Mon clafoutis à la consistance parfaite (pour moi)

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Je n'allais pas vous laisser partir en week-end sans un petit billet gastronomique. Ayant plusieurs fois évoqué ces derniers jours ma dernière tocade patissière et estivale, aka le clafoutis, je voulais partager avec vous ma recette ultime. Qui n'est celle de personne puisqu'elle résulte de moultes essais ratés et s'est donc façonnée d'elle même au fil de l'été.

Il faut savoir que dans la même veine que mon obsession du flan, je suis en quête depuis toujours de la BONNE CONSISTANCE du clafoutis. Sachant que ce qui est bon pour moi ne le sera pas forcément pour vous, c'est ballot mais c'est comme ça, en matière de clafoutis, chacun voit la prune à sa porte. Il y en a qui l'aiment comme un sabayon, presque liquide, d'autres qui veulent que ça fassent gateau plus que flan et d'autres comme moi qui aiment ce rendu "far au pruneaux" (do you see what I mean ?). Hyper dur le rendu "far au pruneaux". Parce que souvent, ce qui vous pend au nez c'est de vous retrouver avec une "double couche". Flan mou sur le dessus, flan dur en dessous.

Le genre de truc qui peut me FLINGUER ma journée. (j'ai de vrais problèmes).

Bref, après avoir bossé comme une brute sur la question,  voici donc mes proportions idéales, pour un gateau qui chez nous ne survit pas plus de deux heures.

– 1/2 de lait

– 250 g de farine

– 3 oeufs

– 100 à 125 g de sucre, tout dépend des fruits s'ils sont très sucrés ou pas.

– 100 g de beurre.

Vous mélangez les oeufs et le sucre vigoureusement, vous ajoutez la farine puis le beurre fondu et enfin le lait. C'est un des gateaux les plus rapides à faire. Vous versez la pâte sur les fruits (moi j'aime bien les reines claudes mais chacun met ce qu'il veut, sachant que les abricots rendent tellement d'eau que dans ce cas je rajoute un peu de farine, 300 g au lieu de 250) et vous enfournez une petite heure.

C'est bon tiède, c'est meilleur je trouve le lendemain après une nuit au frigo.

J'avoue, je pourrais ne manger que ça.

EDIT: le four je le mets à 180° personnellement. Le mien est naze et c'est pour ça que ça dure une heure. Mais avec un four à chaleur tournante 35 – 45 minutes suffisent en général.

EDIT2: (blogueuse culinaire c'est un métier): la quantité de fruits c'est difficile à dire je fais ça au pif, je tapisse mon moule en gros. Mais faut savoir que plus on en met, moins la pate se "tient". Donc perso je n'en mets pas énormément parce que ce que j'aime le plus dans le clafoutis c'est la pâte. Mais c'est selon les goûts ça aussi !

Zermati, ça marche aussi en vacances (surtout, même)

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Dans un récent billet particulièrement larmoyant et rempli d'auto-apitoiement, je faisais la liste de mes maux de pré-rentrée. J'y confiais notamment ma légère angoisse d'avoir quelque peu porté le "lâcher prise" jusqu'à son paroxysme et d'en éprouver du coup les limites. En termes plus simples, je redoutais le moment de la pesée du retour, convaincue d'avoir pris un peu de partout, voire beaucoup.

Du coup, certaines d'entre vous m'avaient justement interrogée dans les commentaires sur ça, sur la difficulté de faire la part des choses entre le lâcher prise recommandé par Zermati et le grand n'importe quoi du barbecue en vacances.

Je n'ai pas toutes les réponses, mais je peux vous parler néanmoins de la façon dont je gère désormais depuis trois ans les périodes où je ne suis pas dans mon rythme quotidien. Avec en préambule cette précision: je n'ai en réalité pas pris un gramme pendant les vacances, j'imagine que cette impression d'avoir gonflé était à 50% psy et à 50% hormonale. Ou l'inverse.

Bref, en vacances ou en we chez des copains par exemple, je tente de me rappeler les échanges que j'ai eu à ce sujet avec le docteur Zermati. Lequel me recommandait en premier lieu de me faire confiance. Ça n'a l'air de rien mais quand on a été complètement dépossédé de son instinct et de son bon sens par des années de régimes à la con, se faire confiance c'est en soi un gigantesque défi.

Faire confiance, donc, à sa faim, à sa sensation de satiété mais surtout dans ce cas à la RÉGULATION. Ce mécanisme naturel qui va faire qu'après deux ou trois repas copieux et dépassant donc de loin le fameux seuil de satiété, le corps va spontanément vouloir mettre la pédale douce. Pour cela, il faut bannir la culpabilité et l'angoisse d'avoir grossi et c'est certainement le plus difficile, conditionnés que nous sommes à regretter le moindre écart.

Alors que les écarts, comme me l'a également souvent répété monsieur Z., sont la preuve d'une certaine manière de notre équilibre. Personne ne parvient à respecter jour après jour la même façon de s'alimenter, les quantités parfaites aux heures dues. Et même, ceux qui y parviennent sont peut-être encore plus névrosés que les compulsifs du Pringles que nous sommes. (que je suis en tous cas).

Bref, forte de ces conseils, je me suis attachée à les garder en tête et ne me suis privée de rien durant les vacances (ceci dit je ne me prive de rien non plus pendant le reste de l'année). Ce qui ne signifie pas non plus que je me suis gavée. Mais j'ai mangé du clafoutis un jour sur deux, du gâteau chocolat/chataignes ou des pizzas mortelles de notre resto fétiche. Le reste du temps, c'était ratatouille maison (environ 234 ratatouilles ont été cuisinées durant ces vacances, mes enfants sont d'ailleurs sur le point je pense de m'assassiner avec une courgette si j'en refais d'ici juin prochain), taboulé maison ou salade de tomates. 

A l'arrivée, donc, un poids quasi identique (à 500 grammes près mais les 500 grammes étant même en moins) à celui que je faisais en partant.

J'en déduis donc que c'est possible, ce n'est pas un scoop mais je crois que c'était le premier été où j'étais vraiment en mode "instinctive", sans restriction ou presque (il est long le chemin, hein…).

Ce que je note aussi c'est que ces vacances encore plus que les précédentes et d'une manière générale cela vaut pour le reste de l'année, goûters des enfants mis à part, je n'ai acheté que très très peu de "produits manufacturés". Je me tourne de plus en plus en effet et ce sans efforts vers les matières "premières" que je cuisine, même de manière ultra basique. J'entends par là que je n'achète plus jamais de trucs comme des croque monsieur tout faits, des lasagnes surgelées, des hachis parmentier sous vide ou des yahourts type Danettes ou La laitière (qui n'ont de yahourt que le nom).

Ma mère me faisait la réflexion que tout de même en vacances je faisais pas mal de gâteaux. Ce qui est vrai et qui l'est aussi hors vacances, j'adore faire de la patisserie, c'est mon truc à moi quand je suis en panne d'inspiration ou que sais-je, la cuisine me vide la tête. Mais, lui ai-je répondu, du coup les enfants ne mangent presque plus de patisserie industrielle ou de pseudo laitages blindés de sucre et de gras. Au final je crois que c'est mieux.

Qu'on se rassure, je ne suis pas en train de devenir une intégriste du bio ou une locavore acharnée. Mais je crois que tout ça fait partie d'une démarche globale, que se faire confiance c'est écouter ses envies et que le corps réclame rarement un Savanne ou des twix, surtout s'il sait qu'il aura bien mieux à la place.

Voilà le fruit de mes réflexions, j'ajouterai un bemol à tout ça: je continue à manger du chocolat bien industriel et au lait et je pourrais tuer celui qui termine ma tablette de Nestlé amandes/nougatine.

Edit: Je crois que l'un des grands malentendus s'agissant du "zermatisme", c'est que certains traduisent un peu vite le "se faire confiance" et "manger à sa faim" par "si on mange avec plaisir, ça ne fait pas grossir". Ce qui est évidemment faux. La notion de plaisir est importante. Mais quand on mange compulsivement, il y a du plaisir et ça fait grossir. Bref, Zermati ne conseille jamais de se baffrer, que les choses soient bien claires !

Edit: la photo c'est parce qu'au départ je m'étais dit que j'allais faire un billet sur ma jupe en jean, mon basique de l'été, mise à toutes les sauces et portées encore rien que ce matin. Et puis en la regardant de près, je me suis dit qu'elle avait justement été prise ce jour où je me sentais serrée et qu'en effet ça se voyait un peu. Et une pensée en entrainant une autre… Qui sait, peut-être demain… 

Où je deviens joaillière

Chicmaker
Ma dernière réalisation manuelle avec les enfants remonte à 2004 environ, c'était une tentative de fabrication de figurines en pate à sel. A l'arrivée: une cinquantaine de boudins censés représenter des animaux et ressemblant au mieux à des baguettes de pain. Ce n'est pas que je n'aime pas ça – un peu quand même à vrai dire – c'est juste que je suis inapte. Souvent, je dis à ma grande qu'on va aller à la Droguerie acheter des perles pour faire des bijoux mais jusqu'à nouvel ordre, c'est toujours resté au niveau de l'intention (qui compte). Je rêverais d'être cette maman et même cette femme avec de l'or dans les doigts dont on dirait qu'elle met de la beauté là où elle passe. Mais hélas, là où je passe, au mieux je fais donc des baguettes de pain qui peuvent aussi passer pour des étrons mal moulés.

Bref, ça c'était avant. Avant que je ne reçoive pendant les vacances un joli colis tout bleu estampillé "Chic Maker". A l'intérieur: tout le matériel pour fabriquer un bracelet pile poil dans la tendance Aurelie Bidermann (la femme qui tressait des brins de laine autour de gourmettes dorées et te vendait ça au prix du diamant) (la Isabel Marant du bijou, en somme).

J'avoue, le concept des box commence un peu – comme tout le monde – à me fatiguer (l'idée de l'abonnement me rappelle toujours la saga du Grand livre du Mois vécue comme un drame familial il y a des années, ma mère ayant du envoyer une cinquantaine de recommandés avant qu'enfin on accepte de mettre un terme à son engagement). Et là, autant vous prévenir de suite, Chic Maker est basé sur la même idée, consistant donc à s'abonner pour une somme conséquente, 25 euros par mois, afin de recevoir des kits tout prêts de bijoux à fabriquer.

Je ne sais pas si je m'abonnerais, d'autant plus compte-tenu de mon syndrôme de la pâte à sel, mais je dois avouer avoir été bluffée par le résultat. Pourtant ça n'était pas gagné. 

Je vous raconte ?

10h34: La chérie, intriguée par le colis me supplie de l'ouvrir séance tenante. 

10h35: La simple vue des pinces à couper le métal me colle des palpitations. A ma fille aussi mais elle, c'est de joie. "On va le faire toutes les deux maman, ça va être trop génial ! Et après on range toute la maison ensemble, dis oui, dis oui !".

10h37: Une fois encore l'idée d'un échange de bébés à la maternité m'effleure.

10h42: Les petites étoiles qui brillent dans les yeux de ma fille me décident à franchir le pas. A minima on aura passé un de ces instants fondateurs dans la vie d'une mère et son enfant. Complicité, je crie ton nom.

10h53: Une fois tout le matos déballé, on lit scrupuleusement le mode d'emploi. "C'est très important tu comprends, dans ce genre d'activité, de suivre les consignes A LA LETTRE. Sinon le bracelet va ressembler à une baguette de pain", j'explique à ma fille qui me regarde.

10h54: Rose veut faire le bracelet avec nous. Je dis mentalement au revoir à tout ce qui pourrait ressembler à un instant fondateur. A trois, on va s'écharper.

10h58: Après d'apres négociations, on parvient à convaincre Rose de jouer aux barbies juste à côté mais de ne pas intervenir. Elle finit étrangement par céder. Le dialogue, on ne répétera jamais assez l'importance du DIALOGUE. (je crois que je vais écrire un livre sur ma méthode éducative)

11h02: La langue tirée et le ventre contracté (j'ai décidé finalement d'intégrer mes séances d'abdos à la vie quotidienne et profite donc de la moindre occasion pour les faire travailler), on commence par nouer les quatre brins de soie comme sur la photo.

11h04: Les quatre brins de soie sont noués mais pas vraiment comme sur la photo.

11h05: Ma fille trouve qu'on devrait tout reprendre du début pour que ce soit comme sur la photo.

11h07: Je pense complicité, je pense dialogue, je pense instant fondateur.

11h08: On défait et on refait, ce n'est toujours pas exactement comme sur la photo mais je décide que c'est comme ça et que c'est très bien (le dialogue a aussi ses limites, comme tout en somme).

11h10: "A présent, introduire les brins rose et corail par dessous dans le premier anneau et rabattre sur la gauche".

11h12: Pourquoi cette phrase m'évoque au mieux un rébus au pire une citation de Sénèque mal traduite ? Je vois la baguette/étron arriver au rythme d'un cheval au galop.

11h13: Ma fille prend les choses en main et semble avoir compris, elle. Elle enchaine avec les brins verts et bleus qu'il faut placer "par dessus les brins roses et fushia" et glisser à leur tour dans l'anneau par dessous.

11h15: J'insiste pour me charger du glissage dans l'anneau des brins verts et bleus. J'ai quand même fait Sciences Po, hein.

11h16: ÇA N'EST PAS COMME SUR LA PHOTO. 

11h18: Ma fille me signale que sur la photo ça ressemble à une tresse. Et que là ça ressemble… "A UNE BAGUETTE DE PAIN, OUI JE SAIS !". 

11h19: Ma fille m'assure que ça ne ressemble pas à un étron de chien ni à une baguette de pain mais que par contre à un gros noeud tout vilain, oui. Elle me propose de tout défaire et de tout recommencer.

11h20: Elle a peut-être été échangée à la maternité mais je lui ai transmis ma patience et ma diplomatie et ça c'est énorme. On s'en fout des liens du sang. Je ne crois qu'à l'acquis.

11h21: En essayant de défaire mon bordel, ma fille semble empirer le truc. "BORDEL MAIS TU EMPIRES LE TRUC LÀ, LAISSE MOI FAIRE", je crie, en lui arrachant le bracelet.

11h23: Pour un instant fondateur, ça il est fondateur, désormais ma fille aura peur de moi à vie.

11h24: Je m'excuse auprès de ma fille pour le ton qui est monté un peu vite, j'admets (toujours admettre ses torts, penser à en parler dans mon essai sur l'éducation par le dialogue). "Mais EN MEME TEMPS TU EMPIRAIS LE TRUC", je rajoute sans pouvoir m'en empêcher.

11h26: Ma fille décrête qu'elle n'a plus très envie de participer. L'incapacité des enfants à persévérer, on n'en parle pas assez. Alors que je me décarcasse pour qu'on passe un instant fondateur de complicité. C'est moche moche moche. La mère naturelle de cet enfant devait être d'un égoisme.

11h28: Je m'éclate comme une petite folle depuis que j'ai choppé le truc. Je ne veux pas dire mais ça ressemble presque à la photo. Ok, pas tout à fait. Voire pas du tout.

11h30: Je fais de vraies excuses à ma fille qui accepte de jeter un oeil et qui en deux secondes remets les brins à l'endroit et tresse le tout comme si elle avait fait ça toute sa vie. Si ça se trouve, sans le vouloir, mon inconscient lui a transmis mon amour des belles choses.

11h36: Je supplie ma fille de me laisser faire moi aussi.

11h38: Si on fait abstraction de ma mèche de cheveux passée elle aussi dans l'un des anneaux sans que je ne comprenne comment, je me débrouille plutôt bien.

11h40: Je m'éclate.

11h41: "Non c'est MON jouet", je crie à ma fille qui voudrait prendre le relais. 

11h43: On finit par trouver un arrangement. Elle s'occupe des brins roses et corail et moi des verts et bleus (y'a pas eu moyen de faire l'inverse alors que le rose c'est quand même ma couleur préférée) (parfois c'est chiant de se comporter en adulte).

11h44: j'ai l'impression que devant moi brillent en lettres de feu les mots "complicité" et "instant fondateur". J'ai envie d'écrire une chanson.

11h45: On n'est pas loin de la fin, sauf qu'on a beau chercher, on ne retrouve pas la petite boite qui contenait le fermoir et la minuscule chainette permettant de régler la longueur du bracelet.

12h34: Après avoir passé le salon entier au peigne fin et tenté d'incriminer le churros, on finit par admettre que notre bracelet restera en l'état jusqu'à ce que j'aille à la Droguerie acheter un fermoir. "Donc jamais", glisse, résignée, ma fille à son frère. 

12h35: Au moment où je m'apprête à m'élever contre ce procès d'intention injuste et infondé (comme si j'étais du style à m'asseoir sur mes promesses) (est-ce qu'on n'avait pas fini par la faire cette pâte à sel, en 2004 ? AH !), Rose arrive l'air de rien avec la boite du fermoir, qu'elle avait planqué dans la bagnole de Ken. Je me disais aussi que sa rédition avait été louche.

12h45: Après qu'on lui ai promis par écrit que la prochaine fois – dieu m'est témoin qu'il n'y en aura sûrement pas – elle participerait elle aussi à notre instant fondateur (et aussi qu'on lui ai fourgué des bonbons) (note pour plus tard, ne pas aborder la question des bonbons dans mon traité éducatif, les gens ne sont pas prêts), Rose ramène la chainette, cachée, elle, dans la culotte en latex de sa fashion polly. 

13h00: Le bracelet est terminé et je me surkiffe avec. D'un coup j'ai envie d'aller chiner des robes blanches vintages aux puces pour chiller sur une plage en Grèce. 

Voilà, franchement le résultat est chouette et je dis merci à Chic Maker pour ce moment passé à fabriquer le bracelet. En vrai on a donc galéré au début et après c'était plutôt très facile. Et j'avoue, j'ai super envie de recommencer.

 

Machin dans le métro

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J'imagine qu'on fait tous ça. Tenter de donner quelques clés à nos enfants pour qu'ils sachent éventuellement se tirer d'un mauvais pas. Avec interrogations orales pour ma part histoire de vérifier qu'ils ont bien compris:

– Et si tu te perds dans le magasin, tu fais quoi ?

– Je vais voir une caissière et je donne mon nom pour qu'on t'appelle.

– Et si tu te perds dans la rue ?

– Je trouve un policier et je lui donne mon nom et mon adresse et aussi ton téléphone si je m'en souviens.

– Et si il n'y a pas de policier ?

– Je demande à une DAME (oui ben voilà hein, 30 ans de féminisme acharné pour inculquer à ses enfants que les femmes sont par nature moins potentiellement dangereuses, je n'en suis pas fière mais VOILÀ).

– Et si ta soeur/ton frère se fait mal à la maison à un moment où on est pas là ?

– Je fais le 18 et je donne mon adresse.

– Ton adresse c'est quoi ?

– C'est le …. à Paris 13.

– Bon et là, on est dans le métro, tu es entré dans la rame et moi je n'ai pas eu le temps parce que les portes se sont refermées, ou l'inverse, tu n'as pas eu le temps de sortir. Tu fais quoi ?

– Je garde mon calme et je sors à la prochaine station.

– ET ?

– Et je t'attends.

– Sans bouger.

– Sans bouger, je SAIS MAMAN.

– Mais on est d'accord que surtout tu fais en sorte QUE ÇA N'ARRIVE PAS. Et pour que ça n'arrive pas, tu FAIS ATTENTION A CE QUI T'ENTOURE.

– Mais oui… (énorme soupir) (que je lui rends).

Bref, on fait tous ça, j'imagine, en se disant qu'il n'y a pas beaucoup de chances que ça serve à quoi que ce soit. 

Sauf qu'hier, j'ai donc emmené les trois enfants à Lyon, ainsi qu'un copain et une copine des twins (respect éternel pour mes parents, ces héros qui s'en cognent donc cinq toute la semaine). Cinq gosses dans le métro, autant de valises, tout ça avec un timing un peu serré en raison d'une perte de clés juste avant de partir (les chiens font pas des chats, vous pourriez me dire et j'opinerais du chef). Cinq gosses, donc, dont une petite de quatre ans qui descend encore lentement les escaliers et la copine de la chérie qui s'était fait piquer par une guêpe sous le pied la veille et marchait difficilement. Cinq gosses, dont le machin, SURTOUT.

Qui s'est précipité dans le métro à Olympiades au moment où l'alarme a sonné pour avertir de la fermeture des portes (ligne 14, double rangée de portes, tu peux rien faire contre).

Qui s'est précipité, donc, ALORS QU'ON ETAIT ENCORE DANS L'ESCALIER AVEC LES FILLES ET QUE SON COPAIN, LUI, A EU LA PRÉSENCE D'ESPRIT DE RESSORTIR. (J'ai décidé de proposer un échange définitif à ses parents on sait jamais).

Le machin, donc, qu'on a vu partir tout seul avec son sac à dos et dans ses yeux ce "j'ai pas fait exprès" qui pourrait peut-être un jour me faire commettre l'irréparable. 

Et moi qui criais – comme s'il pouvait encore m'entendre une fois le métro parti – "TU SORS À LA PROCHAINE ET TU BOUGES PAS, TU TE RAPPELLES ?".

Vous dire que les trois minutes qui ont suivi jusqu'au métro suivant ont été longues serait en deça de la réalité. Tout ça avec en musique de fond les prédictions toujours pleines d'allant et d'optimisme de sa soeur complètement dévastée: "on ne va JAMAIS LE RETROUVER" ; "il doit être en train de pleurer, là, maman, il est tout seul" ; "j'ai les jambes qui tremblent, maman" ; "j'oublierai jamais cette image de lui qui part, là, dans sa rame de metro avec son regard DESESPÉRÉ".

Alors que je tentais de rassembler tout ce qui me restait des cours de préparation à l'accouchement pour ne pas me laisser gagner par la panique, elle a réussi non seulement à faire pleurer Rose, convaincue que son frère était déjà à "Magagascar" et à faire perdre son flegme au copain du machin pourtant pas facilement impressionnable.

Une fois dans notre rame, le trajet jusqu'à "Bibliothèque" a duré deux heures je crois. Ou plus certainement une minute 30, mais on se comprend. Une minute 30 pendant laquelle je me suis refusée à imaginer que mon lunaire de fils ait pu avoir l'idée saugrenue de continuer tout seul jusque Gare de Lyon ou de chercher un policier (va savoir s'il a pas confondu les conseils, me disais-je) (va savoir s'il les a même un jour vraiment écouté) (va savoir si tu sers vraiment à quelque chose).

Et puis à la station suivante, il était là, hilare et soulagé je crois aussi, mais pas du tout en larmes. Je peux vous le dire, je n'ai jamais été aussi heureuse de voir sa trombine, même si une partie de moi avait très un tout petit peu envie de l'emplafonner. Quant à sa soeur, cette façon qu'elle a eu de le serrer à l'en étouffer alors qu'ils s'étaient pourris toute la matinée, je crois que si j'avais des doutes sur ce qui les lie, je n'en ai plus aucun.

Après, en sortant du métro il a assommé Rose avec son sac à dos en se retournant pour parler à son pote et du coup il a pris pour tout le reste. Je l'ai MOISI.

Voilà, comme je leur ai dit une fois calmée, en même temps, il y a belle lurette que ce blog serait en soins palliatifs (ou devenu 100% mode) (ce qui je le crains reviendrait au même) sans cette source inépuisable d'inspiration qu'est devenu mon fils. Je me demande même s'il n'est pas arrivé sur terre avec cette mission bien précise. 

Bonne journée.

Edit: et donc, ça peut servir en fait, ce qu'on fait probablement tous et toutes en espérant qu'ils en retiennent quelques bribes.

Simple love à Bonifaccio

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Quand on est s’est rencontrés avec le churros, on a d’abord été amis pendant presqu’un an, puis il m’a sauté dessus pour me faire dans la foulée le coup du « je ne suis pas sûr de vouloir m’engager, je sors d’une relation difficile, bla bla bla ».

Phase délicate s’il en est que j’ai à l’époque gérée il faut bien le dire comme une bête, m’effaçant totalement des radars et ne tombant pas comme j’en avais jusqu’alors coutume dans le drama excessif, lettres éplorées et coups de fils raccrochés à la clé (j’ai comme qui dirait un lourd passif en la matière).

Je ne sais pas si ce fut grâce à cela que finalement le churros changea d’avis sur la question de l’engagement sa race, mais le fait est qu’il est venu à genoux me supplier deux semaines plus tard de lui pardonner. Inutile de préciser que je me suis fait prier (dix minutes).

Après ces débuts un peu cahotiques mais pas tant que ça, je marchais néanmoins sur du velours, n’osant pas proposer quoi que ce soit qui pourrait lui faire penser que j’avais l’intention d’égarer accidentellement ma boite de pilule dans les toilettes. Les vacances d’été approchaient et je m’apprêtais donc à les passer en célib avec mes potes, consciente que nous n’avions peut-être pas encore assez de kilomètres au compteur pour envisager trois semaines en tête à tête.

Et puis un après-midi de juin, j’étais au boulot et il m’a appelée pour me proposer qu’on parte en Corse, où il n’avait jamais mis les pieds et dont je lui avais parlé maintes fois. Je crois que c’est ce jour là que je me suis dit que c’était peut-être bien le bon. En lire plus »

À poi(l)s

À poi(l)s

On part demain. Je sens bien que je vais avoir du mal à susciter la compassion mais sur l'échelle de la déprime qui va de 1 à 10, je suis à 12.

D'autant que j'ai beau avoir fait ma crâneuse ces derniers jours avec photos graou flatteuses et nichons trop beaux vus de loin, la vérité est un poil moins brillante. Et comme je ne recule devant rien pour récupérer la sympathie populaire (le malheur des uns, etc), voici donc la liste, non de mes envies mais de mes maux…

– Je me suis bien fichue de mon poids pendant un mois, ça c'est sûr, le souci c'est que mon poids me l'a à priori bien rendu. Je suis serrée dans tout, de mes chaussures à mes soutifs en passant par mes culottes et mes bagues. Merci bien le lâcher prise, hein.

– constatant que mon brésilien avait un peu vécu, j'ai utilisé mon épilateur électrique pour rafraîchir mon maillot. La pudeur m'empêche d'entrer dans les détails mais se coincer "ça" est probablement l'expérience la moins marrante que j'ai pu vivre. (le pire c'est que ça m'était déjà arrivé, preuve que je ne tire jamais aucune leçon de mes erreurs, je me fatigue).

– Ma dishydrose plantaire est repartie comme en 40 (notez qu'elle ne s'était jamais vraiment mise en veille). Chargé en stéroïdes comme il est, mon pied gauche pourrait très certainement rivaliser avec usain bolt sur une piste olympique. Pas le reste du corps par contre, ce qui rend donc l'exploit peu probable.

– J'ai un orgelet. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de développer.

– Mon acné post-soleil est en pleine bourre. Mon menton est une mercerie et de loin on dirait que j'ai de la barbe ou que je suis sale. Du coup, parce que ne veux pas sacrifier mon fashion statement sur l'autel de mes comédons, je mise sur un effet coordonné avec ce maillot à pois acheté en soldes chez monop la veille de partir. (ah ben oui, pour l'instant je lâche un peu l'affaire au niveau du topless, même à poil je suis serrée en fait).

– Je n'ai toujours pas de courbatures après mes séances d'abdos fessiers sur la plage qui m'ont tout de même coûté ce qui me restait de dignité après ma pathétique tentative de karaoke. Jusqu'hier, je me disais que c'était la preuve que je les faisais bien et que j'étais naturellement assez musclée. Supposition un peu mise à mal par la quasi paralysie de mes mollets accompagnée de douleurs insupportables suite à la montée à pied de la citadelle de bonifacio (sa mère). A priori donc, quand je fais VRAIMENT de l'exercice, j'ai des courbatures. J'en déduis donc que je m'humilie depuis deux semaines pour rien et que mes abdos inexistants ou presque doivent se bidonner tous les soirs à l'idée que je croie les faire travailler, alors que je suis juste en train de préparer ma sciatique de la rentrée.

– En parlant de rentrée justement, l'imminence du retour rend soudainement réelle la charge de travail qui m'attend. Objectif de ce dernier trimestre: apprendre à dire non.

– J'ai la ferme intention d'arrêter de fumer, ce qui devrait assez rapidement faire cesser les commentaires concernant le titre de ce blog qui ne correspond plus à la réalité. Mes cinq arrêts précédents se sont tous soldés par un gain de dix kilos minimum, je crains que même avec le dieu zermati à mes côtés je ne puisse pas passer à côté de ce deuxième effet kiss cool. Le seul souci c'est qu'en corse les closes sont moins chères et que je n'ai pas résisté à la tentation de la cartouche. En même temps, vu que j'ai pioché les paquets avec au dos la photo des chicots sanguinolents, je vais les fumer, certes, mais avec une putain de mauvaise conscience. (et c'est bien connu que du coup ça n'a pas les mêmes effets cancérigènes) (je ri-go-le, merci aux joyeux commentateurs qui cet été n'ont pas tous été munis de leur second degré pourtant bien utile de laisser pisser cette blagounette)

En somme, j'aborde donc cette rentrée avec une belle énergie qui je l'espère sera communicative. Mais là tout de suite je vais aller faire un clafoutis (serrée pour serrée hein)

Bonne journée.

 

Un esprit sain dans un corps sain ?

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Je ne sais pas comment c'est arrivé, mais j'ai lâché. Pas le poids ni la peur de regrossir un jour, sur ce point je crains d'avoir encore du chemin à parcourir. Mais tout le reste. Les bourrelets sur le ventre quand je suis en deux pièces sur la plage, l'idée de mes fesses en gelly que je ne vois pas mais les autres si ou mes seins qui semblent vouloir faire un chateau de sable quand je fais du topless.

Du topless d'ailleurs, je ne fais que ça ici, dans cet endroit où ne viennent à côté de ma serviette que des habitués qui se foutent bien de savoir si mon bonnet D s'est effondré et depuis quand. ça n'est pas la première fois, mais en revanche c'est assez inédit qu'en fin de journée, avec ma voisine devenue au fil des ans une bonne copine, je fasse des abdos fessiers en culotte pour le plus grand bonheur des passants. Je crois que si l'on m'avait dit que j'accepterais de faire le chien qui pisse les seins à l'air dans un lieu tout de même public, j'aurais explosé de mon rire gras dont la réputation n'est plus à faire.

Vous allez me dire que quand on s'en fout de tout ça, on ne fait pas des abdos fessiers au lieu de bouffer une glace. Et bien c'est justement ça la perversité du truc, j'imagine. De la même façon que le mec vient à la fille célibataire quand elle ne l'attend plus (ou l'inverse), peut-être que l'exercice, lui, s'impose à la feignasse le jour où elle n'en espère pas plus que le bien être qu'il procure après coup.

Attention, je parle ici de 15 minutes à tout péter par jour qui en outre ne sont absolument pas suivies de courbatures, ce qui selon le churros n'est pas hyper bon signe. En même temps, comme il m'a dit avec sa légendaire sagesse: "pour faire des abdos, il faut déjà en avoir, c'est comme ça, on ne prête qu'aux riches et ça ne vaut pas que pour les banques" (je me demande si l'amour ne dure pas quinze ans). Pourtant, qu'est-ce qu'on peut jurer notre race quand on les fait, je ne vous dis pas, c'est toutes nos aïeules qui se retrouvent au rang de filles de joie. 

Mais bon, voilà, le propos n'était pas de vous annoncer que je comptais prendre la succession de Véronique ou Davina ou que j'allais très prochainement vous donner mes petits trucs sur les meilleures salles de fitness new-yorkaises. Non parce que je me connais assez tout de même pour savoir que cette tocade n'aura qu'un temps et qu'arrivée à Paris j'oublierai jusqu'à l'existence de mes fessiers (eux même m'ayant de toutes façons toujours superbement ignorée, ils ne s'en trouveront surement pas affectés).

Le propos, c'était donc que j'avais lâché du lest, que ce corps lesté de deux grossesses et n'ayant jamais fait de sport que par très courtes intermitences n'était plus pour moi cet été l'objet d'une honte frustrante, m'obligeant à trouver jour après jour une nouvelle façon de passer directement de la position debout à couchée sur le dos.

Je crois que c'est la maturité, le fait, sans conteste, d'avoir malgré tout minci (mais comme en témoigne cette photo prise par violette lorsque nous étions au Grau du roi, on est loin d'une ligne irréprochable) (là je n'étais pas topless, il ne faut peut-être pas m'en demander trop, j'étais alors probablement la seule personne de toute la plage à posséder un maillot de bain taille 42) et peut-être aussi de vivre quasiment à poil depuis trois semaines. Je crois que dans les thérapies d'acceptation de soi, il faudrait passer par là, par des moments où on ne se cache plus de soi. A force de croiser mon reflet dans la maison ainsi, j'ai fini par l'aimer un peu, peut-être. L'aimer, ou, même mieux, m'en détacher. Sans vouloir en faire des tonnes (c'est pas mon genre en plus), c'est comme si soudain je venais de me débarrasser d'un énorme boulet. Et si c'est ça aussi vieillir, alors ok, je prends.

Voilà, à part ça on entame notre dernière semaine ici et je me doute que je ne vais faire pleurer personne sur mon sort mais mon coeur saigne déjà.

Bon week-end.

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L’amour dure deux mois, le roman photo de Grazia

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Lorsque j'étais petite et que je vivais dans cette grande maison partagée avec mes cousins (je vous en parlerai un jour), il y avait cette caisse remplie de Jours de France il me semble. Ils dataient un peu (beaucoup) mais avaient tous à la fin un roman photo. Et par chance, plusieurs numéros se suivaient. Je crois que c'est peut-être de là que m'est venue ensuite mon addiction aux Feux de l'amour. 

Franchement, j'étais accro, je trouvais ça génial, ces histoires à l'eau de rose avec photos désuètes et me suis toujours demandé pourquoi les magazines féminins n'exploitaient plus la dimension potentiellement comique et dramatique du roman photo. Vous vous doutez donc que je suis devenue complètement accro à celui de Grazia cet été, qui fait intervenir people et anonymes autour d'une histoire qui tient en un mot ou deux (mais en réalité l'histoire on s'en fout).

Vous pouvez en retrouver tous les épisodes sur le site si vous le voulez. Je vous recommande aussi les semaines de Graziella, tellement plus drôles que les (feu) chroniques de Fonelle. En toute objectivité.

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