Une joie et une souffrance

Ces derniers temps, je dois vous le dire, je m'interroge.

Beaucoup.

Sur le sens de ma vie, sur ce que je voudrais "être", "devenir". J'ai adoré notamment à ce sujet les réponses de Fyfe
à ce questionnaire qui circule en ce moment et notamment le fait qu'à
passé 30 ans, elle se dise toujours qu'elle aura des enfants avant 28
ans ou qu'un jour elle sera infirmière humanitaire. Moi c'est pareil.
Dans un coin de ma tête, un jour, je serai… Quand je serai grande. Et
le fait d'avoir déjà 35 ans ne change rien au fait d'être grande un
jour. Même qu'à mon avis, arrêter de se projeter dans un "après", c'est
renoncer.

Bref, je digresse, comme toujours. Je disais donc qu'en ce moment,
je réfléchis grave. Gravement aussi. Sur ce blog, notamment. Sur ce qui
me pousse, tous les soirs, à passer du temps à pianoter sur ce clavier.
Je lis, ça et là, beaucoup de choses, sur les blogueurs, sur ce que
DOIT être un blog et sur ce qu'il ne DOIT pas être. Je lis qu'il n'est
qu'un hobbie, un amusement, un journal intime sans prétention. Je lis
qu'imaginer avoir un copyright sur ce qu'on écrit, c'est au mieux
ridicule, au pire prétentieux. Je lis qu'il faut arrêter de rêver et
qu'un blog, ça ne mène à rien d'autre. Je lis qu'il ne faut surtout pas
se prendre au sérieux.

Je suis d'accord avec cette dernière phrase.

En revanche, je crois qu'on peut prendre au sérieux le fait de tenir
un blog. En tous cas, moi, je prends ça au sérieux, même quand je
pousse mes grands cris. Je ne sais pas, j'ai l'impression que je le
"dois" à ceux qui viennent ici. Mais le problème avec les choses qu'on
prend au sérieux, c'est qu'elles peuvent rendre vulnérable.

Je discutais un jour avec un blogueur "sorti du lot", un de ceux qui
passe aujourd'hui à la télé et qui devrait donc être blasé et pourtant
non et on était d'accord sur un point: il peut y avoir 80 commentaires
enthousiastes, s'il y en a un qui t'assassine, et bien tu ne vois plus
que celui là.

Je dois vous l'avouer, je suis de ces gens là. De ceux qui ne
verront que le mauvais commentaire. De ceux qui seront ébranlés par une
réflexion acerbe même si elle est accompagnée de compliments. Et tant
qu'on y est, je dois aussi vous l'avouer, justement, j'ai été ébranlée.
Ebranlée qu'on me reproche de considérer mes billets comme des écrits
m'appartenant. J'en ai été secouée au point de ne plus savoir. De ne
plus savoir si tout ça en valait la chandelle.

J'ai été touchée parce que tous les soirs, quand j'écris, c'est un
peu de moi que je lache. Bien sûr, je sais, personne ne m'a rien
demandé et puis bon, ça va, je ne suis pas Flaubert. Je sais aussi que
si demain j'arrête, la terre continuera de tourner.

Mais voilà, je voulais juste dire qu'écrire ces minuscules histoires
tous les jours, c'est bon et en même temps, parfois, douloureux. C'est
un peu comme ce dialogue de Truffaut le magnifique, repris dans deux de
ses films:

– Lui: "Ta beauté est une souffrance

– Elle: Hier tu disais que c'était une joie 

Lui: C'est une joie et une souffrance"

Je ne suis pas sûre d'être très claire. Ce que je veux dire, c'est
que je peux comprendre qu'on critique tel ou tel texte parce que faire
l'unanimité, c'est impossible. Mais il me semblait nécessaire d'écrire
que tout ça n'est pas "rien". Et que j'ai l'impression qu'un jour,
bientôt, ce sera peut-être plus une souffrance qu'une joie.

Ce jour là, j'arrêterai.

Et vous me manquerez.

Embouteillages

Alors cette fois ci, la scène se passe… dans une voiture. Et toc !
Parce que je ne sais pas vous mais chez l'homme et moi, la voiture…
aïe.

Et quand je dis "Aïe", je suis très très très en dessous…

Lui: A ton avis on prend le périph ou on passe par Paris ?

Elle: Je n'en sais rien, c'est toi qui conduis, c'est toi qui décides.

Lui: Bon, on n'a qu'à prendre le périph alors.

Elle: mmm mmm…

Cinq minutes plus tard, coincés sur le périphérique.

Elle: C'est pas vrai, merde, on va mettre une heure pour faire deux cent mètres.

Lui: Ben ouais, c'est incroyable qu'à cette heure ci il y'ait autant de m…

Elle: En même temps on le sait, que le périph c'est l'horreur. (après un silence) A tous les coup dans paris y'a pas un chat.

Lui: Heu… quand je t'ai demandé…

Elle: Oh ça va hein ! Dans cinq minutes ça va être de ma faute aussi. Assume tes décisions, quand même.

Lui: Ok, ok.

Elle: De toutes façons si j'avais dit "on passe par Paris", tu
m'aurais répondu que le périph c'est plus rapide. Ne me dis pas le
contraire c'est à chaque fois pareil.

Lui: Je rêve.

Silence de plomb

Elle (ne pouvant pas s'en empêcher): En plus c'est moche et
ça pue ici. C'est incroyable que tu me fasses à ce point pas confiance.
A croire que parce que j'ai pas monsieur pénis entre mes jambes je suis
inapte à tout ce qui a un rapport avec la voiture.

Lui: Mais tu délires ou quoi ! Je t'ai DE-MAN-DE !

Elle: Oh écoute, hein, le débat est clos, on est coincés sur ce
périph à la con, on va pas non plus en rajouter en s'engueulant. C'est
juste que de penser qu'on pourrait être arrivés si tu m'avais écoutée,
ça me rend littéralement malade. Et le pire c'est que tu ne veux même
pas le reconnaître. En même temps je ne sais pas pourquoi je m'étonne,
une mauvaise foi pareille c'est typiquement masculin.

Demi, t’es trop coquine comme fille

Allez, un tout petit billet pour aujourd'hui en raison d'un homme
légèrement à bout rapport aux heures passées par sa dulcinée sur
l'ordinateur mais aussi à cause d'une chienne de migraine qui me vrille
la tête en deux à l'heure où j'écris ces quelques lignes.

Donc juste pour vous dire que je n'ai pas encore lu l'article mais
comme je le pressentais, cette semaine les girls, nos rondeurs, on peut
se les mettre où je pense, vu que le Elle nous a concocté un régime qui
nous fera non seulement maigrir – normal jusque là – mais aussi… tin
tin tin… rajeunir. Ben oui parce que le gras c'est pas mode mais y'a
pire: les rides. Bouhhhhh, bahhhhh, beeeeerk, pas beau les rides, pas
montrer tout ce flasque, cacher la vieillesse, pouah pouah pouah, tu
sens la mort avec ton cou de poulet et tes pattes d'oies.

Bon, j'ai pas lu, donc même si je suis d'une mauvaise foi sans
borne, que même au concours de la mauvaise foi je vous écrase toutes
comme des mouches, et bien je n'en dirai pas plus pour l'instant.

Mais quand même, juste une cerise sur le verre d'eau qui déborde
pour la fin, parce que celle là elle m'a fait pouffer comme une dinde.
Demi, l'immense et inoubliable héroïne de chefs d'oeuvre tels que Ghost
et de Striptease est en couverture du Elle. Déjà, moi je tiens à le
dire, c'est mérité. En plus, c'est un peu ce qu'elle fait de mieux.
Bon, je ne vous apprends rien, elle a douze ans sans l'acné – 44 en
vrai, plus deux parce qu'elles mentent toutes sur leur âge, donc 46 –
mais jusque là rien à dire, avec elle on s'habitue. Ce qui est trop
trop sympa c'est la légende dans le sommaire: "A 44 ans Demi Moore n'a
jamais été aussi éclatante, son secret de jeunesse ? Le bonheur avec
son jeune mari, Ashton Kutcher".

Sacrée Demi… T'es aussi coquine que ta copine Gwyneth.

Edit: Je vous rassure, pour les pauvres courges que
nous ne sommes pas mais quand même un peu, il y a ensuite une
cinquantaine de pages sur toutes les solutions pour ressembler à Demi,
mais sans Ashton: lifting, acide hyaluronique, toxine botulique,
peeling, etc.

Je vends ma soupe. Ou plutôt celle de mes copines

Quitte à faire un peu genre je fais la promo de mes copines – mais
après tout j'assume à mort – , je voulais porter à votre connaissance
l'excellent billet de Julie sur le livre d'Hélène ainsi que l'interview de Pomme rédigée par la non moins excellente Joëlle sur son site Bookmates. Joëlle
avait d'ailleurs fait passer Hélène sur le grill la semaine dernière et
devrait publier mes réponses à ses questions lundi prochain.

Outre le fait que pour faire fortune – notre rêve à tous, soyons
honnêtes – il faut qu'on en vende minimum trois millions chacune et que
par conséquent tout publicité est la bienvenue, je vous invite surtout
à aller chez Julie et Joëlle tout simplement parce que j'aime
infiniment ce qu'elles font. Sachant que Julie, en ce qui la concerne,
est la preuve vivante que ce qui est rare est cher…

Plus que cinq minutes et j’arrête… fin

Bon, pour vous raconter la suite, je ne vais pas vous refaire un
"minute par minute"  parce que depuis quatre ans, donc, nada, rien, pas
une cigarette. Alors un minute par minute sur quatre ans… avouez que
ça risque d'être un poil lassant, même rédigé par la star des melons
;-).

Disons donc en vrac, que dans les jours qui ont suivi l'arrêt de la
cigarette, j'ai d'abord cru que j'y arriverais sans patch. Jusqu'à ce
qu'il me prenne l'envie de fumer un nem. Là j'ai réalisé qu'un peu
d'aide ne serait pas superflue.

J'ai par ailleurs bien évidemment retrouvé le goût des choses.
Disons même à ce sujet que j'aurais gagné à ne pas le retrouver à ce
point. Je veux dire, au point de prendre dix kilos… en dix mois.

Ma peau a en effet retrouvé toute sa jeunesse.

Ses 14 ans plus exactement.

Boutons compris.

Je me suis brouillée avec la moitié de mon entourage, surtout les
fumeurs bien sûr auxquels j'ai reproché entre autres de n'avoir aucune
volonté, d'être ni plus ni moins des ratés de la vie et de mettre la
mienne en danger.

J'ai refusé toute sortie le soir parce que sans clope plus rien ne me semblait avoir d'intérêt.

J'ai cessé de boire du café parce qu'il appelle la cigarette.

J'ai cessé de boire de l'alcool pour les mêmes raisons.

J'ai finalement décidé de reprendre ma consommation d'alcool pour
oublier que je ne buvais plus de café. J'ai constaté qu'à partir d'un
certain nombre de verres on ne se souvient plus qu'on a envie d'une
cigarette.

Je me suis aperçue qu'en raison de mon alcoolisme naissant mon teint
était plus brouillé que du temps où je fumais. Les points noirs en
prime.

J'ai chopé une allergie aux patchs qui m'a obligée à le changer
d'endroit tous les jours pour finir dans des parties de mon corps assez
inédites.

J'ai eu un rond rouge sur la fesse droite pendant un mois.

Je suis devenue dépendante aux nicorettes, qui sont pourtant ce qui
se fait de plus mauvais sur terre. Plus mauvais que le Smecta. C'est
dire.

J'ai finalement décroché des nicorettes, grâce aux tic-tac.

J'ai décroché des tic-tac grâce aux Kiss-cool.

J'ai décroché des kiss-cool avec les ricola "orange-menthe".

J'ai décroché des bonbons à l'aspartam en raison de désordres intestinaux que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi.

J'ai écrit à l'inventeur de l'aspartam pour lui demander pourquoi les Kiss cool font faire des prouts qui sentent aussi mauvais.

J'ai passé des soirées à expliquer à quel point la cigarette ne me
manquait pas à des gens qui manifestement s'en fichaient comme d'une
guigne.

J'ai appris à attendre cinq minutes pour que l'envie disparaisse.

Aujourd'hui encore il me semble que les cinq minutes ne se sont pas écoulées.

Je me suis réjouie d'être dimanche soir, de ne plus avoir de
cigarettes et de ne pas avoir besoin de traverser Paris pour en
trouver. J'ai fini par ne plus penser au fait qu'on était dimanche et
que je n'avais plus de cigarettes.

Je ne sens plus le tabac.

Je n'ai plus peur d'avoir mauvaise haleine.

J'arrive à être sur la plage, allongée au soleil, une chanson adorée dans les oreilles sans avoir envie d'en griller une.

J'ai enfin compris que je pouvais jouir d'un instant sans allumer une cigarette.

Je me suis mise au chocolat.

J'espère que jamais un médecin ne décrêtera qu'on peut mourir de chocolagisme passif.

Plus que cinq minutes et j’arrête…

Hier, Raphaëlle m'a demandé comment j'avais arrêté de fumer. Alors
je me suis dit que j'allais vous le raconter. Parce qu'après tout, on
peut encore rire un tout petit peu de ça, non ?

C'était donc un 31 décembre, il y a quatre ans…

– 20h: Je m'apprête à vivre ma dernière soirée de fumeuse. Je suis
super fière d'avoir pris cette décision, déjà, là, je me sens hyper
bien, c'est incroyable. Finie la dictature. Vade retro ma dépendance.
Ce soir, je reprends ma liberté.

– 20h02: Putain où sont mes clopes.

– 20h05: Jusqu'à minuit, en fait, je me fiche de ma liberté. Je
pourrais décider d'en terminer maintenant, mais non, je tiens au
symbole de la nouvelle année.

– 20h06: Il ne reste que dix cigarettes dans mon paquet, ce n'est
pas assez. Surtout que comme ce sont mes dernières, je vais pas me
gêner. Je file au tabac acheter une cartouche

– 20h10: La cartouche c'est peut-être trop. Mais si je suis frustrée ce soir, à tous les coups demain je reprends direct.

– 21h03: ça fait vingt minutes que je n'ai pas fumé et j'en ai rien
à faire. Demain ça va être du gateau. Je me demande bien pourquoi je me
suis acheté ces patchs qui coûtent un bras et qui sont même pas beaux.
Quand on a de la volonté comme j'en ai, on a pas besoin de ces
béquilles.

– 21h05: A trois euros le paquet de clopes, multiplié par 365, je
vais me faire de ces petits plaisirs… Je me régale d'avance. Quand je
pense que je fous en l'air pas loin de 1000 euros par an en clous de
cercueil, je suis consternée par ma bêtise. Alors que c'est si enfantin
d'arrêter. Franchement, heureusement que j'ai ouvert les yeux. Demain,
c'est Spa au Meurice pour fêter ça.

– 21h12: Si je retrouve la garce qui m'a piqué mon paquet je la tue.
Me faire ça alors que je suis en phase d'arrêt, c'est petit.

– 23h00: Dans une heure je me donne une nouvelle chance de vivre
vieille. Je trouve ça génial. Déjà quand je me regarde dans la glace,
je trouve que j'ai un teint plus clair. C'est dingue. Rien que l'envie
d'arrêter fait de moi une nouvelle femme. En plus quand je vois cette
pauvre Sophie qui fume comme un pompier, j'ai pitié.

– 23h14: Elle me fait pitié mais elle, demain, elle n'aura pas pris
trois kilos. Alors que moi, je sens que j'ai déjà envie de sucre. Je
vais me fumer trois clopes à la suite histoire de me couper l'appétit
pour un moment.

– 23h55: Cinq minutes. C'est le temps qu'il me faut pour en griller
une en entier. En même temps, la soirée est tellement géniale que j'ai
limite envie de ne pas l'allumer. C'est incroyable ce que j'aime ces
gens. Ils sont tous beaux je trouve. Génial, ils passent "Like a
virgin". Moi je suis bientôt virgin de nicotine, trop la classe.
Franchement, je peux tout à fait danser sur la reine Madonna sans
fumer.

– 23h56: Je peux mais j'ai pas envie.

– 00h00: Bonne année. Vive la liberté.

– 00h01: J'me fais chier.

– 00h10: J'ai jamais passé un nouvel an aussi nul. Aucune ambiance.
En plus c'est plein de gens super pas respectueux qui me fument sous le
nez. Si c'est dans ces moments là qu'on reconnait ses vrais amis, ça
fait peur…

– 00h12: La bonne nouvelle c'est que ça ne me donne pas envie. Faut
dire que depuis 22h00 je me suis enfilée 34 cigarettes. J'avais lu que
c'était très efficace pour se dégouter à VIE.

– 01h12: 34 c'était pas assez ou alors chez moi, "à VIE", ça dure une heure.

– 02h12: Personne ne veut me filer une cigarette. J'aurais jamais dû
bassiner tout le monde depuis deux semaines rapport au fait que
j'arrêtais à minuit. Ils ont l'air d'en faire une affaire personnelle,
les cons.

– 03h14: C'est incroyable, je n'ai plus aucun sujet de conversation.
A croire que toute ma légendaire répartie était planquée dans mes lucky
strike. En fait je suis une fille insignifiante et triste. Je veux
retrouver la vieille moi qui savait faire la fête et qui était trop
drôle.

– 03h18: Ils peuvent pas la faire taire l'autre pouffe de Madonna ? Je n'en peux plus de sa voix.

– 04h34: Je ne comprends pas, j'applique à fond les conseils du
livre pour arrêter de fumer sans souffrir. A chaque fois que j'ai envie
d'une clope je bois un verre. Et ben plus ça va et plus j'ai envie.

– 05h56: Peut-être que le monsieur du livre parle de verres d'eau.

– 06h02: S'arrêter de fumer ça craint j'ai vomi tout mon wiskhy.

– 06h12: L'homme me prévient qu'il préfère vivre avec une fumeuse qu'avec Sue Ellen.

A suivre…

Au feu les clopes…

En ce premier jour d'interdiction générale de la cigarette j'adresse
à tous mes anciens companions de galère toute ma compassion et ma
sympathie. Je leur souhaite bon courage pour les pauses sous la pluie,
le briquet qui merde à cause du vent et les regards pleins de reproches
des passants.

Je suis fumeuse. Une fumeuse qui n'a pas touché de cigarette depuis
quatre ans. Mais fumeuse j'ai été, fumeuse je resterai. Je ne supporte
plus trop l'odeur des blondes, brunes ou roulées. Je choisis toujours
le coin non-fumeur des restaurants. Je râle contre l'homme qui est le
seul être que je connaisse capable de ne s'en griller qu'une, le soir,
au coucher. Je râle parce que je déteste l'haleine que ça lui donne. Et
puis aussi parce que je suis horriblement jalouse. De ce plaisir qu'il
se permet alors que moi, c'est tout ou rien.

Zéro ou le paquet, quoi. Cigarette et chocolat, même combat.

Oui, j'ai divorcé de la clope. Mais elle me fait toujours les yeux
doux. Je ne parviens pas à trouver laid ce geste de porter une
cigarette à ses lèvres, d'en inhaler la fumée et de la souffler ensuite
par volutes.

Alors cette loi, bah, je ne sais pas trop qu'en penser, si ce n'est
que c'est probablement mieux pour la santé. Mais rien ne me gêne plus
que la mise au pilori d'une partie de la population. Bien sûr, on ne
veut que notre bien. Mais vivre, est-ce rester saucissonné dans sa
ceinture de sécurité, sans sucre, sans graisse, sans alcool et sans
cigarettes ? Sans rides aussi et sans maladies, parce que ça coûte
aussi la maladie.

Voilà, pour être un bon citoyen les amis, soyez tout d'abord jeune,
ensuite mince – parce que les gros aussi, ça coûte, avec tout leur
cholestérol, vous pensez – musclé, sobre et le poumon bien net.

Je crois que je suis une mauvaise citoyenne. La preuve ? Cet été,
alors qu'on roulait vers l'Espagne par une journée caniculaire, Anne
Sylvestre à fond les ballons, on est passé à côté d'un feu de forêt.
Quelques mètres plus loin, un panneau sur l'autoroute nous prévenait:
"Mégot par la fenêtre = risque d'incendie". Vous savez quoi ? ça m'a
donné envie d'en allumer une.

Edit: Pour qu'il n'y ait pas de malentendu, je ne
suis pas opposée à l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Bien
au contraire. Je suis juste contre le fait d'ostraciser les fumeurs.
Encore une fois, fumer, c'est une addiction. Et être dépendant, on ne
le choisit pas. Comme on ne choisit pas de parfois vider le placard à
bouffe ou de siffler une bouteille de rhum. Je ne dis pas que c'est
bien, je dis juste que dans ces cas là, on a besoin d'aide.

Le grand cri du lundi… mais un mercredi

Bon, je sais, certaines d'entre vous attendent un grand cri. Et
croyez-moi, il est là, il n'attend plus que je le fasse sortir, mon
grand cri. Sauf que je ne sais pas ce qui m'arrive mais c'est comme si
je n'y arrivais plus. Limite ça m'ennuie. Pas grand chose de nouveau à
hurler, vous comprenez ? Chais pas, c'est peut-être le contre-coup de
cette élection, j'ai le blues de la miss, plus goût à rien, même pas
envie de traiter les journalistes du Elle. C'est grave, vous pensez?

Pourtant, mes copines ont frappé très fort cette semaine. Déjà, le
titre en une, juste en dessous d'une photo de l'irréelle Angelina:
"Montrer ses rondeurs, la nouvelle attitude sexy". Jusque là, en même
temps, rien à dire si ce n'est que je ne vois pas en quoi c'est nouveau
puisque l'année dernière, celle d'avant et celle d'encore avant c'était
déjà fashion à mort d'assumer ses bourrelets. Enfin… c'est fashion en
février. Parce qu'en mars les girls, faut commencer à penser au maillot
de cet été. Et là, sorry, mais vos nichons et vos fessiers, ils sont au
mieux démodés, au pire à gerber. En tous cas à éliminer.

Mais le meilleur est à venir, vous vous en doutez. "Longtemps, il a
fallu cacher ses rondeurs. Les assumer, les supporter, à défaut de
pouvoir les effacer", commence en douceur l'article. Et puis… et
puis… "Scarlett Johansson est arrivée"

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Ah ben non, en fait chuis guérie. J'ai plus le blues de la miss, j'ai la RAGE.

Le problème, c'est que je ne vais pas non plus m'étendre, parce que
le tout est à l'avenant. Et qu'on nous ressorte cette pauvre Kate
Winslet qui n'a sûrement pas demandé qu'à CHAQUE interview, CHAQUE
article qui lui est consacré, on lui rappelle qu'elle a été à un moment
de sa vie légèrement grosse. Et qu'on nous bassine avec Liv Tyler,
Isild le Besco, ou même – et là accrochez vous sérieux parce qu'à moins que ce soit une erreur, c'est une énorme blagueAlice Taglioni.
Ouiiiiiii, je vous assure ! Alice Taglioni ! Cette nana que je vous ai
mise en photo pour que vous voyez bien de qui je parle, qui mesure deux
mètres vingt dont les trois quarts en jambes et qui fut autrefois
mannequin. On la montre en culotte en nous expliquant qu'elle a des
hanches généreuses. Putain, moi dans ce cas, je suis le Queen Mary.

Bon, soyons honnêtes, la journaliste qui connait bien son sujet vu
que ça doit être son douzième article du genre cite aussi des vraies
rondes, voire grosses: Diams, Marianne James, Chimène Badi, Amel Bent –
à noter que ces deux dernières ont littéralement fondu depuis
quelques mois et font les unes des journaux pour en parler mais passe
encore
– ou Magalie Vaé, cette pauvre cruche qui a gagné la Star
Ac et qui ne s'en est jamais remise. Bon, déjà, honnêtement, je suis
sûre qu'il y a des rondes plus glorieuses mais peut-être que non, après
tout on ne peut pas être à la fois de sacrées baiseuses ET des filles
brillantes. Mais on peut m'expliquer pourquoi aucune de ces pulpeuses
n'est en photo dans ce dossier où on assume ses rondeurs ? Pourquoi
est-ce Drew Barrymore qui s'y colle ? Oui, Drew, vous voyez ? Le boudin
qui joue avec Cameron Diaz dans les drôles de dames ! Quel courage,
Drew, d'accepter ta surcharge pondérale, nom d'un chien…

Allez, juste pour conclure, je crois que le clou c'est ce témoignage
de la très inspirée Patricia qui dirige une boutique "Comptoirs des
cotonniers" à Paris. Toute fille étant dotée ne serait-ce que d'une
moitié de fesse sait que chez Comptoirs, c'est assez compliqué de
rentrer dans un pantalon, même un 44. Parce qu'un 44 "Comptoir", c'est
un 38 H&M, faut le savoir. En gros c'est ma main et encore. Et bien
figurez-vous qu'en réalité, vous ne le saviez pas, mais cette marque
est une marque militante, nous explique Patou. Si. La preuve ? Ah ! Je
vous le donne en mille: "Trois de mes vendeuses, qui ont entre 20 et 25
ans, portent du 42". Haaaaaaaaaannnn !

Et en pluuuuuuuuuuuuus, elles ne cherchent pas à maigrir.

Merci Patricia. Grâce à toi, la cause des grosses vient de faire un énorme pas.

« Allo poulette ? »

La scène se passe…

Et nooooooooooon ! Perdu ! La scène se passe cette fois-ci au téléphone, parce que dans la vie il n'y a pas que le sexe.

Il y a aussi les conversations au téléphone avec les copines.

– Allo, poulette ? ça va ?

– Non, ça va bof. On s'est engueulés grave avec Sabre laser (NDLA: j'adore l'appeler comme ça, merci à celle qui me l'a inspiré dans un des commentaires).

– Qu'est-ce qui s'est passé ?

– Pas grand chose au départ, et puis c'est parti en live, je te dis pas.

– Classique… Raconte.

– Tu sais la semaine dernière, j'avais un repas avec des gens du
boulot. Je savais qu'il n'avait pas envie d'y aller mais je lui ai
proposé quand même, sans insister. Comme j'ai vu que ça le saoulait à
mort, je lui ai dit que c'était bon, que ce n'était pas grave, qu'il
n'était pas obligé.

– Tu ne m'avais pas dit que tu tenais vachement à ce qu'il t'accompagne ?

– Ben oui. Mais j'aurais voulu qu'il le sente DE LUI MÊME.

– Ah. Donc t'as rien dit et t'as rongé ton frein.

– Voilà. Et plus la soirée s'est approchée, plus je lui en ai voulu.
Et en même temps jusqu'au dernier moment j'espérais secrètement qu'il
me dise qu'il allait venir.

– Sauf que…

– Sauf qu'au moment où j'allais partir je l'ai vu se préparer tout
content son plateau repas et son DVD. Et là, j'ai compris qu'il ne
viendrait pas. Du coup j'ai été hyper sèche, il m'a demandé pourquoi je
lui faisais la tête, je lui ai balancé qu'il était vraiment dégueulasse
de me planter, il a répondu que je lui avais dit que ça ne me
dérangeait pas qu'il reste. Là je l'ai accusé de ne penser qu'à lui, je
lui ai dit qu'il n'était pas capable de faire un effort juste pour moi.
Lui est parti sur ses grands chevaux et m'a dit que je n'avais qu'à
répondre oui quand je pense oui et non quand je pense non plutôt que
l'inverse. Il a fini par me dire que j'étais chiante. Je suis partie en
claquant la porte et j'ai été assez conne pour croire toute la soirée
qu'il me rejoindrait pour s'excuser.

– Et forcément…

– Forcément.

– Ecoute ma chérie… Comment te dire…?

– Je suis chiante, c'est ça ?

– Oui, ça c'est sûr. Mais bon, c'est pas un grave problème et puis
depuis le temps on va dire qu'il y trouve sûrement son compte. Non, le
grave problème, c'est plutôt qu'après toutes ces années, tu puisses
encore espérer que quand tu lui dis "non, c'est bon, reste", il va
DEVINER que tu penses "je crève d'envie que tu viennes". Crois moi, il
entend… ce que tu dis. Pas ce que tu penses. Alors si tu veux un
truc, dis-le lui. Sinon, t'es pas au bout de tes peines.

****

Bon, les filles – et les gars, parce que franchement, sur ce coup là, je crois qu'on est tous pareils – c'est ma TROISIEME leçon de miss – pfiouuuu, je peux vous dire que c'est un de ces boulot ce job, j'en peux plus moi – et celle là est capitale: Personne – à part peut-être votre mère et encore – ne devine vos envies secrètes.
Et à la limite, quand ça arrive, c'est encore mieux que ce soit une
surprise. Sachant que souvent dans ce cas, c'est COMPLETEMENT par
hasard. Donc ne comptez pas dessus. Et DITES les choses.

Sinon, le bracelet gourmette de chez Tifany, faut pas rêver, vous
l'aurez JAMAIS. Et les soirées chiantes vous irez à chaque fois SEULE.

Je crois que je vais me lancer dans le coaching, moi.