Quand la ronde rêve de plaire à son docteur…

Comme me le faisait remarquer récemment une amie qui revenait d'une énième "première visite" chez un nouveau médecin, il se produit lors de la rencontre entre la ronde et le nutritionniste un phénomène assez particulier.

Après s'être répandue en confidences intimes, après avoir offert son corps à la balance et au centimètre, après s'être en général entendue dire que l'amaigrissement était nécessaire, voire urgent, voire salutaire et après avoir scrupuleusement écouté les conseil du nouveau diététicien, la ronde est saisie d'une sorte d'euphorie, accompagnée d'un espoir insensé.

Cette fois-ci, se dit-elle quasi systématiquement, mais oubliant qu'elle en avait déjà été sûre la fois d'avant, c'est le bon. Ou la bonne. Il ou elle va voir ce qu'il va voir. La ronde se sent pousser des ailes, elle va respecter à la lettre toutes les consignes et à la prochaine visite, le nutritionniste sera impressionné. Le mot est laché. La ronde veut lui en mettre plein la vue. Elle veut que son nouveau mentor soit fier d'elle. Elle veut peut-être même lui plaire. Se transformer, comme le crapaud devient prince. Se révéler à cet être qu'elle ne connaissait encore pas hier. Elle veut qu'il la félicite comme le faisaient ses professeurs au collège lors d'une dictée sans faute. Il lui a fixé comme objectif de perdre deux kilos en trois semaines ? Elle s'affamera s'il faut mais c'est délestée du double qu'elle se présentera à lui au prochain rendez-vous.

C'est là le problème. Et c'est probablement pour cela justement que ça ne marchera pas… Tant que la ronde aura besoin du regard d'un autre pour perdre son poids, elle n'y arrivera pas. Parce que le coup de foudre de la première séance ne dure jamais. Et que fondamentalement, le médecin en question se fiche pas mal de ses prouesses. Alors, déçue et vexée comme une amante éconduite, la ronde se réfugiera une fois de plus dans les douceurs du sucre et du beurre…

Derrière la figure emblématique du médecin, la ronde sait bien qu'une autre se cache. Mais s'avouer à son âge que c'est sa mère qu'elle voudrait impressionner n'est pas chose aisée…

Se mettre à poil

Aller chez un nutritionniste pour la première fois, c'est se mettre à poil. Physiquement déjà, il faut tout enlever. Parfois le médecin oublie même de te dire que tu peux te rhabiller, alors tu te retrouves assise devant lui, visualisant dans ta tête les bourrelets infames que tu lui offres en pature. Même devant ta mère tu ne t'assierais pas en culotte, et là, tu es en face de cet inconnu, en train de raconter ta vie, tes seins sur son bureau ou presque.

 

Parce que oui, la "première" visite chez le nutritionniste est à chaque fois l'occasion de refaire le film de tes kilos, de tes régimes et de tes crises de boulimies. Tu remontes au plus loin que tu t'en souviennes, lui parle de tes premières orgies ou de tes premières diètes. Tu évoques les vomissements de l'adolescence, parle de ta mère qui est grosse, ou maigre, de ton père, qui a du cholestérol ou du diabète. Tu essaies de te souvenir si déjà, à cinq ans, sur les photos, tu avais de bonnes joues et de gros mollets. Et puis tu récites la longue litanie de tous les régimes raisonnables ou farfelus que tu t'es déjà infligé.

 

Pendant ce temps là, le médecin note tout ça sur son petit calepin, ou bien il te mesure de toutes part, pour t'annoncer à la fin non seulement ton poids mais aussi ton tour de taille qui fait trois fois celui des hanches de n'importe quelle nana "normale" et ton tour de cuisse dont tu n'aurais jamais pensé qu'il puisse avoir trois chiffres…

 

Suite au prochain épisode…

Une ronde dans la foule

Lorsque la ronde est dans un endroit bondé, comme un bus, un bar branché, une salle de concert ou que sais-je, et qu'elle doit se rendre d'un point A à un point B, et bien croyez le ou non, c'est l'angoisse. Non qu'elle soit agoraphobe ou qu'elle craigne les endroits confinés. Elle est juste paniquée à l'idée de devoir se frayer un chemin. La plupart du temps, c'est une peur injustifiée, dans une foule on ne remarque pas forcément les gens gros, faute de recul.

 

Pourtant, au fur et à mesure de sa difficile et lente progression, la rumeur semble monter de la foule enervée. "La grosse, elle nous fait chier la grosse, qu'est-ce qu'elle prend comme place, attention, tu nous écrases…la grosse, la grosse, la grosse, la grosse…" Les mots résonnent en elle, elle n'entend plus que cette litanie, de plus en plus forte. Elle ne peut plus faire abstraction de ces voix hostiles, elle voudrait disparaitre, se noyer dans la masse. Elle sait que la plupart du temps c'est dans sa tête. Mais entre ce qu'elle sait et ce qu'elle maîtrise, il y a un fossé aussi infranchissable que ce lieu bondé.

 

Alors, bien qu'elle rêve, comme tout le monde, d'être au premier rang, elle reste souvent dans un coin, la où la place est à sa taille…

A y’est, les spécial maigrir sont dans les kiosques !

 

Je m'emportais récemment contre les "Spécial maigrir", et bien ça y'est, la cuvée 2006 est arrivée. Et le dossier du "Elle", franchement, s'apparente plus à un recueil de bonnes blagues qu'à autre chose…

Jugez plutôt: une des riches idées de cette année consiste par exemple à élaborer un pot au feu "façon fondue". En gros, il faut passer une bonne heure à préparer un bouillon, agrémenté d'épices style "anis étoilée" qu'on n'a jamais dans nos placards, puis de couper très finement comme pour un carpacio des tranches de boeuf que nous nous "amuserons" à tremper dans le bouillon, comme pour une fondue burguignonne… A quand la fondue savoyarde au tofu ?

 

A part ça, des conseils psycho pour ces filles "rondes" qui préfèrent "étouffer dans un 36 plutôt que d'admettre qu'elle font finalement un bon 38". Retenez-moi ou je fais un malheur…

 

Nouveauté tout de même, cette année, "Elle" a décidé de la jouer "M6" et va suivre trois nanas dans leur quête de minceur. Sur les trois, seule une à mon humble avis a réèllement besoin de perdre du poids, mais bon, passons. Les conseils des "coach" (ah, les coachs…) sont assez truculents, lorsqu'ils expliquent que ces femmes – toutes actives et avc enfants à priori – devront se remettre "doucement" au sport, à raison de cinq ou six séances hebdomaires… Oh, ben ça va alors… Question: la rédaction  de "Elle" prend-elle en charge le salaire des ces malheureuses ? Non parce que six séances de sport dans la semaine, plus des petites plaisanteries telles que la "délicieuse fondu de pot au feu", c'est une nouvelle fois du régime à plein temps…

 

J'y reviendrai je pense, n'ayant pas la publication sous les yeux, je ne me souviens pas de toutes les perles. Vous me direz: pourquoi acheter ces journaux ?

 

Oui, pourquoi ? POURQUOI ?!!!! Comme le chanterait Brigitte Fontaine, "Parce que je suis conne" !

Un jour au hammam

La ronde rêvait d'aller au hammam. L'ambiance orientale, la chaleur, l'idée de s'occuper de son corps trop négligé, et puis aussi le thé à la menthe, l'odeur des huiles de massage… Mais à chaque invitation de ses amies, elle déclinait, invoquant les mêmes prétextes fallacieux que lorsqu'on lui proposait d'aller à la piscine. Parce que le hammam, bien sûr, impliquait de se dénuder et de se mouvoir ainsi en public. Sans même la perspective de s'immerger dans l'eau.

Et puis un jour, une amie de passage à Paris ne lui laissa pas le choix. C'était une fille différente, de celles à qui on ne dit pas qu'on peut pas se mettre nue devant elle, qu'on se sent trop grosse. Le style de fille qui n'aurait d'ailleurs jamais regardé les bourrelets de qui que ce soit et que ce genre de considérations futiles semblait dépasser. Non pas qu'elle fût indifférente, mais son chemin avait été et serait toujours semé d'embuches bien plus insurmontables que quelques kilos en trop.

Alors, un peu malgré elle, la ronde se laissa faire et accepta de l'accompagner. Dès qu'elle entra dans la mosquée, elle fut submergée par l'odeur de l'huile qui sentait à la fois l'amande, l'argan, le thym et la lavande. La vapeur aussi, lui fit presque peur, comme si l'air saturé d'humidité ne parvenait pas à l'oxygéner. Et puis, petit à petit, elle s'habitua. Première bonne surprise, il n'y avait pas que des jeunes femmes au corps parfait. Vieilles marocaines aux seins lourds, femmes à la maigreur maladive, futures mères et copines étudiantes formaient un groupe disparate et hétéroclite, au sein duquel la ronde pouvait presque trouver sa place.

 

Elle resta malgré tout un long moment entortillée dans son paréo devenu instantanément humide et collant. Son amie, elle, fut tout de suite nue, offrant le spectacle de son corps brut et sûr. Ses hanches pleines étaient rassurantes et ses longs cheveux noirs lui donnaient l'air d'une orientale. Il émanait d'elle une telle vérité, un aspect si terrien, que la ronde se sentait presque apaisée. Elles s'installèrent dans une alcôve, et commençèrent le rituel consistant à s'oindre de savon noir. Mais la ronde, toujours bridée par ses complexes, se contentait de s'enduire les bras, refusant l'idée de tomber le paréo. Alors son amie eut ce geste dont elle ne soupçonna probablement jamais les répercussion ni la portée.

 

D'un geste doux mais sans appel, elle ota le tissu trempé et commença à l'enduire de mélasse noire. Le dos, puis les bras, le ventre, les jambes. Elle la lava comme une mère l'aurait fait. La ronde en pleura d'émotion, ses larmes se mêlant aux gouttes de vapeur. Difficile de trouver les mots pour dire ce qu'elle ressentit. Entre ces mains énergiques et amicales, son corps devenait aimable et pouvait être touché. Elle qui avait si souvent eu l'impression d'inspirer le dégoût, devenait l'objet d'une attention inespérée. Il n'y avait pas d'ambiguité dans le geste de son amie. En la lavant elle faisait simplement d'elle son égale.

 

Le reste de l'après-midi, je ne m'en souviens pas. Je garde juste en mémoire ces quelques minutes de plénitude. Et regrette que cette amie, partie aujourd'hui, n'ait jamais su.

Le graal des bottes

Jusqu'il y a peu, le magasin de chaussures était un des seuls dans lequel la ronde entrait sans appréhension. Bien sûr, ses pieds potelés ne lui permettaient pas toutes les excentricités, et s'entendre déclarer sur un ton définitif qu'elle avait "le coup de pied large" lorsqu'elle essayait des ballerines ou autres escarpins un peu fins, ne la remplissait pas de joie. Mais bon, la ronde s'y était fait.

 

Et puis le temps est venu de la mode des bottes. Les cavalières, camarguaises, santiags… Le graal de la ronde. Inaccessible objet de tous ses désirs. A son premier essai, son pied n'est même pas parvenu à se glisser jusqu'au bout. Lors d'une autre tentative la fermeture éclair n'a pas passé la cheville. La fois suivante, ayant repéré ce qu'elle pensait être un modèle plus large – supposition d'ailleurs confirmée par la vendeuse – elle crût au miracle. La fermeture éclair glissa quasiment jusqu'au bout… au prix d'une douleur certaine. Toute la graisse du mollet avait en effet par la même occasion migré vers le haut de sa jambe. Jusqu'à former une boule compacte, sorte de deuxième genou, mais à l'arrière… Forcément, l'effet censément galbant de la botte était quelque peu amoindri. De toutes façons, dès qu'elle se redressa, la fermeture se dézippa en un quart de seconde. En revanche, elle eu l'impression que son mollet, lui, ne souhaitait pas nécessairement reprendre sa forme initiale. La compression avait probablement été trop forte et la botte avait fait garot.

 

Au terme de nombreux essais non transformés elle se résigna à acheter toutefois le seul modèle fait pour elle. Des bottes en faux cuir élastique et s'enfilant "comme une seconde peau". Les premiers jours, elle eut l'illusion d'avoir elle aussi ses cuissardes. Elle était maitresse femme, et bien qu'elle n'ait pas de talons, elle se sentait grande. Mais à la longue, le faux-cuir perdit de sa tenue, s'élargit sous la pression de ses mollets ronds et finit par se ratatiner comme une vieille chaussette…

 

La ronde finit par en déduire que les bottes avaient été créées dans le seul but de stigmatiser les grosses jusque dans les magasins de chaussures.

Perles de nutritionnistes

Quelques phrases banales de nutritionnistes ou médecins en tous genre, lancées à la ronde – ou à ses congénères, parfois – au cours de ses innombrables visites…

– Que les choses soient claires, vous ne serez jamais top model. Ah ?


– Mon dieu mais vos jambes sont de vrais poteaux ! Vous avez au moins trois kilos de flotte dans les cuisses, là. Ah quand même…


– Non seulement vous êtes lourde, madame, mais vous êtes surtout très grasse. Et pan!…


– Vous êtes typiquement gynoïde. (puis, devant l’air paniqué de la ronde qui se demande si c’est incurable: « autrement dit, vous avez la forme d’une poire ».) Finalement, je préfère qu’on en reste à gynoïde…


– Il faut que vous compreniez bien: c’est TOUTE VOTRE VIE qu’il faudra faire attention.


– En deux mois vous avez perdu 500 gr. Ce n’est vraiment pas assez. Vous avez multiplié les écarts, là, hein ? Si, si mademoiselle. Ce n’est pas la peine de me mentir, je le vois. Vous avez repris trois centimètres de tour de ventre.


– Pour votre tablier ventral, malheureusement, il n’y a que la chirurgie. Tablier ventral.. miam.


– Vous êtes grosse depuis vingt ans, alors il ne faut pas non plus espérer tout perdre en deux mois.


– Avec vos antécédents, il y a de fortes chances que vous ayez déjà du cholestérol. Et dans dix ans, ce sera le diabète. Où est la fenêtre, qu’on en finisse tout de suite?


– A 30 ans, votre corps brûle déjà beaucoup moins d’énergie qu’à 20. Sachant qu’à partir de 50 ans, une femme normale a naturellement tendance à grossir, je vous laisse imaginer ce qui vous attend… J’imagine, j’imagine…


– « Vous savez mademoiselle, il n’y a pas de secret. Pour maigrir il faut manger moins. A Auschwitz, il n’y avait pas de gros. »… Classe et approprié.

Larmes de ronde

La ronde voudrait parfois être une toute petite chose…

 

Elle envie depuis toujours ses copines – pour la plupart belles et minces – qui, lorsqu'elles pleurent, attirent les garçons comme des abeilles sur un pot de miel. Une fille qui pleure est si "touchante", confient-ils, se transformant en guimauves ridicules.

 

La ronde, quand elle pleure, a le sentiment pour sa part d'être juste pathétique. Contrairement à ses copines, ses yeux ne se contentent pas de se remplir de larmes, ils gonflent instantanément et deviennent aussi rouges que ceux des lapins albinos. D'étranges plaques roses et urticantes apparaissent ensuite ça et là sur son visage. Ne parlons pas de son nez qui bien sûr se met à couler abondamment. Les reniflements bruyants ainsi provoqués finissent d'anéantir l'aspect soit-disant romantique d'un chagrin de fille.

 

Les rares fois où la ronde s'est effondrée, ses amis garçons se sont donc en général contentés d'une grande claque dans le dos – la même qu'ils auraient probablement réservée à leur meilleur ami – ou pire, de lui tendre un verre d'alcool, sur le mode "bois un coup ça va passer tout ça". Passons sur les "pleure tu pisseras moins" censés la consoler. Rien à voir donc avec les cajoleries exaspérantes dont bénéficient les belles désespérées dès leur premier sanglot.

 

Condamnée à avoir le sens de l'humour – une grosse qui en est dépourvue est tout bonnement infréquentable – la ronde a donc pris le parti d'en rire un peu plus que les autres, les dents serrées parfois.

La corde à noeuds

Les cours de sport étaient à la ronde ce que les contrôles de maths sont aux nuls en algèbre ou les dictées aux dislexiques: un enfer. Et le mot n'est pas assez fort.

Le calvaire commençait dès les vestiaires où il fallait enfiler l'atroce survêtement. La ronde se changeait dans un coin, le plus vite possible, tremblant à l'idée que les garçons, craints et haïs de la 6ème à la terminale, fassent leur apparition. Ces derniers, atroces avortons boutonneux, cherchaient en effet par tous les moyens à reluquer les filles en culottes et s'introduisaient régulièrement et illicitement dans leur coin réservé. Ils ne se privaient alors pas au passage de s'acharner sur la ronde qui n'en demandait évidemment pas tant. Elle sortait du vestiaire sous les quolibets, rasant les murs et ravalant ses sanglots, rouge de honte et de colère.

Les cours d'athlétisme étaient ceux qu'elle appréhendait le plus. Elle y vivait une succession d'humiliations. Au sprint, elle ne sut jamais démarrer sur les starting-blocks. Au coup de sifflet, ses fesses se levaient, mais ses jambes refusaient de suivre l'impulsion, résultat, la ronde mangeait littéralement la poussière une fois sur deux. En ce qui concerne le saut en hauteur, elle cherche encore à déterminer lequel du droit ou du gauche était son pied d'appel. Est-ce pour cela ou parce que son corps était trop dûr à soulever, mais pas une seule fois elle ne franchit la barre, même lorsque celle-ci était au niveau du matelas.

 

Un jour, au lancer de poids, le prof de gym suggéra aux autres élèves, avec cet humour qui le caractérisait, de la lancer elle.

 

Passons sur les heures passées accrochée en bas d'une corde impossible à monter. Le prof avait ce jour là décidé qu'on y passerait le cours s'il fallait, mais qu'elle grimperait. Dans l'hilarité générale, ses mains glissèrent des dizaines de fois jusqu'à en être brûlées sans jamais arriver à la hisser. Elle aurait voulu étrangler son bourreau avec la corde à noeuds.

 

Les sports collectifs ne lui réussissaient pas plus. Elle fit perdre tous les relais auxquels elle participa et fût invariablement la dernière à être choisie dans les équipes de volley, handball ou basket.

 

Réalisant très vite qu'elle ne s'améliorerait jamais et que le professeur de gym ne ferait rien pour la faire progresser, bien au contraire, la ronde étudia alors les divers moyens de sécher les cours. C'est à cette époque qu'elle eut ses premières règles. Si ses amies en étaient incommodées, elle bénit pour sa part le ciel de l'avoir faite femme. Invoquant des cycles anarchiques, elle multiplia les dispenses, marquées de ce mot adoré: "INDISPOSEE"…

Mercredis chagrins

Je crois que je pourrais publier le black book des nutritionnistes. A 13 ans, j'en voyais déjà un. Le mercredi, mes copines allaient à la danse, prenaient des cours de dessin ou même, ne faisaient rien. Moi j'allais chez le médecin des gros.

A l'heure des premiers flirts, je montais sur la balance et redoutais les reproches exaspérés du contrôleur de kilos. Qui m'expliquait que je n'étais pas juste ronde, enveloppée, ou grassouillette, mais bel et bien obèse.

Quand je sortais de son cabinet, mon moral était si bas que je me boulottais en cachette du nutella.

En rêvant à la jeune femme mince que je deviendrais, assurément.