Catégorie : Food and Drink

Carrot-cake et autres considérations

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Pour la première fois depuis le mois de semptembre je crois, je n’ai pas de papier à rendre cette semaine, ni celle d’après. Quand j’ai envoyé mon dernier article vendredi, j’ai éprouvé un soulagement pas ressenti depuis des lustres, cette légereté de l’avant week-end, qui est très certainement l’une des choses – la seule même, je crois – qui me manque finalement le plus depuis que j’ai quitté mon job il y a deux ans.

« Je ne suis même pas angoissée », j’ai dit au churros, avec la plus grande sincérité du monde.

Deux heures après je me visualisais à la soupe populaire.

J’ai énormément progressé.

Et hier, alors que je m’étais prévu une journée de gastéropode remplie de séries à la con, de sieste en étoile de mer et de patisserie (mon hobbie), j’ai tourné en rond comme une âme en peine dès 10h45, cherchant désespérément deux ou trois petites choses à FAIRE. (je ne parle pas de tâches ménagères, c’eut été le signe d’une grave dépression par contre). Je vous rassure, j’ai trouvé, j’étais un poil à la bourre pour quelques contributions et puis il y a ces scénarios, qui ne représentent même pas vraiment du travail et que je me suis habituée à écrire le dimanche après-midi mais qui m’ont au fnal bien occupée en ce lundi. Mais le fait est, donc, que je passe mon temps à me plaindre d’en avoir trop, mais qu’en réalité, sans boulot je ne suis pas grand chose… En lire plus »

Muffins à la framboise qui déboitent

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Alors vous me l'avez demandée à corps et à cris, la voici. J'ai trouvé cette recette de muffins aux framboises dans un vieux numéro de Marmiton magazine et elle fait un tabac à chaque fois. En été je prends des framboises fraiches mais en hiver bien sûr je vais chez mon pote Picard et prends des surgelées. D'ailleurs je crois que je ferai toujours ça désormais parce que 1) ça revient beaucoup moins cher et 2) elles ne s'écrasent pas du coup.

Bref, il vous faut donc:

250 g de farine

1 sachet de levure

50 g de cassonade

150 g (mais moi j'en mets plutôt 100 g) de sucre

2 oeufs

100 g de beurre

200 g de framboises

Dans la recette initiale il y a aussi une cuiller à soupe de confiture de framboises mais moi je préfère sans.

Vous avez besoin de deux saladiers. Dans le premier, vous mélangez les oeufs, les sucres et le beurre fondu. A la fin vous y ajoutez les framboises.

Dans l'autre, farine et levure que vous amalgamez bien.

Vous balancez ensuite le mélange humide sur le mélange sec. Plaf. Vous ruinez probablement votre chemisier blanc si comme moi vous n'avez pas la présence d'esprit de mettre un tablier ou un vieux nanard quand vous cuisinez. Et là, c'est le secret parait-il, vous mélangez, mais GROSSIEREMENT. Plus y'a des grumeaux et mieux c'est. Si, comme moi, vous n'avez pas fait décongeler les framboises, vous obtenez une pâte assez épaisse, type pâte à cookies, à cause de la solidification du beurre (j'imagine). Probable que de vrais patissiers, genre la sérénissime Mercotte – je te kiffe Mercotte, tu le sais hein ? – me fouetteraient à coup de batteurs à oeufs et m'expliqueraient que c'est un crime de lèse majesté de procéder ainsi, que le froid des framboises ralentit l'effet de la levure, etc. Mais la vérité c'est que l'intérêt, donc, c'est que les framboises ne s'écrasent pas. Et aussi qu'à la cuisson ils gonflent en effet un peu moins. A l'arrivée, une texture mi-muffins mi-financiers (alors que y'a pas d'amandes, dingue) que j'adore. D'ailleurs voyez, l'image d'entrée de billet c'est avec des framboises fraiches et celle-ci dessous avec des surgelées. Et bien ça ne rend pas pareil. (dans les premiers il y a aussi un peu de confiture de myrtilles, ce qui explique la couleur un peu violette par endroits) (bonjour, je suis la créativité) (Poke SBEP).

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Quoi qu'il en soit, vous avez de quoi faire une bonne dizaine de muffins. Laissez les cuire à peu près 20 mn à 200° et mangez les froids ou tièdes c'est comme vous voulez. Avec un thé c'est encore mieux.

La prochaine fois j'essaie d'y ajouter des morceaux de chocolat blanc.

Mon clafoutis à la consistance parfaite (pour moi)

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Je n'allais pas vous laisser partir en week-end sans un petit billet gastronomique. Ayant plusieurs fois évoqué ces derniers jours ma dernière tocade patissière et estivale, aka le clafoutis, je voulais partager avec vous ma recette ultime. Qui n'est celle de personne puisqu'elle résulte de moultes essais ratés et s'est donc façonnée d'elle même au fil de l'été.

Il faut savoir que dans la même veine que mon obsession du flan, je suis en quête depuis toujours de la BONNE CONSISTANCE du clafoutis. Sachant que ce qui est bon pour moi ne le sera pas forcément pour vous, c'est ballot mais c'est comme ça, en matière de clafoutis, chacun voit la prune à sa porte. Il y en a qui l'aiment comme un sabayon, presque liquide, d'autres qui veulent que ça fassent gateau plus que flan et d'autres comme moi qui aiment ce rendu "far au pruneaux" (do you see what I mean ?). Hyper dur le rendu "far au pruneaux". Parce que souvent, ce qui vous pend au nez c'est de vous retrouver avec une "double couche". Flan mou sur le dessus, flan dur en dessous.

Le genre de truc qui peut me FLINGUER ma journée. (j'ai de vrais problèmes).

Bref, après avoir bossé comme une brute sur la question,  voici donc mes proportions idéales, pour un gateau qui chez nous ne survit pas plus de deux heures.

– 1/2 de lait

– 250 g de farine

– 3 oeufs

– 100 à 125 g de sucre, tout dépend des fruits s'ils sont très sucrés ou pas.

– 100 g de beurre.

Vous mélangez les oeufs et le sucre vigoureusement, vous ajoutez la farine puis le beurre fondu et enfin le lait. C'est un des gateaux les plus rapides à faire. Vous versez la pâte sur les fruits (moi j'aime bien les reines claudes mais chacun met ce qu'il veut, sachant que les abricots rendent tellement d'eau que dans ce cas je rajoute un peu de farine, 300 g au lieu de 250) et vous enfournez une petite heure.

C'est bon tiède, c'est meilleur je trouve le lendemain après une nuit au frigo.

J'avoue, je pourrais ne manger que ça.

EDIT: le four je le mets à 180° personnellement. Le mien est naze et c'est pour ça que ça dure une heure. Mais avec un four à chaleur tournante 35 – 45 minutes suffisent en général.

EDIT2: (blogueuse culinaire c'est un métier): la quantité de fruits c'est difficile à dire je fais ça au pif, je tapisse mon moule en gros. Mais faut savoir que plus on en met, moins la pate se "tient". Donc perso je n'en mets pas énormément parce que ce que j'aime le plus dans le clafoutis c'est la pâte. Mais c'est selon les goûts ça aussi !

La tarte au citron de Zaz

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C'est une recette que m'a donnée Zaz et qui vous propulse dans une quatrième dimension, dans une contrée où la félicité remplacerait la misère et dont les mots tenya, poux ou infection urinaire n'auraient aucune signification.

Un monde où Christine Boutin et Nadine Morano pourraient enfin officialiser leur amour et le vivre au grand jour.

Un monde où reprendre de la tarte ne t'enverrait pas direct deux kilos sur les hanches et où pour assurer un bon équilibre alimentaire il faudrait respecter des doses minimales de chocolat.

On m'aura comprise, le temps d'une bouchée de cette petite tuerie, on oublie un dixième de seconde le merdier dans lequel on nage en rond sans jamais trouver la sortie. (sinon je pète la forme).

Et en plus c'est d'une simplicité enfantine.

Pour cette tarte au citron façon cheesecake il vous faut:

– 2 paquets de spéculos "Lotus" que vous écrasez rageusement (si pas de robot, vous les collez dans un sac plastique lui même entouré d'un torchon et vous… le piétinez. ça défoule)

– Une demi plaquette de beurre salé, que vous faites fondre et malaxez avec la poudre de spéculos. (on obtient ainsi une pate qu'il ne vous reste plus qu'à étaler dans votre moule à tarte).

Pour l'appareil (en fait l'appareil c'est la garniture, en quelque sorte, mais "appareil" ça te claque une crédibilité culinaire):

– 2 oeufs

– Une grosse boite de lait concentré sucré (400 grammes il me semble)

– le zest de 2 citrons

– le jus de trois citrons

(question bonus: de combien de citrons avez-vous besoin pour faire cette tarte ?) (j'en avais acheté cinq, c'est vous dire à quel point on s'inquiète un peu pour la 5ème. "on" étant moi.)

Vous mélangez donc tout ça au fouet, vous balancez l'appareil dans la tarte (c'est bizarre quand même ce mot d'appareil je suis d'accord) et vous faites cuire à 180° pendant 20 minutes.

Je vous conseille de la faire la veille, de la mettre au frigo et de vous pisser dessus le lendemain en la dégustant. 

Une soirée parfaite chez Lengué

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Il y a des soirées parfaites. Où à peine rassemblées, les quatre convives entament une conversation comme si elles avaient toujours fait ça. Alors même qu'elles ne s'étaient finalement jamais trouvées ensemble. Où il n'est pas besoin de boissons alcoolisées – ou si peu – pour que les rires fusent et qu'une complicité s'installe, naturellement.

Une soirée où certaines confidences finissent par être extirpées, pas si difficilement que les réticences de l'une des compères le laissaient imaginer. Le métier, sans doute ?

Une soirée où non seulement la compagnie est idéale mais où le lieu, choisi par l'une des participantes, épouse très exactement les attentes de chacune.

Cet endroit, Caroline Mignot, du blog Table à découvert, mine indispensable pour qui veut dénicher le bon resto parisien qui va bien, en parle bien mieux que je ne saurais le faire. Comme nous nous en faisions la réflexion ce soir là, il faut du vocabulaire, pour décrire les saveurs. Et des saveurs, il y en eut à foison, chez Lengué, dans cette petite rue de la Parcheminerie, à deux pas du métro Cluny.

Un bar à tapas japonais comme il en existe parait-il des tas au Japon. A mille lieues des restos brochettes/sashimis/sushis tenus la plupart du temps à Paris par des Chinois et non des Japonais, ce qui ne les empêche pas d'être bons parfois mais qui ne s'embarrassent pas toujours de respecter la culture culinaire du pays du Soleil levant.

L'endroit ressemble plus à une cave à vins bien franchouillarde, avec ses murs en pierres apparentes et ses tabourets et tables hautes. Une cave zen, en revanche, parce que le Japon est tout de même bien présent, dans cette déco sobre. A peine arrivées, la maitresse des lieux – beauté incroyable, visage en porcelaine et traits semblant avoir été dessinés au fusain et à laquelle la photo ci après ne rend pas hommage – nous apporte les traditionnelles serviettes chaudes. Sauf qu'en lieu et place de celles en éponge parfois un peu douteuses, vous avez là de délicates étoffes brodées. Et le tout est à l'avenant. Chaque plat est d'une subtilité étonnante. Le riz au champignons pourrait presque être un risotto italien, mais le bouillon dans lequel il a cuit rappelle les soupes miso chères aux Japonais. Le mash de pommes de terre ne serait qu'une bête purée sans les fines lamelles de gingembre qui le relèvent. Les épinards sont quant à eux agrémentés de sésame, une idée géniale que je copierai. Je n'ai pas goûté les palourdes au saké, n'étant pas à proprement parler une fille de la mer, mais S. s'est pâmée. Les sushis au saumon, minuscules et fondants, m'ont donné l'impression que c'étaient les premiers que je goûtais. 

Quant aux desserts, seulement deux choix à la carte, que nous avons partagés: un assortiment de glaces au thé vert et fleurs de cerisiers, enrobés dans une pâte de riz sucrée (tuerie régressive kawai à souhait, qui j'en suis sûre est la douceur préférée d'Hello Kitty) et des mini-pancakes fourrés à la fraise et crème chantilly légère et nuageuse.

C'était, disais-je, une soirée parfaite. A la fin de laquelle nous avons en plus réalisé que le chef, celui-là même qui nous avait régalées, était aussi yummy que ses crevettes grillées (oui, lui, sur la photo, là). Soupir.

Bref, ce sera ma deuxième idée cadeau (ouais je sais je crains, non seulement je suis totalement à la bourre pour ce billet censé vous sauver la mise à la noël mais en plus je conseille un resto parisien, difficile à mettre sous le sapin): invitez celui ou celle que vous aimez dans ce petit resto pas comme les autres.

Bonne journée.

Lengué : 31 rue de la Parcheminerie, 75005 Paris (01.46.33.75.10).  

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Photo ratée d'une beauté parfaite

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Riz aux champignons à tomber

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Mash de pommes de terre au gingembre et soja

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Serviettes chaudes et assiettes trop belles

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sous-verres qu'on en rêve

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Bière parfaite

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épinards au sésame

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tofu grillé dans son bouillon (délicieusement étrange)

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crevettes à croquer (comme le cuisinier)

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Palourdes pas lourdes (mouais, ok)

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sushis mimi-minis

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Dessert d'Hello Kitty

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pancales très yummy yummy

Un grand merci à S, S, and G pour cette soirée… parfaite.

Fondant au marrons et chocolat de Trish

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A la demande générale voici donc la recette du gâteau-cul. Qui contrairement aux apparences n'a pas le goût de ce à quoi il ressemble. J'en veux pour preuve de sa déliciosité (non en effet le mot n'existe pas, Mahault) l'empressement qu'a eu ma copine Fanny à se resservir alors même qu'elle n'aime pas la crème de marrons.

Crème de marrons qui est pour plus de 50% dans la texture et le fondant du fondant en question. Qui est donc… fondant.

La recette est de Trish Deseine, ma papesse à moi, ma déesse du chocolat, ma référence à moi, voire tout simplement, ma préférence à moi. (j'ai envie d'écrire une chanson).

Outre le fait que ce gateau me rappelle une tuerie intergalactique mitonnée à Noël par ma tante Adeline et que je me prosterne devant toute préparation à base de chataignes, j'aime cette recette pour sa simplicité enfantine à la portée de la première teubé en cooking.

Pour épater vos amis et peut-être même les exciter, il vous faut:

– 500 g de crème de marrons

– 300 g de chocolat

– 150 g de beurre

Je confirme, on est assez loin des encas autorisés par le docteur Dukon. Ce qui en explique probablement la saveur exquise.

Comment qu'on fait ? On travaille la crème de marrons avec le beurre en pommade (je l'ai personnellement passé 10s au micro-ondes pour qu'il soit mou), jusqu'à obtenir une sorte de crème au beurre et aux chataignes. On se retient de manger le résultat séance tenante qui rappelle assez précisément la ganache des petites barquettes aux marrons que toute boulangerie digne de ce nom vend encore aujourd'hui (en tous cas à Lyon).

Ensuite, on fait fondre le chocolat au bain marie et on le mélange à la crème au beurre.

Enfin, on verse la préparation dans un moule à manqué ou à cake, chemisé au préalable de film alimentaire. C'est en vertu des plis de ce dernier que vous aurez peut-être la surprise de découvrir au moment du démoulage un joli trou du cul. Vous pouvez, si vous êtes scrupuleux et un brin tatillon, lisser le dessus du gateau pour éviter l'effet "glace à l'italienne" (vision positive des choses) ou étron fraichement moulé (vision Dukon).

Vous patientez une nuit pendant que le fondant repose au frigo. Et le lendemain, vous évitez de le servir après un boeuf bourguignon/pâtes fraiches, au risque de ne plus pouvoir regarder votre balance en face durant la semaine qui suit. Trish, qui n'est jamais avare de bonnes blagues, suggère de l'accompagner de mascarpone fouettée et de brisures de marrons glacés. Moi j'appelle ça un attentat diététique. Mais comme je suis un brin kamikaze dans l'âme, la prochaine fois je tente le coup.

Voilà, c'est tout.

Ah si, pour le pif à boire avec, voir photos.

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Cookies proustiens

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Je crois que je l'ai déjà raconté ici. En six ans il faut dire, je me demande ce qui de ma passionnante vie est resté du domaine de l'intime. 

En l'occurence, là, ce n'est pas comme s'il s'agissait de parler de ma première branlette cela dit. Ça, ce serait franchement inconvenant. 

Ah, oui, c'est déjà fait ?

Je plaide la folie passagère.

Quoi qu'il en soit ce souvenir peut-être déjà évoqué est d'un ordre beaucoup plus prude (quoi que). Il s'agit en effet des cookies Laura Todd que je m'enfilais consciencieusement à la sortie de mon lycée très catholique (duquel, vient, j'ai appris, l'auteur du Goncourt. Incroyable. Imaginez si un jour je décroche le Femina (j'accepterais le Renaudot) (et même le prix de la RATP), on viendra du monde entier étudier les pratiques d'enseignement de la littérature du lycée Saint Marc à Lyon, un peu comme les ministres de l'éducation visitent la Finlande histoire de comprendre comment ces crétins de vikings font pour avoir de si bons élèves en primaire).

Les cookies Laura Todd, disais-je.

Vendus chauds, mous, à peine cuits, avec leurs pépites de chocolat au lait grosses comme des Louis d'or. L'odeur inimitable qui émanait de la petite boutique de la rue Victor Hugo, le papier qui collait au biscuit et qui s'auréolait de beurre si on ne le mangeait pas immédiatement. Et cette envie d'en acheter un autre sitôt le premier terminé. (mon dieu, étais-je déjà hyperphage ? Quand j'y pense, ça fait sens, non ?)

Depuis des années maintenant, je cherche à approcher la perfection du cookie Laura Todd. Les seuls à souffrir la comparaison furent ceux concoctés par la mère d'une correspondante américaine (laquelle me détestait cordialement parce qu'à sa venue en France j'avais lu son journal intime et cassé son coup avec le sale con qui dans ma classe l'avait draguée) (je n'ai pas toujours été cette fille si sympa que vous aimez tant aujourd'hui). Elle me détestait, donc, et sa mère, probablement pour se faire pardonner de la méchanceté de sa fille (je ne l'avais peut-être pas volé mais me larguer à vingt kilomètres de chez elle un soir sous prétexte qu'il n'y avait pas de place dans la voiture de son mec, c'était rude) me gavait de patisseries home made à tomber par terre. 

Souvenir mitigé, donc, de stop sur une route perdue dans le connecticut sur fond de boulimie nocturne pour apaiser mes angoisses. Mais putain ce qu'ils étaient bons tout de même ceux-ci aussi, de cookies. 

Depuis, je poursuis ma quête insensée de ce goût sucré salé de ma difficile adolescence (je n'étais pas vraiment méchante, juste amoureuse du sale con en question).

Et puis dimanche,  à la faveur d'un goûter improvisé, j'ai bricolé une énième tentative. En mélangeant deux ou trois recettes que j'ai ensuite adaptées à ma pénurie de sucre de canne.

Et j'ai touché de près la perfection. Si.

Je vous livre ma recette, bien que pas hyper convaincue qu'elle soit reproductible tellement j'ai l'impression que le résultat tenait de l'intervention divine. M'enfin je les ai refaits hier et ma foi ils étaient quasiment aussi bons. Le secret étant je pense de les sortir à moitié crus du four.

Bref:

Pour environ 18 (gros) cookies:

  • 160 g de farine
  • 1/2 cc de levure chimique
  • 115 g de beurre demi-sel à température ambiante
  • 50 g de sucre en poudre
  • 100 g de vergeoise brune (ou de sucre roux mais la vergeoise en plus d'avoir un nom sexuel c'est quand même une tuerie)
  • 2 cc d'extrait naturel de vanille (j'ai mis de la vanille en poudre)
  • 1 oeuf
  • 100 g ou plus de chocolat cassé en morceaux (noir, au lait, blanc, tout va c'est ça qui est bien)

Préchauffer le four à 180°.

Dans un robot, battre le beurre et les sucres pendant 2 min, jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter la vanille et l'oeufs. Bien mélanger avant d'ajouter la farine et enfin les pépites de chocolat.

Déposer des cuillerées pleines de pâte sur la plaque à, pâtisserie (couverte de papier sulfurisé si elle n'est pas antiadhésive), en les espaçant d'environ 5 cm (la pâte s'étale à la cuisson). Faire cuire les cookies 10 min environ pour moi, mais cela peut varier d'un four à l'autre). Le bord commence à dorer mais le centre est encore moelleux.

Laisser refroidir les cookies sur une grille avant de les fermer dans une boîte hermétique.

PS: je me suis inspirée de cette recette là, elle même inspirée de celle de Martha Stewart, une prêtresse je crois de l'american food.

Voilà, c'est tout.

Tartelettes au chocolat blanc sur fond d’hécatombe électro-ménagère

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Bien que ça ne soit pas dans mes habitudes de me vanter, je tiens malgré tout à signaler que ce que vous voyez là se rapproche ni plus ni moins d'un sex-toy.

J'ai bricolé ces tartelettes chocolat blanc/framboises hier soir et très honnêtement c'est ce qu'on peut appeler une tuerie, un aller simple pour l'orgasme gustatif.

A 30 000 calories la bouchée, par contre. Ceci expliquant probablement cela. Mais on remarquera la présence de quelques fruits ce qui vous permettra de parvenir au quota diététiquement correct recommandé par Gulli.

Comment j'ai fait ?

Trèèèèèès simple: (pour huit tartelettes environ) une pate sablée (200 g de farine, 50 g de sucre, 100 g de beurre salé, un jaune d'oeuf et un peu d'eau), on fait cuire à blanc les tartes. Pendant qu'elles cuisent, on fait fondre une tablette de chocolat blanc à cuire (nestlé) de 200g avec un petit pot de crème (épaisse mais à mon avis ça marche aussi avec de la liquide, tant qu'elle est bien grasse). Histoire d'être sûre que ça prenne bien en refroidissant, j'ai ajouté une demi cuillère à café d'agar agar dans la ganache mais c'était surtout parce que j'avais acheté ce truc bizarre depuis au moins deux ans et que j'étais terriblement frustrée de ne pas avoir eu l'occasion de m'en servir (alors qu'en faisant cette acquisition j'avais en tête de délicieux flans coco/mangue) (mais QUI fait des flans coco/mangue dans la vraie vie ?).

Donc je reprends le fil: une fois les tartes cuites, on verse la ganache dessus. Et pour la bonne conscience, l'esthétisme mais aussi et surtout la merveilleuse touche d'acidité, on plante quelques framboises de ci de là. (surtout de ci en ce qui me concerne vu que le framboisier planté par ma voisine du dessus (un astre) dans la cour de l'immeuble et consciencieusement pillé par Rose tous les soirs est un peu à sec.

Wouala…

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(on est d'accord que je n'ai aucun avenir dans la photo culinaire)

A part ça, le frigo qui n'en finit pas d'agoniser est frappé depuis quelques jours d'incontinence et fuit tout ce qu'il peut. Logiquement, alors que nous fumions hier soir notre cigarette dans la cuisine, la machine à laver le linge a quant à elle rendu son dernier soupir en direct. Et croyez moi c'est déchirant la mort d'une machine à laver. Ça fait un bruit de ce genre: "Ziiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhiiiiiiiignnniiiiiiaaaaaaaah". Et après, plus rien. Enfin si, un vague bruit d'avion qui met les gaz mais qui débande illico.

Autant vous dire que c'est pas la joie du coup. D'autant que si tout se passe normalement, le lave-vaisselle ne devrait pas mettre bien longtemps à trépasser.

Bon week-end.

Muffins, journalisme et tout ce qui est bonheurs minuscules

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Samedi, on rentrait d'une soirée très arrosée, en taxi. On avait laissé le machin chez nos sympathiques hôtes, les mêmes à qui on devrait le lendemain une sacrée gueule de bois. Serrés tous les quatre à l'arrière, Rose sur mes genoux et la chérie blottie contre moi, on roulait sur le périphérique dans la nuit parisienne, toute emplie de lumières de la foire du trône et d'usines qui ne s'arrêtent jamais. A peine cinq minutes après le départ, les filles se sont assoupies. J'entendais leur respiration régulière et sentais leur poids peser un peu plus lourd sur moi. La radio jouait de vieux airs de jazz et ma légère ivresse me donnait la sensation que tout serait possible, demain.

J'aurais voulu que ce taxi ne s'arrête jamais. Comme lorsqu'enfant, quand la vieille simca 11100 de mes parents nous ramenait à bon port et que bercée par leur conversation de fin de soirée, je dégustais chaque seconde du retour, certaine que rien ni personne ne pourrait pénétrer l'alcôve de cette maison roulante. Avec mes frères et soeurs, nous faisions mine de dormir, pour le plaisir d'être portés les uns après les autres dans notre lit. Je crois que mon père a toujours su que nous étions éveillés. Mais il n'a jamais dérogé à la tradition.

A part ça, je suis dans ma période muffins. Je fonctionne en cuisine comme en d'autres domaines, par tocades. Après les tartes meringuées, me voici donc passée aux muffins. De mes expérimentations diverses, je retiens ceci.

La recette figurant au dos des sachets de pépites de chocolat Vahiné est franchement oubliable. Les muffins sont tout secs et ne présentent aucun intérêt.

En revanche, ceux au citron et pavot de Trish Deseine sont absolument redoutables. Même sans graines de pavot, eu égard à la pauvreté de mes placards concernant tout aliment qui sort du combo "farine – sucre – oeuf". Sachant en outre que je n'avais que des citrons verts rescapés d'une soirée ti-punch. Et que guess what ? ça marche également très bien avec.

Et last but not least, l'amie Gwyneth, que j'ai rarement épargnée ici avec ses conseils en développement personnel à la con mais pour qui je voue désormais une certaine admiration (il faut la voir dans Glee), a livré dans le dernier Elle une recette de muffins aux myrtilles qui déchirent mémé. La pauvre, quand on pense qu'elle même a du manger son dernier muffins en 1987, quelle abnégation, non ?

Voilà, c'étaient des infos sans politique ni femme de chambre, non que je n'en pense pas moins, mais j'ai décidé de faire une petite pause pour tout ce qui est polémique, j'ai beau avoir la peau tannée, certains commentaires ces derniers temps m'ont malgré tout un peu éreintée.

Ça reviendra, cela dit, je me connais, si je savais la boucler, depuis le temps, ça se saurait.

Je tiens néanmoins à préciser que ce billet "Muffins" a été rédigé après une solide enquête avec vérification des sources et test en vrai de tous les aliments suggérés. Je veux dire, au cas où certains douteraient de mon intégrité journalistique.

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Ah et j'ai pas fait de glaçage non plus pour ceux de Trish Deseign ni mis de myrtille.