Deux jours à Fuveau

Au départ, je dois l’avouer, j’avais un peu peur. Peur de ne pas être à ma place, de n’avoir personne à qui parler, d’être toute seule derrière ma table tout le week-end. Sans compter que le lundi matin c’était la rentrée et que je me trainais une bonne pelletée de culpabilité de ne pas passer ces deux derniers jours de vacances avec ma petite dernière.

Et puis j’y suis quand même allée, parce que je sais d’expérience que souvent, ces choses qui me font peur, quand je trouve un peu le courage de les affronter, elles me procurent pas mal de plaisir. Mon quelqu’un disait, plus que de la volonté, il faut de l’élan. Samedi quand le réveil a sonné, l’élan, il avait plutôt la taille d’un faon. Mais malgré tout, j’ai mis mes affaires dans un tote bag et je suis partie gare de Lyon avec un peu de caca dans les yeux.

Et sur le quai, il y avait Héloïse, notre fée clochette à nous les auteurs de ma maison d’édition, qui m’attendait avec un café tout chaud. C’est con, mais à partir de ce moment là, c’était parti, j’ai senti que ça se passerait crème. (café, crème, je suis en forme) (la compagnie d’écrivains durant deux jours sans doute). En lire plus »

Photo de famille: le film de la rentrée qui vous fera pleurer (et rire aussi)

A peine revenue et déjà la promesse d’un billet dès le lendemain pas tenue. Autant vous prévenir d’emblée, jusque fin octobre, mes journées vont être assez chargées et le rythme des publications assez aléatoire. Cela devrait se calmer un peu ensuite. Il n’empêche qu’hier, à la faveur d’une avant-première repérée par le churros, nous sommes allés au cinéma au pied levé (#punk). Et que ce petit film vu méritait bien une chronique. « Photo de famille » de Cecilia Rouaud rassemble à peu près tout ce que j’aime au cinéma: une histoire, comme le titre l’indique, de famille, des comédiens exceptionnels (Chantal Lauby, Jean-Pierre Bacri, Camille Cottin, Vanessa Paradis, excusez du peu), un parti pris mélancolique sur fond de comédie (une « dramédie » comme il est de bon ton de dire dans le milieu), une ou deux scènes d’enterrement, un anniversaire qui tourne au vinaigre, des retrouvailles entre frère et soeurs, des larmes distillées ça et là. La recette parfaite en somme. En lire plus »

Retour sur la pointe des pieds

C’était une des dernières nuit dans cette maison de location en Crète. Impossible de dormir, trop de mots qui tournaient, trop de séquences à mettre en ordre, trop de rebondissements à imaginer. Je me suis levée et je suis sortie sur la terrasse. Le vent tiède venu de Libye soufflait un peu fort. Le ciel noir était constellé d’étoiles et le minuscule croissant de lune qui surplombait l’énorme rocher en contrebas diffusait une lumière pâle. Parfois, un bêlement de mouton, un aboiement ou le chant d’un grillon venait troubler le silence. Je me suis allongée sur un des bains de soleil et j’ai regardé cette immensité. Petit à petit, toutes ces pensées qui me parasitaient se sont estompées. Durant quelques minutes, ce fut l’apaisement total, quelque chose qui ressemblerait à de la sérénité. Et puis j’ai entendu un drôle de bruit et j’ai eu peur que ce soit une bête sauvage, du coup je suis rentrée en courant.

J’ai mis du temps à revenir ici, j’en suis désolée. Ces vacances ont été merveilleuses mais parfois un peu compliquées, ça n’est pas tous les jours facile d’avoir des grands de 18 ans. Et puis je n’ai finalement pas pu poser mon stylo, ou plutôt mon clavier, ou plutôt celui de mon téléphone, mon ordinateur ayant eu l’idée brillante de clamser dès le premier jour en Crète. (Ne me dites pas que c’était un signe envoyé par l’univers, sans doute que c’est vrai mais seulement voilà, mes employeurs ne semblent pas vraiment au fait des modes de communication de l’univers). En lire plus »

I will survive

Je suis désolée, j’ai disparu plus d’une semaine, mais voyez-vous j’avais une coupe du monde à jouer. A regarder, ok. Sachant qu’il faut me voir devant les matchs pour comprendre que certes je n’avale pas des kilomètres comme Ngolo Kante, mais que je mouille la chemise malgré tout, tant je me transforme en une espèce de doublure d’Hugo Lloris pendant 90 minutes. Je sais, je sais, je sais, du pain et des jeux, et pendant ce temps là en Russie, et Macron qui en profite pour ramasser les miettes sans avoir même à se baisser. Je SAIS tout ça, les millions gagnés par ces gamins, les arnaques de la FIFA, les pots de vin du Qatar et j’en passe. Je SAIS, mais je n’y peux rien, j’ai en moi cet héritage de footeuse, le souvenir de mon père en apoplexie en regardant le pauvre Battiston à terre, mis KO par Schumacher, les bancs de Gerland depuis lesquels je regardais les joueurs de l’OL à l’entrainement avec une copine encore plus fan que moi, et puis évidemment, 98, finale vue depuis un écran géant à Chiang Mai, en Thaïlande.  En lire plus »

Un après midi chez Gibert…

Samedi, par une belle journée ensoleillée, je me suis rendue chez Gibert pour vous rencontrer. Pour une fois je savais exactement quoi mettre, ma combinaison à fleurs déjà montrée ici. Mais bien évidemment, comme jamais rien ne se déroule exactement comme prévu, la minuscule pression qui tenait tout l’édifice du décolleté s’est barrée. Rafistolage express avec deux petites épingles à nourrice et direction Place Saint-Michel, les seins passablement à l’air au moindre mouvement (je pense sincèrement avoir offert une vue imprenable sur un soutien-gorge même pas joli pendant tout l’après-midi, à moins que ça ne se soit vraiment détérioré qu’une fois dans le métro au retour, mais j’en doute). Bref, un accident voyageur plus tard et un Uber pris en catastrophe, me voilà sur ma petite table pile en face de l’escalator, en mode dame pipi de la librairie (j’ai pas mal indiqué la sortie aux touristes égarés). En lire plus »

Portnawak

Demain, la France affronte l’Uruguay et mes enfants auront le résultat de leur bac. Je le pose dans cet ordre là parce que très honnêtement je suis plus inquiète des performances de l’équipe de France que de celles de mes rejetons. Cela ne m’empêchera pas d’avoir le coeur qui palpite au moment de l’affichage des fameuses listes, mais à moins d’une énorme surprise (non qu’ils soient surdoués hein, mais avec un taux de réussite national de 90%, le suspense n’est pas à son comble), on devrait avoir deux bacheliers à la maison (pour vous donner une idée, mon fils part en vacances avec ses potes dans la foulée, optimisme quand tu nous tiens). Ceci étant dit, comptez sur moi pour pleurnicher. Bref, une fin de semaine riche en émotion (tous les quatre ans, je me transforme en footeuse, hystérique, de mauvaise foi, acariâtre au moindre but encaissé et passablement grossière) (un vrai cadeau). En lire plus »

Chérissons nos fêlures

Ce week-end, j’ai repris deux fois du Biolay. Une petite addiction qui ne fait pas grossir et n’encrasse pas les poumons, moi je dis, pourquoi se priver. Deux soirées délicieuses, donc, l’une avec mon churros, l’autre avec mes copines. Et la voix de velours de Benjamin, accompagné de Melvil Poupaud (on parle du potentiel séduction de ces deux là réunis ?) (chaleur). Bref, comme souvent lorsque je suis dans un concert qui me transporte, mes pensées vont et viennent. Et hier soir, je ne sais pas trop comment, elles m’ont emmenées quelques années plus tôt (je dis « quelques » mais en gros, il y a vingt ans), après avoir lourdement échoué au concours de l’école des conservateurs de bibliothèques. Oui oui, c’était, à un moment de ma vie, mon ambition première. J’imagine que j’ai pensé à ça parce qu’en cette période « parcourssup », les discussions sur l’avenir vont bon train à la maison. Et que la peur de l’échec n’est jamais très loin, surtout lorsqu’on évoque la future première année de médecine de ma grande. Bref, je repensais à cette période, sans doute la plus compliquée de ma vie, qui coïncidait avec mon arrivée à Paris, ville pas du tout fantasmée jusqu’alors et qui m’avait cueillie, voire fauchée, au point de me donner la sensation de m’être noyée, perdue. Ce n’était sans doute pas un hasard d’ailleurs que la fameuse école soit à Lyon, la réussir aurait signifié un retour au bercail rassurant. En lire plus »