La mosaïque 2010, la date approche

Stern03

Les copains, la date limite pour la mosaïque approche à grands pas, et comme je reçois des mails pour me demander si ce n'est pas trop tard, je vous confirme qu'il est encore temps de se shooter à poil et d'envoyer le résultat à cette adresse: lamosaique2010(at)yahoo.fr

Je précise que le (at) est en réalité un @ mais que je ne l'écris pas comme ça pour éviter les spams.

J'ai reçu déjà un bon nombre de photos, mais le plus il y en aura, le mieux ce sera pour lever notre poing et revendiquer notre droit à l'imperfection. Sachant que de ce que j'en vois, boys and girls, vous êtes surtout très beaux. Sans démagogie aucune…

Je tiens par ailleurs à m'excuser du peu de commentaires auxquels je réponds en ce moment, mais il se trouve que mon boulot vient de déménager, que mon temps de trajet d'est allongé, que les journées du coup sont longues et que je suis, en plus, rongée d'inquiétude pour une toute petite petite petite fille qui se bat pour rester dans le ventre de sa maman le plus longtemps possible. Sa maman étant ma soeur chérie. Alors voilà, ceci expliquant cela, mais merci à vous pour vos mots, vos échanges, vos interventions, que je lis, même en silence.

Survivors

Fête

"Au quotidien, ça va. Je gère plutôt bien mes envies, je ne me sens pas angoissée par la nourriture, je me fais plaisir et j'arrête à peu près tout le temps quand j'ai assez mangé. Mais là, par exemple, je pars en week-end chez des amis, je sais qu'on va faire la fête, qu'il n'y aura pas d'horaires pour les repas, qu'il y aura des tentations tout le temps et que je ne vais pas pouvoir faire comme chez moi, à savoir sortir de table quand j'ai terminé, pour éviter les tentations. Du coup, j'angoisse", expliquai-je la semaine dernière au docteur Zermati.

Ce à quoi il a répondu: "Il faut que vous vous fassiez confiance tout de même, maintenant. Que vous fassiez confiance à la régulation, surtout"

"Oui, vous allez probablement manger plus que d'habitude, à circonstances exceptionnelles, comportement alimentaire exceptionnel. Si vous pensez qu'il est possible de se nourrir en permanence en écoutant ses sensations, en mangeant exactement ce dont votre corps a besoin, vous vous trompez complètement. Les personnes qui ne font jamais un seul écart, qui ont une alimentation linéaire ont un problème, justement avec la nourriture. Ce sont eux qui sont déséquilibrés. D'ailleurs, très franchement, je n'en connais pas", a-t-il ajouté.

Quel soulagement encore une fois d'entendre ces choses là. La vie n'est pas un long fleuve tranquille et la bouffe non plus. Résultat, comme par hasard, j'ai passé deux jours tranquille, à ne me priver de rien, à ne surtout pas réfléchir à ce qui était en trop ou pas. Et à l'arrivée, pas de cata sur la balance.

Et quand bien même il y en aurait eu une de cata, je pense que ça se serait réglé, parce qu'en rentrant, pleine comme un oeuf de petits fours picard, de cannelés Baillardran, de champagne, de binouze et de pain surprise, j'ai eu une furieuse envie…

D'endives braisées.

Je sais, dingue.

Bref, ce que je suis en train d'essayer de comprendre et d'intégrer, c'est que la peur de regrossir me fera grossir. Ce que je comprends aussi, c'est que oui, c'est plus agréable de passer la soirée à danser en ayant la sensation d'être légère, oui, les compliments des amis pas vus depuis le meilleur de ma forme l'année dernière sont flatteurs. Mais non, ça ne change pas grand chose au plaisir qu'ils ont eu – ou pas – de me revoir et encore moins à celui que j'ai éprouvé moi.

Je comprends aussi, depuis les explications un peu scientifiques de docteur Z., que pour grossir comme je sais le faire, il faut souffrir de deux pathologies. La première est l'incapacité à gérer les émotions autrement qu'en mangeant. On en a déjà parlé, c'est indépendant de la volonté, un réflexe de pavlof, certains vont pleurer quand ils sont tristes ou inquiets, d'autres auront besoin d'un verre, d'autres d'une barre Milka. Parfois, on a même la chance d'avoir envie des trois à la fois. L'autre désordre, génétique, celui-ci, provoque une multiplication des cellules graisseuses, une multiplication irréversible qui fait évoluer le poids "de forme" inexorablement vers le haut. ça, tu l'as ou tu l'as pas. Les personnes qui n'ont pas cette mutation génétique, grossissent si elles mangent beaucoup, mais leurs cellules ne font que prendre du volume, volume qu'elles perdent dès que l'alimentation diminue. Les gens comme moi, eux, fabriquent des tas de copines à leurs adipocytes. Et c'est uniquement la combinaison de ces deux désordres qui entraine la prise de poids.

J'ajoute que d'après le docteur Z, si de plus en plus de gens sont obèses c'est aussi et tout simplement parce qu'au gré des guerres et des famines, les êtres non pourvus de la capacité à multiplier leurs cellules graisseuses, ont disparu, faute de pouvoir survivre. En gros, nous les gras, on est un peu des winners, des survivors. ça calme, non ? Comment que j'aurais aimé lui balancer au crétin qui voulait lancer un carothon pour me faire maigrir au collège…

Bref, seule solution pour enrayer le processus, agir sur les émotions. Pas sur les envies qu'elles déclenchent, une fois encore, ça, on n'y peut pas grand chose c'est un réflexe acquis depuis trop longtemps. Mais sur la naissance de ces émotions, comprendre dans quelles situations on est vulnérable, trouver la source du mal-être. C'est dans ce travail là que je suis désormais, un travail qui est beaucoup moins simple que le comportementalisme du départ ou que la reconnaissance de ses sensations. C'est une quête qui me ramène sur le chemin de mon enfance, de mon adolescence, et dont je ne sais pas exactement ce qu'elle va me permettre de trouver. Mais c'est passionnant et curieusement, j'ai en ce moment très peu de compulsions. J'ai aussi, et ça c'est encore mieux, plus d'assurance face à ceux qui habituellement me font perdre mes moyens (et ils sont nombreux, je suis une grande gueule des couloirs, je rappelle).

Bref, pas de magie dans tout ça, pas d'évidences, beaucoup d'introspection et parfois quelques illuminations qui m'aident à comprendre le pourquoi de certains goûters qui jadis duraient jusqu'au repas du soir…

L’âge du NON

Pas beaucoup de temps aujourd'hui pour un billet mais je ne résiste pas à vous montrer cette véritable leçon d'autorité et de pédagogie maternelle.

Mon amie Julie qui jouit – beaucoup – m'a expliqué un jour que pour qu'un enfant entende le NON il faut commencer par y croire soi même.

Hum.

Edit: Je sais, on peut se dire qu'au lieu de la filmer je ferais bien d'aller la récupérer avant qu'elle ne tombe. Sauf que de toutes façons, elle est fourrée dans les escaliers dès qu'on a le dos tourné, du coup, j'essaie de prendre sur moi en me persuadant qu'elle apprend et que même si elle glisse, ce ne sera pas non plus la fin du monde… Pour info elle est déjà tombée. Plusieurs fois.

Edit2: je sais, je suis en train de me justifier à mort.

Allo Maman Dolto

Dolto  Je connais Ludivine depuis peu de temps. Mais il y a certaines personnes avec lesquelles c'est évident. Evident en l'occurence qu'elle est de celles à côté desquelles je peux rapidement passer pour une ravie de la crèche tant elle me fait rire.

C'est précieux, les gens qui vous chatouillent à ce point les zygomatiques. je dirais même qu'on devrait leur assurer une rente à vie, pour bienfaits à l'humanité. Je crois qu'après le plaisir sexuel et le plaisir gustatif, le rire est la nourriture après laquelle je cours le plus.

Bref, Ludivine, en plus d'être une fille formidable, est donc à ses heures et plus souvent qu'à son tour hilarante.

Et en plus elle est actrice.

Et là, en l'occurence, elle joue, avec Marie Blanche, qui a reçu elle aussi l'humour en héritage (whooo, l'esprit) dans une comédie drôlatique, "Allo Maman Dolto".

Le principe ? Des scénettes sur les névroses de mères "dolto-maniaques", focalisant sur les phases orales, anales ou phalliques de leurs rejetons tantôt adorés, tantôt détestés.

Nous, en gros.

Tout y passe, par le prisme des conseils certes souvent avisés mais parfois intenables, de notre prêtresse à toutes, la maman de Carlos, j'ai nommé la bonne Françoise D. : les otites à répétition qui seraient le signe que Pierre-Saustène "ne veut pas entendre ce qu'on a à lui dire ou ce qui se passe entre sa mère et son père", le caca étalé à pleine main, signe qu'enfin, Guenièvre a franchi avec succès le passage de l'oral à l'anal ou le bégaiement de Benjamin Boulette qui à cause de ses initiales – et donc par la faute de sa mère – reste bloqué au stade bébé.

Mention spéciale à la séquence qui voit une mère éreintée péter un cable après avoir TOUT essayé pour rendormir l'adorable Pierre-Saustène (jeux interdits à la guitare, les marionnettes, la lecture de poésies et j'en passe) et qui finit par, hirsute, beugler un "TA GUEUUUUUUULE, TU ME FAIS CHIER" des plus salutaires.

Bref, j'ai ricané comme une dinde et j'ai eu la confirmation que Ludivine de Chastenet, en plus d'être une chouette et belle fille est une sacrée bonne actrice. Au même titre que Marie Blanche, d'ailleurs, qui passe du registre du bébé hystérique à celui de la garce bourgeoise en passant par la femme de ménage à l'accent stéphanois avec une aisance qui m'a troué le… fondement.

Ouais. Je crois qu'il n'y a pas que Pierre-Saustène qui soit resté coincé au stade anal.

Sans rire, allez-y, je vous en conjure, c'est au Mélo d'Amélie, rue Marie Stuart dans le 2e arrondissement. Ludivine et Marie alternent toutes les deux semaines avec un autre couple de comédiennes qui déchirent aussi, j'en suis sûre.

Pour réserver, c'est ici

Le Mélo d'Amélie
4 rue Marie Stuart
75002 Paris France
Tel. 01 40 26 11 11

In love with a skirt

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Je suis tombée en amour. D'une jupe. En jean, vu que le jean c'est le nouveau noir, je rappelle. Sans rire, je n'avais jamais trouvé jupe à mon cul, si je puis dire. Surtout en denim. Toutes celles que j'avais achetées jusque là m'entravaient, remontaient quand je marchais, faisaient un gros bourrelet sur le ventre ou étaient fendues devant mais trop que c'en était indécent.

En fait j'ai compris aujourd'hui pourquoi. Elles étaient trop longues. Alors que d'après mon benchmarking sur une vingtaine d'années, une jupe en jean se doit d'être courte.

Bon, pas ras l'intimité non plus, on n'a plus 17 ans (à trois mois près c'est ballot mais c'est comme ça). Mais courte pour laisser aux genoux un semblant de liberté, pour ne pas tire-bouchonner quand on arpente les couloirs de métro et pour te donner en plus l'impression d'être une cagole à peine majeure. Je sais, on n'aime pas montrer ses cuissots. Sauf que là, je sors ma carte à 200 PV: le legging, le tregging, le jegging, ou les bas à 150 deniers.

Je ne précise pas où j'ai trouvé ma perle rare, ça va de soi, je rappelle que je fréquente exclusivement un city market, monoprix de sn prénom. What else. Qu'on ne se méprenne pas, c'est tout simplement en raison d'un tropisme évident, il y en a un gigantesque en face pile poil de mon boulot et un autre pas très loin de chez moi. Comme en revanche, que ce soit dans le quartier de mon taf ou dans celui où je vis, les spots trendy et pas cher ne pullulent pas, hormis quelques excursions courageuses chez le suédois lors de jours chômés, je suis intégralement vêtue par Monop, de la culotte (roulée en boule ou pas) aux chaussettes, en passant par le reste (futals, jupes, robes, tee-shirts et cie).

On me dit que les deux ou trois blogueuses modeuses qui me lisent en loucedé ont besoin d'un défibrilateur. Don't worry mes amies en tutu, je survis. Quand ça devient trop dûr, je commande à la Redoute.

Sans rire, si je m'habille à monop c'est aussi parce que pas de vendeuses, pas de files d'attente aux cabines et surtout, surtout, du 42, du 44, du 46 et même du 48 s'offrent à moi, pour le même prix en plus. Idem pour les collants que je trouve en taille 4, ce qui est certes un peu trop grand pour moi en ce moment mais qui est tout de même assez réjouissant et évite de marcher en canard toute la journée.

Qu'est-ce que je voulais dire encore ?

Ah, si, en plus la jupe en question est super pratique pour faire les courses. C'est dingue.

Je vous laisse, il faut que j'alle traduire tout ce billet en anglais et j'ai un problème, je ne sais pas comment on dit tutu en briton.

Avec un peu d'indulgence pour les photos, ma fille n'a que 9 ans, hein.

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Avec lipstick mais flou…

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Sans lipstick mais avec netteté…

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Un peu de Nutella ? Ou un citron, si tu veux.

Allez, une petite dernière pour la route avec léger affaissement mamaire par contre, l'amaigrissement n'a pas que du bon, qu'on se le dise.

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Edit: Les bottes abimées sont des Duo, modèle Latina, que j'aime d'amour et qui sont pile poil à la taille de mon mollet girond.

Se plaire ou/et s’aimer ?

Sifnos

"Est-il nécessaire de se plaire (à soi-même) pour s'aimer (soi-même) ?"

Ouais ben on rigole, on rigole mais moi je suis censée plancher sur ce sujet du bac pour ma prochaine séance chez le docteur Z.

Et je sèche un peu.

Autant vous dire en plus que le doc, il a sa petite idée sur la question et que d'après ce que j'ai compris – c'est qu'on commence à bien se connaitre – la réponse est non.

Même que ça pourrait être un peu la raison de tous nos malheurs, cette confusion que nous faisons entre plaire et être aimé.

Non, de rien, ce fut un plaisir.

Edit: la photo, c'est juste parce que là tout de suite, je voudrais être à Sifnos. Et puis j'aime bien la mise en abîme de je me prends tu me prends en train de te prendre en photo. Et finalement, on n'est pas si loin de cette histoire d'image qui nous plait ou non. Ok, je raconte n'importe quoi.

La culotte clandestine

Honte

J'ai la sale manie quand je me déshabille d'enlever pantalon, culotte et chaussettes en même temps et de balancer le tout dans le sac à linge sale.

Jusque là, je ne voyais pas trop le problème.

Maintenant, si.

Vu qu'hier je me suis retrouvée avec une culotte roulée en boule dans une jambe de mon jean huilé.

Je m'en suis rendue compte à 18h45 lors d'une réunion dans le bureau de grand chef.

18h45, putain.

Après environ une vingtaine d'allers-retours dans l'open-space, deux réunions et un rendez-vous à l'extérieur. Tout ça en étant convaincue d'être au top dans ma nouvelle chemise en jean. Courte. La chemise.

Je vous laisse je vais me pendre dans mon four.

Edit: Je ne sais pas. Je ne sais pas comment j'ai pu ne pas m'apercevoir de la présence de cette culotte. Et oui, je me demande depuis si elle s'est contentée de se planquer au niveau du genou ou si elle a commencé la journée en haut de la cuisse pour migrer petit à petit vers le mollet, là où elle se trouvait quand je l'ai repérée.

Edit2: Je confirme, il est tout à fait probable que certains aient pu penser qu'il s'agissait d'une fugue de serviette hygiénique. Ou alors qu'au lieu de planquer mon mouchoir dans ma manche comme les enfants j'avais moi cette petite manie de le glisser derrière mon genou.

Edit3: En même temps ça aurait pu être pire. Si. Mon slim était rentré dans des bottes hier. Ce qui m'a probablement sauvée d'une chute de la culotte sous le bureau de bigboss aux alentours de 18h46. 

Edit4: Elle était PROPRE. Si.

Edit5: Dans la famille denim j'ai aussi acheté la jupe, à monop. Ah ben moi on me dit que le denim c'est le nouveau noir, je fonce.

Up and Down

Lipstick

C'est parti pour un up and down, parce que ça faisait longtemps, non ?

Up. Benjamin Biolay, que j'ai vu en concert il y a une semaine et qui m'a fait pleurer en chantant "ton héritage", danser en rappant "A l'origine", emportée avec sa Superbe et fait rentrer au bercail avec Lyon Presqu'île. J'aurais adoré écrire cette phrase de Simone de Bougeoir (ok, j'adorerais écrire chacun de ses mots, c'est le genre de blog que je me refuse presque à lire parce qu'après je n'ai qu'une envie, arrêter le mien, pas la peine, la barre est trop haut). Cette phrase donc: "Il était très très beau et, surtout, il transpirait le sexe (malheureusement, on dirait que le sexe fait graisser les cheveux).". Bref, franchement s'il passe près de chez vous allez-y, il ressemble à Benicio del Toro en plus. Pas été aussi émue en concert depuis Bashung. C'est dire.

Up aussi. Ouais, c'est ma semaine masque et la plume. J'ai vu, samedi, Stéphane Guillon au théâtre Dejazet. Rien que pour la salle ça vaut le coup, l'endroit est de ceux dont on dit qu'il est "chargé d'histoire". Et là ce n'est pas galvaudé. Poussiéreux comme j'aime, avec tentures rouges, peintures murales et fresques au plafond. Et Stéphane Guillon alors ? Alors il est drôle, grinçant, percutant. J'avais peur de trouver ça long, je veux dire j'aime ses chroniques mais deux heures, quoi. Et non, ça file aussi vite que son débit et en plus lui aussi sent le sexe et sans cheveux gras en prime. A un moment je me suis dit qu'il me faisait un peu le même effet que Docteur House. Même méchanceté qui titille le zizi. Et puis rien que pour le voir dans la peau d'un photographe de match racontant le shooting de BHL en Afghanistan ça vaut le coup. Sans compter que c'est le meilleur imitateur au monde de Nicolas Sarkozy.

Up encore (oui, call me bisounours-girl): Le clown bar, auquel on est allés manger après Guillon. Tout petit troquet attenant au cirque d'hiver. Ils servent tard des plats de famille, sans chichi et pas trop cher (pas donné non plus). Surtout, ils font des frites maison qui n'émeuvront pas ceux qui ont la chance d'avoir une vraie baraque à patates à proximité mais qui feront grimper aux rideaux tous les allergiques aux surgelées qu'on nous vend habituellement. Mention spéciale également à leur moelleux au chocolat valrhona (et une petite pensée au passage pour Caro d'Ardèche).

Down: The mentalist. J'ai beau y mettre du mien et regarder épisode après épisode (en version française, ceci explique peut-être cela), je n'arrive pas à comprendre l'hystérie collective autour de ce truc, ça ne me parle pas plus que ça. Ok, l'acteur est une sorte de docteur mamour en blond et a le regard yummy-yummy mais bon, pas de quoi faire peur à Greg House.

Down: Le mois de février qui certes est très court mais qui a le tort d'empêcher mars d'arriver plus vite. Lui même étant un sacré obstacle à Avril, ce dernier freinant l'arrivée de Mai. Mai qu'on aime puisque Juin n'en est pas loin.

Down: Le saucisson lyonnais acheté à mon charcutier parisien. Pas mauvais, non. Mais un saucisson de Lyon on l'achète à Lyon et c'est tout. Parce que fabriqué à Paris, il perd en route ses pistaches et ce goût inimitable qui fait qu'on se dit que c'est mortel le saucisson de Lyon. Non ?

Up: Mon lipstick Loreal True Red, acheté à Pas-cher et qui ne me vaut que des wow, des ouah, des Oh et des Ah. Si j'avais su que ça valait tous les talons du monde et même les kilos perdus, je n'aurais pas attendu 38 ans pour mettre un vrai rouge qui pute pète sur mes lèvres. Et en plus il hydrate, parait. Note que j'y crois pas, à ces machins deux en un. Mais il est vraiment va va voum et du coup, je m'invente que moi aussi…

Les larmes de Tarzan

Les-larmes-de-tarzan  Lui c'est Jane et elle c'est Tarzan. En vrai, c'est Mariana mais comme elle lui est tombée dessus sur une plage suspendue au bout d'une tyrolienne, il n'arrive pas à l'appeler autrement que Tarzan.

Lui, c'est un jeune homme très comme il faut, blindé de thunes un peu à l'insu de son plein gré après avoir – très bien – revendu sa boîte. Il aime les femmes mais pas plus que sa Lamborghini et ne voit pas du tout l'intérêt de se coltiner ces machins qui ont toujours une morve verte qui coule de leur nez et qu'on appelle des enfants.

Elle, elle est pauvre comme Job, et encore, à côté Job, ce serait Bill Gates. Elle élève ses deux enfants seule, depuis que l'amour de sa vie, un poète un peu schizophrénique sur les bords – et aussi sur le milieu d'ailleurs – est parti on ne sait où. Elle en est sûre, il va revenir. Mais en attendant, elle se bat tous les jours pour que ses enfants mangent à leur faim, même si certains soirs c'est nesquik pour tout le monde et c'est à peu près tout.

Quand elle lui est tombée dessus sur cette plage, la peau tannée et vêtue d'un seul bas de maillot duquel dépassaient des touffes de poil, il l'a regardée et pensé que ses petits seins ressemblaient à des oreilles de basset. Il l'a trouvée insupportable et puis mon dieu, quels horribles enfants elle avait, le plus petit tout pisseux, non merci, au-revoir Tarzan.

Quand à elle, elle s'est dit qu'il était puant et imbuvable, en plus d'être sans humour.

Et puis…

Et puis bien sûr, comme toutes ls histoires d'amour qui commencent très mal, ils ont fini par se sauter dessus et découvrir qu'en dépit ou à cause de leurs abyssales différences, leurs corps, eux, n'en finissaient pas de s'électriser. Et puis, les oreilles de basset, manifestement, ça peut être sacrément érotique, s'est dit Jane, qui s'est mis à trouver toutes les bimbos fraichement épilées et foutues comme des barbies complètement fades et sans saveur.

Je m'arrête là, parce que le mieux avec "Les larmes de Tarzan", c'est de le lire. Je vous préviens, ça passe vite, très vite, parce que Jane et Tarzan, on les aime d'amour, sans parler de tous les personnages secondaires décrits avec une tendresse incroyable par Katarina Mazetti.

Oui, Katarina Mazetti, l'auteur du "Mec de la tombe d'à côté", un des bouquins que j'ai le plus aimés l'année dernière.

Je ne saurais dire si celui-ci est mieux ou pareil, il se trouve que le procédé narratif est le même, une fois l'un, une fois l'autre qui raconte et que le sujet est sensiblement identique: comment s'aimer quand tout vous sépare ?

Sauf que c'est totalement différent, d'autres univers, d'autres personnages. Mais on retrouve en revanche l'esprit engagé de l'auteur qui décrit avec un réalisme incroyable la dure condition des femmes seules avec enfants, héroines du quotidien qui se démènent comme des diablesses pour leurs minots. Sans pathos aucun bien sûr, sa marque de fabrique étant un humour potache et caustique qui balaie tout sur son passage.

Voilà, je m'arrête là, je pourrais en parler des heures tellement je suis tombée en amour de Katarina Mazetti qui sait me faire rire et pleurer, vibrer, même, et qui écrit des scènes de cul comme jamais je n'en avais lues jusque là.

Edit: Un grand merci à Mlle E. pour ce livre, il faut arrêter de me gâter maintenant ou alors je vais vraiment y prendre goût…

Sur-exposée

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"Vous vous exposez trop, faites attention".

C'est le docteur Zermati qui m'a mise en garde lundi. Attention, aucun jugement de valeur dans cet avertissement, ni critique de mes billets sur la thérapie. Non, ce qu'il a voulu me faire comprendre, c'est que donner ici des détails sur le nombre de kilos perdus n'était pas forcément bon pour moi.

Pourquoi ? Parce que quelque part, je me mets toute seule la pression. Celle de ne pas "décevoir", de devoir tenir absolument, de ne pas faillir, pour ne pas avoir honte ensuite de devoir avouer ici que oui, j'ai regrossi.

"J'ai vu souvent des gens, un peu ou beaucoup célèbres, censés maigrir pour une marque quelconque de produits diététiques et dont l'amaigrissement était devenu un argument de vente. Ils ont tous fini par regrossir", a-til ajouté.

Sur le coup, j'avoue, j'ai été ébranlée. Après tout, je fais ce que je veux, et puis sur ce blog j'ai pris l'habitude de tout raconter, et puis je me suis aussi montrée plus grosse, et puis l'idée n'est pas de fanfaronner, simplement de témoigner. Non, je n'en fais pas un argument de vente ou de communication, n'importe quoi l'autre.

Sauf que… hum.

Evidemment, je fanfaronne.

Comme un enfant qui arbore sa deuxième étoile durement gagnée, j'ai cédé à la tentation, moi, d'épingler sur ces pages la graisse perdue. A grand renfort de photos flatteuses et d'annonces victorieuses, moins un, moins trois, moins dix, moins… stooooop.

Et oui, si j'y réfléchis bien, ça me met la pression. Parce que reprendre du poids serait, à tort sûrement, un échec. Assurément. Un échec d'autant plus cuisant qu'il serait public et constaté par vous tous

"Je ne vous le souhaite pas du tout, je touche même du bois, mais il est tout à fait possible qu'un jour vous soyez amenée à regrossir. Même en admettant que vous respectiez toute votre vie vos sensations alimentaires, il y a tout un tas de facteurs extérieurs qui peuvent intervenir. Vous pourriez être contrainte de prendre des médicaments (anti-dépresseurs, anti-cancéreux ou autres agissant sur le métabolisme), subir les effets hormonaux de la ménopause ou que sais-je. Ce jour là, votre valeur en serait-elle moindre ?".

Wow, là aussi, inutile de dire que j'ai été un peu bousculée. Attends, je suis la parfaite bonne élève zermatienne et voilà ce que je me prends ? Non mais où qu'ils sont les bons points et les images, hein ?

Plus sérieusement, je crois qu'il fallait probablement en passer par là pour calmer mon euphorie de dinde hystérique d'entrer à nouveau dans un 42.

Oui, c'est bien, oui, c'est normal d'être heureuse de s'apprécier à nouveau. Mais non, sur-valoriser ce changement de silhouette n'est pas bon à long terme. Parce que c'est se mettre dans la tête que reprendre deux kilos serait dramatique. Et il y a fort à parier alors que ce ne serait pas deux kilos qui viendraient s'ajouter mais dix de plus, sous l'effet du stress et de l'angoisse générés.

Toutes ces remarques, le docteur les a formulées après avoir lu mon petit bréviaire de ce que j'éprouverais si je regrossissais. Il en est ressorti que très clairement, pour moi, obésité et estime de soi ne font pas très bon ménage (en même temps aucun scoop à l'horizon, hein).

En d'autres termes, j'ai une légère tendance à me considérer comme une personne de plus grande valeur lorsque je mincis.

"Ce qui compte, ce n'est pas le regard que portent les autres sur vous, celui-ci, vous n'y pouvez pas grand chose. Ce qui compte, c'est que vous, vous soyez convaincue que vous n'avez pas été grosse durant toutes ces années par manque de volonté, par faiblesse ou absence de ténacité. Parce que oui, je vous l'assure, cela n'a RIEN à voir avec la volonté. Il se trouve, même, que trop de volonté dans ces cas là ne fait que détraquer un peu plus la machine.

Pour faire une comparaison qui peut vous parler, un gardien de but peut arrêter un pénalty. Si vingt personnes tirent en même temps vingt ballons dans sa cage, il ne sera pas en mesure de tous les attraper. C'est ce qui se passe avec les envies de manger pour des gens qui comme vous souffrent d'un dérèglement du comportement alimentaire. Une envie de manger, vous pouvez, à force de volonté, la stopper. Deux, trois, peut-être. Mais si votre cerveau vous en envoie 50 dans l'heure, c'est impossible. Que vous soyez ou non quelqu'un d'obstiné".

Il m'a également expliqué tout le processus qui conduit quelqu'un à prendre du poids au fil des ans. C'est un peu compliqué et fastidieux à expliquer, mais si ça vous intéresse, je tenterai de vous le formuler avec mes mots. Mais en gros, ce que j'en ai retenu, c'est que oui, mère nature la truie. Ou pas, d'ailleurs, parce que d'après le docteur Z., je ferais bien d'arrêter de l'engueuler, mother nature. Parce que j'ai sacrément de la chance d'avoir perdu autant en si peu de temps, c'est la preuve que mon corps n'a pas été totalement déréglé par tous les régimes que je lui ai fait subir.

Ce que j'ai retenu aussi, c'est qu'à mon corps défendant, je porte un regard aussi malveillant sur moi (et donc les personnes en surpoids) que les garçons qui m'emmerdaient à l'école quand j'étais enfant. Et que tant que je n'aurai pas cessé de mépriser cette adolescente ingrate que j'étais, je n'aurai pas beaucoup avancé. 10, 15 ou vingt kilos en moins n'y changeront rien.

"Quand vous croiserez dans la rue, le métro ou ailleurs des personnes en surpoids, regardez-les comme elle doivent l'être. Comme des gens qui ne sont pas à blâmer pour ces kilos, dont ils ne sont pas responsables. Ce sera un bon début".

Je suis partie sur ces mots et depuis lundi tout ceci tourne dans ma tête. Je n'ai plus trop envie de parader, j'ai compris, je pense, que la partie était loin, loin d'être gagnée. Et j'essaie de me convaincre qu'en effet, voir à nouveau l'aiguille de la balance partir dans le mauvais sens ne serait en rien la preuve que je ne vaux pas tripette…

Edit: A compter d'aujourd'hui, donc, je continuerai à parler de tout ça, mais
sans donner de détails chiffrés sur mes "performances", qui ne doivent
justement pas être considérées comme telle.

Edit2: Il me semble que c'est évident mais je préfère le préciser, les propos que je rapporte sont exacts dans leur sens, mais je ne prends pas des notes et j'écris donc ça à ma sauce. Le docteur Z. a la grande gentillesse de me laisser raconter tout ceci sans jamais juger ou émettre une remarque alors que je pense qu'il lit, pas tout peut-être mais tout de même. Mais ces écrits sont avant tout ma version des choses, qui n'engage que moi.

Edit3: Je veux aussi ajouter que je ne raconte pas tout des séances et que chaque patient vit les choses à sa façon. Chaque patient est également particulier et ce qui est valable pour moi ne l'est pas forcément pour un autre…

Edit4: Non, rien.

Edit5: Ah, si, la photo c'est celle d'un shooting qui date de trois ans maintenant pour une marque de shampoing qui voulais montrer qu'elle aimait toutes les femmes, à la Dove, quoi. Pour ceux que ça intéresse, j'en avais fait des billets, et .