Ronde en string

 

Suite à un commentaire de Pati, petite histoire d'un string…

 

Longtemps, la ronde a fantasmé sur les strings. Convaincue que ce n'était pas pour elle, elle convoitait pourtant l'objet interdit, ce privilège des petits culs, seuls habilités à en porter. Parfois, elle hésitait, tripotait la petite ficelle, caressait l'étoffe. Mais invariablement, lorsqu'elle achetait un soutien-gorge, elle se rabattait finalement sur la bonne vieille culotte montante parfois même pas coordonnée.

 

Un jour pourtant, une vendeuse d'un magasin de lingerie insista pour qu'elle en achète un. Elle prit cette incitation comme une faveur. Elle se sentit adoubée. Elle, et surtout ses grosses fesses, avaient la permission de porter sous ses pantalons ce triangle de soie. Qui plus est, ce droit lui était reconnu par LA prêtresse ultime, la vendeuse de lingerie…

 

Certes, cette dernière lui conseilla de choisir un modèle "bien extensible" et l'encouragea vivement à le prendre en taille 4, voire 5. Certes, un string taille 5 ne ressemble en rien aux format mini d'ordinaire exposés. Mais peu importe, après avoir payé la divine parure, la ronde sortit de la boutique persuadée d'être la fille la plus chaude du quartier.

 

A peine arrivée chez elle, n'y tenant plus, la ronde fit valser sa vieille culotte et enfila voluptueusement son string noir taille 5 extensible. La volupté ne dura pas. Elle s'y reprit à trois fois, et encore aujourd'hui, n'est pas sûre d'avoir trouvé le bon sens dans lequel le mettre. Après avoir étudié toutes les options, elle se dit qu'après tout peu importait, un string était peut-être ainsi fait qu'il pouvait s'enfiler de différentes façons. Le problème, tout de même, c'était cette ficelle. Pas moyen de s'empêcher de tenter de la décoincer d'entre ses fesses. D'autant qu'une fois sur elle, le slip semblait bien plus petit que dans le magasin et que la dentelle censée "se faire oublier" – dixit cette garce de vendeuse – devenait, pas après pas, un objet de torture, relevant plus de la ceinture de chasteté que de l'accessoire sexy. En se contorsionnant, la ronde s'aperçut en outre qu'ainsi départagées, ses fesses semblaient encore plus énormes, boudinées à la taille par un élastique tendu à l'extrême.

 

Malgré tout, elle décida de le garder jusqu'au soir. Petit à petit, et de façon totalement inespérée, la ficelle sembla trouver sa place et la dentelle se fit plus lache. De là à dire qu'elle se fit oublier… non. Mais la ronde connut ce sentiment particulier de savoir, alors qu'elle marchait dans la rue, qu'elle portait un string. C'était comme un secret que l'on rêve de susurrer à l'oreille des hommes, un plaisir inavouable et coupable, une délicieuse cachotterie.

 

Elle était peut-être trop ronde, mais sous son pantalon, son cul était nu…

Sous les jupes des rondes

Une fois n'est pas coutume, je republie cette note, écrite dans les premiers jours de ce blog. Disons qu'elle est de saison…

"L'été arrive, les filles vont se dévêtir et les jupes vont raccourcir", se réjouissaient récemment deux amis. Oui, l'été arrive. Et cette nouvelle est loin de ravir la ronde…

 

Avec les beaux jours, il faut dire adieu aux grands pulls et manteaux qui certes ne cachent rien mais sont autant de remparts entre son corps et les regards inquisiteurs. Au revoir aussi, les bottes moulantes qui galbent le mollet.

 

Qui dit chaudes journées dit aussi jambes nues. Terminé, l'effet ventre plat des collants amincissant. Envolée, l'illusion d'une jambe fuselée grâce au dieu lycra.

 

L'été apporte aussi sont lot de désagréments. Les pieds gonflés sont sciés par les brides des chaussures estivales. La ronde s'essoufle plus vite. Elle transpire plus que la moyenne et souffre de maux de tête dès les premières chaleurs.

 

Mais surtout, l'été signifie pour la ronde l'apparition d'un syndrome aussi douloureux qu'honteux: les "cuisses qui frottent". Cette affection qui peut faire sourire à première vue, est dûe à l'excédent de gras se situant en haut des cuisses. Celles ci frottent l'une contre l'autre à chaque pas effectué. Avec la chaleur, les jambes ont tendance à gonfler, ce qui ne fait qu'accentuer le phénomène. Au départ, la sensation est tout juste désagréable. Mais en cas de marche prolongée, les peaux s'échauffent et les cuisses n'en finissent pas de se blesser mutuellement. Comme du papier de verre frotté sur des plaies à vif. En fin de journée, l'entrejambe est en sang et la brûlure est insupportable. Pourtant, la ronde préfèrerait mourir plutôt que de parler de cette meurtrissure.

 

L'été approche et les garçons se réjouissent. Ils sont loin de se douter des souffrances tapies sous les jupes des rondes…

J’ai grossi, non ?

 

– Si on allait au ciné ce soir ?

– Oui… si tu veux…

– Ben non, si ça te dit pas trop, on n'y va pas.

– Si si, c'est juste que j'ai vachement grossi, non ?

– Alors on va voir quoi ? Tu voulais pas voir Volver ?

– ça se voit, hein ? Je suis sûre que tu trouves que ça se voit.

– On pourrait aller à la séance de 20h, comme ça on rentre pas trop tard ? Attends, je vérifie sur Internet si ça passe au MK2.

– De toutes façon, c'est obligé que tu t'en sois rendu compte, j'explose dans mon jean. J'en ai ras-le-bol, je ne mange rien et je perds pas un gramme. Je sais pas comment tu fais pour te montrer avec moi.

– C'est bon, y'a une séance à 19h50. J'appelle la baby-sitter.

– Non mais c'est vrai, moi à ta place j'aurais honte.

– File moi son numéro, je le trouve plus.

Puis, après un silence

– Hey…

– Oui ?

– Arrête.

Foot et femmes

Hier, je regardais le match avec cocotte, fiston et baby-sitter, restée pour ne pas en perdre une miette. Oui, j'avoue, moi la ronde allergique au sport, j'aime – en vrai j'adore – regarder l'équipe de France. Je me permets même, moi qui n'ai pas piqué un sprint depuis des lustres et qui dépasse de quelques années la moyenne d'âge de cette équipe, de critiquer leur manque de jambes ou de moquer leur grand âge.

Enfin bref, on regardait, au départ enthousiastes, puis petit à petit complètement désabusés par la médiocrité du jeu, quand mon fils, chair de ma chair, nous interpella avec le plus grand sérieux:

"Je veux pas dire, mais quand même, je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de filles, dans cette équipe…"

Le plus beau, c'est qu'il semblait évident pour lui qu'un lien de cause à effet existait entre ce constat et la nullité du résultat.

Peut-être n'ai-je pas tout raté ?

Ces petits riens

Point n'est besoin ce matin de monter sur la balance. Tous les indicateurs du kilo repris ont viré au rouge:

Petite culotte: semble décidée à se coincer dans mes fesses. Disgracieux et désagréable

 

Pantalon: a rétréci de deux ou trois centimères. Impression "feu au plancher" des plus élégantes

 

Tunique: les coutures des manches sont entortillées autour de mes bras. Je ressemble à un saucisson

 

Seins: veulent à tout prix s'échapper de mon soutien-gorge. On pourrait croire que j'en ai quatre

 

Pieds: sciés. Rebondissent de mes chaussures

Ventre: en boudin.

Aïcha

Maman, tu sais combien d'enfants vivent dans la maison d'Aïcha ? Treize ! Tu te rends compte ? Y'a ses frères et soeurs et aussi des cousins. Et y'a que deux chambres dans sa maison !

Maman, Aïcha, elle dort tout le temps à l'école. La maîtresse elle dit que c'est parce qu'elle dort pas assez chez elle. Aïcha elle m'a expliqué que c'est compliqué de dormir avec tous les autres enfants dans sa chambre.

Maman, Aïcha, je l'aime bien, mais y'a des jours où elle me fait mal à force de me tenir par le cou. Je lui dit d'arrêter et de juste me donner la main mais elle dit qu'elle peut pas s'empêcher de me prendre par le cou, parce qu'elle m'aime trop. Mais moi j'en ai marre. En plus elle veut pas que je joue avec mes autres copines.

Maman, Aïcha elle veut que je l'invite. Mais moi j'ai pas très envie.

Maman, Aïcha elle a eu très peur à la piscine parce que devine quoi ? Elle était jamais allée dans l'eau.

Maman, Aïcha elle raconte que bientôt elle va aller habiter chez Marine dans sa maison et que Marine elle habitera dans la maison de la famille d'Aïcha. Tu crois que c'est vrai ?

Putain d’ADN

La nouvelle m'est tombée dessus ce matin. Un dimanche qui s'annonçait plutôt bien en plus. C'était sans compter ce couperet cruel lu dans "Marie-Claire" : on a tous un poids programmé génétiquement. La bataille contre les bourrelets est perdue d'avance. Programmée pour mesurer 1m60 et peser 70 kilos ? Et bien voilà, c'est comme ça, à prendre ou à laisser. Comme dirait Coluche, on nait tout égaux, sauf que certains le sont plus que d'autres. D'ailleurs, mieux vaut accepter son triste sort, parce que pour info, au cas où vous seriez tentés de lutter contre la nature, sachez que vous avez toutes les chances d'y laisser des plumes tout en prenant du poids…

 

En gros, en cas de régimes à répétition, fatigué de se voir imposer des restrictions, votre si sympatique patrimoine génétique décide d'en remettre une couche et se reprogramme comme un grand, tout seul, sans qu'on ne lui ait rien demandé. Inutile de préciser que ce reformatage se fait toujours dans le même sens et que le poids prédéfini ne fait qu'augmenter…

 

Putain d'ADN…

 

Ce qui m'étonne un peu, c'est que cette théorie – tout à fait crédible à mon sens – est défendue par des médecins qui par ailleurs font fortune en vendant des livres de régime et en se pointant à toutes les émissions du genre "J'ai décidé de maigrir". Et dans ces cas là, ils se gardent bien d'avertir les pauvres filles qui rêvent de perdre les cinq, dix ou quinze kilos qui les empoisonnent que rien n'y fera. Telles des sisyphes modernes, elle passeront leur vie à tenter de déposer en haut d'une montagne leur graisse qui n'en finira pas de leur dégouliner dessus dès qu'elle auront le dos tourné…

De mère en fille

Au square, ce matin, ma fille se suspendait à une barre parallèle et tentait de se hisser en tirant sur ses bras. Sous l'effet de la tension, ses muscles se sont tendus, Sous ses épaules, deux petites pommes dures sont apparues bougeant au fur et à mesure de ses mouvements.

En regardant son corps nerveux et fuselé se balancer, je me suis surprise à me réjouir de la voir si svelte.

"Avec un peu de chance, elle ne connaitra pas les affres d'une enfance trop ronde. Avec un peu de chance, elle ne pleurera pas le soir en pétrissant son ventre. Avec un peu de chance, cet obstacle là lui sera épargné", me disais-je.

Je sais que tout ceci est chimère. On ne peut pas empêcher ses enfants de pleurer. Et puis je sais aussi que si je me réjouissais ce matin, ce n'était pas que par altruisme maternel. Il y avait beaucoup de vanité et d'orgueil dans cette contemplation satisfaite. Cette si jolie fillette, après tout, n'est pas sortie de nulle part, pensais-je aussi…

Les enfants portent toujours en eux les rêves brisés de leurs parents. Je voudrais tant que cela ne soit pas vrai, je voudrais tant ne pas lui souhaiter la minceur éternelle uniquement pour conjurer mes traumatismes enfantins…

Petit homme

Ce soir, je touillais de la viande hachée en train de griller dans une poêle, sous l'oeil attentif de mon fils, apprenti cuisinier en herbe. Alors que je venais de lui refuser le droit de mélanger à son tour pour cause de plaque trop chaude, il a eu cette phrase magnifique: "Tu sais maman, je crois que je préfère que ce soit moi qui me brûle plutôt que toi".

Plus que ses mots, c'est le ton presque douloureux qu'il a eu pour les prononcer qui m'a saisie. Comme si cette constatation le bouleversait autant, peut-être même plus que moi. Comme s'il prenait soudain conscience que ma douleur lui serait réellement insupportable. Comme s'il réalisait que cet amour presque sacrificiel portait en lui une part de souffrance inévitable.

Petit homme, si tu savais comme moi aussi je préfèrerais dix mille fois mettre ma main au feu plutôt qu'une simple étincelle ne t'atteigne…

Oral de rattrapage pour les grosses

"-3 kilos avant le maillot". C'est la deuxième salve des magasines féminins. Après le "Spécial maigrir" du mois d'avril, il y a une session de rattrapage pour celles qui auraient loupé l'écrit. Donc là, il ne s'agit plus du tout de maigrir "progressivement, en mangeant de tout" – ou presque – mais de littéralement s'affamer pendant les trois semaines qui restent avant le lancement officiel de la saison du maillot…

 

Inutile de vous préciser que la ronde a déjà essayé ce genre de diète musclée. Les kilos finissent bien sûr par s'en aller, pour mieux revenir dès le premier barbecue du mois de juillet ou le deuxième apéro du mois d'août. Vous avez donc une petite chance de commencer l'été allégée et une forte probabilité de le terminer bien engoncée…

 

Le corps se venge toujours, n'oubliez pas…