C’est quoi ça sur ta tête ?

bonnet_de_bainUne fois tous les dix ans, je vais à la piscine. Je vous arrête tout de suite au cas où vous voudriez m'en féliciter, l'initiative ne vient jamais de moi.

 

C'est toujours le même scénario. Une copine, de préférence sublime – sinon ce ne serait pas drôle – semble décidée à me prendre en main et me propose, d'un ton ferme et sans appel, d'aller nager avec elle. Qu'est-ce qui motive ces amies touchées par la foi ? J'avoue qu'encore aujourd'hui je l'ignore. Tout ce que je sais c'est qu'en général la proposition n'est jamais réitérée. Il suffit d'une fois pour comprendre que la piscine et moi, ce n'est pas ça.

 

Donc, une fois que j'ai dit oui – au risque de me répéter, une fois tous les dix ans – et que j'ai fait part avec une vraie sincérité de mon enthousiasme à l'idée d'une telle expédition – enthousiasme dû au fait que les années passant j'OUBLIE, un peu comme on décide de refaire un enfant parce que le corps, cet imbécile, n'a pas de mémoire – une fois disais-je que j'ai dit oui, je commence à ressentir les premiers assauts de l'angoisse.

 

Je veux parler de l'angoisse de la piscine.

 

L'angoisse de la piscine, c'est, comment dire ? C'est l'angoisse du premier jour de plage en pire. A cause d'un truc qui parait peut-être vraiment anodin, un détail pour vous mais qui pour moi veut dire beaucoup: le bonnet de bain.

 

Celui qui a inventé le bonnet de bain est encore plus vicieux que celui qui a créé les Dim-Up. Comme chacun a pu le comprendre, la seule partie de mon anatomie avec laquelle je ne sois pas fachée, c'est ma chevelure. Elle n'a jamais failli, ne m'a jamais lachée, n'a jamais pris de cellulite, ne s'est pas ramollie au fil des ans et ne s'affaisse pas comme deux lacheurs de premier ordre que je ne nommerai pas mais qui se reconnaitront sûrement. Quand je suis boudinée dans mon maillot, mes cheveux me soutiennent, ils cachent mon visage gêné, ils flottent et j'en suis sûre détournent l'attention des regards cruels qui m'assaillent.

 

Mais le bonnet de bain gâche tout.

 

Déjà, personnellement, après avoir enfilé cet énorme préservatif même pas lubrifié, il me faut quelques minutes pour calmer ma crise de larmes. Et bien oui, c'est comme ça, moi quand on s'y prend à quinze pour me tirer les cheveux et tout spécialement les tous petits, les bébés qui poussent au creux de la nuque ou derrière les oreilles, je pleure. Parfois, même, je crie.

 

Une fois calmée, il faut affronter l'immense glace posée là uniquement pour remuer le couteau. Là tu te trouves face à une race de chien dont le nom m'échappe mais assurément de la famille des bouledogues, reconnaissable aux plis qui s'accumulent au-dessus des yeux. Un effet bizarre, qui te donne l'air à la fois très en colère et en même temps morte de rire, sans qu'un son ne sorte évidemment de ta gorge. En gros tu fais peur. Même à toi tu fais peur. Ne parlons pas des enfants qui pressent le pas quand ils te croisent. Bref tu te retrouves défigurée par un rictus horrible sans qu'il soit possible de changer ton expression. Même si tu le pouvais d'ailleurs tu ne le ferais pas parce que dès que tu essaies de soulever tes paupières, ça t'arrache les cheveux qui te restent.

 

Le bonnet est également à l'origine d'un effet d'optique curieux mais incontestable: il réduit le volume de ta tête. Est-ce nécessaire de préciser que du coup le reste parait plus gros?

 

Enfin, une fois que l'objet de torture a été retiré et avec lui les trois quarts de ce qui te restait de ta tignasse, il te laisse en souvenir une très esthétique marque rouge juste au dessus des yeux qui reste incrustée sur ton visage le reste de la journée. Un peu comme si ton front hurlait à qui veut l'entendre: "je suis allée à la pisciiiiiiiiine, moaaaaaaaaa".

 

Demain je vous raconterai ma séance de piscine…

Mon vibro c’est un Sonia (Suite et fin)

vibroAllez, suite et fin de ce fameux jour où j'ai acheté mon "sonia"…

Je dois vous avouer, sur la photo ce n'est pas le mien. Mais il lui ressemble drôlement…

14h26: Naomi m'accueille tout sourire. Je n'arrive pas trop à savoir si elle est très classe ou si elle ressemble à une call-girl. Elle me confirme que je suis au bon endroit et me demande si je veux aller à l'étage "admirer les différents accessoires".

14h27: Naomi m'indique le chemin. Je la suis et j'emprunte un petit escalier.

14h28: J'arrive dans un boudoir rempli de trésors roses. Les dessous sont affriolants, il y a des liseuses en dentelle, des nuisettes qui semblent crier "arrache-moi". Naomi me propose de tout regarder avant de me décider. Je sais que ce n'était pas le but mais je crois que je vais craquer pour cet adorable et minuscule débardeur en cachemire qui au mieux me servira de brassière.

14h29: 350 euros.

14h30: Naomi, je suis pas là pour rigoler, montre moi tes engins qu'on en finisse.

14h31: Naomi commence la présentation. Elle serait en train de me faire l'article pour des montres, ce serait pareil. Sauf que là ça donne: "Voici un de nos plus grands succès, le "rabbit". C'est un petit vibromasseuuuuuur très pratique que l'on peut glisser dans une poche. Il a un socle en plastique surmonté d'un déééééélicieux petit lapin en silicone dont la forme et la texture optimisent le plaisir et provoquent très rapidement l'orgaaasme clitoridien ". ou encore: "làààà, ce sont les boules de geishaaa. Elles sont reliées à ce petit fil qui vous permet de les retirer lorsque bon vous semble. Les vibrations émises lorsque vous marchez provoquent un plaisir indéfinissaaaable."

14h32: Je suis écarlate.

14h33: C'est officiel je suis super coincée.

14h34: Naomi vient de mettre en marche un autre de leurs "hits", le vibro rouge à lèvres. On dirait un Guerlain. Elle le pose au creux de ma main.

14h34: "Hiiiiiiiiiiiiiiii"…

14h35: Naomi m'explique que le rouge à lèvres est parfait pour partir en avion et qu'aux rayons X il passe pour un véritable rouge à lèvres. "Il est à usage externe mais peut également être utilisé à l'entrée du vagin pour stimuler le point G".

14h36: Le mot vagin me fait sursauter. Quand parfois chez ma gynécologue je dois parler de cet endroit, le maximum que je parvienne à dire c'est "à l'intérieur".

14h37: Parfois je dis "ma zézette".

14h38: Ouf, voilà les canards, je commence à avoir super chaud. Il y a trois couleurs, rose, violet et noir. Maintenant que je les regarde, il ne me disent plus rien, ils ressemblent trop à ceux de mes enfants. Et puis, me précise Naomi, ils "ne sont qu'à usage externe", eux.

14h39: Je fais genre que bien sûr, c'est évident que c'est à usage externe. Faudrait être vraiment gourde pour avoir envisagé autre chose, quand même.

14h40: Il faut que je m'en aille très vite Naomi est en train de me libérer à vitesse grand V, dans deux minutes je vais prononcer le mot clitoris.

14h41: "Et celui-ci, le petit violet, là, je me demandais, il est un peu recourbé pour mieux stimuler mon clitoris ou pour atteindre mon point G ?"

14h41: Brigitte Lahaye, sors de mon corps.

14h42: J'opte pour le joli violet qui ressemble à un sucre d'orge et je prends un canard rose pour ma collègue.

14h43: Les canards ça rapporte, je confirme. J'suis pas loin du body  à 110 euros.

14h44: Je rentre au travail.

14h45: J'ai deux vibromasseurs dans mon sac.

14h46: Si je me fais renverser par une voiture, c'est la première chose que vont trouver les pompiers.

14h47: J'ai super envie de me faire renverser par une voiture.

14h50: Je rase les murs au travail et je fais semblant de travailler. Mes collègues m'interrogent du regard, je leur fais signe que ça a été super facile d'être une femme libérée.

15h56: Je ne pense qu'à ça.

17h45: Je pars du travail en prétextant une migraine.

18h15: Allez hop hop hop les enfants, on se dépêche de manger, non, papa n'est pas là, il rentre tard, oui, pauvre papa, c'est pas drôle pour lui, hein ? Oui, maman va être un peu seule, mais ne vous inquiétez pas, maman a des choses à faire. Allez les chéris, les dents, pipi et au lit. Hein, quoi ? Si , bien sûr qu'il est l'heure. Il est exactement 8 heures, si si.

19h00: Les enfants sont couchés.

19h01: En QUOI je vous le demande, le fait de coucher EXCEPTIONNELLEMENT ses enfants à 19h fait de moi une mauvaise mère ? Ils étaient épuisés. Après une bonne nuit de 14h ils seront en pleine forme.

19h05: Je sors mon Sonia de son étui noir siglé SR en strass. Rien que pour l'étui j'ai eu raison.

19h06: Je mets en marche le bijou…

19h07: Hiiii !!???

19h08: Rohhhhh….

19h09: hahaha haaaaaaaa!

19h10: Je viens d'avoir ma première éjaculation précoce.

Mon vibro c’est un Sonia

Alors, alors, alors… Ce fameux jour où je suis allée acheter mon "Sonia" – je vais l'appeler comme ça, c'est tout de même plus joli que 'vibro' – voilà comment ça c'est passé…

13h30: C'est l'heure de ma pause déjeuner. Aujourd'hui c'est l'anniversaire d'une collègue et j'ai eu l'idée saugrenue de lui offrir "pour rigoler" – tu parles ! – un canard rose qui vibre, griffé Sonia parce que c'est plus classe que d'aller au sex shop.

13h31: Mes collègues qui devaient m'accompagner se désistent au dernier moment. ça leur fait trop bizarre d'acheter un truc pareil.

13h32: Autant l'avouer de suite, l'idée du cadeau sexy vient de moi.

13h33: Je ne savais pas que j'étais sur le divan, mais bon, ok, c'est un prétexte pour m'en acheter un.

13h45: Boulevard Saint-Germain, Paris 6ème, la devanture de chez Sonia Rykiel est toute noire, je suis drôlement impressionnée.

13h50: Après être passée l'air de rien cinq fois devant la lourde porte, je finis par entrer. Le groom me regarde avec un mépris affiché.

13h52: Je m'enfonce dans une moquette de dix centimètres. Il y a au moins dix vendeuses – dont une qui ressemble à Gwyneth Paltrow – et deux clientes qui parlent en américain.

13h53: Je regarde discrètement les présentoirs, je ne vois aucun canard. Je crois avoir lu que le rayon des joujous sexuels est à l'étage.

13h54: Après vérification, il n'y pas un seul escalier qui monte, juste un seul qui descend.

13h55: Ce serait plus simple de demander mais là tout de suite je ne me sens plus vraiment super libérée. J'emprunte en douce l'escalier en colimaçon.

13h56: "Mademoiseeeeeeeelle ???". Merde, Gwyneth m'a repérée. "Puis-je vous aider ? cette partie du magasin n'est pas ouvert à la clientèle, je vous prie de remonter".

13h57: "Ah, heu… oui, je… C'est parce que je cherchais le coin… Je veux dire… En fait je voudrais acheter un de vos… un de vos canards…"

13h58: Je suis dans un des magasins les plus chics de la capitale, en face de Gwyneth Paltrow et je viens de dire que je souhaite acheter "un canard". Je suis mortifiée.

13h59: C'est plus fort que moi, avec cette moquette à 10 000 euros le m², les lambris, les robes strassées et les vendeuses de deux mètres, le mot "vibromasseur" ne peut pas franchir mes lèvres.

14h00: Consternée, Gwyneth me lache un demi-sourire que je ne qualifierais pas de chaleureux. "Vous voulez peut-être parler de nos sex-toooooys ? Je suis navrée mais vous faites erreur, notre rayon spécialisé se trouve deux rues plus loin, rue de Greneeeeelle exactement, mademoiseeeeeelle"

14h01: J'ai demandé "un canard". Plus tard on se souviendra de moi comme de la fille qui est allée voir Madonna en Birkenstock et qui demande à acheter "un canard" chez Sonia Rykiel.

14h02: Je demande pardon à mes enfants, c'est le genre d'humiliation qui marque plusieurs générations.

14h03: Je pars sans demander mon reste.

14h10: Rue de Grenelle. Devanture Rykiel, on doit y être. J'entre, il n'y a que des chaussures, pas d'escalier.

Putain, ils les cachent bien leurs "sex tooooooys". Cette fois-ci Gwyneth est brune mais c'est la même. Dans un murmure gêné, histoire que la respectable grand-mère en train d'essayer de magnifiques Richelieux à 300 euros ne m'entende pas, je demande où se trouvent les sex toys.

14h11: Gwyneth n°2 me sourit gentiment. On s'est reconnues, on parle le même langage, je ne suis pas une de ces quiches qui demandent "un canard".

14h12: Ici je suis chez Rykiel Chaussures, m'explique ma nouvelle amie. Pour les sex toys c'est plus haut dans la rue.

14h13: Je réalise que Sonia Rykiel possède toute la rue de Grenelle. Les canards, ça rapporte.

14h16: Cette fois-ci c'est le bon. J'entre sans regarder ou à peine. J'en ai marre, je suis en train d'exploser mon record de pause déjeuner, j'en ai plein les pattes. Je décide d'être vraiment libérée et je prends une voix de stentor pour lancer un résonnant: "Bonjour, vous pouvez me montrer vos VIBROMASSEURS s'il vous plait ?".

14h17: Je suis chez Rykiel Baby.

14h19: En sortant j'ai juste le temps d'apercevoir, entre deux mères complètement outrées et une Gwyneth ulcérée – ça devient inquiétant quand même toutes ces Gwyneth – un body à 110 euros.

14h20: Je me demande combien de sex toys on peut s'acheter avec 110 euros.

14h21: J'ai eu ma dose de ridicule pour les dix ans à venir. Tant pis je continuerai à pouffer devant la page 456 de La Redoute. Je ne saurai JAMAIS si ça peut vraiment lisser les joues.

14h22: La vitrine ne laisse aucun doute, ces porte-jarretelle pourpres, ces nuisettes en dentelles, ces loups roses et diamantés, ces cache-coeur en cachemire soyeux, ça ne peut être qu'ici. Le nom du magasin me le confirme: "Rykiel Karma Body and Soul". Si là je trouve autre chose que des trucs à faire rougir un légionnaire, je veux bien être pendue.

14h23: J'ai conscience de me mettre dans une situation difficile avec mon employeur qui m'attend probablement depuis déjà vingt minutes mais je ne résiste pas. Il me faut mon canard.

14h24: Hourra, pas de Gwyneth.

14h25: C'est sa copine Naomi qui la remplace.

A suivre…

Bottes pour mollets ronds: THE liste

osloAprès mon billet sur les bottes introuvables pour toute femme n'ayant pas un mollet de sauterelle, vous avez été nombreuses à y aller de votre petit tuyau. Comme je ne suis pas sûre que vous retourniez systématiquement lire les commentaires, je crains que certaines infos CAPITALES voire VITALES ne vous aient échappé. Je me propose donc de faire un petit récapitulatif des bons plans des unes et des autres. Si vous en voyez d'autres, n'hésitez pas je me ferai un plaisir de les rajouter dans la liste.

 

Voici donc THE liste:

 

  • Fyfe nous indique que la la marque 'Taillissime' (voir le site de La Redoute http://www.laredoute.fr/Home/Index.aspx rubrique espaces marques – taillissime), propose des bottes en plusieurs tailles, et même des bottes sans taille : avec des lacets (devant ou derrière !). Je suis allée voir et il y a des modèles plutôt sympas à des prix abordables. Je précise que Gabbel nous avait déjà parlé de Taillissime pour les collants, rendons à gabbel ce qui revient à César !!! 😉

 

  • Fyfe toujours – une mine, Fyfe ! – nous donne également l'adresse d'un site anglais qui nous promet des bottes à la mesure de nos mollets. Attention, les prix sont en livres et après conversion, il semblerait qu'il faille peut-être vendre un rein pour acquérir ces maginifiques anglaises. En même temps, c'est quoi un rein ? On en a deux après tout, non ? http://duoboots.com/. En photo le modèle Oslo qui personnellement me donne des palpitations.

 

  • Il n'a par ailleurs pas échappé à Esme – à qui il n'échappe en général pas grand chose – que la marque Heyraud a sorti des bottes avec ajustement du mollet a 199 euros…

 

  • Lodie quand à elle a la palme de la botte la moins chère, achetée 20 euros la paire chez Cora. Ce sont manifestement des bottes prévues pour faire passer le jean à l'intérieur, donc elles sont plus larges. Malheureusement, je crois qu'à Paris on n'a pas de Cora. Enfin moi je n'en ai pas vu. En même temps nous on a Jing, on ne peut pas tout avoir !

 

  • Miss Purple, elle, n'a pas froid au porte-monnaie et nous conseille Jean Gaborit, bottier de son état et qui je crois a pignon sur rue. « Bon évidemment c'est un peu cher mais je posséde une paire de cuissardes faites chez le monsieur et elles sont increvables, le cuir est d'une très grande qualité et les talons sont solides … un bonheur », nous assure la miss. Je ne sais pas vous mais moi ça me donne envie, au moins d'aller y jeter un oeil.http://jean-gaborit.com/fr/

 

  • Lovisall pour sa part a trouvé l'année dernière chez "géox" des bottes sympa, « plates avec lacets tout le long devant et fermeture éclair sur le côté, comme ça une fois que c'est réglé, on ne se prend plus la tête avec les kilomètres de lacets ». 

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  • Laura Ingals, elle, se souvient d'une boutique avenue de Wagram à Paris, nommée "Cote à Cote"

 

  • Enfin, Ester, qui a un chéri en or, s'est vue offrir des bottes faites sur mesure par un autre bottier, installé à la « Boutique Sentimentale » – moi rien que le nom me donne envie de me précipiter, quitte à vendre mon autre rein -, 14 rue du Roi de Sicile dans le 4è (métro : Saint Paul), 01 42 78 84 04.

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  • Esme indique que chez Pataugas on peut ajuster ses bottes.

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  • Cassymary vient de laisser une autre info qui m'a l'air très fiable aussi. Elle travaille pour une enseigne qui chausse les pieds forts, sensibles ou qui veulent du confortable élégant. Elle a des bottes pour mollets forts, et même très forts. Il y a 11 enseignes Jorcel en france ( dont une à toulouse ;o) ) et les prix vont de 120 à 180 euros pour les bottes; A bon entendeur……

 

Et voilà pour l'instant…

C’est le pied

La veille de ma rentrée au CP – et accessoirement de mon retour au boulot – l'homme, dans sa grande perspicacité, a remarqué que j'étais légèrement stressée, voire totalement tétanisée à l'idée de renouer avec mon rythme infernal de femme Barbara Gould – ouais, je me la pète, c'est bon pour mon ego. Alors, parce qu'il est parfait – mais est-ce encore nécessaire de le préciser ? – il s'est eclipsé dimanche pour revenir quelques instants plus tard avec une mystérieuse enveloppe rouge. Celle-ci contenait une invitation pour un massage des pieds d'une heure dans l'institut de beauté chinois de la rue d'à côté. Après deux jours de labeur qui ont foutu en l'air tous les bienfaits de mes 25 jours de congés, je me suis donc rendue hier après-midi – merci le dieu du 4/5ème – dans ce salon asiatique, pour y vivre une des expériences les plus zen de ma vie.

En même temps c'est normal puisqu'hier, donc, je suis allée en Chine…

Je vous emmène ?

15h55: Je pars de chez moi, direction deux rues plus bas, à la fois curieuse de découvrir le lieu et méfiante, vue la devanture d'un goût douteux.

16h00: Je franchis la porte de l'institut et une jeune femme ne parlant pas français me fait passer dans la salle de massage.

16h01: Je suis à Pékin, Shanghaï ou Lu-Xien

16h02: Ok, Lu-Xien ça n'existe pas mais je viens de m'apercevoir avec effroi que là tout de suite je ne suis capable de sortir que deux noms de villes chinoises. Pourtant mon sujet de géo au bac c'était l'agriculture en Chine. Et j'avais eu 15.

16h03: C'était en 1989.

16h04: J'ai passé mon bac il y a 17 ans. Il me faut une chaise, là, tout de suite.

16h05: Ne pensons plus au temps qui passe et qui est assassin, concentrons nous sur cette salle qui respire le calme et la douceur. De grands fauteuils inclinés dans lesquels on rêve de s'enfoncer sont alignés, recouverts de serviettes éponges plutôt kitsch.

16h06: Tout autour il y a des petites cabines fermées par des rideaux. De drôles de bruits de claques s'en échappent. Je suis bien contente de ne pas être à la place des malheureux qui y sont enfermés. Il y a aussi un temple chinois dans le fond de la salle. Une fenêtre est ouverte sur une cour arborée.

16H07: Les masseuses sont petites et brunes, elles rigolent en chinois et s'appellent Ding, Min, ou Lung. La mienne, ce sera Jing.

16h08: Jing m'installe et même si elle ne parle pas français, je comprends à ses yeux que s'arracher les ongles de pieds quand on a passé son bac il y a plus de quinze ans, c'est pas très zen.

16h09: Je suis allongée dans un des fauteuils et on plonge mes pieds dans un bain brûlant d'herbes chinoises.

16h10: Jing m'apporte du thé au jasmin. Je me sens proche de l'extase. Je ferme les yeux et j'écoute la musique, la même que dans mon resto chinois préféré.

16h12: Jing lave et frotte mes pieds à la pierre ponce, j'ai un petit peu envie de rigoler, mais en même temps c'est bon.

16h14: Jing sèche mes pieds et les pose sur un petit tabouret rectangulaire. Elle m'enduit d'un beurre qui sent la coco. Ses mains sont douces.

16h15: Jing, c'est vrai, on ne parle pas la même langue, on n'a pas la même culture et il nous faudra affronter la colère de nos familles, mais je crois vraiment que nous pourrions vivre une belle histoire toutes les deux. Partons à Amsterdam et marions-nous, là, tout de suite.

16h16: En même temps, Jing, là, tu me fais un petit peu mal.

16h17: Oublie cette histoire de mariage.

16h18: On dit que la voute plantaire est reliée à toutes les parties du corps.

16h20: L'avantage d'avoir eu mal c'est qu'après c'est encore meilleur

16h21: Je ne pensais pas au sexe.

16h22: En fait, si, je pensais aussi au sexe.

16h23: Jing fait craquer mes doigts de pieds. Je crois qu'elle en a arraché un.

16h24: Je compte en douce, c'est bon, ils y sont tous.

16h25: Deux jeunes femmes super fashion viennent d'arriver. Elles n'ont pas l'air d'être du quartier, peut-être même qu'elles ont traversé tout Paris pour Jing et ses copines. Elles ressemblent à des journalistes de Marie-Claire.

16h26: Je vis depuis deux ans à deux mètres d'un spot de la hype sans le savoir.

16h27: J'ai super envie de dire à ces deux filles que moi j'habite à côté et que je viens quand je veux, si j'en ai envie.

16h28: Je n'ai pas pu me retenir. Elles ne disent rien mais elles me regardent autrement, je le sens.

16h30: Jing, je reviendrai, c'est juré, à condition que tu arrêtes de me chatouiller les oreilles, je crains énormément ça.

16h31: Après vérification, personne ne touche mes oreilles.

16h32: Les pieds sont VRAIMENT raccordés à TOUTES les zones de mon corps.

16h50: hein ? quoi ? où suis-je ? Ah, oui, c'est vrai, à Xu-Lien, je crois que j'ai un peu dormi.

16h59: Jing finit par un massage des mollets.

17h00: Tout de suite, là, ça rigole moins les capitons, hein ?

17h01: Oui, j'ai de la cellulite sur les mollets. A part les cheveux je ne sais pas trop où j'en ai pas.

17h12: On termine par la nuque, les épaules et le dos.

17h13: Comment ça, Jing, c'est terminé ?

17h20: Je me retrouve sur un trottoir parisien et je me dis que décidément la Chine, c'est le pied.

Pour ceux et celles (c'est mixte) que le voyage tenterait, tout ceci se passe à l'Institut Feihe, 12 rue Caillaux, Paris 13ème,               01 44 23 91 70        . C'est ouvert tous les soirs jusqu'à… 23h !!!

J'oubliais ! Pour une heure de massage, on ne vous prend que 28 euros, ce qui est je trouve, des plus raisonnable…

 

Tu me prêtes ton jean ?

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Un jour ou l'autre, ça finit par t'arriver. Une copine bien plus mince que toi que tu as invitée pour l'apéro trouve le moyen de balancer son pastis sur son pantalon au moment de sortir au resto. Elle te demande alors le plus naturellement du monde: "tu me prêtes un jean ?". "Mais bien sûuur", tu réponds, apparemment très détachée. Sauf qu'en vrai, tu te prends une grosse suée. Tu files dans ta chambre et tu passes nerveusement en revue ta garde robe en te demandant dans lequel de tes pantalons ta copine que tu commences à détester flottera le moins.

Finalement, tu déterres ce vieux Levis que tu aimais tant mais dans lequel tu n'as pas réussi à entrer la moitié d'une cuisse depuis trois ans. Si tu ne l'as pas jeté c'est juste parce qu'au fond de toi, l'espoir subsiste qu'un de ces jours, peut-être, après deux trois gastros et un bon vieux tenya, tu parviendras à l'enfiler.

Tu reviens dans le salon et tu donnes l'objet sacré avec un air super détendu à ton amie.  "Tiens, c'est le seul qui est propre, y'a des chances qu'il te soit un peu grand, moi-même je le perds". Tu n'as même pas honte de ta mauvaise foi, c'est une question de survie.

Comme c'est une vraie copine et qu'elle, en l'occurence, n'a aucune raison de te détester, elle fait mine de te croire et s'en empare sans manières.

Quand elle ressort de la salle de bain, tu oses à peine la regarder. De face, c'est simple, ça baille et ça fronce tellement qu'on pourrait penser qu'entretemps il lui est poussé un zizi. De dos, on dirait Kate Moss dans une salopette de Coluche – paix à son âme.

"Il me va impec', et puis de toutes façons c'est la mode de l'oversize", t'assure-t-elle, te gratifiant d'un sourire désarmant de gentillesse. Toi tu n'entends que le mot "oversize" et tu penses à tes fesses qui pour le coup sont à fond dans l'air du temps. Le pire, en plus, c'est qu'à bien l'observer tu constates qu'elle arrive à être vraiment jolie malgré les quatre tailles de trop du pantalon. Autant dire que désormais c'est officiel, tu la hais. Pour sauver le peu de dignité qu'il te reste, tu entres malgré tout dans son jeu et tu confirmes: "Ecoute, c'est vrai, il te va plutôt bien, je suis super étonnée, je pensais qu'il serait plus grand que ça"

Mais toute la soirée, à chaque fois que tu poses les yeux sur elle, tu te prends en pleine face les 13 kilos au bas mot qui te séparent d'elle. Immanquablement vient le moment où une bonne âme demande à ta copine pourquoi elle porte le pantalon de son grand-père. Et là, tu la vois expliquer, un peu gênée. Tu surprends les rires étouffés et les regards confus. Ta soirée est foutue.

En même temps, tu sais que ça aurait pu être pire. Tu aurais pu en effet te manger le pastis sur TON jean chez ELLE. Et subir la honte de ne pas réussir à passer une cheville dans le plus grand de ses joggings…

Madonna et moi, la suite

Donc la suite…

21h33: La petite femme se met à chanter et là, l'expression "hystérie collective" est faible. Derrière elle il y a des écrans géants où passent en boucle des images hyper sexuelles d'elle avec des chevaux.

21h34: Madonna donne des coups de cravache à des hommes enchainés qu'elle tient en laisse. L'homme me regarde avec un sourire bizarre.

21h40: Changement de costume. En combinaison lamée, Madonna chevauche une sorte de selle pailletée et chante "Like a virgin". Elle fait des trucs avec son bassin qui prouvent bien qu'elle, ça fait tout de même un bail que sa virginité…

21h43: Cette femme n'a pas 48 ans.

21h44: Moi et mes birkenstock on n'a que 35 ans mais rien qu'à la regarder danser on est très fatiguées.

21h46: C'est un hologramme de Madonna. Personne ne devrait avoir le droit d'avoir ce corps là à 48 ans.

21h48: En fait c'est l'homme qui est devenu homosexuel, il fait les même choses que Madonna avec son bassin.

21h50: "Jumpez, jumpez", crie la Ciccone. 17000 personnes qui jumpent dans Bercy ça fait des vibrations étranges. Les mots Heysel et Furiani me viennent à l'esprit.

21h52: Je me rapelle soudain que je suis agoraphobe.

21h53: En pensée, je passe en revue le système ultraperfectionné de sécurité mis en place pour un événement pareil et je pense à tous ces pompiers et médecins du SAMU prêts à me réanimer au cas où mon coeur lache.

21h54: Ma crise de tachychardie commence à se calmer.

21h58: Madonna danse comme une possédée. C'est fou ce qu'une femme si petite peut avoir comme présence.

22h03: ""Le premier qui dit que c'est du play back je lui explose sa gueuuuuuuuuuule" hurle mon voisin.

22h04: Il a l'air super sérieux alors je ne lui dis surtout pas que tout de même y'a des moments où on l'entend drôlement mieux que d'autres.

22h05: "T'as raison, vu comme c'est faux parfois, ça peut pas être du play-back", je dis, d'un air entendu à l'homme. Non parce que je suis fan, d'accord, mais moi je ne suis pas comme ces 17000 malades, là. J'ai su garder raison, recul et sens critique.

22h06: Vu le regard qu'il me lance, l'homme n'a pas su garder raison, recul et sens critique.

22h15: Madonna est en smocking blanc et elle danse sur Music. J'oublie mon recul et mon sens critique et je dis merde à ma tachycardie.

22h16: Je shake my hands, my humps et tout ce qui peut bouger dans mon corps et dont je ne connais pas le nom en anglais.

22h45: Les chansons défilent et ma vie avec. Ladisla Bonita me rappelle ma meilleure amie de lycée. "Tell me"  une nuit magique, "Erotic"…

22h50: La boule à facette qui était remontée redescend. Bercy devient tout rose. Madonna arrive perchée sur des talons de 20 cm et gansée dans un justaucorps étincelant.

22h51: "ça va être hung uuuuuuuuuuuuuuup"!!! vocifère mon voisin, les yeux exhorbités.

22h51: J'ai peur de mon voisin.

22h52: Je réalise que mon voisin, c'est l'homme.

22h53: Bercy est transformé en dance floor. C'est la folie. "Times goes by. So slowly". On est en totale fusion avec elle. D'ailleurs on sent qu'elle non plus n'a pas envie que ça se termine. On est 17000 et pourtant on ne fait qu'un.

22h54: Là je crois qu'on lui a montré que le public parisien c'est quand même autre chose. D'ailleurs, même de là où je suis on sent qu'elle est émue. Il s'est passé quelque chose de spécial.

23h00: Les dernières notes de "Hung up" s'évanouissent dans le ciel étoilé de Bercy. J'ai l'impression qu'il est 6h du matin.

23h01: Madonna a disparu. Les lumières s'allument.

23h02: "Mais elle est ouuuuuuuuuuuuuu ?", hurle l'homme, comme un possédé. Mon voisin de gauche m'explique qu'elle part toujours comme ça, sans rappel, sans rien. "On serait les premiers avec lesquels elle reviendrait", me dit-il.

23h03: Je suis sûre qu'au fond d'elle elle aurait voulu revenir. Tout ça c'est sûrement la faute de son manager. Sans compter qu'elle a des enfants, cette femme. Pas facile de gérer tout ça. Et puis bon, comme ça ça se termine sur un instant de communion inoubliable.

22h04: L'homme me dit qu'il a l'impression d'avoir été interrompu en plein coït.

23h05: Madonna, si tu reviens je t'explose ta gueule.

Madonna et moi, la rencontre

Bon, à la demande générale et aussi parce que je ne PEUX pas passer sous silence une soirée comme celle-ci, voici, heure par heure, minute par minute, le déroulé de ce jour où j'ai rencontré Madonna…

 

 

 

 

 

 

 

 

9H00: Je me lève avec un coin de soleil dans la tête, ce soir je vais voir Madonna avec l'homme.

9h02: Je me rappelle le prix des places et je demande pardon intérieurement à mes enfants. C'était Madonna ou leur compte épargne.

9h10: Je n'ai rien à me mettre pour rencontrer Madonna.

11h00: Après plusieurs essais déprimants – je n'ai tout compte fait pas à proprement parler maigri pendant mes vacances – je décide d'aller à contre sens des 17 000 personnes qui seront avec moi ce soir et de jouer la carte de la sobriété. Madonna saura apprécier, j'en suis sûre.

11h02: Je retrouve une paire de stilletos quasiment jamais mis, avec ça, la simplicité prendra toute sa dimension de classitude absolue. Madonna, accroche toi, tu vas recevoir une leçon de mode parisienne.

11h15, 12H08, 13h45, 16h56, 17h12… : Je vais voir madonnaaaaaaaaaa !

18h16: Après deux mois de Birkenstock, mes pieds ont manifestement décidé de changer de vie. Ils se sont pour ainsi dire légèrement étalés et pris la forme… de mes birkenstock. Je remets au fond du placard mes talons aiguilles.

19h30: Je pars voir Madonna en Birkenstock.

19h32: La honte sur moi et toute ma génération.

20h00: Pour aller à contre courant, je suis allée à contre courant. Personne n'a opté pour le sobre, il y a des madonnas partout, période Like a virgin, période In bed with Madonna, période gothique, disco, etc. Les gens doivent penser que je me suis trompée de concert. Au mieux je ressemble à une fan de Cabrel.

20h01: Je n'ai rien contre les fans de Cabrel, d'ailleurs à mes heures, j'aime beaucoup Cabrel. C'est juste que j'ai mal choisi mon jour pour ressembler à une fan de Cabrel.

20h03: L'homme en assez que j'essaie de cacher mes chaussures. Il me rappelle que les 17 000 madonnas qui sont ici ne sont pas venues pour moi.

20h04: C'est un peu douloureux mais ça remet les choses à leur place.

20h05: On doit être le seul couple hétéro du public, ça aussi c'est la honte.

20h12: A coté de moi c'est Philippe Manoeuvre. Il regarde mes Birkenstock, je sens qu'il a la nausée.

20h13: Je me suis trompée, devant il y a Loana et Jean-Edouard, on est deux couples hétéros.

20h14: Ah non, Loana vient de se retourner, elle a un zizi et de la moustache.

21h00: On est enfin assis dans les gradins. On est bien placés, ça valait le coup de sacrifier les études des enfants.

21h12: Toute la salle trépigne, on appelle Louise, la Ciccone, la Madone, Madonna, quoi.

21h30: Les lumières s'éteignent. 17 000 personnes qui retiennent leur souffle, ça fait du bruit.

21h31: Une énorme boule à facettes descend du plafond, la musique vrombit, 16698 garçons sensibles sont au bord de l'évanouissement.

21h32: "Elle est à l'intérieuuuuuuuuuuuur", hurle mon voisin en transe.

21h33: Elle est à l'intérieuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur", répètes-je à moitié en larmes à l'homme.

21h34: La boule à facettes s'ouvre. Elle est à l'intérieuuuuuuuuuuuuuuuuuuur !

21h35: Je ne sais pas si c'est la ferveur collective, les 45°, la boule à facettes, la petite femme en costume de cavalière qui en sort auréolée d'un je ne sais quoi qui donne des frissons, mais je dois l'avouer. A cet instant, je pleure.

21h36: Je me tourne vers mon voisin, il pleure aussi mais lui il n'a pas honte.

21h37: C'est officiel, je suis homosexuel.

A suivre…

Le jacuzzi, suite

Après le jacuzzi, donc, le grand soin du visage…

 

 

 

 

12h16: Je me lève brusquement et m'extraie mortifiée du divin bain. Je suis sûre que le dragon n'ignore rien de mes petits jeux avec les jets d'eau. Mais qu'importe, je sors la tête haute. C'est vrai, ça, est-ce que Catherine Deneuve prendrait un air gêné ?

12h17: On me présente Nicole, qui sera mon esthéticienne attitrée.

12h18: Je décide immédiatement que Nicole sera mon amie pour toujours tellement elle a l'air gentille. Elle a une peau de chocolat soyeuse et par endroits elle est encore plus ronde que moi. Sauf que sur elle c'est beaucoup plus joli. Quand elle sourit, Nicole a deux fossettes qui creusent ses pommettes hautes.

12h19: Je veux faire un calin à Nicole

12h20: Je crois que le jacuzzi m'a un peu perturbée.

12h22: Je m'installe dans une cabine de soin. La lumière est tamisée, une musique douce me berce et la table est plus confortable que mon lit. Des bougies aux huiles essentielles de raisin finissent de m'endormir.

12h23: A bien y réfléchir, la musique ressemble à celle des Feux de l'amour.

12h24: Je suis Ashley Abott.

12h25: Nicole me dit qu'elle va tout d'abord me faire un examen de peau.

12h26: Nicole est gentille, elle essaie de trouver les mots pour le dire, mais le verdict est sans appel. Ma peau est un cas presque désespéré.

12h28: Nicole a l'air désolée, je la console et lui explique que je le savais déjà.

12h29: Nicole en fait une affaire personnelle. Elle m'explique que rien n'est jamais perdu et qu'elle va tenter de purifier mon épiderme tout en l'hydratant, car souvent, une peau "à problèmes" est une peau qui a soif.

12h30: Je dis "hein hein" et dodeline de la tête. Elle veut vraiment m'aider la pauvre.

12h32: Nicole m'explique tout un tas de trucs sur mes glandes sébacées qui d'après elle interprêtent mal les messages que je leur envoie à force de les priver d'eau et qui croient du coup que je leur demande de fabriquer encore plus de sébum.

12h35: Je n'en reviens pas que mes glandes sébacées puissent être stupides à ce point. Avec un peu de chance, elles sont de mèche avec mes capitons et tout ce petit monde passe ses journées à produire du gras en veux-tu en voilà, tout ça en croyant bien faire, en plus.

12h40: Je promets à Nicole de la jouer plus fine avec ces pauvres glandes. Faute de quoi, elles vont continuer bêtement de fabriquer du sébum, m'avertit Nicole

12h42: L'idée de ces glandes idiotes qui fabriquent consciencieusement des comédons avec leurs petites mimines me donne un peu la nausée.

12h45: Nicole a fini son diagnostic de peau, elle va commencer le soin.

12h46: Ses doigts me badigeonnent de mousse nettoyante. On dirait de la chantilly

12h47: Nicole m'essuie avec des serviettes chaudes impregnées d'huiles essentielles. Un peu comme dans les restaurants chinois.

12h48: Nicole a l'air peinée que je puisse comparer ses lingettes imprégnées d'huiles essentielles hors de prix aux serviettes à deux francs des restaurants chinois.

12h48: Nicole m'asperge d'Eau de beauté puis d'Eau de raisin. Je ne comprends pas trop la différence mais je m'en fiche. Je suis dans les vignes, j'entends les grillons.

12h49: Maintenant, gommage et modelage en douceur avec une crème à base de pépins de raisin broyés. Nicole a des mains d'experte, à a fois douces et énergiques. J'en connais qui doivent moins rigoler, avec leurs petites réserves de sébum…

12h52: "Là je vous pose un masque hydratant – et non astringeant, hein ?", insiste Nicole, qui veut vérifier que j'ai bien compris le message.

12h56: Nicole m'a laissée toute seule pendant que le masque agit. J'en profite pour engueuler ces saletés de glandes. Un peu d'autorité n'a jamais nuit à personne.

13h00: Ma nouvelle amie est revenue, elle me regarde un peu bizarrement, elle a dû m'entendre faire preuve d'autorité. Elle ne dit rien et nettoie à nouveau mon visage. Re-serviettes chaudes, re-eau de beauté.

13h15: C'est fini. Un dernier regard sur mon nez. L'adorable Nicole m'annonce que j'ai certes des boutons mais presque pas de points noirs. Je ne relève pas trop, je crois que finalement je ne veux plus rien savoir de la vie intime de mon épiderme.

13h16: Nicole me dit au-revoir et n'essaie même pas de me refourguer une tonne de produits. Dommage, j'aurais tout pris.

Conclusion: Trouvez deux copines aussi merveilleuses que les miennes et dites-leur que c'est votre anniversaire. Je suis ressortie avec la peau d'un bébé, ou presque, et détendue. Vraiment détendue… 😉

Pour en savoir plus: http://www.meuricehotel.com/fitness_spa/espace.html

Le jacuzzi

Il y a trois mois, deux de mes amies – bénies soient-elles entre toutes les femmes – m'ont offert un "Grand soin du visage" à faire valoir au Spa Caudalie du palace Meurice. Profitant hier de l'absence de mes loulous et d'un jour off au boulot, je me suis rendue dans ce temple du luxe et de la beauté…

fitness_spa

11H00: Je pars chez moi après avoir essayé une dizaine de tenues. Comment ne pas avoir l'air d'une miséreuse dans un palace quand son armoire contient 95% de fringues H&M, Gap et autres marques inconnues ?

11H05: Je remonte en quatrième vitesse, j'ai oublié mon maillot de bain pour le hammam et jacuzzi.

11h30: J'arrive en eau au Meurice. ça valait bien la peine de me pomponner, je ne ressemble à rien. Mon jupon blanc mode 2005 a l'allure d'une serpillère, et ma peau est aussi luisante que si je venais de faire un masque à la margarine.

11H35: L'hôtesse ressemble à un dragon, elle me calcule immédiatement.

11H36: Même s'il ne fait aucun doute ni pour elle ni pour moi que c'est ma première et dernière fois dans ce paradis du luxe, elle joue malgré tout le jeu et me fait visiter le Spa.

11h37: Je bute violemment dans un pèse personne posé à côté des vestiaires. Le dragon a l'air de penser que je l'ai fait exprès. Mon subconscient se marre, il l'a vraiment fait exprès.

11h38: Je passe devant la salle de fitness. J'ose une plaisanterie: "exceptionnellement, je vais faire l'impasse sur le fitness".

11H39: Le dragon ne se marre pas. Elle a l'air de penser qu'un peu de sport ne me ferait pourtant pas de mal.

11h40: J'enfile mon maillot de bain, passe un peignoir blanc qui pèse cinq kilos et file au jacuzzi.

11h42: Je suis Catherine Deneuve.

11h43: L'eau du jacuzzi ressemble à celle d'un lagon. La pièce est en marbre noir et blanc. Je suis née pour le luxe en fait.

11H44: Je m'aperçois qu'une des bretelles de mon maillot de bain ne tient plus que par un fil. ça n'arriverait pas à Catherine Deneuve.

11h45: Le jacuzzi c'est bien mais je m'ennuie, toute seule.

11h47: Je viens de découvrir les boutons secrets du jacuzzi.

11h48: Le premier bouton provoque des remous dans l'eau. C'est comme si le jacuzzi me caressait de partout.

11H49: Le deuxième bouton déclenche des milliers de bulles d'air. Le jacuzzi gronde, on dirait qu'il va exploser, j'arrête avant que la police ne m'embarque.

11h50: Je rappuie sur le bouton, c'est tout de même très amusant.

11h52: C'est la tempête dans le jacuzzi. Personne ne vient pour m'emmener me calmer quelque part. Je m'amuse comme une folle.

11h54: Si je me mets bien comme ça, là, les bulles me font de drôles de guili.

11h55: Je ne m'ennuie plus.

11h56: On peut épouser un jacuzzi ?

11h12: Alors que je suis en train de découvrir que sous mes doigts de pieds se cache une zone ultra érogène, le dragon fait irruption. C'est l'heure de mon grand soin.

A suivre…