espace en arène politique. Malgré tout je ne regrette pas de m'être exprimée clairement. Et je vous remercie d'avoir laissé ici des mots empreints d'une tolérance et d'un respect des opinions de chacun qui m'ont tout simplement touchée.
Bon.
Aujourd'hui, c'est un billet IN-FOR-MA-TIF. Alors d'emblée, je vous demande d'être indulgents, le style ne sera peut-être pas brillant, ce qui compte c'est de faire passer l'IN-FOR-MA-TION.
Oyez oyez braves gensssss, je suis rentrée.
Ce soir, je pars en vacances. Les loulous, l'homme et moi on fait nos valises et on prend le train de nuit, direction le grand air des alpages. Je m'y vois déjà: les enfants au cours de ski – parce que c'est important pour eux de savoir bien dévaler les pentes – et l'homme et moi sur une terrasse en altitude et au soleil, avec tous les bouquins que je n'ai pas eu le temps de lire ces derniers mois.
