J’aime #145

A l’heure où vous lirez ces lignes, mes deux grands seront en train de plancher sur la philo. Honnêtement, ni eux ni nous ne misons très cher sur cette première épreuve, ils n’ont eu qu’une poignée de cours cette année, leur enseignante ayant été absente les 3/4 du temps, mais jamais assez longtemps pour être remplacée. Ma fille a tenté de compenser en se boulottant quelques annales, mon fils, lui, y va, « les mains dans les poches » (sic) en « comptant sur ses pensées » (re-sic). Si, en l’occurrence, ses pensées le conduisent  à écrire sa dissertation ailleurs que sur un brouillon (remember le français) on sera déjà très contents. Hier il nous a expliqué à table qu’il n’était absolument pas exclu que nous soyons le résultat d’une simulation informatique, imaginée par des êtres supérieurs et sans doute extra-terrestres. Je présente toutes mes excuses à celui ou celle qui sera chargé de la correction de sa copie. Vraiment.

Bref, mes grands passent leur bac.

A part ça, j’aime… En lire plus »

Le lambeau, la claque

Après m’être fait du mal en regardant « Fluctuat nec mergitur » sur Netflix, je me suis dit que ça n’était pas suffisant, du coup j’ai acheté « Le lambeau », de Philippe Lançon, journaliste de Libération et Charlie Hebdo, gravement blessé durant l’attentat du 7 janvier 2015. Et je l’ai lu en trois jours à peine. Ce livre est puissant, difficile, rugueux et hypnotisant. L’auteur ne cache rien des détails les plus intimes, des ravages imposés à son visage par les balles qui l’ont défiguré. Il parle de l’attaque, de la cervelle de son collègue qu’il continue à voir désormais sous la forme d’une anémone de mer, il parle de ces jambes noires qui hantent son sommeil, de la panique qui l’étreint lorsqu’un jour il est déplacé dans une chambre donnant sur un toit plat (et si « ils » pouvaient l’atteindre ?). Il décrit surtout avec une virtuosité incroyable sa reconstruction, physique et mentale. Une reconstruction qu’on devine inachevée, une histoire qui n’a pas à proprement parler d’happy end. Parce que ça n’est pas une fiction. En lire plus »

Parenthèse enchantée au Palace Es Saadi

Ce fut un week-end doux comme un smoothie, comme cousu sur du velours. Deux jours et demi sans accroc, essentiellement faits de lectures silencieuses, de conversations feutrées, de confidences entrecoupées de thés à la menthe (ou d’autres boissons avec de la menthe dedans mais moins raisonnables), de rires à l’évocation de souvenirs communs. Un week-end dont on revient avec la sensation d’être parties longtemps et loin, loin, loin. Une coupure salvatrice pour nous deux, la possibilité de prendre un peu de recul, de « défocaliser » comme me le conseillait souvent mon quelqu’un lorsque je lui confiais ma sensation d’avoir le nez dans le guidon.

Il faut dire que le cadre fut parfait et que ne pas apprécier le cadeau qui nous était fait aurait été le signe d’une inaptitude totale au bonheur. Comme je vous l’avais expliqué brièvement, il m’a été proposé de visiter le ressort Es Saadi à Marrakech et plus précisément la partie « palace » de l’établissement (qui possède également un hôtel 5 étoiles ainsi que des villas privées). Qu’à cela ne tienne, j’ai courageusement accepté la mission, emmenant dans ma besace ma copine MC. Je crois que je n’avais jamais ressenti une telle douceur de vivre dans un tel lieu. Il est souvent difficile de conjuguer luxe et convivialité et je ne suis généralement pas spécialement à l’aise dans ces endroits où tout est fait pour agrémenter le quotidien des clients, jusqu’à, parfois, l’écoeurement. Là, rien de tout cela. Certes le lieu est majestueux, la décoration extrêmement soignée et de bon goût, mais il y a ce je ne sais quoi qui rend le tout presque familial, une simplicité qui ne vous fait pas redouter de n’être « pas assez » ou « trop quelque chose ». Et puis ces suites vastes comme des appartements, le sol en zellige patiné comme s’il avait mille ans alors que l’établissement n’est pas si ancien, les tapis berbères au sol, les couloirs colorés et les portes en bois monumentales peintes à la main… Sans parler du parc, qui m’a fait penser, comme le reste d’ailleurs, à ce dessin animé adoré de mes enfants, « Azur et Asmar ». Jardin de cocagne avec ses orangers ployant sous les fruits, ces rosiers odorants et les eucalyptus centenaires exhalant leurs essences. Difficile dans un tel contexte de sortir de l’hôtel, d’autant que ce dernier abrite non seulement une piscine lagon mais également un spa incroyable, dont l’accès est gratuit pour les résidents. En lire plus »

En fait y’avait pas personne

Hier, c’était une sacrée journée. Et comme beaucoup d’entre vous m’ont réclamé un minute par minute, je vais tenter de vous restituer tout ça sous cette forme là. Mais en même temps, j’ai vécu tant d’émotions, j’ai eu la sensation de recevoir un tel shoot d’amour, que rassembler mes pensées et vous les retranscrire avec un peu de drôlerie ne m’est pas hyper facile. Parce que la vérité, c’est qu’hier soir à la librairie des Nouveautés, je n’avais aucun second degré. Mais essayons quand même. En lire plus »

« Vis demain comme s’il n’y avait plus de café » (proverbe danois) (enfin, je crois)

A l’heure où j’écris ces lignes, j’hésite entre l’excitation totale à l’idée de faire ma première séance de dédicace et la panique à la perspective de me retrouver seule face à ma pile de livres. Sans compter qu’en plus il me reste moins de 24h pour aller chez le coiffeur, histoire de ne pas faillir à ma réputation de blonde peroxydée (c’est naturel mais ça demande néanmoins un certain entretien). Je suis prête à promettre des choses insensées (une séance de karaoke, des cookies maison, quelques pas de danse ?) pour vous donner le courage de braver le métro demain soir. VOUS NE LE REGRETTEREZ PAS.

Je suis consciente d’être légèrement monomaniaque depuis une semaine, mais il faut me comprendre: vous avez été si nombreuses à m’envoyer des mots adorables sur ce livre, que j’ai désormais l’impression d’être la digne descendante de Sophie Kinsella ou la petite soeur d’Helen Fieldings. Résultat, je ne passe plus les portes et j’ai perdu tout sens des réalités (faire le repas, moi ? est-ce que JK Rowlings perd son temps à éplucher des pommes de terre ?) (non). En lire plus »

Ni queue ni tête

On ne va pas se mentir, je suis sur mon petit nuage depuis le 24 mai et la sortie de mon bébé livre. Je savais que vous étiez formidables mais à ce point, non. Est-ce une conséquence de toute cette émotion, je ne sais pas, mais je me suis tapé, histoire de rééquilibrer mes chakras, une petite cystite de derrière les fagots, qui m’a rappelé que je pouvais bien devenir la petite soeur de JK Rowlings, je pisserais quand même de temps à autre du verre pilé. Merci mon corps merveilleux de m’aider à garder la tête froide. En lire plus »

Quand Mission Hygge prend son envol (avec une première date de signature à l’intérieur)

Ce 24 mai, je l’ai un peu fantasmé, depuis quelques semaines. Je ne sais pas trop ce que j’imaginais, peut-être des émeutes devant les librairies de France et de Navarre, des flashs info sur France Inter, des brassées de rose de mes admirateurs…  Bref, j’y ai pensé et pas qu’en me rasant. Et puis voilà, c’est arrivé, et finalement c’est un jour comme les autres, à cette exception près que mon roman, Mission Hygge est dans les bacs. Il en a fait du chemin, le petit, depuis ces premiers mots tapés sans trop y croire sur mon ordinateur. Bien sûr, j’espère que vous l’aimerez, qu’il vous fera voyager ou vous donnera envie d’acheter des billets pour le Danemark. Mais je sais aussi qu’il ne m’appartient plus désormais, qu’il sera peut-être parfois malmené, oublié dans un coin, pages cornées mais pas jusqu’à la fin, laissé sur un banc ou dans la chambre d’un hôtel, avec des traces de chocolat p.145 ou une crotte de nez glissée entre la p.123 et la 124. En lire plus »

Bonheur en Beaujolais

Choisir le morceau qui fera danser, se gaver de chips, s’extasier devant la salade de lentilles, compter les vaches, écrire en douce un petit mot sur la carte d’anniversaire, ricaner parce que Jeff a encore dit une connerie, trinquer avec Mimi, se trémousser sur Africa avec Chloé, pleurer un peu avec Zaz et s’étonner de pisser toujours autant malgré tout, dormir à quatre dans 10 mètres carrés, bénir David qui se lève systématiquement à 7h et trouve une boulangerie ouverte en n’importe quel lieu ou circonstance, regarder Julien sourire, se disputer la sono avec Frédé. Et puis parfois passer la main dans son cou à lui, se dire qu’on est bien, hein ? Terminer ces trois jours par un après-midi chez mes parents, où tout ce petit monde se mélange, amis, frère, papa, maman, enfants.  En lire plus »