Mois : mai 2012

Come on Girls !

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Il y a cette série, Girls, dont les premiers épisodes ont été diffusés sur HBO aux Etats-Unis. Je ne m'étendrai pas sur la façon dont j'ai pu les regarder à mon tour sans avoir à priori dans mon bouquet de chaines TNT la fameuse HBO, – de la même façon que je ne suis pas très optimiste quant à l'avenir de mes poumons eu égard à mon tabagisme, je ne me fais pas grande illusion quant à mon avenir judiciaire eu égard à certaines de mes pratiques hadopi-incompatibles.

Je ne m'étendrai pas donc, mais en revanche je ne saurais que trop vous inviter à tenter par tous les moyens de l'obtenir, du moins si vous êtes friand(e) de séries américaines (qui sont après la cigarette ma deuxième addiction).

Le pitch ? Quatre jeunes femmes, vivant à New-York, ou plus précisément Brooklynn, se lancent dans la vie et tentent de mener leur barque professionnelle et amoureuse. Ça vous rappelle un truc ? En effet, on est pas loin du remake de Sex and the city, sauf que. Sauf que bien que Carrie Bradshaw soit l'idole de l'une des quatre girls, on est très loin de l'univers des quatre quadras déchainées du string. D'abord parce que dans le cas précis, il s'agit de filles de vingt ans et des poussières. Qu'elles ne nagent pas dans un bain de dollars et qu'aucune d'entre elles n'a encore rencontré mister Big.

Que si leurs problématiques sont proches de celles de leurs grandes soeurs, je leur trouve un côté beaucoup moins conservateur. On sent en effet que THE target n'est pas nécessairement de se trouver un homme ou de pondre deux enfants, un garçon et une fille si possible.

Surtout, dans cette nouvelle production de Judd Apatow, c'est le casting qui déchire. Parce que c'est probablement en cela que Girls s'émancipe totalement de Sex and the city. Là où nous avions quatre bombasses sapées en Dior ou Chanel et perchées sur des talons de douze pas toujours si chics, on voit débarquer des nanas dont trois sont vraiment jolies sans peser 13 kilos non plus, et la quatrième, héroïne de la fiction, réincarnation s'il en faut une de Carrie, trimballe ses bourrelets, ses petits seins et ses cheveux filassons avec une aisance qui m'en a bouché un coin.

Qu'on ne se méprenne pas, elle n'est ni obèse ni vilaine. Mais je ne suis pas certaine que beaucoup auraient misé un centime sur cette actrice pour un premier rôle de cet acabit. Et ce qui m'a encore plus séduite, c'est que c'est un non problème dans l'histoire. Ça n'est pas une série sur les rondes, quoi. Je veux dire par là que Hannah galère ni plus ni moins que ses autres copines quand il s'agit de tomber sur des mecs biens, qu'elle évoque de temps à autre ses kilos mais avec un détachement salutaire et qu'elle parvient par un humour, une intelligence et une chiantitude assumée à imprimer la pellicule d'une manière évidente.

Une sorte de fille cachée de Bridget et Carrie, avec quelques neurones en plus.

Alors bien sûr, une polémique n'a pas manqué de gronder après la diffusion des premiers épisodes aux Etats-Unis. La cause ? Pas de personnage incarné par quelqu'un "issu de la diversité" dans l'histoire. Ce qui compte tenu de l'ADN new-yorkais est en effet bien regrettable. Je crois qu'il est prévu de mixer le casting l'année prochaine et je ne peux que m'en réjouir un peu plus.

 

Voilà, tout ça pour dire que s'il n'y avait pas autant de scènes crues de baise je montrerais cette première saison à ma fille, tant le propos et la finesse des situations me séduisent. En attendant, elle regarde Glee et ma foi c'est pas mal aussi.

Sinon, vous pouvez me lire ici aujourd'hui aussi, il est question de transmission entre mère et fille et de la manière dont parfois on croit avoir élevé ses enfants pareil, alors que pas du tout…

Edit: une gentille lectrice me signale sur Facebook qu'il est possible de voir cette série sur la chaine télé de Orange, catégorie "séries américaines 24 h après diffusion aux US, en vo".

Ces petits riens #3

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Dans mes petits riens de ces derniers jours, il y a cette femme qui me devançait dans le métro. L'imprimé wax est aujourd'hui au rayon trendy des magazines, mais je crois que je ne l'avais jamais trouvé si beau que sur elle, comme un soleil dans ces couloirs qui ne voient jamais la lumière. J'ai dégainé mon Iphone trop tard et n'ayant pas le culot des chasseuses de look, je n'ai pas osé la suivre et l'interpeler pour la photographier plus joliment. En même temps j'aime cette impression d'apparition furtive de ce cliché, même si je regrette qu'on n'y voit pas le tatouage qu'elle arborait dans sa nuque, une constellation d'étoiles qui partaient du creux de sa nuque pour mourir au milieu de ses omoplates.

Si je devais un jour céder à cette envie récurrente de me faire tatouer, je crois que c'est exactement ce dessin que je voudrais. Seulement je n'ai ni cette couleur de peau magnifique ni ce grain parfait et je crains que sur moi cela n'ait pas le dixième de la grâce que je lui ai trouvé.

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Autre petit rien qui est plutôt un grand quelque chose, cette paire de chaussure qui réussit l'amalgame du beau et du confortable, ce qui lorsque l'on connait mes légers soucis plantaires relève de l'exploit. Le churros n'en finit pas d'applaudir l'apparition dans ma penderie de talons non compensés, en bon gars bien sadique il honnit cette invention pourtant salutaire. Qu'il ne se réjouisse pas trop vite, bien que parfaites, ces chaussures ne sauraient à mon avis souffrir de battre le pavé des heures durant. J'envisage donc de les doubler pour cet été avec des sandales… compensées. Voire des ballerines, genre celles-ci, un peu chères mais qui me font de l'oeil depuis un bail. En plus que je voudrais bien garder la semelle violette un peu longtemps, j'aime bien l'idée d'avoir quelque chose de Louboutin… ou presque.

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Ce sont des Ann Tuil et il y a une réduction de 10% sur ce site avec le code CARO, en plus des promotions déjà en ligne. Je le précise à nouveau, je ne touche aucune commission sur les achats. (par contre les chaussures m'ont été offertes) (et les talons ne sont pas si haut qu'il l'est indiqué sur le site, ils font 7 cm) (mon max).

Et puis mon troisième petit rien consistera à glisser qu'une fois de plus Laetitia Casta s'y colle pour faire la une du Elle spécial régime. On dira ce qu'on voudra mais on ne peut pas accuser ce magazine d'inconstance. 

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Voilà, c'est tout, merci pour vos commentaires d'hier, ils m'ont drôlement touchée, il y a bien sûr des billets dans lesquels je mets un peu plus de moi et celui-ci en faisait partie. On me l'a demandé hier par mail, j'avais en effet écrit un texte sur cette amie, il y a longtemps déjà, et il est là. Il y a aussi celui-ci.

Ah non, c'est pas tout, je ne résiste pas à l'envie de poster aussi cette photo avec cette adorable poupée dont j'ai flouté le visage au max mais dont je suis certaine que vous percevez le degré de mignonnitude avancé. Du genre à vous faire friser le stérilet.

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Et entendre son rire, à Bordeaux

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La première fois que je suis allée à Bordeaux, j’avais 25 ans et je venais de rencontrer le churros. J’étais une fille de l’Est mais mon mec à moi ne jurait que par l’Ouest et l’Aquitaine, en bon Rochelais qu’il est. Ce jour là, à peine sortie de la Gare Saint-Jean, j’ai découvert que dans certaines contrées les pains au chocolat s’appelaient des chocolatines et qu’on demandait des poches au supermarché pour y mettre ses courses. Là bas, aussi, on fait de l’essence et quand on quitte le boulot le soir, on débauche.

J’ai surtout vu cette lumière si particulière qui n’existe que vers l’Atlantique, humé l’odeur des pins qu’on devine si proches et admiré les facades des immeubles donnant sur les quais, cette perspective qui fait la fierté des Bordelais même si à l’époque les murs étaient noirs de suie, donnant à l’ensemble un aspect bien plus dramatique qu’il n’a aujourd’hui.

Bordeaux fut surtout pour moi cette année là la ville d’une rencontre, celle des amis de mon nouvel amoureux d’alors et plus particulièrement de Nath, sa soeur d’adoption, qui nous accueillit dans son petit appartement pourri du quartier Saint Michel qui n’était pas encore un repère de bobos kiffant le bio. Nath et ses cheveux noirs qui tombaient jusque ses reins, ses saris flamboyants et surtout son rire qu’on entendait des Quinconces à Nansouty. Plusieurs années durant nous avons passé des week-ends enfumés avec elle et la bande, partant l’été à Montalivet, louant tous ensemble des bicoques à pas cher et promenant, c’était selon, nos séants à poil chez les naturistes ou nos deux-pièces du côté des textiles.

Nous avions 20 ans et des brouettes et ne doutions pas une seconde de la pérennité de ces amitiés ni de notre insouciance. Au sein du groupe chacun trouva sa chacune et des enfants pointèrent leur nez, mais au gré des étés, nous continuions à nous retrouver, que ce soit pour un jour ou deux ou tout le mois d’août. Pas d’obligation, rien de formel, la certitude, seulement, de pouvoir frapper à la porte des uns et des autres et d’y trouver un bout de canapé, un verre de vin ou un reste de pâtes. En lire plus »

Free oui mais pas que

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Suite à mon billet d'hier, des mails m'ont été envoyés et des commentaires postés, qui, s'ils me flattent à l'idée de pouvoir être une source d'inspiration ou de motivation, m'obligent néanmoins à donner deux ou trois précisions.

En effet, je ne voudrais absolument pas être la cause de décisions intempestives, prises sous le coup d'un ras le bol ponctuel ou bien réel, mais sans avoir été pesées et réfléchies en amont. Je ne voudrais pas non plus sembler valoriser à l'excès le principe même du "changement", de la "prise de risque" et enfin de la vie de free lance.

Je crois que ces changements de caps, quand ils doivent se faire, s'imposent. Un peu, peut-être, comme lorsqu'on s'aperçoit un matin que décidément, non, ça n'est plus possible de respirer le même air que lui, qu'on aimait pourtant tant, avant.

Mais je ne qualifierais pas mon choix de particulièrement courageux. D'abord parce que j'avais un sacré filet en la personne de mon mari, en CDI et me soutenant à 100%. Sans lui, je sais très bien que je n'aurais pas sauté le pas, parce que je suis tout de même de la race des réalistes.

Ensuite parce que cette démission est arrivée après deux ans de réflexion, voire d'obsession. Durant ces années, en plus d'avoir sévèrement emmerdé mon entourage proche à coup de questions existentielles (se résumant à "qu'est-ce que je fais, je pars ?" 'tu crois ?" "tu en es sûr ?"), j'ai malgré tout un peu préparé le terrain. J'ai commencé à piger alors que j'étais encore dans mon agence, j'ai signé avec une régie publicitaire pour mon blog et j'ai consolidé les contacts que j'avais dans l'édition. De façon à ce qu'en sortant de mon cocon, je ne plonge pas non plus dans le grand inconnu.

Bref, tout ça pour dire que.

Qu'on peut être formidablement courageux mais ne pas avoir du tout envie d'être free lance. L'inverse étant vrai. Qu'on peut avoir une vie totalement accomplie en restant chez le même employeur du début à la fin. Qu'on peut aussi décider de changer et que ça peut marcher. Mais que ce changement implique une préparation mais aussi de consentir à des sacrifices.

Hier mon billet se concentrait sur le fait que j'avais moins peur et que j'appréciais les relations tissées avec mes rédactrices en chef. Mais que les choses soient bien claires. Ma vie n'est pas celle de Carrie Bradshaw (même si j'en crèverais que ça soit le cas, j'ai toujours rêvé d'être un personnage de série américaine) (c'est mon côté profond). A savoir que pour maintenir un niveau de revenu correct, j'accepte parfois, souvent, des missions qui ne me font pas, mais alors pas rêver. Pour des supports qui n'ont rien, mais alors rien, de glamour et dont l'intérêt peut s'avérer inférieur au boulot que je faisais avant.

Que les journées peuvent être longues, sans collègues avec qui parler. Que le stress en attendant le verdict des rédacteurs en chef à propos d'un papier ne passe pas, lui. Il se calme un peu, mais ne disparait pas. Etre pigiste est évidemment aussi être à la merci de ceux pour lesquels on travaille et implique un très faible droit à l'erreur. On ne dira jamais assez que ce sont des armées de jeunes à peine diplômés d'écoles de journalisme qui attendent aux portes des rédactions, prêts à bosser pour rien pour avoir leur nom au bas d'un article.

Que bien sûr, pour l'entourage, vous avez une veine folle (et bien que "l'entourage" s'en défende, vous vous la coulez douce).

Qu'il y a la peur de tomber malade, que l'autre tombe malade ou vous quitte, et j'en passe. Ça s'en va et ça revient, mais ça n'est pas rien.

Qu'on se dit qu'on disposera de son temps comme on veut et qu'au final, on ne prend jamais sa journée pour aller au cinéma mais qu'en plus on a un peu oublié la signification des mots week-end et jours fériés.

Je tenais à écrire tout ceci parce qu'à mon insu, je crois que cette expérience que j'ai ici relayée a pu en influencer certain(e)s. Et si je suis ravie d'avoir pu être celle qui donne ce tout petit plus de courage nécessaire pour franchir le rubicon, je ne veux pas être celle qui par forfanterie ou mensonge par omission vous ferait faire un choix inconsidéré.

Mon dernier conseil, parce qu'on me demande aussi souvent comment "on sait", sera celui-ci: on sait quand il n'y a plus d'alternative. Et qu'on sent que bien que risqué, le chemin qu'on s'apprête à emprunter est praticable. Et à partir de ce moment là, je recommande personnellement de ne plus écouter que les avis allant dans le sens de sa décision. Parce qu'il y aura toujours un pour et un contre. Mais que lorsqu'on s'apprête à le prendre, ce risque, on a besoin d'énergie positive.

Bonne journée et bon week-end.

Edit: photo prise à Villeneuve la Salle, dans mon coin des hautes alpes. Tombée en arrêt une fois de plus devant la vitrine de ce petit magasin "Un air de famille", dont la patronne vivait avant à Paris et a pris cette décision, elle, de vivre de cette passion de la fringue et de l'objet (très branchouille et pointu), mais dans un village pas super réputé pour son avant-gardisme. Mais comme elle est hyper impliquée, qu'elle connait à fond son secteur et qu'elle a su repérer ce qui faisait revenir ses fidèles, ça marche. J'aime bien cette fille et j'aime bien son histoire de retour au bercail (parce qu'elle vient de ces montagnes).

Vis ma vie en free lance (je ne parle pas des chaussures)

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Je me faisais la réflexion hier que j'avais mine de rien parcouru un long chemin depuis l'année dernière à la même époque. A savoir que je suis presque sereine. Je veux dire, bien sûr, de temps en temps, je suis prise d'un vertige en pensant que je n'ai pas de filet et que mon avenir pécuniaire dépend uniquement des commandes que je reçois. Mais autant c'était plusieurs fois par jour qu'il y a un an je manquais défaillir à cette idée, autant aujourd'hui c'est plus une une vigilance que je m'astreins à conserver, un garde fou qui m'empêche d'être complètement détendue du string (ce qui dans mon cas est salutaire, parce que paradoxalement je peux passer assez aisément de flippée sa race à complètement rien à foutre).

Cette sérénité presque trouvée me fait d'autant plus apprécier ce statut si particulier de free lance. Etonnament, ce sont je crois les relations entretenues avec les personnes pour lesquelles je travaille qui me plaisent le plus. Elles sont rares, entendons nous bien. La pigiste n'est la plupart du temps qu'une variable d'ajustement, une roue de secours que l'on appelle au dernier moment, une respiration, parfois, qui peut éventuellement insuffler un peu d'air frais dans une rédaction exsangue. Mais en aucun cas la pigiste ne peut aspirer à être au centre ni même sur le pas de la porte. Et pourtant, il s'est créé au fil des mois des façons de travailler avec chacun des responsables des publications auxquelles je collabore un lien de confiance et presque, oserais-je le dire, d'égal à égal (formule que je pourrais mettre au féminin, 99 % de mes rédacteurs en chef sont des rédactrices en chef, girl power inside). A savoir que si le revers de la médaille du statut de free-lance réside très nettement dans sa faible implication dans la rédaction au quotidien, le bon côté en revanche c'est que vous êtes totalement absent des conflits internes et d'une certaine manière exempté des relations hiérarchiques. Bien sûr, tout le monde sait qui commande (au propre comme au figuré) et qui dispose (ou propose). Mais le fait est que la subordination n'est pas la même, ne serait-ce que parce qu'un pigiste peut décider à tout moment d'arrêter. Bien évidemment ça ne se fait pas souvent et pas à la légère (claquer la porte c'est aussi faire une croix sur une source de boulot et donc d'oseille dans un contexte où ne rêvons pas les piges ne se ramassent pas à la pelle), mais c'est un levier non négligeable je crois dans les relations qui s'installent dans la durée.

Je ne dirais pas qu'on me ménage plus que si j'étais intégrée, mais j'ai en tous cas la sensation d'être considérée. Avec respect et infiniment moins de violence finalement que dans mon ancien boulot où je possédais pourtant un titre ronflant censé me donner pouvoir, prospérité, sensualité (ça c'est moins sûr). Quand je parle de violence, il s'agit plus de celle consistant à finir par ignorer le travail fourni par un tel ou une telle, à le prendre pour acquis, que d'une vraie brutalité dont je n'ai jamais été victime.

Bref, je ne sais même plus pourquoi je suis partie dans ce long monologue, peut-être parce qu'hier avec un ami on parlait de la souffrance au travail, du nombre croissant de gens, tout corps de métier confondu, ayant cette impression qu'ils ne vont plus pouvoir s'épanouir dans leur vie professionnelle. Cette perte d'espoir et de plaisir dans le fait même d'exercer sa profession. Cette frustration que l'on éprouve souvent à voir son coeur de métier ne plus être au centre, parce que ce qu'on vous demande c'est de tenir un rôle, d'animer une réunion, de savoir faire valoir votre boulot plus que de savoir vraiment le faire.

Je crois réellement qu'au delà de tous ces grands problèmes très compliqués relevant de l'économie, de la dette et tout et tout et auquel je pige à peu près que pouic, l'un de nos énormes soucis réside dans cette perte totale d'illusions et de confiance dans ce qui pourtant est synonyme d'émancipation: le travail. (bon, bien sûr, on peut aussi décider une bonne fois pour toute que c'est de l'aliénation et qu'on retourne dans nos grottes, mais comme je vous l'ai avoué hier, je kiffe les moquettes épaisses).

Je ne prétends pas avoir trouvé LA solution mais peut-être la mienne. Je ne ferme aucune porte à une réintégration un jour dans une rédaction, mais à mon grand étonnement, alors que je ne donnais pas cher de ma peau il y a un an, je ne suis pas à la recherche de quoi que ce soit. Je prends les bons côtés de cette vie (ne plus me lever à 6h45 mais à 8h est incontestablement le meilleur) et je tente d'en accepter les moins glorieux (j'envisage d'embaucher un gorille que je chargerai d'aller réclamer l'argent qu'on me doit ça et là) (mine de rien c'est l'une des énormes plaies du business, d'autant plus lorsqu'on est comme moi l'archétype de la personne osant à peine réclamer son dû sans s'en excuser dix fois).

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui et comme ça n'était pas forcément très glamour, je vous illustre tout ça avec des shoes étoilées ou estampillées british. Je crois qu'il va falloir que je finisse par m'offrir des pompes à drapeau, ça semble m'obséder. Celles-ci ne sont pas des Free lance (en référence à ce clin d'oeil si subtil dans le titre) (cherchez pas ce sont des histoires de référencement) mais des Annabel Winship dont j'aime bien les créations aussi.

Bonne journée.

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Ça c’est Palace…

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Ces derniers jours, à la faveur de rendez-vous pour des interviews ou de colloques que je devais couvrir, j'ai écumé les palaces parisiens. Le Lutetia d'abord, puis le Bristol, le Shangri-la et enfin le Pershing Hall. Je suis à deux doigts de faire un guide, du coup. Je suis consciente que ce que je vais écrire ci après risque de pulvériser ma réputation de gauchiste mais voilà, c'est dit, j'adore les cinq étoiles.

J'adore aussi faire du camping, notez.

Avant.

Parce que l'honnêteté me pousse à concéder que ma dernière nuit sous une tente remonte facilement à une dizaine d'années. Mais je serais capable de recommencer. Je pense. Si j'étais obligée.

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Il n'empêche que donc, je suis fascinée par ces endroits tellement luxueux que même sapée je me sens pouilleuse. J'aime les moquettes dans lesquelles les talons s'enfoncent, les cafés accompagnés de mignardises, les bars cossus où chaque table est assez éloignée de l'autre de façon à ce qu'on n'entende pas les conversations, les célébrités qui ne manquent jamais de passer parce que c'est ainsi, les gens connus donnent leurs rendez-vous dans ces lieux protégés. J'aime aussi les vieilles dames qui semblent avoir toujours pris leur thé ici et ces sosies d'Hemigway qui trainent leur flegme, laissant dans leur sillage une odeur unique de vieux journal et de tabac à pipes.

Je pourrais rester des heures à observer cette ronde, drôle de comédie humaine où se croisent d'authentiques aristocrates à la fortune vacillante, de fausses blondes très vulgaires et des flopées de vrais riches tout droit débarqués de Shanghai ou des émirats. Je ne m'y sens jamais complètement à ma place, conservant jalousement ce rôle de spectatrice, qui me dédouane très certainement de ma mauvaise conscience de tant apprécier ce qui incarne pourtant l'argent roi et la dictature des nantis.

Zaz qui fut fleuriste pour l'un des plus prestigieux de ces hôtels pour milliardaires m'a souvent répété qu'y travailler brisait à jamais le charme, que connaitre l'envers du décor faisait s'écrouler le mythe comme un château de cartes. Il n'empêche que je buvais les anecdotes qu'elle me racontait, sur tel prince arabe qui réservait la suite la plus chère pour son chien, un horrible cabot qui sentait mauvais, ou ce mannequin qui avait laissé sa chambre dans un état pouvant laisser penser qu'elle avait abusé des laxatifs (quoi que je ne sais plus très bien d'où je tiens cette histoire).

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Bref, disais-je, j'aime les palaces, j'aime aussi en sortir et me rappeler qu'ils ne sont finalement que des décors, des lieux auxquels on n'appartient jamais, même si je crois, Catherine Deneuve vécu longtemps au Ritz. Au Shangri-la, situé à deux pas du Palais de Tokyo, j'ai halluciné de la vue incroyable sur la tour eiffel et pu constater que les toilettes étaient à eux seuls plus luxueux que ne le sera jamais mon salon. Lorsque vous vous apprêtez à ouvrir la porte, une femme de chambre surgit de nulle part pour le faire à votre place. Elle est probablement tapie dans l'ombre, guettant le bruit des pas dans l'escalier. Je me suis dit que décidément, les gens riches devaient perdre peu à peu tout sens des réalités. Hier Nicolas Domenach relayait sur I télé cette citation de François Goulard, qui fut ministre sous Villepin: "Etre ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et constater avec étonnement qu'elle ne démarre pas toute seule". Je crois que ça résume assez bien les choses, non ? 

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Edit: toutes les photos ont été prises au Shangri-la, sauf la dernière, qui est un cliché du Pershing Hall et de son fameux mur végétal.

Edit2: Un clin d'oeil à Cécile, croisée hier, qui m'a prise par surprise en me reconnaissant du blog. J'étais mal réveillée et un peu stressée par le boulot qu'on venait de me demander, du coup je ne me suis pas forcément montrée sous mon meilleur jour. En tous cas Cécile, vous étiez la plus intéressante du panel, sans forfaiterie aucune 🙂

Livres pour enfants (et plus grands) : la chronique de Marje #4

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Vous en rêviez, Marje l’a fait, voici une nouvelle chronique de notre passionnée des livres pour enfants, adolescents et grands qui sont restés jeunes. Comme la dernière fois, je mets en fichier joint à la fin du billet le PDF de ce texte, avec illustrations et tout, que vous pouvez télécharger.

Avant de laisser la parole à Marje, j’en profite, puisqu’on est justement dans le monde de l’enfance, pour vous montrer quelques clichés d’une jolie boîte cadeau envoyée par Cathy et Requia, les fondatrices de My Sweet boutique. Je vous en avais déjà touché un mot, mais maintenant que j’ai vu un échantillon de ce qu’elles proposent, je sais que désormais c’est chez elle que je me fournirai pour les fêtes, tout est adorable et plutôt abordable je trouve. Et puis entre Cathy et moi c’est une longue histoire, nous nous suivons depuis le tout début de nos aventures respectives, alors rien que pour ça je suis drôlement émue de vous faire la promo de cette boutique toute douce. En lire plus »

Une journée chez Mickey

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Les parcs d'attraction et moi, ça fait douze. Je crois que c'est très certainement héréditaire, ma mère voue une sainte horreur à ce qu'on appelle La Vogue par chez moi, équivalent je crois de la Ducasse à Lille. Il me semble que son aversion vient d'un manège qui l'avait terrorisée enfant et de son peu de goût pour la foule. En ce qui me concerne, c'est à peu près la même chose, tout ce qui met à l'épreuve mon oreille interne m'est fatal. Et quand ça ne tourne pas mais que cela va très vite, je crois fermement que je pourrais en MOURIR. J'ai un souvenir de grand huit à la foire du trône il y a une vingtaine d'années, avec Jeff et Chloé. A la fin, il a fallu un bon quart d'heure pour qu'on parvienne à m'extirper du wagon, tant j'étais tétanisée (et assez en formes aussi à l'époque, ce qui fait que je faisais corps avec la cabine). Je pense que la main de Chloé conserve des stigmates de l'épisode.

Quant à Disneyland, bien que grande fan de tous les dessins animés du bon vieux Walt, j'en ai toujours redouté la dimension d'aquarium géant, de monde bien propret complètement déconnecté du réel. (sans compter que je suis de gauche et que j'ai longtemps habité rue de Charonne, dans le 11è ARRONDISSEMENT DE PARIS) (le disney des bobos).

Et puis j'y suis allée. La première fois il y a dix ans ou presque, avec les twins et le churros qui lui est un taré de tout ce qui lui met la tête à l'envers. Je dois avouer que ce jour là j'ai un peu changé mon fusil d'épaule devant le sourire béat de mes petits, hallucinant à chaque attraction et semblant découvrir ni plus ni moins que le paradis.

A la fin par contre, on avait failli divorcer, ne retrouvant plus la voiture sur le parking qui doit compter 145 000 places et dont la superficie est égale à celle d'un département français. Il faisait – 12° et les gamins n'en pouvaient plus, donc évidemment j'ai tout mis sur le dos du churros complètement dépourvu de sens de l'orientation. (alors que moi oui mais comme je ne conduis pas, par SA faute (il m'inhibe en gardant toujours la main sur le frein), manquerait plus que je m'occupe de mémoriser notre emplacement)

Il faut croire que ça m'avait bien douchée parce qu'il s'est donc écoulé presque une décennie avant que j'y remette les pieds.

Ce qui fut fait mercredi dernier, à la faveur d'une invitation pour toute la famille. Autant vous dire que c'était tentant, parce que plein pot c'est tout de même un sacré investissement. Mais Rose étant ce genre d'enfant absolument persuadée d'être elle même un personnage de dessin animé (elle passe des heures dans sa chambre à chanter qu'un jour son "pince viendra" et sort rarement sans sa tiare), je crois qu'on aurait de toutes façons sauté le pas.

Quant aux grands ils étaient à fond cette fois-ci sur Space montain et le train de la mine, un peu moins intéressés en revanche par Peter Pan, mon attraction préférée (et le max de ce que je peux supporter au niveau des sensations) (je veux dire, même dans "Small word je peux parfois éprouver quelques picotements au bout des doigts).

Autant vous dire que le churros a sauté sur l'occase de ma phobie pour se carapater dès l'arrivée avec les grands dans "adventure land", pendant que je me suis cogné tout "fantasia land" avec une enfant me réclamant à une fréquence de 10 fois la minute de lui acheter une robe de pincesse, un diadème, une pomme d'amour, une glace, une sucette… Ahhh. Je passe sur son envie soudaine de faire caca à deux secondes d'entrer dans la nacelle d'un manège pour lequel nous avions poireauté une demi-heure. Bref, ce compte-rendu aurait sans doute été plus enthousiaste rédigé par le churros qui soit dit en passant a la tête qui tourne depuis (un abus de space montain je pense), comme quoi y'a une justice.

Plus sérieusement, nous avons passé une journée merveilleuse. Quand on a des enfants dotés d'une si grande différence d'âge comme c'est notre cas, il arrive un moment où il est souvent difficile de trouver des sorties qui vont enthousiasmer tout le monde avec la même intensité. Cela ne nous empêche pas de trainer les uns au square ou l'autre au musée, mais il est vrai que souvent, on se scinde en deux, histoire de contenter tout le monde. Là, pour la première fois depuis longtemps, j'ai eu ce sentiment que nous étions tous les cinq en phase. Et les grands, pour le plaisir de voir leur petite soeur s'esbaudir, ont enquillé finalement eux aussi les manèges pour les moins d'un mètre. Après ces semaines difficiles, je crois que nous avions tous besoin de cette parenthèse, cette illusion d'un monde rose à paillettes où les princesses finissent toujours par trouver l'âme soeur et les dragons par prendre la patée. 

Un grand merci à Anne pour cette invitation, elle nous a fait plus de bien qu'elle ne pourrait l'imaginer. Et Rose n'en revient toujours pas d'avoir rencontré Mickey dans son théâtre plus vrai que nature !

Edit: J'ai pu constater chez Rose qu'elle était tout autant fascinée par la visite du chateau de la belle au bois dormant ou la contemplation du bateau de peter pan que par les attractions. Du coup, ça permet aussi de ne pas faire la queue toute la journée. Autre enseignement qui avait été formulé par l'une d'entre vous dans les commentaires: fixer dès l'entrée quelques règles très simples peut être salvateur. Du genre qu'"on" pourra bien entrer en catalepsie, non "on" n'obtiendra pas une douzième robe de princesse et que non, "on" ne mangera pas cinq glaces dans la journée. Résultat, oui "on" réclame quand même, mais non, "on" ne dépasse pas le stade de la réclamation (la phase deux etant le très connu roulage par terre). Et quand à la fin elle se voit gratifier d'une sucette mickey, elle l'apprécie vraiment. c'était mon quart d'heure Edwige Antier.

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Amber and The Dude: Trippin’ on earth

 

Pour ceux et celles qui me suivent depuis longtemps, vous savez qu'Ambre fait partie de ma famille élargie. Elle est celle qui, à 15 ans à peine, garda pour la première fois les twins, leur insufflant un peu de sa joie de vivre, de ses rêves et de sa fantaisie. Après un passage remarqué mais trop bref à la Nouvelle star, elle a continué d'y croire, bossant d'arrache pied avec the Dude, son alter ego si stylé. Et voilà le résultat, ce si joli clip qui donne tellement envie d'été, de batailles d'eau et de farniente. Un grand bravo ma belle, puisse la route être longue et joyeuse et votre voyage vous emmener là où vous le voudrez…

La tarte au citron de Zaz

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C'est une recette que m'a donnée Zaz et qui vous propulse dans une quatrième dimension, dans une contrée où la félicité remplacerait la misère et dont les mots tenya, poux ou infection urinaire n'auraient aucune signification.

Un monde où Christine Boutin et Nadine Morano pourraient enfin officialiser leur amour et le vivre au grand jour.

Un monde où reprendre de la tarte ne t'enverrait pas direct deux kilos sur les hanches et où pour assurer un bon équilibre alimentaire il faudrait respecter des doses minimales de chocolat.

On m'aura comprise, le temps d'une bouchée de cette petite tuerie, on oublie un dixième de seconde le merdier dans lequel on nage en rond sans jamais trouver la sortie. (sinon je pète la forme).

Et en plus c'est d'une simplicité enfantine.

Pour cette tarte au citron façon cheesecake il vous faut:

– 2 paquets de spéculos "Lotus" que vous écrasez rageusement (si pas de robot, vous les collez dans un sac plastique lui même entouré d'un torchon et vous… le piétinez. ça défoule)

– Une demi plaquette de beurre salé, que vous faites fondre et malaxez avec la poudre de spéculos. (on obtient ainsi une pate qu'il ne vous reste plus qu'à étaler dans votre moule à tarte).

Pour l'appareil (en fait l'appareil c'est la garniture, en quelque sorte, mais "appareil" ça te claque une crédibilité culinaire):

– 2 oeufs

– Une grosse boite de lait concentré sucré (400 grammes il me semble)

– le zest de 2 citrons

– le jus de trois citrons

(question bonus: de combien de citrons avez-vous besoin pour faire cette tarte ?) (j'en avais acheté cinq, c'est vous dire à quel point on s'inquiète un peu pour la 5ème. "on" étant moi.)

Vous mélangez donc tout ça au fouet, vous balancez l'appareil dans la tarte (c'est bizarre quand même ce mot d'appareil je suis d'accord) et vous faites cuire à 180° pendant 20 minutes.

Je vous conseille de la faire la veille, de la mettre au frigo et de vous pisser dessus le lendemain en la dégustant.