Ça sera toujours de mon âge

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J'ai envie de rebondir sur un commentaire d'hier. Pas parce qu'il m'a blessée, il était formulé assez gentiment. Même si d'expérience je me méfie de toute phrase commençant par "ne le prends pas mal", "ce n'est pas pour être méchante", "ne m'en veux pas de ce que je vais te dire" (Et par extension,  "je ne suis pas raciste mais bon…", "c'est pas que je n'aime pas les pédés mais…").

J'ai envie de rebondir, disais-je, sur ce commentaire qui disait en substance que les blousons en cuir passé 40 ans, bof. Plus exactement, "ça fait pupute". 

Je ne le prends pas mal, donc.

Vraiment pas, en plus, je dirais même que faire pupute n'est pas le pire que je puisse imaginer, je crois que je préfèrerai toujours faire pupute que bobonne.

Mais ça n'est pas sur cet aspect péripatéticien que je voulais réagir. Plutôt sur la première partie de la phrase, cette idée selon laquelle passé un âge quelconque, 20, 30, 40, 50, 60 etc, il y aurait des choses qui ne se font plus. Mettre du cuir, donc, se teindre en blonde, en rouge ou en bleu, laisser pousser ses cheveux, porter des shorts ou des mini-jupes, montrer son décolleté ou kiffer les paillettes et le rose. Sans parler de se prendre une cuite, draguer un mec, jouir en levrette, tailler une pipe, ricaner avec ses copines, regarder des comédies romantiques ou encore exhiber ses seins sur la plage.

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C'est curieux comme on peut à la fois vivre dans une société où ce qui est jeune est nécessairement beau et merveilleux (ce qui est rare est cher, en même temps, ça se comprend) et s'auto-censurer à ce point dès qu'on a dépassé la soit-disant limite d'âge.

Comme je répondais hier, j'ai passé ces trente dernières années à me prendre le citron tous les matins sous prétexte que telle ou telle tenue me grossissait. Comme si là aussi, il y existait un décret interdisant aux plus de tant de kilos de montrer leur croupe ou leurs jambes.

En prenant de l'âge justement, et probablement en perdant du poids (mais ça avait commencé avant et je ne suis de toutes façons pas sylphide), je suis presque parvenue à me débarrasser de ça. Parfois, je porte des tenues qui ne me flattent pas forcément mais parce que j'en aime le message qu'elles délivrent, ou tout simplement le style. Et en général, je récolte des compliments parce qu'une "pièce forte" comme disent les intellectuels de la moderie fait oublier le reste, d'une certaine manière. Moi même quand une amie "ose", je remarque plus ce qu'elle porte que la façon dont ça lui sied.

Bref, j'ai quasiment réglé ce souci de l'adéquation "poids/style", alors laissez-moi vous dire que je refuse catégoriquement d'embrayer sur ce nouveau problème que devrait me poser mon entrée dans la quarantaine. Premièrement, de nombreuses études faites par des gens très sérieux (Elle, Grazia, Be, Cosmo…) l'ont dit et redit: 40, c'est le nouveau 30. Ha ! 40 ans n'existe pas, la question est réglée, CQFD.

Mais parce que je suis une femme de réflexion, j'ai quand même un deuxièmement. Le deuxièmement c'est que j'ai une mère qui n'a jamais changé sa façon de s'habiller, voire même qui est plus libérée elle aussi de l'outfit aujourd'hui qu'il y a vingt ans, et que je ne me suis jamais dit qu'elle pourrait quand même être un peu plus convenable. Que "faire jeune" n'est vraiment pas une préoccupation pour moi (je ne dirai peut-être pas toujours ça mais en tous cas aujourd'hui ça n'en est pas une), mais me faire plaisir en portant des choses que j'aime comme un blouson en cuir, des chaussures compensées ou des bagues tête de panthère ou de mort*, alors ça, oui. J'aime trop les vieilles dames indignes pour me ranger à 41 ans. J'espère bien porter un perfecto à 80 balais si je vais jusque là et si je n'en porte plus, ce sera pour une raison tout autre que celle de l'âge (genre que je vivrai au soleil et que la seule chose que je supporterai sera un paréo). 

Je crois que ce qui m'a finalement le plus interpellée hier, c'est que ce commentaire ait été formulé à priori par une quadra. Je pense que je l'aurais mieux compris de la part d'une jeunette, parce que c'est le jeu à 20 ans de penser qu'on ne vieillira jamais et de railler ses ancêtres. Mais merde, une camarade de la promo 71, non ! Encore une fois, cessons de nous soumettre volontairement à ce diktat qui veut aujourd'hui que passé 35 ans on soit des seniors indésirables ou priées de la mettre en sourdine. Alors même qu'il nous reste bien 30 balais à bosser pour espérer toucher une hypothétique retraite et que l'espérance de vie ne cesse de s'allonger.

Parfois, les barrières les pires sont celles que nous nous imposons à nous même. Je ne prétends pas que lutter contre les préjugés et le racisme anti-tout ce qui n'est pas mince/jeune/blond/blanc/hétéro est aisé et dépend uniquement de notre bon vouloir. Mais au moins, bon sang, agissons sur ce qui est en notre pouvoir. Jusqu'à nouvel ordre, se saper comme bon nous semble est encore un droit sur lequel aucun législateur n'a eu l'idée de se pencher. Dont acte.

* ces petites choses très charmantes m'ont été offertes par Mia Reva. Mes deux fois vingt ans et moi même, on valide à mort.

Rock and cuir

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Hier ma journée a commencé de la pire des façons. D'abord j'avais mal dormi, une espèce de crise d'angoisse assez rapidement cataloguée par mes soins comme un pré-anévrisme (je vais bien sinon). Réveil la tête dans un étau, avec l'impression d'une montagne à gravir tant j'étais à la bourre pour un rendre un papier qui me tenait à coeur en plus. Et bien sûr, comme il est de rigueur, les emmerdes volant en escadrille, alors que j'avais mis un point final à ce dit papier et que je n'en étais pas mécontente (du papier), mon ordinateur a planté.

Cette seconde où tu réalises que la dernière fois que tu as enregistré c'était… la veille après avoir écrit les dix premières lignes. Et cet espoir insensé qui s'empare de toi quand une fois l'ordi violemment éteint manuellement parce que plus rien ne bouge depuis 1/4 d'h, tu t'apprêtes à le rallumer en t'imaginant que si ça se trouve, si, en fait, tu avais enregistré. (mais en fait, non).

Je passerai sur ces quelques minutes de respiration par le ventre (mon anévrisme palpitait tant que j'aurais pu l'entendre), pour en venir au fait: j'ai du tout réécrire et accepter l'évidence: mon ordinateur est à deux doigts de me présenter sa démission. J'imagine qu'il penche pour l'auto-entreprenariat.

Bref, la journée avait mal commencé et il se trouve que j'avais un dèj de prévu avec Violette et Cécile pour parler boulot (référencement, SEO, influencerie, syndicalisme des indépendants, etc) (compensées, imprimé graou, chemises qui tombent mal, aussi). J'ai failli annuler et puis je me suis dit que parfois avoir des amies, c'est bien utile. Un peu d'astuce et d'espièglerie aussi.

 
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Un hamburger juste à crever de bonheur plus tard, les voilà qui me disent qu'elles ont une bonne idée pour me remonter le moral. Un petit shooting mode. On est comme ça dans la bloguerie, complètement fofolles.

Il faut dire que j'avais mis le paquet sur mon outfit, tout en nuances: robe tête de mort, boots noires et blouson en cuir. Je crois que j'avais envie de faire passer un message.

En vérité ça m'a fait du bien, même si je vous le dis, je n'assume pas du tout la street photographie. Je tire une nouvelle fois mon chapeau à toutes celles qui font ça quotidiennement, moi à chaque passant qui passait (richesse du style, bonjour), j'avais la très nette impression d'entendre des rires étouffés. En fait c'était juste Violette et Cécile qui se moquaient de mes collants en tire-bouchon. Elles n'avaient pas compris que c'était mon twist enfantin, une manière bien à moi de dédramatiser mon côté black sabbath. Elles n'ont rien voulu entendre alors entre deux prises je les remontais (mes collants).

 
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Au bout d'un moment, constatant qu'au niveau de la pose on frôlait le pathétique, Violette a eu cette idée brillante de me faire marcher. Je me suis exécutée, ressuscitant Aldo Macione.

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Voilà, sans rire, s'il y a une combinaison en laquelle je crois dans la vie c'est celle associant une robe un peu légère avec un blouson en cuir qui va bien. ça et le slim/boots/tee.

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Et le blouson en question est un Brooklyn Bridge Factory, modèle Ruby. Je ne le quitte plus, il est léger comme une plume et en même temps se tient vachement bien. On parlait de mes essentials la dernière fois, je crois que j'en tiens un. J'ai hâte qu'il soit tout tanné, tout limé, parce que j'aime bien, aussi, les cuirs limés. Les vins blancs aussi. Limés. J'aime bien. Merci BBF pour ce cadeau.

(sac via Forzieri)

Une drôle de rentrée

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C'est une rentrée étrange. Déjà bien consommée d'ailleurs quand on y pense, mais c'est peut-être là le problème, j'éprouve cette année comme une difficulté à me sentir sur les rails. Comme si j'étais emportée malgré moi par le cours des choses, alors même que je rêverais d'avoir du temps pour me poser un peu, réfléchir à ce qui compte, à ce que je peux désormais refuser sans la peur au ventre de me retrouver sans boulot.

Il est long ce chemin vers la sagesse et la sérénité, je crains qu'il n'ait pas vraiment de fin. Et puis il y a l'intensité de la vie, ces amitiés qui ont toujours compté mais ont pris depuis quelques mois un sens plus urgent. Il y a ces changements qui s'opèrent sur mes enfants, que je sens à la fois si fragiles parfois et si pressés en même temps d'aller de l'autre côté de la rive, celle de l'émancipation mais aussi un peu des boutons… Il y a la petite dernière aussi, dont les mots trébuchent, souvent, comme un signal qu'elle nous enverrait sur la difficulté parfois de se faire entendre, au milieu des résultats de contrôles, des récits de la dernière bourde d'untel, du chagrin d'amour d'une autre, des misères de travail de ses parents ou du loyer à la bourre.

Il y a ce nous qu'il faut protéger, qu'il serait si facile de considérer comme préservé de tout, alors qu'il n'y a sans doute pas plus vulnérable que l'amour qui ploie sous le poids des impératifs du quotidien.

Il y a ces semaines qui filent, ces week-end à Lyon qui nous échappent à cause de ce fichu temps qui passe.

Une drôle de rentrée, avec cette écharde au coeur, rappel de notre insouciance perdue.

Hier, alors que cette équipe de télévision était dans mon salon pour immortaliser mon activité un brin étrange de blogueuse ("on veut vous filmer sur votre lieu de travail, dans votre bureau", m'a expliqué le réalisateur. "Alors venez sur mon canapé", leur ai-je répondu), je me remémorais le pourquoi de ce blog, de ce qui m'avait poussée un après-midi de janvier, il y a bientôt sept ans, à l'ouvrir.

Je me suis replongée dans ces premiers billets et j'ai été frappée par cette intimité que j'y dévoilais, inconsciente de jeter mes mots dans ce qui me semblait alors être le néant mais qui était en réalité bien habité.

Je crois que cette inconscience me manque un peu, ce temps où je bloguais en clandé, sans me soucier de qui me lirait. Et en même temps, ainsi que je le confiais au journaliste hier, ce blog est ni plus ni moins aujourd'hui un prolongement de moi même, un confessionnal virtuel, une catharsis, un catalyseur ou tout autre mot dont je n'ai jamais bien compris le sens mais qui doit plus ou moins vouloir dire que ça m'aide à avancer, à réfléchir, à me réfléchir.

On demande souvent aux "blogueurs" leurs raisons, le pourquoi de cette drôle de manie de s'exposer. Il y en a cent, il y en a mille, des plus avouables que d'autres, des qui relèvent de ce désir presque assumé de célébrité, de ce besoin d'être entendu, reconnu, apprécié. Il y en a une en ce qui me concerne qui n'a jamais changé: écrire et être lue. Celle qui vient juste après et qui en découle est cette ambition un peu utopique de tisser des liens. Merci à vous de répondre à ces deux nécessités.

Edit: photo d'une photo dans ce resto, "Mémère au piano" dans le 11è arrondissement. Un peu cher mais plutôt très bon. On est tous restés en arrêt devant sa beauté sur ce cliché. Marilyn, la seule et unique.

Auto-entrepreneurs, pas de panique

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Bon alors, il semblerait qu'au fil du week-end les informations hyper alarmistes quant à l'avenir du statut d'auto-entrepreneur se soient tassées. Il est aujourd'hui question d'une augmentation des cotisations de 3%, ce qui ne me pose pas plus de problème que la probable augmentation des impôts qui nous pend au nez, en tant que catégorie moyenne supérieure, ou quelque chose comme ça.

Si j'ai pris la mouche – et pourri accessoirement la soirée de vendredi avec les copains – (tout le monde a décrété à la fin que j'étais madeliniste), c'est qu'en effet, je considère que l'auto-entreprenariat n'est pas la pire des décisions prises par le gouvernement précédent. Je suis consciente de la concurrence déloyale que ce statut peut représenter pour les travailleurs indépendants et artisans. Seulement il ne faut pas oublier que pour bénéficier des avantages (des cotisations de 20% versus je ne sais pas exactement combien pour les autres, en effet y'a la question des frais réels qui entre en compte) il ne faut pas dépasser un plafond de 32 000 euros annuels de revenus déclarés (avant cotisations de 20%). Plafond rarement dépassé en l'occurrence vue la moyenne des revenus des AE, de 4500 euros par an environ. Ce n'est qu'une moyenne qui ne veut pas dire grand chose vous m'objecterez, mais quand même un peu. Si on prend la moyenne des revenus des experts comptables ou des avocats on ne tombera pas sur le même chiffre.

Le principal avantage de l'auto-entreprenariat et celui qu'on a pensé être supprimé dans le projet de budget, c'est ce principe du "tu gagnes zéro, tu payes zéro". Alors que les personnes ayant créé leur entreprise, elles, cotisent de manière forfaitaire. Ce qui implique d'avoir une trésorerie et d'être assez sûr de son business avant de se lancer.

Bien sûr, le gros point noir de l'AE, c'est l'utilisation totalement abusive qui en est faite par certains employeurs, lesquels sont bien contents de trouver de la main d'oeuvre qui leur coûte moitié moins qu'un employé. Main d'oeuvre qui peut être lourdée du jour au lendemain, qui plus est et traitée comme de la fiente, vu qu'elle ne relève pas des conventions collectives et toutes ces choses qui donnent de l'urticaire aux  patrons. Mais je ne suis pas certaine là non plus que ce soit un cas de figure hyper répandu. Personnellement on ne m'a jamais proposé ce genre de choses (genre bosser exclusivement pour un client en restant auto-entrepreneur) et je ne connais pas un seul cas parmi les nombreux AE que je fréquente (les blogueurs ont tous adopté ce mode fonctionnement, avant, pour certains, de passer à l'échelon supérieur, pour cause de plafond dépassé). Surtout, ces abus doivent être punis mais côté employeurs, il me semble, pas en privant le million de personnes environ qui se sont saisis de ce dispositif pour essayer de créer leur activité, mettre du beurre dans les épinards ou tout simplement déclarer ce qu'ils faisaient avant au noir.

J'ai bien conscience que cet avis n'est pas le plus à gauche qui soit. Et je suis bien d'accord que le côté "soyons notre propre patron" n'est pas très socialiste. Mais il faut aussi se rendre à l'évidence: dans un secteur comme le mien, il n'y a pas d'embauches. Et si je fais plutôt partie des gens qui n'ont pas à se plaindre et trouvent assez facilement des piges, l'auto-entreprenariat me permet de faire le complément, en effectuant des boulots éditoriaux pour des supports non journalistiques, ne pouvant pas me payer en piges (ces boulots ne représentant pas plus de 50% de mes revenus, condition sine qua non pour conserver la carte de presse). S'il y avait un autre moyen encore plus simple de fonctionner, je prendrais. Ah parce que oui, outre les cotisations plus importantes, ce qui me freine dans l'idée de créer une entreprise, ce sont toutes les procédures qui en découlent. Je rappelle que je ne parviens même pas à payer mes frottis, alors être au taquet de la TVA, de l'URSAFF et autre, je ne me fais AUCUNE ILLUSION. Je crois que c'est ça aussi grandir (en plus de devenir de droite passé 40 ans, je veux dire).

Voilà, donc pour résumer, on a paniqué pour rien ou pas grand chose et l'augmentation des cotisations annoncées ne me pose pas de problème dans un contexte de solidarité nationale, tout le monde doit y mettre du sien. 

Demain je vous parle chaussures et blouson en cuir parce que je ne sais pas vous mais j'ai une migraine avec tous ces sigles…

Edit: les photos je les ai prises hier en fin de journée au parc Kellerman. La lumière y était magnifique, je crois que c'est là que j'ai retrouvé mon esprit socialiste, après un week-end à vouloir libérer les initiatives.

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Ma presque fashion week

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Hier j'ai failli être embeded au coeur de la fashion week. Je veux dire, j'ai PRESQUE vu un défilé. Enfin, une présentation. Chantée. On est pointu ou on l'est pas.

C'est grâce à ma copine Elise, qui m'avait invitée au défilé de Thomsen, une marque plus edgy tu meurs (c'est le synonyme de pointu mais je l'avais déjà mis plus haut, et comme je tiens à conserver un vrai style éditorial en dépit de mon nouvel étiquetage mode, bref).

Le problème c'est que Violette et moi on est arrivées d'abord tellement en avance qu'on est allées boire un verre pour éviter de faire les filles qui arrivent en avance à un défilé (en matière de suicide social il semblerait que ce soit à peu près du même niveau que de faire l'ouverture du Baron) (et croyez moi des ouvertures de boîtes j'en ai au compteur étant donné que jusqu'à mes 18 ans j'avais la permission de 23h30).

On a bu un verre, on a pleuré sur notre sort d'auto-entrepreneuses sacrifiées sur l'autel de la gauche (j'y reviendrai mais merci François, tu viens un petit peu de me foutre (et pas que moi, tous les gens qui tentent de s'en sortir plutôt que d'aller pointer) dans un caca démentiel) et on a laissé un peu passer l'heure.

Résultat on est arrivées alors que la présentation avait commencé et comme l'endroit était petit et sombre on n'a pas vu grand chose (= rien). J'ai quand même pris quelques photos hallucinantes de précision et de netteté (call me sartorialista) pour vous donner une idée de ce que je n'ai donc pas vu. Plus sérieusement, c'était joli, j'ai bien aimé les robes, les turbans et les imprimés des chemisiers, moins le concept du short ras l'intimité que je n'ai pas réussi à imaginer sur moi. Quant à la créatrice (première photo), elle était sacrément jolie et souriante, ce qui change un peu du mantra du fashpack, consistant visiblement à faire la gueule pour avoir l'air inspiré.

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Bref, hier je ne suis pas vraiment entrée au coeur de la fashion week. Mais j'ai bu un bon panaché et ensuite j'ai marché dans Paris, il faisait doux et je ne sais si c'est en raison des défilés et de tout ce que ça génère comme activité mais il y avait une belle énergie dans les rues, je me suis dit que décidément, Paris, je te kiffe.

Quoi qu'il en soit, pour vraiment humer l'ambiance des catwalk et autres front row, il ne me reste plus qu'à regarder la web série de Grazia. Je vous en avais déjà parlé il y a quelques mois lors d'une fashion week précédente, ils ont réitéré et je trouve ça bien fait, frais, comme on dit désormais. 

 

Ah parce que oui, je dois vous faire mon coming out. Tout ça me fascine en réalité. Les peoples, les it-girls, les actrices égéries, les tops du moment, les créateurs qui montent ou qui descendent, le retour en grâce de marques qui hier encore étaient aussi trendy que Madame de Fursac (je veux dire, cette année, le must du must, c'est RODIER). J'aime bien regarder ça par la lorgnette des articles de mode ou vidéos sur le net (à ce sujet j'aime aussi beaucoup les vignettes de Sophie-Marie Larrouy sur yahoo)

De la résilience

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Hier, je récupère Rose après l'école et lui pose la rituelle question, "ça s'est bien passé aujourd'hui ?".

"Non, c'était difficile", elle répond, des trémolos dans la voix. Et de m'expliquer: "J'ai une amie, une de mes meilleures amies, qui va partir dans une autre école à cause d'un néménagamement (on n'est pas rendus) et je la verra plus jamais. On a fait un goûter pour lui dire au revoir. Ça me fait triste, j'ai même eu des gouttes de pleurs. Regarde, j'en ai encore".

"Ma pauvre chérie, c'est normal d'être triste, mais peut-être que vous pourrez vous voir en dehors de l'école, non ? C'est qui d'ailleurs, ce n'est pas Myriam ?", je demande alors.

– Non, c'est pas Myriam.

– C'est Clémence ? Oh, noooon, pas Clémence ? 

– Non, c'est pas Clémence.

– Ben c'est qui alors ? Nouane-essaï ? (ce prénom n'est sûrement pas répertorié mais je fais avec ce que la prononciation de ma fille me permet).

– Non, c'est pas Nouane-essaï.

– C'est qui alors, cette meilleure amie ?

– Je sais pas. J'ai faim. Je peux regarder mon dessin animé ? Il rentre quand papa ?

Bref, ma fille s'y connait en résilience.

Après, elle a exprimé sa créativité ou exorcisé sa peine, je ne sais pas bien en réalité. Proenza Schouler peut aller se rhabiller, au niveau du mix and match je crois qu'on tient une vraie tendance.

Bon week-end.

 

 

 

La starac des flans

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Hier soir mon ami Gilles* est venu manger à la maison. D'aussi loin que je me souvienne, il a toujours mis du jeu dans la vie. Cette fois-ci, il est arrivé avec le dessert: cinq parts de flan achetées aux quatre – ou plutôt cinq – coins de Paris. "C'est un défi-flan", a-t-il expliqué aux enfants qui se demandaient quelle mouche l'avait piqué.

Après mon risotto de la mort qui tue (je suis italienne désormais, je rappelle), nous voilà donc munis d'une feuille de papier avec un graphique à deux entrées, nos noms et les numéros des flans. Mission, acceptée sans broncher: noter chaque bête pour distinguer le meilleur.

Ce qui est drôle, c'est que Rose par exemple qui n'a jamais aimé les flans, a tenu à tous les goûter, tant le jeu l'amusait. Idem pour la chérie, pas vraiment gourmande devant l'éternel, du moins quand il n'y a pas de chocolat inside. Inutile de préciser que le machin, lui, a pris  le challenge très au sérieux, commentant l'apparence, la consistance de la croute, la couleur de la crème, la saveur de la "petite peau" caramélisée du dessus, etc.

Au final, c'est ballot, je n'ai pas noté la provenance du vainqueur, je compte bien harceler G. toute la journée s'il le faut pour qu'il me la retrouve. Mais le deuxième, qui était l'unique flan rond et que nous avons eu du mal à départager, venait de chez Moisan, dont l'une des boutiques se trouve place Maubert.

Dans les cinq, je n'ai pas identifié the best ever, mais j'ai une liste longue comme le bras d'adresses que vous m'avez les uns ou les autres envoyées et que je dois absolument tester.

Au delà de l'objet de mon affection – le flan – ce que je retiens ce cette soirée, c'est le plaisir. Celui du jeu, où le seul perdant serait un flan (j'ai un peu de mal avec tout jeu entrainant la peur de perdre assez mal gérée chez certains membres de ma famille), mais surtout celui de la dégustation: tenter d'identifier la vanille, apprécier le croquant d'un feuilleté, goûter la tendresse d'une consistance moelleuse à souhait…

Quand il est arrivé avec ses cinq flans, j'ai immédiatement dit à G. qu'il était fou, que c'était beaucoup trop (le churros n'était pas là, or c'est un peu le plus gros appétit de la familia) tout en pensant qu'on les boulotterait sans geindre malgré tout. Et c'est ce qui se serait passé si nous les avions mangés sans nous livrer à notre starac de la part de flan.

Alors que là, sur les cinq, les trois moins appréciés sont restés presque indemnes (comme en témoigne la photo). Pas parce qu'ils étaient trop mauvais, pas parce qu'on s'est privés, juste parce que j'ai eu une nouvelle fois cette preuve évidente: la dégustation permet de détecter la satiété. Et de s'y soumettre de son plein gré.

Je me suis dit que ça pouvait être un exercice assez zermatien dans l'âme, cette histoire.

*Je vous ai déjà parlé de lui ici et

Où je deviens presque célèbre (quelque part sur un serveur italien)

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Il y a deux jours j'ai découvert ce classement des 30 premiers blogs fashions français. J'avoue avoir dans un premier temps cru à une blague, ensuite j'ai pris un gros fou rire, en constatant que "Pensées de ronde" (qui n'a jamais si bien porté son diminutif) (PDR) était donc le troisième blog mode le plus influent de l'hexagone, juste après Garance Doré et le blog de Betty. Et bien avant de nombreuses huiles de l'influencerie, de celles qui chient des roses et rotent du Shalimar.

Très honnêtement, je ne m'explique pas ma présence dans ce top 30, encore moins à cette place surréaliste. C'est juste que soudain, j'ai eu la très nette impression d'être devenue la Forrest Gump de la blogosphère. La fille qui aurait vu de la lumière et qui serait rentrée.

Par contre vous comprendrez que désormais je me sens une obligation morale de tenir ce nouveau rang et que j'ai donc décidé de m'investir très sérieusement dans ce créneau porteur de la mode. En plus que ça tombe bien parce que c'est la fashion week, je pense que ça va très naturellement booster ma créativité au niveau de mon style. Il va de soi que je vais également chasser le look au sortir des défilés. Attendez, si ça se trouve dans deux mois j'ai un studio à Brooklynn, avec une équipe qui tweetera pour moi (au bout d'un moment, assurer une présence constante sur les réseaux sociaux c'est assez fatiguant, vous ne pouvez pas comprendre) (il faudrait pour cela que vous ayez un peu plus de followers, pardon my rayonnement international).

Bref, j'aimerais que désormais on me dise vous.

Bonne journée.

Forresta.

Edit: j'avais pris cette photo au défilé d'Agnès B l'année dernière, unique invitation de toute ma vie de blogueuse et pas très exactement en front row. Bien que n'ayant pour l'instant rien reçu au niveau des événements moderie de ces prochains jours, je pense qu'il s'agit d'un problème avec la poste. Mon nouveau fashion statement devrait grandement faciliter les choses désormais. (pourvu que j'ai un chauffeur par contre) (mon équipe peut se brosser).

Juste quelqu’un de beau ?

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Dans le Grazia de cette semaine, il y a un article au demeurant fort intéressant, sur le fait que les moches (= quand même surtout les grosses) ont toutes les chances de se faire discriminer à l'embauche ou mal traiter au travail. Comme disait si bien Coluche, on nait tous égaux mais certains plus que d'autres.

Ce n'est pas un scoop, vous me direz, en tous cas pas pour moi, dans mon ancien boulot franchement, parfois je me demandais si je ne bossais pas dans une annexe d'agence de mannequins au vu de certains recrutements. Mais ce qui me semble assez grave en réalité, c'est la façon dont ce bonus donné aux gens bien faits est de plus en plus admis, au point que justement ça ne choque plus grand monde. Dans le papier que je cite, ce qui m'a le plus choqué, c'est l'aisance avec laquelle deux témoins, un gars de la télé il me semble et un responsable d'agence de pub, assument leur propension à embaucher des jolies filles. Et d'expliquer, bien détendus dans leur slip, que c'est tout de même bien plus agréable de pouvoir envisager un peu de flirt – sans penser à mal hein, on n'est pas des bêtes – histoire de rendre le quotidien plus léger. Or, badiner avec un cagot, faut pas pousser le chariot. Dont acte.

Bien sûr, les mecs ne témoignent pas à visage découvert, mais leurs propos sont sans équivoque. Ils ne voient pas où est le problème. Ceux qui le voient doivent d'ailleurs être dans leur esprit des gros thons frustrés et jaloux. Parce qu'on est bien d'accord que tout le monde s'accorde sur ce constat: il est bien plus agréable de poser les yeux sur un joli cul ou un beau minois le matin plutôt que sur un nez trop busqué ou des seins qui tombent. 

L'article ne tombe pas du ciel, il s'appuie sur une étude sociologique qui met vraiment en évidence cette discrimination. Peut-être la pire qui soit finalement, parce que 1) merci l'humiliation d'aller à la Halde pour expliquer qu'on est persuadée de ne pas avoir été embauchée à cause de son acné ou de ses capitons et 2) la beauté, même si en gros il est admis qu'est beau ce qui est jeune, grand et élancé, est un critère moins objectif qu'une couleur de peau ou que le genre d'un ou d'une candidate. Impossible donc de condamner quiconque se livrera à ce type de sélection.

Une discrimination sournoise, donc, et qui me met le moral à zéro. Parce que malgré moi, j'ai, je crois, intégré cette nouvelle donne. Pas tellement pour moi, puisque je ne suis désormais plus vraiment dans une optique d'intégration dans une entreprise – de l'intérêt de la pige, en général on se fout bien de votre trombine, ce qui compte c'est que le papier soit rendu en temps et en heure et si possible écrit en bon français – mais pour mes enfants. 

Et si moi je l'ai intégré, j'imagine que c'est la même chose pour un tas de parents. Qui ne vont donc plus expliquer à leurs enfants comme l'ont fait pour moi mon père et ma mère lorsque j'étais petite, que bien faire leurs devoirs et s'intéresser à ce qui les entoure leur garantira un solide avenir professionnel. En tous cas pas que. S'ils pouvaient également veiller à ne pas être trop vilains, ça serait un gros plus sur leur CV. Bon, d'une certaine manière ça n'est pas si grave vu que dans une quinzaine d'années il n'y aura probablement plus de travail du tout, qu'on soit bien gaulé ou pas. Mais je ne peux m'empêcher de craindre, sérieusement, les effets éducatifs et humains à long terme. 

J'ai eu de la peine aussi pour l'adolescente ingrate que j'ai été. A l'époque, dieu sait que j'en ai bavé. Oui, mes kilos en trop me valaient moqueries cruelles et quelques brimades de la part de certains profs de gym sadiques. Oui, ils m'empêchaient de voir se concrétiser tout un tas d'amours à sens unique. Mais s'il y avait bien un domaine dans lequel je ne pouvais envisager que cela puisse m'handicaper, c'était bien celui du travail. Il me semblait même que ce serait mon terrain de revanche, un jour, qu'il arriverait un moment où mes chances seraient égales à celles de cette saleté d'Astrid, belle comme le jour et méchante comme une punaise. Qu'un jour, on n'en voudrait qu'à mon cerveau et que celui-ci devait peser le même poids que celui des autres. Si à l'époque j'avais lu cet article, je ne sais pas bien comment je l'aurais vécu. Je crois que ça m'aurait bien douchée, tout de même. 

Peut-être qu'en réalité il y a trente ans c'était déjà pareil, peut-être même que du temps des hommes des cavernes, les plus "beaux" mangeaient les meilleurs morceaux du mammouth. Mais ce qui a changé, il me semble, c'est que désormais, non seulement on ne s'en cache plus mais on aurait même tendance à s'en vanter. Un peu comme on n'est plus si gêné que ça de trouver Marine Le Pen sympa.

En refermant ce magazine, je me suis demandé quand est-ce que c'était arrivé.

Je veux dire, depuis quand exactement c'est devenu secondaire d'être juste quelqu'un de bien ?

En vrac et pas dans l’ordre

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Samedi soir, la baby sitter a oublié son téléphone en repartant chez elle. Quand je m'en suis aperçue, je me suis empressée de lui envoyer un texto pour la prévenir. Et réalisant que ça n'était pas la plus brillante des idées, j'ai essayé de l'appeler. 

J'ai ensuite couru pour décrocher son téléphone quand il s'est alors mis à sonner. 

J'ai fait sciences-po vous savez.

A part ça, un billet en vrac et pas dans l'ordre.

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– Dix jours que je veux vous en parler, Isa, de Mon blog de Maman vient d'écrire un petit bouquin super pour les mamans débordées, avec plein de listes hyper malignes, du genre quoi mettre dans le sac du pique nique, quels produits choisir contre les poux, les indispensables du sac à langer ou comment optimiser la valise avant un départ à la montagne. Franchement, ça va devenir ma bible tant personnellement j'oublie systématiquement le plus important dans mon propre sac à main (à savoir le paquet de kleenex par exemple alors que j'ai trois enfants pathologiquement enrhumés 365 jours sur 365) (le jour où un scientifique découvrira les vertus énergétiques de la morve, je vous le dis, je n'aurai plus besoin de faire des billets sponsos). Bref, un chouette bouquin écrit par une – très – chouette fille.

– Egalement dans les rayons, le deuxième opus de Zoé Shepard, après "Absolument débordée", voici "Ta carrière est fi-nie", la suite, donc, toujours aussi bien écrite et toujours aussi impertinente. Je suis fan de la plume trempée dans l'acide d'Aurélie, puisque c'est ainsi qu'en réalité elle s'appelle. Je suis fan d'elle tout court parce que c'est aussi une très chouette fille, vraiment.

– Je suis allée voir Florence Foresti samedi soir à Bercy avec le churros. Franchement, j'ai été un peu déçue. C'est à dire que personnellement, j'allais voir Florence Foresti, pas un spectacle "à l'américaine" comme on dit, avec danseurs, sons et lumière et effets spéciaux qu'on se serait crus à Las Vegas. Mis bout à bout, à mon avis les sketchs représentent à peine la moitié du show. Ce qui est bien dommage parce qu'en revanche, elle en a sacrément sous le pied et que certaines de ses répliques sont vraiment drôles. Certaines mais pas forcément toutes, ça sentait en effet un petit peu le réchauffé par moments. Bref, j'aurais du aller voir Mother Fucker, le précédent spectacle, qui était sans doute son meilleur. Ça n'empêche qu'elle garde toute ma sympathie, ne serait-ce que pour son imitation de Marion Cotillard, aux petits oignons.

– Samedi après-midi, nous sommes allés voir l'exposition "Histoire de voir" à la fondation Cartier. Outre l'endroit dont j'adore l'architecture et l'atmosphère, c'est une parfaite occasion d'en prendre plein les yeux. Les tableaux et sculptures exposés relèvent de ce qu'on appelle l'Art brut, un art qu'on pourrait qualifier de naïf, peut-être, non soumis à une démarche intello-branleuse de mouches (je ne suis pas critique d'art, ça se voit ?). Le résultat, des peintures hyper colorées, qui peuvent sembler naïves en effet au premier abord mais qui cachent souvent un second degré plus grave, voire macabre. Une expo qui plait autant aux enfants – beaucoup de toiles représentent des animaux de la jungle, d'autres sont entièrement réalisées en sequins brillants – qu'aux grands. Et puis il y a tous ces fauteuils oranges qui claquent, que de loin on pense qu'ils sont moelleux alors que ce sont des moulages en plastique. Il s'en est fallu de très peu (trois vigiles très barraqués à vrai dire) pour que j'en reparte avec un sous le bras.

Fauteuil
– Je ne sais pas bien par quel biais je suis rentrée dans le fichier presse des éditions Atlas. J'avoue que je me suis bien gardée pour l'instant de leur préciser que je n'étais pas à proprement parler chargée des critiques livres de Télérama ou d'Okapi. Parce que depuis quelques jours, donc, je reçois tout un tas de livres disques, pour la plupart des histoires racontées par Marlène Jobert. Autant je ne partage pas vraiment le penchant de Marlène pour ce qui est de la médecine esthétique, autant je trouve sa façon justement de raconter des histoires absolument géniale. Il faut voir Rose écouter Barbe bleue, frémir, trembler, puis soupirer, soulagée, quand la jeune femme est finalement sauvée. J'aime vraiment le principe des livres racontés, entre la vraie lecture et le dessin animé, une porte d'entrée géniale pour les enfants qui pourraient avoir du mal à se lancer.

Shoes
– J'ai acheté une cinquantième paire de boots (en vrai j'en ai actuellement trois en état de marche, mais dans ma vie entière on doit en être à une cinquantaine). Chez Monop (WHAT A SURPRISE). Ce sont les boots designées par Antik Batik, dans le cas de la collection capsule de la marque en vente actuellement chez mon dealeur de fringues préféré. Le churros les déteste, je les adore, tout va bien en somme. (et oui, les pompons font du bruit quand je marche, je crois que ça excite un peu mon époux malgré tout) (ou pas). (pour celles qui me demandent elles sont là)

Cheveux
– Samedi, surtout, j'ai emmené Rose chez le coiffeur. Totalement contre mon gré, uniquement parce que ça faisait une bonne dizaine de fois qu'elle me glissait qu'elle n'était pas Raiponce. J'ai fini par regarder attentivement le dessin animé éponyme, et réalisé qu'elle me faisait peut-être passer un message. Rapport à la – fausse – mère de Raiponce qui refuse qu'on coupe ses cheveux de sa fille, lesquels ayant le pouvoir de la faire rester jeune, elle. Bien évidemment, il n'y a aucun rapport avec moi, qui voulait tout simplement garder encore un peu ces cheveux de bébé (jamais une paire de ciseaux ne les avait approchés depuis sa naissance). Je veux dire, tant qu'on y touchait pas, moi j'étais pour ainsi dire presqu'encore enceinte d'elle, non ?

Ok, il y avait peut-être un rapport avec l'autre perchée de marâtre.

Il n'empêche que lorsque ses mèches bouclées et ambrées ont échoué sur le carrelage, j'ai très distinctement entendu le bruit de mon coeur se brisant comme un verre sur le sol. Et puis j'ai vu son sourire à elle, celui de cette petite fille si décidée, si pressée de grandir et fière d'avoir "la même coupe que ma loulou" (sa soeur), que j'ai bravement ravalé mes larmes.

Mèche
La prochaine fois par contre, je l'emmènerai chez Michel. Parce que je sais que lui, il aurait fait une tresse et qu'il me l'aurait donnée en souvenir. Il aurait compris que c'était un moment spécial et il lui aurait sûrement fait une vraie coupe. Pas comme cette fille insensible qui y est allée à la tondeuse comme une vulgaire élagueuse, sans même un semblant d'émotion. Michel, j'en suis certaine, il aurait pleuré avec moi. Mais peut-être aussi qu'on aurait mis du pathos là où il n'y avait pour elle que de la joie, va savoir. (en attendant l'autre m'a pris 15 euros pour un coup de tondeuse à sec et de biais, qui plus est) (hyène).

Rose

Bonne journée

 Edit: Il y a un an jour pour jour la douce et jolie B. voyait le jour. Il me semble que c'était hier que j'allais voir sa maman à la maternité pour l'aider à patienter avant que le travail se mette vraiment en branle. Je me souviens de cet après-midi ensoleillée pleine de promesses et de ce joli moment dehors à deviser. Je me souviens avoir pris avant de la laisser prendre cette route qui ne s'emprunte que seule, cette photo de Zaz en me disant que lorsque je la reverrais son ventre ne serait plus rebondi. Happy birthday little B…

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