Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu Marie-Caroline. Elle a débarqué toute de rouge vêtue – sa « signature » encore aujourd’hui – dans le minuscule bureau que j’occupais tout en haut de ce vieil immeuble du 5ème arrondissement. J’étais arrivée six mois avant dans cette agence de presse encore embryonnaire et voyais plutôt d’un très bon oeil la perspective d’avoir un peu de compagnie. Même si cette compagnie était de celles faisant tourner toutes les têtes et tomber les hommes comme des mouches. Bizarrement – ou pas – ce zeste d’aigreur que je peux éprouver lorsque je rencontre des filles comme Marie-Caroline, tableau parfaitement réussi par une mère nature particulièrement en forme, n’a pas fait long feu. Probablement parce qu’au bout de cinq minutes on s’était découvert mille points communs, à commencer par nos origines lyonnaises, nos mères profs et un peu notre prénom. Surtout, malgré une petite différence d’âge – la pauvre a un peu plus de 29 ans – (hin hin hin), on s’est entendues comme larrons en foire, passant de longs moments à rire comme des dindes. Un peu trop d’ailleurs, notre boss a assez vite flairé l’embrouille et compris que s’il ne nous séparait pas notre productivité risquait d’en pâtir. Mais le fait de ne plus partager le même bureau n’a pas émoussé notre complicité.
Et depuis tout ce temps, un peu plus de dix ans aujourd’hui, nous sommes donc restées amies, partageant non seulement de bons et moins bons souvenirs de notre ancien boulot, mais aussi une passion pour la politique, la bonne chère, les cocktails dans les endroits lounge et aussi, le statut de la femme aujourd’hui, étant toutes deux mamans et chacune à notre façon pétries d’ambitions.
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